27 février 2009

Les odeurs

Tout d’abord veuillez excuser ces deux jours muets, le travail étant parfois prioritaire sur les loisirs j’ai du choisir entre rédiger une note (et donc rester encore un peu plus tard à mon clavier au bureau), ou bien finir le maximum de boulot puis rentrer (tard tout de même). Bref me revoilà sur le pont pour pouvoir lâcher une de mes innombrables élucubrations si possible quotidiennes.

A quoi songez-vous quand vous entendez le mot odeur ? C’est amusant comme ce mot peut avoir deux connotations totalement opposées, à tel point que, selon le tempérament de l’interrogé vous aurez le droit à « odeur de pieds » ou bien « l’odeur du pain qui cuit lentement ». Impressionnant, d’autant plus quand on constate que rien ou presque n’est fait pour éduquer le sens olfactif dans l’éducation des enfants. C’est donc à l’expérience que l’on se rattrape alors qu’il serait amusant, interactif et surtout enrichissant d’enseigner aux enfants la variété des senteurs du monde. Pour moi, c’est ainsi que doit être la vie : pleine d’odeurs, du aigre au sucré en passant au capiteux, peu importe, l’existence doit sentir ou ne pas être.

Là où l’odeur pose encore plus de problème c’est au sujet de sa subjectivité. Prenons un exemple tiré d’une expérience (authentique, je tiens à le souligner) pratiquée sur un échantillon de personnes. Le but était classer statistiquement les pires odeurs dans un lot d’une dizaine de « parfums » plus exécrables les uns que les autres. Bien entendu les résultats n’eurent rien de très passionnants si ce n’est une réponse particulièrement inattendue de la part d’un homme assez âgé. Celui-ci avait en effet classé une odeur infecte dans « agréable ». Surpris et supposant qu’il s’agissait d’une erreur, nos chers laborantins prirent rendez-vous avec l’hurluberlu qui leur répondit tout sourire que la dite senteur « ressemblait énormément à l’odeur qu’il a connu en grandissant dans le quartier des tanneurs ». En effet, le parfum dégagé par le tube à essai s’approchait étrangement de celui du cuir pendant son tannage au chrome ! Comme quoi, pour lui cette infection évoquait le passé, l’enfance et les jeux dans les ruelles alors que pour d’autres elles n’évoquèrent que dégoût et désagrément.

Si j’évoque les odeurs c’est avant tout parce que les locaux qui accueillent mes frasques sont en cours de rénovation, du moins pour les sanitaires. Je fus saisi par les vapeurs de peinture, de ces solvants pétroliers si familiers à mes naseaux déformés. Tous râlent encore de cette puanteur donnant mal à la tête, alors que moi elle vient gentiment caresser mes souvenirs d’adolescent cavalant sur les chantiers. On ne se refait pas : tout comme l’odeur des produits pour peintre l’odeur d’essence me laisse rêveur, j’en soupire d’aise même. Je dois passer pour un fou mais franchement, pour moi la senteur d’une pièce fraîchement repeinte m’évoque énormément de souvenirs aussi douloureux qu’agréables. Nostalgie aidant j’oublie bien entendu la poussière, la fatigue, le labeur et les scènes à mettre au placard pour ne retenir que la satisfaction du travail bien fait...

Et puis tous nous avons quelque chose dans le même genre : la gamine qui salivait à l’odeur du pain grillé, le gosse qui, au parfum de l’épandage de lisier se souvient des fruits de la campagne, ou bien encore cette personne âgée qui sourit béatement à la mémoire des vapeurs d’huile d’une voiture de collection. Pourquoi alors classer puisque chacun nous jugeons différemment les odeurs ? Certaines choses m’insupportent et rien n’y fait tandis que d’autres se délectent de la présence des dites effluves ! Cerveau, comment es-tu fait pour créer de tels désaccords sur des choses aussi simples ?

