23 février 2009

Nostalgie

La nostalgie, c’est cette envie de se retourner et observer avec tendresse le passé. Qu’il nous soit agréable ou bien au contraire triste et destructeur, l’âge nous incite à rejuger ce que le temps a abandonné sur le bord de notre route. On devient alors conciliant et l’on cède aisément à la petite larme coulant le long de la joue, cette goutte salée que l’on arbore parce que le cœur se réchauffe. Alors, au hasard d’une découverte sur le réseau j’ai remis la main sur une partie de mon passé ludique, le genre de chose qui aujourd’hui serait invendable et où la vindicte populaire se ferait forte de critiquer tant la forme que le fond.

Ah, cette enfance supposée tendre, cet œil qui se collait volontiers à l’écran pour y scruter le moindre indice dans une quête taillée dans trois points colorés ! Je me fais l’effet d’un vieillard quand j’évoque avec ivresse mes heures passées à traquer le fantôme, à dresser les plans d’un donjon ou bien à courir après une bestiole qui n’en finissait jamais de m’échapper. Ceux qui n’ont pas connu l’époque des machines telles que l’Atari ST ou bien de la console Megadrive ne sauraient reconnaître les titres que je pourrais évoquer ici. Dire qu’ils pensent que les nouveautés actuellement en vente sont les initiatrices de styles de jeux ! Dites les gosses, vous n’étiez pas même au programme de vos géniteurs que déjà des génies de la programmation nous pondaient des trucs avec une vraie durée de vie, des graphismes à faire pleurer et de l’innovation à tous les étages...

Je m’emballe. Qu’il m’est pénible d’écouter les conversations de joueurs aujourd’hui, eux qui ne jurent plus que par « résolution d’écran », « nombre d’images par seconde » ou bien « nombre de polygones ». Cette époque avait une valeur ajoutée perdue aujourd’hui : la simplicité. Nul besoin d’acheter une machine en kit, de réfléchir à la meilleure des configurations, non, il suffisait d’avoir l’ordinateur, y enfourner la disquette et hop, magie le jeu fonctionnait ! Ah ça, on est loin de tout ceci aujourd’hui. Auparavant un jeu qui sortait se devait d’être publié sans le moindre défaut sous peine d’être condamné d’avance... Aujourd’hui c’est à base de patchs à télécharger que l’on règle a posteriori les défauts de programmation. Alors quoi ? Les programmeurs ne sauraient-ils plus bosser ? C’est à se demander si l’augmentation de la puissance des machines ne rendrait pas plus fainéants les dits développeurs...

Bon il y a une part de moi qui reconnaît aussi qu’il ne faut pas pousser : on ne peut décemment pas assimiler esthétiquement parlant les jeux d’antan à ceux de maintenant, mais tout de même certaines références n’ont pas à rougir en sachant qu’il y a jusqu’à 20 ans d’écart ! Tenez, imaginez le défi technique : un jeu PC tient en moyenne sur un DVD, soit (si l’on simplifie) la bagatelle de 4700 disquettes ! La majorité des jeux tenaient généralement sur une voire deux disquettes, avec un aspect ludique et une durée de vie comparable. Cela laisse plus que rêveur, d’autant que plus les jeux progressent esthétiquement moins ils présentent une partie interactive réfléchie. A force de vouloir être beaux les jeux perdent de vue que l’intérêt premier du jeu, c’est de jouer !

Il m’arrive parfois de jeter un œil sur les vidéos disponibles sur Internet. Chaque année s’organisent des réunions d’autistes rétrogrades (comme votre serviteur) qui s’adonnent à la programmation extrême de ces vieilles machines. Le défi ? Réaliser une démo, c'est-à-dire un film le plus réussi tant techniquement qu’esthétiquement sur des machines de l’ancien temps. Alors résumons un peu : des machines avec en moyenne un mégaoctet de mémoire (quand un ordinateur moyen en contient 1024 voire 2048 aujourd’hui), qui ont une fréquence d’horloge plus faible... que celle d’un téléphone portable ordinaire, et cela vous met en condition pour voir ce que ces dingues arrivent à faire. Personnellement je suis soufflé ! Tant d’un point de vue visuel que sonore c’est du délire intégral.

Tenez pour la bonne bouche je vais quand même faire un petit rappel des forces en présence.




















Commodore AmigaUn PC classique
Mémoire512/1024 Ko(+/- 1Mo)1/2 Go (1024/2048 Mo)
ProcesseurMotorola 68000 à 7 MhzIntel Pentium 3Ghz
Carte graphiqueNéantNvidia Geforce 8/9 à 256 Mo

Et voici ce qu’on peut faire sur le dit Amiga...



2 commentaires:

Thoraval a dit…

Finalement, sois honnête, JFPALF, ce n'est pas le graphisme ou les "forces en présence", dont tu as la nostalgie. A l'époque, nous aurions vendu la mère de notre voisin, pour avoir les bécanes de maintenant. Ta nostalgie ne viendrait-elle pas du fait, qu'à l'époque, il y avait une mentalité dans l'informatique? Comme celle qui résiste encore dans le monde de Linux. Les heures passées sur du basic, des Commodore, des Goupils, des M07, etc, où nous échangions avec ceux qui s'y mettaient. Il y avait une émulation de l'esprit. Alors qu'aujourd'hui, il n'y a que de la consommation de PC. De la consommation de pixels. La preuve, vieux cons que nous sommes, nous pourrions encore montrer Dieu par la tonsure du dessus, avec une bécane, à de jeunes puceaux du bulbe rachidien. Et ce, que le Grand Barbu ait une connexion ou pas.

JeFaisPeurALaFoule a dit…

En étant honnête... c'est précisément cela l'idée: je regrette sincèrement cette époque où chacun faisait preuve de réflexion, de maturité et de curiosité. Aujourd'hui l'outil informatique est devenu simplement un pourvoyeur de service au lieu d'être une machine à rêver. D'un pâté de pixels nous faisions une expérience, aujourd'hui d'un photoréalisme un simple loisir. A croire que l'époque se voulait plus littéraire (au sens imagination du terme) que technique.