16 février 2009

Je l'aime

Que j’aime ses courbes, les parcourir du bout des doigts, les harceler du regard et me satisfaire de leur perfection ! Qu’il est satisfaisant de se savoir détenteur de ces finesses magiques et de ne devoir les partager avec personne d’autre. Le paradis existe puisqu’il est là, sous mes yeux, totalement dévolu à ces instants de joie que nul autre ne pourrait comprendre.

Dans son regard j’aime à me noyer des heures durant, à savourer ce clin d’œil complice au moment où la nuit remplace le jour, et à devenir maîtres ensemble de l’obscurité envahissant le monde. Le temps défile et l’on voyage sans se poser de question. Intérieurement l’âme se repaît du moindre instant, le corps sent, et le cœur ressent intensément les vibrations partagées. Le bonheur, être à elle, lui appartenir sans concession, se laisser enivrer quand aucun alcool ne saurait être aussi intensément présent dans vos veines. Je suis à toi, tout à toi, envoûté, possédé par chaque parcelle de temps partagé avec toi.

Perdus dans la foule nous nous moquons des retards, nous arpentons ensemble les ruelles et avenues sans se préoccuper de ces acharnés qui oublient l’aspect paisible que peut revêtir une balade à deux. La ville se meut en broutant, cahotant et couinant tant que faire se peut, et nous, silencieux, nous glissons au milieu de l’énervement bouillonnant en eux. Je suis apaisé, tu me restitues la sensation de t’être indispensable et réciproquement je me livre à la caresse légère de ma main sur ta hanche fluide. Qu’il fasse beau sous un soleil radieux, ou qu’il pleuve sous le déluge du ciel enhardi rien ne compte si ce n’est nous deux, seuls, unis, ravis.

Parfois tu sais te faire démon, glissant entre mes phalanges avides, filant sans que je sois capable de te comprendre. Tu me fais alors comprendre que je dois me soucier de toi, prendre soin de toi, m’attarder un peu plus et oublier que je sais être égocentrique, parfois. D’une petite colère légitime tu t’exprimes, tu pestes d’une moue boudeuse, mais jamais ce moment ne dure car je me fléchis un peu et j’apprends à composer avec ton tempérament. Alors, amusée de me voir baisser pavillon tu n’en deviens que plus exubérante, tu revendiques l’envie de continuer notre chemin commun, et, à la sortie d’un restaurant un peu guindé tu deviens rieuse et délurée. Je suis saisi, pris de folie et me laisse entraîner vers des terres inconnues.

De temps en temps moi aussi je pique ma colère, râle contre ma frustration de ne pas tout savoir de toi, de ne pas tout comprendre de ton fonctionnement. Tu t’en moques un temps puis, lasse d’être délaissée ou de te heurter à mes silences tu prends ton plus grand sourire, tu brilles de mille feux et tes paupières m’amènent à redevenir canaille amoureux. Qu’il est doux de savoir que toi aussi tu sais céder quand il le faut, de sentir que, toi aussi, tu sais faire des concessions ! Tout redevient beau, nous divaguons au ronronnement d’une musique de fond parfois superflue, et dans le courant d’air de la vie nous relançons notre course contre le temps.

J’espère ne jamais avoir à me séparer de toi, jamais accepter la douleur de te voir partir vers un autre, d’être éternellement transi de la sensation journalière d’être deux devenus un, un duo d’inséparables ne pouvant vivre l’un sans l’autre.

Mais pourtant je voudrais aussi te dire…

Que parfois…

Tu me les brises saleté de bagnole à tomber en panne au pire des moments !

1 commentaire:

Thoraval a dit…

Excellent! Rire!... La nôtre aussi nous a lâché... Salope!