Quoique : il y a une chose sur laquelle tous les humains sont apparemment d’accord... les relents gastriques des voisins sentent toujours plus mauvaises que le sien, la preuve en est que rarement nous nous plaignons de nos propres odeurs alors que nos voisins eux... en profitent en hurlant au scandale olfactif. Quand je vous disais que c’est subjectif !

25 février 2009

Ce soir le feu au lac

Et que je bosse... et que je code...


Donc rien ce soir!

24 février 2009

AZF

Si le sujet concernant l’action en justice concernant le terrible accident survenu à Toulouse en 2001 m’intéresse, ce n’est pas parce qu’il est médiatisé ni même que nombre des véritables acteurs (Total en tête de liste) refusent leurs responsabilités, c’est avant toute chose car le cas est assez étrange et intéressant pour être évoqué. Rappelons succinctement les faits : une usine toulousaine, propriété du groupe Total, ayant pour production principale des engrais (donc des produits dangereux) explose et anéantit tant la structure que des milliers d’habitations. On se souviendra avant toute chose des 30 morts et des milliers de blessés, du traumatisme ainsi que de l’obscurantisme maintenu autour du dossier. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Ces trois questions demeurent aujourd’hui plus ou moins sans réponse, d’autant que les expertises se contredisent fortement.

Dans un premier temps je ferai ce rappel essentiel pour la suite de ma prose : ne détenant pas les pièces du dossier, et pardessus tout n’ayant pas les compétences pour analyser les faits je me contenterai de relater ce qui est disponible dans les médias.

Ce qui est certain c’est que la fameuse usine a subi le même sort que son entrepôt dévasté par la détonation : fermeture et destruction. On ne saurait trop hésiter faire confiance aux rapports tant il est étrange qu’on ait choisi de tout démolir et assainir sans vraiment prendre le temps de la réflexion et de l’analyse. Bien entendu nombre de personnes soutiendront qu’il est naturel de clore un tel dossier, d’autant plus quand toute une ville a subi la douleur dans sa chair. Malgré tout, le dossier semble donc insuffisamment documenté et analysable selon le bon vouloir de chacun. Tour à tour furent accusés : la politique d’économie de Total embauchant des stagiaires et autres intérimaires, tous naturellement manquant de compétence pour travailler dans un domaine aussi sensible que la chimie, ensuite l’incompétence supposée des équipes déjà salariées dans l’entreprise, puis ensuite d’autres thèses aussi diverses qu’elles furent sérieuses ou farfelues. Quoi qu’il en soit réellement on en revient à la même réflexion : si le dossier est incomplet voire faux alors Total devrait être traité avec un égard comparable aux salariés, ne serait-ce que sur l’aspect financier de la chose. Si la responsabilité réelle appartient à des tiers ils doivent être pointés du doigt... et sanctionnés.

Seulement voilà, où pointer l’index accusateur ? L’hypothèse présentée dans la vidéo jointe à la fin de cet article mentionnerait une expérimentation électromagnétique dans des sous sols étrangement bien alignés avec le site de l’accident. Pourquoi pas, même si cela semble de prime abord farfelu. L’histoire a bien démontré qu’elle a un sens tout relatif de l’humour et qu’on est parfois abasourdis de voir les causes ridicules d’un cataclysme. Bref, je n’exclue pas la chose, mais y croire c’est alors dévier sur un autre terrain. Si expérience fâcheuse il y a eu, où sommes-nous ? La culture du secret et l’essai en zone urbanisée d’armes (car à mon sens aucun équipement conventionnel n’aurait eu un tel effet, donc c’est plus sûrement d’une arme dont on parle !) est inquiétant car, après tout, aucune expérience n’est garantie tant qu’elle ne s’est pas déroulée jusqu’à son terme. Allons encore plus loin : l’usage d’une telle technologie n’a rien d’anodin car le fameux effet EMP (Pulsation Electro Magnétique) est une vieille idée ayant pour but de griller toute l’électronique présente dans le champ d’action. Schématisons : imaginez que vous ayez un aimant suffisamment puissant pour détruire tous les équipements embarqués des avions ennemis, ou bien de réduire à néant l’informatique de la nation adverse. Résultat ? Chaos, systèmes d’informations réduits à néant. Alors, en admettant que l’explosion d’AZF soit la conséquence de l’usage inconsidéré de cette technologie on ne peut qu’être perplexes sur le bon sens de ceux qui l’étudient. En tout cas, si j’avais à pousser mes investigations j’irais déjà fouiner du côté des dossiers médicaux et des admissions dans les hôpitaux de la région après l’incident. Pourquoi ? Si une telle décharge d’énergie s’est produite, on peut déjà envisager qu’elle fut dévastatrice pour le personnel présent dans l’enceinte de test. De là à trouver des gens brûlés ou même présentant des symptômes d’électrocution...

