11 février 2011

Si les mots sont souvent tristes

Si les mots sont souvent tristes,
Que les gens ne sont pas altruistes,
C’est qu’ils se demandent pourquoi,
Les choses de la vie sont comme ça…

Qui saura répondre pourquoi ?

Si la chance de la naissance,
Amènent à une vie rance,
C’est qu’on refuse de croire en soi,
Et que la vie c’est comme ça…

Qui pourra changer tout ça ?

Si l’espoir n’est qu’une chimère,
Que les gens restent terre à terre,
C’est qu’ils ont perdu la foi,
Et que leur vie est comme ça…

Qui relèvera l’homme de tout ça ?

Mais les souvenirs reviennent en force,
On se rappelle ceux qui bombaient le torse,
C’est que l’espoir renaît parfois,
Et que la Vie reprend ses droits…

Est-ce que l’homme y croira ?

Je l’espère en tout cas… du moins ça m’arrive parfois.

10 février 2011

Nous ne sommes pas seuls

Par ces quelques mots s’affirment l’opinion qui voudrait que l’univers est si vaste que, potentiellement, il existerait d’autres formes de vies, a fortiori intelligentes. Dans l’absolu, les statistiques pourraient tendre à faire admettre ce principe. En effet, raisonnons ainsi : l’univers est si immense que même si les chances que d’autres formes de vies existent sont infinitésimales, elles n’en demeurent pas nulles, ce qui, en conséquence, aurait tendance à démontrer qu’elles existent. Bon, il est vrai que la démarche est plutôt saugrenue, ou juste très osée, mais à défaut d’avoir prouvé le contraire, ce n’est pas totalement absurde. De grands scientifiques se penchent régulièrement sur la question, à tel point qu’on pourrait presque parler d’une science quant à l’édification de théories sur le développement de la vie extraterrestre. Cependant, encore faut-il faire attention à plusieurs thématiques très différentes, mais qui, en soi, poussent à s’interroger sur l’opportunité de rencontrer ces formes de vie.

Tout d’abord, le plus élémentaire s’avère être la foi. Nous avons tous en tête des images assez précises de la « création », notamment sur le principe d’Adam et Eve qui seraient les deux premiers êtres vivants. Bien sûr, il s’agit là de l’allégorie de la création des hommes, mais dans l’absolu, cela s’avère susceptible de rejeter toute possibilité d’admettre qu’une vie antérieure à la nôtre ait existée. A ce titre, nombre de personnes sont dans le déni face aux dinosaures, ou encore la datation au carbone 14. Le propos n’est pas de dire que la religion est un handicap, puisque nombre de scientifiques de renommée mondiale sont à la fois croyants et pragmatiques dans leurs théories. L’âme et les équations se dissocient fort bien à mon sens, mais la science a été régulièrement un « ennemi » pour les grandes religions, au titre qu’elle a été source de doutes et de contradictions avec les Ecritures. Par conséquent, si l’homme considère qu’il est le seul être intelligent de la création, il aura d’autant plus de mal à tolérer qu’une autre forme de vie puisse être intelligente, si ce n’est même supérieure à lui. Il s’agira donc de savoir pondérer et expliquer à ces personnes que l’existence d’une autre forme d’intelligence n’est pas une agression, mais peut-être une opportunité de progrès majeur.

Ensuite, la seconde problématique est l’intelligence de l’homme elle-même. Déjà, parler d’intelligence me semble surfait, au titre que des dizaines de siècles de progrès social et scientifique n’a pas suffi à enrayer ni les guerres, ni les injustices comme la famine ou la maladie. Au contraire, l’exploitation de l’homme par l’homme a encore de beaux jours devant elle, à tel point que le principe menant à utiliser l’homme comme esclave est totalement d’actualité. A partir de là, se dire intelligent, c’est faire preuve d’une énorme arrogance, notamment si nous pensons pouvoir discuter avec des êtres d’intelligence au moins équivalente. Prenons un exemple concret pour bien saisir la problématique : si des extraterrestres étaient amenés à venir nous faire un petit coucou sur terre, on devrait alors admettre qu’ils ont pratiqué le voyage spatial, soit une chose dont nous sommes actuellement quasi incapables. Le saut de puce fait vers la lune paraîtrait simplement minuscule et sans intérêt pour eux, et quant à notre système politique, difficile de le vendre tant il est fait d’arrangements bancals, d’accords confinant au chantage ou à la menace atomique, et impossible de légitimer notre modèle économique tant il est injuste et barbare avec les moins favorisés. Ces êtres, voyageurs de l’espace, seraient donc plus avancés technologiquement, plus armés pour comprendre les mystères du monde, et nous serions au mieux traités avec condescendance, ou au pire anéantis pour ne pas représenter une menace dans le futur.