Revenons sur terre un instant : la théorie de ce « complot » est celle de la chape plomb que l’on pose volontiers sur l’information quand celle-ci touche directement la sécurité nationale. Je suis quasiment convaincu qu’aujourd’hui les locaux supposés abriter le fameux « laboratoire secret » sont vides, ou peut-être l’ont-ils toujours étés, mais qu’importe le boulot d’un enquêteur c’est de tout vérifier, même l’absurde. On ne saurait admettre qu’une telle catastrophe puisse se reproduire sous prétexte que le secret soit maintenu. D’ailleurs, que sait-on maintenant ? C’est que de toute manière connaître les véritables causes de l’affaire dérange bien trop de gens pour que cela soit possible d’exhumer l’entière vérité. Si Total est responsable de l’absence de sécurité de son site jamais l’entreprise n’acceptera de reconnaître sa part, et si c’est un tiers (armée ?) personne ne sera présent dans le box des accusés pour être soumis aux questions des familles des victimes. De toute façon AZF n’est plus, les morts ne reviennent pas... mais pour les vivants, ceux qui au quotidien paient le prix de cet évènement ? Espérons que les tribunaux sauront faire preuve de plus de curiosité et de moins de complaisance pour le silence et l’argent.

Voici la vidéo en question :


23 février 2009

Nostalgie

La nostalgie, c’est cette envie de se retourner et observer avec tendresse le passé. Qu’il nous soit agréable ou bien au contraire triste et destructeur, l’âge nous incite à rejuger ce que le temps a abandonné sur le bord de notre route. On devient alors conciliant et l’on cède aisément à la petite larme coulant le long de la joue, cette goutte salée que l’on arbore parce que le cœur se réchauffe. Alors, au hasard d’une découverte sur le réseau j’ai remis la main sur une partie de mon passé ludique, le genre de chose qui aujourd’hui serait invendable et où la vindicte populaire se ferait forte de critiquer tant la forme que le fond.

Ah, cette enfance supposée tendre, cet œil qui se collait volontiers à l’écran pour y scruter le moindre indice dans une quête taillée dans trois points colorés ! Je me fais l’effet d’un vieillard quand j’évoque avec ivresse mes heures passées à traquer le fantôme, à dresser les plans d’un donjon ou bien à courir après une bestiole qui n’en finissait jamais de m’échapper. Ceux qui n’ont pas connu l’époque des machines telles que l’Atari ST ou bien de la console Megadrive ne sauraient reconnaître les titres que je pourrais évoquer ici. Dire qu’ils pensent que les nouveautés actuellement en vente sont les initiatrices de styles de jeux ! Dites les gosses, vous n’étiez pas même au programme de vos géniteurs que déjà des génies de la programmation nous pondaient des trucs avec une vraie durée de vie, des graphismes à faire pleurer et de l’innovation à tous les étages...