Le pire des freins, à mon sens, est la xénophobie. Nous avons peur de la différence, nous craignons les changements radicaux, et notre paranoïa permanente nous mèneraient immanquablement à nous méfier des autres. Cette attitude suspicieuse nous suffit à justifier la guerre, le racisme, ou encore des politiques sectaires envers nos voisins, alors difficile de croire que nous accepterions sans renâcler que des êtres supérieurs à nous puissent nous expliquer comment progresser. D’ailleurs, que demanderions nous en premier, si ce n’est des sciences, dont celles utiles au progrès des armes ? Notre soif de connaissance s’accompagne majoritairement d’une soif de pouvoir, à tel point que les deux se confondent souvent dans un intérêt tout particulier pour la destruction en masse. D’une crainte de l’autre, jusqu’à une guerre déclarée par prévention, il n’y a guère qu’un pas assez terrifiant, à tel point que je suis d’avis qu’il faudrait trouver les mots pour expliquer à ces extraterrestres que nous sommes encore trop peu évolués pour pouvoir assimiler la différence sans la craindre. Notre peur instinctive pourrait donc nous mener à notre perte.

Et que se passera-t-il si, un jour, nous voyageons dans l’espace, et que nous trouvons des civilisations « inférieures » ? Nous serons soit des Cortes, colonisateurs capables de massacrer des populations entières, pour obtenir des ressources rares, ou des évangélistes tentant de faire adopter notre mode de vie et nos croyances, quitte à user de la violence pour y parvenir. L’humanité n’est pas un exemple d’intégration, alors aller l’appliquer ailleurs reviendra sûrement à mener à sa perte des civilisations qui se seraient bien passées de nous. Et puis, reste à voir si l’hypothèse du peuple non belliqueux s’applique : que ferons-nous si les êtres qui viennent chez nous sont comme des sauterelles dévastant un territoire avant de le quitter pour un autre ? Nous serions donc potentiellement condamnés à disparaître, et les fantasmes de Hollywood au sujet d’un héroïsme capable de nous sauver ne valent rien face aux réalités de la science. Faisons une analogie : si nous revenions dans le passé, est-ce que les chevaliers en armures seraient capables de résister à une attaque de blindés ? Non. Et là, ce serait nous, les chevaliers… Donc, probablement morts avant même d’avoir approchés l’ennemi.

Je ne sais pas s’il est conseillé que nous rencontrions la différence, si tant est qu’elle existe. Je ne sais pas non plus s’il est judicieux d’espérer que cette différence soit source de progrès, tant les chances qu’un peuple supérieur, et conscient de cela, nous traite avec mépris ou indifférence. Certains fantasment sur une présence extraterrestre parmi nous. Cette théorie du « nous sommes déjà envahis » me laisse simplement perplexe, parce que je ne vois pas l’intérêt technique d’observer les hommes de la sorte. Nous sommes déjà bien assez fous pour ne pas mériter la moindre observation, et qui plus est, nos sciences sont si balbutiantes que cela tiendrait plus à de l’archéologie qu’à autre chose. L’avenir nous dira si, oui ou non, nous serons confrontés à une telle situation. Je ne la crains pas, pas plus que je ne l’espère. Nous verrons alors quel parti prendront les humains, même si je sais que, par défaut, de deux solutions l’homme préfère choisir la pire…