Je m’emballe. Qu’il m’est pénible d’écouter les conversations de joueurs aujourd’hui, eux qui ne jurent plus que par « résolution d’écran », « nombre d’images par seconde » ou bien « nombre de polygones ». Cette époque avait une valeur ajoutée perdue aujourd’hui : la simplicité. Nul besoin d’acheter une machine en kit, de réfléchir à la meilleure des configurations, non, il suffisait d’avoir l’ordinateur, y enfourner la disquette et hop, magie le jeu fonctionnait ! Ah ça, on est loin de tout ceci aujourd’hui. Auparavant un jeu qui sortait se devait d’être publié sans le moindre défaut sous peine d’être condamné d’avance... Aujourd’hui c’est à base de patchs à télécharger que l’on règle a posteriori les défauts de programmation. Alors quoi ? Les programmeurs ne sauraient-ils plus bosser ? C’est à se demander si l’augmentation de la puissance des machines ne rendrait pas plus fainéants les dits développeurs...

Bon il y a une part de moi qui reconnaît aussi qu’il ne faut pas pousser : on ne peut décemment pas assimiler esthétiquement parlant les jeux d’antan à ceux de maintenant, mais tout de même certaines références n’ont pas à rougir en sachant qu’il y a jusqu’à 20 ans d’écart ! Tenez, imaginez le défi technique : un jeu PC tient en moyenne sur un DVD, soit (si l’on simplifie) la bagatelle de 4700 disquettes ! La majorité des jeux tenaient généralement sur une voire deux disquettes, avec un aspect ludique et une durée de vie comparable. Cela laisse plus que rêveur, d’autant que plus les jeux progressent esthétiquement moins ils présentent une partie interactive réfléchie. A force de vouloir être beaux les jeux perdent de vue que l’intérêt premier du jeu, c’est de jouer !

Il m’arrive parfois de jeter un œil sur les vidéos disponibles sur Internet. Chaque année s’organisent des réunions d’autistes rétrogrades (comme votre serviteur) qui s’adonnent à la programmation extrême de ces vieilles machines. Le défi ? Réaliser une démo, c'est-à-dire un film le plus réussi tant techniquement qu’esthétiquement sur des machines de l’ancien temps. Alors résumons un peu : des machines avec en moyenne un mégaoctet de mémoire (quand un ordinateur moyen en contient 1024 voire 2048 aujourd’hui), qui ont une fréquence d’horloge plus faible... que celle d’un téléphone portable ordinaire, et cela vous met en condition pour voir ce que ces dingues arrivent à faire. Personnellement je suis soufflé ! Tant d’un point de vue visuel que sonore c’est du délire intégral.

Tenez pour la bonne bouche je vais quand même faire un petit rappel des forces en présence.




















Commodore AmigaUn PC classique
Mémoire512/1024 Ko(+/- 1Mo)1/2 Go (1024/2048 Mo)
ProcesseurMotorola 68000 à 7 MhzIntel Pentium 3Ghz
Carte graphiqueNéantNvidia Geforce 8/9 à 256 Mo

Et voici ce qu’on peut faire sur le dit Amiga...



20 février 2009

En regardant par la fenêtre

Assis sur un fauteuil dont le style anonyme me rappelle ma fonction de grouillot parmi tant d’autres, je prends le temps d’observer le temps qui passe dehors. Sous la dalle bleue grise d’un ciel plombé par l’hiver qui tarde à mourir, les gens défilent, se hâtent et s’entassent sans qu’il y ait un semblant d’organisation. Telles des fourmis ils vaquent, marchent et même courent vers un inconnu dont eux seuls ont la connaissance. C’est ainsi : le vent s’engouffre entre les bâtisses glacées au style carcéral et je suis là, me demandant à quoi pourrait ressembler le tout piégé par la nature, intimement enlacé par le lierre et les branches d’arbres gigantesques.

La plupart des fenêtres sont faites pour refléter la ville au lieu de laisser apparaître les humains qui errent derrière. Froideur, noirceur du revêtement, ces immeubles semblent être autant de monolithes érigés à la gloire de la fortune et du pouvoir. Pourtant, ils sont chacun un cœur différent, une pompe à vie où défilent les globules que nous sommes, parfois même les parasites que nous pouvons devenir. Sans odeur, sans même une texture agréable au toucher, ils renferment pourtant notre quotidien et notre avenir à tous. Qu’ils seraient plus beaux avec des trouées, des traverses et des panneaux verdis, fleuris au gré du hasard des saisons ! La rouille serait alors une amie séduisante, les feuilles d’automne seraient un tapis agréable et curieux à nos pieds, et quand l’été serait à son zénith nous aurions des milliers de couleurs mêlées sous les yeux. Hélas, il n’y a que ce béton gris, cet acier peint en noir et ces âmes grises qui piétinent à l’arrêt de bus.

Que serait cette autoroute lointaine si, par le jeu d’une nature amusée elle se couvrait d’un gazon épais et moelleux ? On aurait alors de grandes coulées, des lignes sublimes traçant au milieu des cartes de jolies arabesques arborées, les poteaux et lampadaires seraient autant d’arbres féconds abritant des nids d’oiseaux et non des ampoules à la clarté artificielle. On pourrait s’allonger, scruter les nuages taquins formant nos rêves sur un tableau bleu, et le soir venu l’on écouterait en souriant les chants des cigales, les croassements de grenouilles, et même, avec un peu de chance, le ronronnement aussi apaisé qu’amusé d’un chat venu se délasser après avoir profité du soleil. Malheureusement c’est encore ces voies d’asphalte qui dominent, c’est encore le vrombissement sauvage des machines qui se fait le plus sonore.

Je sommeille presque, divaguant agréablement, comptant en moi-même les idées saugrenues qui se feraient fortes d’être, dans un hypothétique et impossible réel, de belles choses à vivre. On perdrait l’habitude de craindre les petites rues mal éclairées, elles seraient autant de chemins parfumés accueillant tendrement nos pas, on ne serait plus des victimes du béton mais des acteurs de ces nouvelles ruches à hommes heureux. Plus de ton sombre, plus de ce terne et récurrent carcan qu’est la palette des villes. On pourrait jouer avec les pastels, on n’aurait plus qu’à se dire « des roses ici ? Pourquoi pas tiens ! » plutôt que de se rappeler que sur le marbre rien ne saurait pousser.

Et enfin, je pourrais sortir, faire crisser la neige qui s’est déjà évaporée. Les enfants auraient une cour de jeu aussi grande qu’elles sont petites aujourd’hui, ils chanteraient, traverseraient les rues sans craindre les criminelles machines conduites par des écervelés toujours trop pressés.

On saurait dire « je t’aime » en passant sur les ponts au lieu de récolter les gens qui en sautent par désespoir.

On sourirait à la vision d’une tour Eiffel prisonnière de lianes et abritant un inoffensif et amusant microcosme. On ne se plaindrait plus du chant du coq, on l’aimerait parce qu’il existe.

Et l’on oubliera que l’homme a vécu en prison dans sa propre société de béton armé et de barreaux invisibles.

19 février 2009

Rien ce soir

Oui moi aussi je travaille (parfois)... Alors bonne soirée et peut-être à demain.

18 février 2009

Toxique

On me dit à l’oreillette que l’homme a mis au point des façons efficaces de s’autodétruire, et qui plus est qu’il a trouvé une solution pour s’en servir comme parapluie contre ses ennemis. Oh ? L’homme est donc devenu créatif et intelligent ? Voilà qui est original ! Je sais bien que le propos peut prêtre à moquerie mais somme toute nous avons un don inné pour la conception de solutions destructrices et non créatrices. Tenez, par exemple, vous n’aurez aucune difficulté à envisager un coktail Molotov, mais énormément plus de mal à imaginer comment refaire pousser une forêt détruite par le premier objet.... Bon certes il est notablement plus facile de détruire que de créer, mais tout de même nous somme le seul animal qui se soit spécialisé dans l’anéantissement de son habitat dit « naturel », et cela m’amuse follement !