09 février 2011

Juste un peu hostile

Les objets qui nous entourent sont tous adaptés à nos désirs et nos besoins. Ainsi, nous avons créé la machine à laver, parce qu’il faut bien faire la corvée de lessive, et parce que nous sommes devenus particulièrement fainéants. En l’espèce, l’immense majorité de ces bidules, machins, choses se vouent corps et âme à nous servir, ceci sans jamais se plaindre. Les rares fois où elles réagissent, c’est en tombant en panne, ceci en signe de fatigue prononcée. Sorti de cet aléa toujours pénible, nos objets sont juste efficaces et pratiques. Pourtant, force est de constater que chacun d’eux possède un démon, une face cachée capable au mieux de nous pourrir une soirée, au pire de nous mettre en danger. Regardez autour de vous, et posez vous des questions sur ces trucs en plastique et métal qui, en apparence placides et paisibles, sont vos ennemis les plus vicieux… Car ils vous attendent au tournant.

La cuisine regorge d’équipements capables de transformer une existence à tout jamais. Il y a trois catégories d’objets distincts : ceux qui coupent, ceux qui écrasent, et ceux qui chauffent. La première semble tout à fait évidente, comme le couteau, le mixer, ou encore un mélange des deux, le couteau électrique ! Ca, cela semble évident qu’en cas de mauvaise manipulation, vous pouvez y laisser vos doigts, votre main, ou encore quelques morceaux de votre anatomie. Pour le coup, c’est l’homme qui se révèle maladroit au possible, et que le mixer, ou la trancheuse à pain ne fait que sont travail. Définitivement, nous pouvons donc affirmer que les objets en apparence les plus dangereux sont ceux qui sont les moins retors. En revanche, dans la catégorie « j’écrase joyeusement les doigts de pied qui ne sont pas protégés », il y a la cocotte en fonte de grand-maman, la pile de vaisselle posée sur le bord de l’évier pour sécher, ou encore le poivrier à la con tout en métal qui date du dernier noël. Ceux là, méfiez vous d’eux : ils prétendent servir comme contenants, ou encore comme décoration, mais ils sont susceptibles de vous déglinguer un doigt de pied ou un bras en quelques instants. Et les derniers sont des fourbes. Les trucs qui chauffent savent comment vous faire souffrir. Le four traditionnel, on s’en méfie, donc on ne l’approche qu’avec précaution. Mais le plat de lasagne, tout juste tiré de sa gueule béante et brûlante, qui n’a pas eu le moment de douleur atroce en le touchant par inadvertance ? C’est sadique, cruel, d’autant plus quand on a la dalle. Et que dire du micro-onde ? C’est un équipement sorti de l’esprit d’un malade mental profondément atteint ! La tasse, là, l’autre pour le café, elle sort toujours froide, mais ce qu’il y a dedans… bouillant, fumant, un désastre, et potentiellement un séjour aux urgences pour votre bouche et votre langue. Sans compter que les plats qu’on réchauffe cumulent : plat chaud, surface de la nourriture encore froide, et centre de l’amalgame de nourriture en ébullition. Nous en avons tous fait l’amère expérience je crois, donc inutile de préciser. Ah si, il y a la cafetière, la saloperie qui se met à transformer l’eau en vapeur, et qui donc vous ébouillante, mais sans pour autant faire couler la moindre goûte de nectar noir dans le verseur !

Le salon n’est pas mal non plus : le tableau fixé dans une cloison de placoplâtre qui vous tombera sur la tronche en pleine nuit, la télévision qui implose au moment le plus important d’une série inédite, ou encore le décodeur qui, joyeux drille, se fait un malin plaisir de corrompre votre carte d’abonné, vous condamnant ainsi à la télévision hertzienne et aux programmes de TF1. Si ça, ce n’est pas de la cruauté ! Mais le panel d’objets cruels n’est pas fini ! La table basse dont on a pris soin de choisir les pieds de forme carrée (juste pour y laisser ses petits doigts tous nus quand on s’y cogne), le canapé dont les ressorts ressortent au pire moment pour vous labourer le dos ou les fesses, et la chaise de salon, la robuste (en apparence) chaise de bois qui se disloque au moment où vous vous installez dessus… Et après, on va me dire que le salon est un havre de paix ! Ben voyons, j’ai connu des champs de mines qui sont plus paisibles ! Le tapis est pas mal dans son genre aussi il faut dire. Se recourbant au pire moment, immanquablement provocateur de chutes, il réussit à peupler les urgences d’un hôpital plus vite que n’importe quelle gastroentérite saisonnière.