Vous ne trouvez pas cela drôle ? Franchement, envisager de se munir d’une bombe atomique parce que le voisin en a une et le menacer de (je cite) « représailles proportionnées à l’agression », cela a un côté savoureux ! Vous ne goûtez toujours pas la pâtisserie qui s’offre à vous ? Allons bon : quand vous menacez un voisin et que celui-ci vous répond avec la même intensité, à quoi cela mène ? A l’affrontement, à l’engueulade aussi sonore que vaine. Il suffit alors que l’un des deux protagonistes soit plus enclin à la violence pour que le tout dégénère bêtement. La violence ne résout rien, excepté peut-être quand il s’agit de sanctionner un peuple tout entier, mais là c’est mon côté virulent et profondément humaniste qui ressort.

Alors quoi ? Si la bombe H conçue pour nous réduire à néant ne sert en principe à rien, pourquoi l’avoir toujours dans notre besace ? Parce que celui d’en face est au moins aussi con que nous autres ! Qui des deux va se désarmer en premier ? Qui aura l’intelligence de baisser en premier son fusil en déclarant que le combat est vain ? Notez bien qu’il s’agit là de nations mais que ce modèle de pensée est tout aussi applicable aux individus, voire plus encore aux individus qu’aux nations. A plusieurs nous sommes stupides, en solitaire nous sommes de bons gros imbéciles...

Ce qui est génial avec les armes de destruction massive c’est que l’on innove sans cesse alors que d’autres industries, elles, périclitent dramatiquement. Par le passé on a commencé avec les gaz de combat. Crade, inefficaces à grande échelle, plus invalidant que destructeurs ils furent abandonné sous le fallacieux prétexte qu’ils étaient inhumains dans leurs effets. Comme si la guerre était humaine ! On a alors créé l’aviation, et par là on a mis au point la bombe de 500 Kg conçue pour raser un quartier, puis l’on est passé à l’arme atomique pour raser une ville, puis au-delà la bombe H pour rayer de la carte une région. Peu subtils, ces moyens devirent obsolètes avec l’arme biologique, la fameuse bombe sale propre à faire frémir tous les (cons)citoyens de cette bonne vieille planète terre. Chouette : on répand une petite bactérie, un microbe ou un virus, le genre « je suis invisible, inodore mais mortel » et hop, pas un coup de feu, pas un obus, rien que des cadavres. C’est quand même la classe, prendre une ville voire même une capitale sans avoir ouvert le feu ! Même les grands fous de ce bas monde n’en demandaient pas tant ! Impressionnant tout autant que terrifiant n’est-ce pas ?

Dans le domaine de la terreur la bactérie a le mérite de n’être qu’à la troisième marche du podium derrière l’atome... et la chimie. A mes yeux la chimie est encore plus redoutable que n’importe quelle saleté sortie tout droit d’une éprouvette malsaine. Quelques exemples ? La ricine qui est un dérivé de la graine de ricin : 6000 fois plus mortelle que le cyanure, cette saleté chimique est si toxique qu’elle en fait peur. Pourtant... l’huile de ricin existe toujours et est en vente libre ou presque, donc potentiellement (et relativement simplement) exploitable pour en faire une arme mortelle. Ce n’est qu’un exemple, prenons aussi les produits d’entretien : un soupçon de ceci, un rien de cela et PAF vous voilà face au bon vieux gaz moutarde des familles. Ah, la nostalgie de 14-18 ! Misanthropie mise à part, la véritable inquiétude est que ce genre de produits est à la portée du premier demeuré venu, et qu’il est pour ainsi dire miraculeux que les attentats aux armes toxiques ne soient pas plus courants.

Vous croyez que je croise les doigts pour l’humanité ? En fait je compte mes sous pour voir si je ne vais pas ouvrir une droguerie...

17 février 2009

Plus je regarde l’écran

Et moins j’aime les hommes. C’est ainsi : plus je passe de temps derrière un dispositif de retransmission de la misère en temps réel, plus je hais de moins en moins cordialement l’humanité. Sans rire, pourquoi devrais-je me rabaisser à lui trouver des excuses alors qu’elle-même n’est pas capable de se pardonner ? En quoi devrais-je devenir un apôtre de la paix tandis que la guerre totale fait rage ? J’en entends qui se gaussent d’une telle remarque, d’autant qu’ils pensent que la guerre c’est loin, que le sang c’est à Gaza qu’il est versé et non à Paris, et puis qu’on s’en fout tant que c’est pas chez nous. Pauvres parasites de notre si belle planète bleue, vous croyez vous donc à l’abri de votre propre barbarie ? Vous mériteriez bien quelques coups de badines, histoire de vous remettre les pendules à l’heure !

Je sais, je reviens sur le terrain de la virulence outrancière qui, bien qu’efficace en théorie ressemble énormément à du brassage de vent. Que nenni ! Brasser du vent reste toujours mieux qu’être oisif face à nos contradictions. En Europe nous sommes tous devenus des « Je consomme donc je suis »… Soit. Admettons que ce mode d’existence soit tolérable et qu’il profite à chacun, mais alors, pourquoi pour un obèse il y a dix affamés ? Cela semble complètement ridicule non ? D’autant que personnellement je ne vois pas vraiment pourquoi nous nous empiffrons alors que la simple vue du téléviseur suffit généralement à me couper l’appétit. Nous nous pensons donc bien au chaud, préservés des désastres et autres fusillades… J’avoue, je ris en prononçant cette phrase à haute voix : tous nous allons découvrir à nos dépends que la violence n’est pas nécessairement faite au fusil ou au mortier, elle peut être perverse et insidieuse, à l’instar de ce conflit mondial à coups de milliards de dollars. Les nouveaux soldats sont les fantassins des usines à bas prix, leurs généraux des capitaines d’entreprises en cols blancs. Choisissez : périssez étouffés par la concurrence, ou bien apprenez à vous restreindre en devenant leurs vassaux. Guère facile comme choix je trouve !

Globalement les gens tant qu’ils ont un travail pensent que la sécurité commence par l’emploi, puis qu’ensuite l’on peut éventuellement se préoccuper de son voisin. Amusant, d’autant que le dit voisin est le fameux client dont chaque entreprise a besoin pour survivre. C’est paradoxalement drôle de voir les grands « enrichis » se retrouver fauchés à cause de malversations d’un autre plus tordu qu’eux, et puis de les écouter se plaindre de la déconfiture de leurs actions. C’est ce que militairement on peut appeler les blessés… ou éventuellement les planqués à qui l’on colle pudiquement l’étiquette « dysenterie » en lieu et place de « pétochard fini et inutile ». La brutalité du marché équivaut bien à ces grandes batailles d’antan, ces charges titanesques où chaque corps était brisé, sauf qu’aujourd’hui l’on brise les corps en brisant les sociétés. Mutation de la façon de lutter je suppose.

Alors quoi ? Vous vous attendiez peut-être à ce que je propose des solutions viables et saines ? Ai-je l’air d’un enfant de chœur ou bien d’un expert en finance ? La seule constante dans l’être humain c’est qu’il soit envieux et veule. Rien n’est plus cruel qu’un humain cherchant à survivre car il n’hésitera pas à dévorer ses congénères. La moralité s’achète, pas la vie, du moins pas au sens revenir des morts. Alors pour survivre chacun saura trouver midi à sa porte (comme dit le dicton). On peut dire que ma vision du futur est sombre et terrifiante. Je l’admets, je n’ai guère confiance tant dans les électeurs que dans les élus car les premiers sont suffisamment imbéciles pour ne pas se prendre en main, et les seconds profitent clairement de la bêtise des premiers. Nous sommes tous attentistes, calmement pendus aux lèvres des « connaisseurs » qui, tout comme nous à mon avis, tentent désespérément de comprendre l’insoluble équation qui tient pourtant en quelques mots :

L’homme a toujours faim
L’homme ne saura jamais être rassasié.
L’homme finira par se dévorer lui-même.

16 février 2009

Je l'aime

Que j’aime ses courbes, les parcourir du bout des doigts, les harceler du regard et me satisfaire de leur perfection ! Qu’il est satisfaisant de se savoir détenteur de ces finesses magiques et de ne devoir les partager avec personne d’autre. Le paradis existe puisqu’il est là, sous mes yeux, totalement dévolu à ces instants de joie que nul autre ne pourrait comprendre.

Dans son regard j’aime à me noyer des heures durant, à savourer ce clin d’œil complice au moment où la nuit remplace le jour, et à devenir maîtres ensemble de l’obscurité envahissant le monde. Le temps défile et l’on voyage sans se poser de question. Intérieurement l’âme se repaît du moindre instant, le corps sent, et le cœur ressent intensément les vibrations partagées. Le bonheur, être à elle, lui appartenir sans concession, se laisser enivrer quand aucun alcool ne saurait être aussi intensément présent dans vos veines. Je suis à toi, tout à toi, envoûté, possédé par chaque parcelle de temps partagé avec toi.

Perdus dans la foule nous nous moquons des retards, nous arpentons ensemble les ruelles et avenues sans se préoccuper de ces acharnés qui oublient l’aspect paisible que peut revêtir une balade à deux. La ville se meut en broutant, cahotant et couinant tant que faire se peut, et nous, silencieux, nous glissons au milieu de l’énervement bouillonnant en eux. Je suis apaisé, tu me restitues la sensation de t’être indispensable et réciproquement je me livre à la caresse légère de ma main sur ta hanche fluide. Qu’il fasse beau sous un soleil radieux, ou qu’il pleuve sous le déluge du ciel enhardi rien ne compte si ce n’est nous deux, seuls, unis, ravis.

Parfois tu sais te faire démon, glissant entre mes phalanges avides, filant sans que je sois capable de te comprendre. Tu me fais alors comprendre que je dois me soucier de toi, prendre soin de toi, m’attarder un peu plus et oublier que je sais être égocentrique, parfois. D’une petite colère légitime tu t’exprimes, tu pestes d’une moue boudeuse, mais jamais ce moment ne dure car je me fléchis un peu et j’apprends à composer avec ton tempérament. Alors, amusée de me voir baisser pavillon tu n’en deviens que plus exubérante, tu revendiques l’envie de continuer notre chemin commun, et, à la sortie d’un restaurant un peu guindé tu deviens rieuse et délurée. Je suis saisi, pris de folie et me laisse entraîner vers des terres inconnues.

De temps en temps moi aussi je pique ma colère, râle contre ma frustration de ne pas tout savoir de toi, de ne pas tout comprendre de ton fonctionnement. Tu t’en moques un temps puis, lasse d’être délaissée ou de te heurter à mes silences tu prends ton plus grand sourire, tu brilles de mille feux et tes paupières m’amènent à redevenir canaille amoureux. Qu’il est doux de savoir que toi aussi tu sais céder quand il le faut, de sentir que, toi aussi, tu sais faire des concessions ! Tout redevient beau, nous divaguons au ronronnement d’une musique de fond parfois superflue, et dans le courant d’air de la vie nous relançons notre course contre le temps.

J’espère ne jamais avoir à me séparer de toi, jamais accepter la douleur de te voir partir vers un autre, d’être éternellement transi de la sensation journalière d’être deux devenus un, un duo d’inséparables ne pouvant vivre l’un sans l’autre.

Mais pourtant je voudrais aussi te dire…

Que parfois…

Tu me les brises saleté de bagnole à tomber en panne au pire des moments !

13 février 2009

Blog BD d'une jeune femme au talent fou

Je sais, je vous les brise avec mes blogs BD, mais là le talent est présent et bien présent, avec cette pointe d'autodérision savoureuse que je ne saurais renier!

Donc... Cliquez là-dessous et régalez vous!



PS: ne la taquinez pas sur ses quelques fautes de français, on peut la pardonner vu le travail produit!