Enfin, notons que toutes les pièces sont ainsi : la salle de bains avec la douche soit bouillante, soit glacée, le savon qui vous fait glisser sur le carrelage humide, le rasoir scalpe visage/jambes (selon l’utilisateur), le sèche cheveu qui transforme la chevelure en brasier d’été en Corse, ou encore le miroir assassin qui vous rappelle votre tronche de déterré au lever… Il y aurait de quoi faire un inventaire pour chacune des pièces de la maison. Je vous le soin d’y jeter un œil, et de prendre vos précautions. Tout est une menace, tout est dang… aïe, j’aurais dû faire gaffe, ce pourri de fauteuil vient de s’affaisser, et donc de me mettre bien trop bas pour travailler. Enflure de chaise !

08 février 2011

Les aventuriers

Par essence, les aventuriers sont des personnes fortes, que ce soit physiquement ou moralement. On leur prête des qualités fortes comme la franchise, l’honnêteté ou le courage, et pardessus le marché, ils vivent des aventures extraordinaires. Typiquement, Indiana Jones est l’archétype de l’aventurier qui, bien qu’il soit en fin de compte un vulgaire pilleur de tombes, se révèle pétri de bonnes intentions. Mais franchement, je trouve particulièrement agaçant ces gens trop lisses, trop propres sur eux, et qui pardessus le marché s’offrent le luxe de vous faire la leçon. Ah ça, pour vous fourguer du bon sentiment par boites de douze, ça sait y faire, mais pour être simplement veule, cupide, humain quoi, il n’y a plus personne !

Je ne connais pas d’aventurier au sens cinématographique du terme. Tous, nous avons de petits travers qui vont de l’anodin entêtement, jusqu’à l’insupportable tendance à mentir sans arrêt, ce qui en soi met à mal toute velléité d’être un aventurier. Pire encore, l’homme ordinaire n’ira certainement pas risquer sa couenne pour une « aventure » sans certitude, ni pour une cause aussi douteuse qu’improbable. Il y a bien quelques illuminés qui arpentent le monde en quête d’extraterrestres, des cinglés qui confondent fouilles sauvages et archéologie, ou encore deux ou trois tarés qui se supposent aventureux les fesses bien confortablement posées sur un deux roues hors de prix. Et puis, la plupart ne sont pas des aventuriers, tout au plus des gens en quête d’un accomplissement très personnel, ou éventuellement financier.

Au-delà de ça, l’aventure est une chose difficile à définir. C’est quoi, partir à l’aventure ? Laisser sa carte bleue sur la table, prendre un sac à dos et déambuler sans but sur les routes du monde ? Peu sont réellement enclin à comprendre ce qu’est la spiritualité, si ce n’est pour ensuite toucher un subside issu de la vente des photos et autres vidéos du trajet. Aussi méchant que cela puisse paraître, ceux qui sont réellement « aventuriers » sont finalement des anonymes, des gens qui ne se targuent pas de leurs actes. Ils agissent, et c’est déjà pas mal. Le marin qui affronte la mer chaque jour, le pompier qui risque sa peau dans les brasiers, ou encore le pilote de ligne qui sauve son avion en perdition, ça, ce sont des aventuriers au sens noble du terme. Là encore, j’aimerais en croiser un, histoire de lui serrer la main pour le remercier d’avoir fait montre de courage.

L’aventure, c’est la vie, en tout cas j’en suis convaincu. Il faut avoir vécu quelque chose pour pouvoir le raconter à titre personnel, il faut avoir traversé des épreuves pour en avoir tiré des leçons utiles. Les philosophes ne se sont pas privés pour nous expliquer que le chemin devant nous reste toujours obscur, et que l’expérience est une lanterne qui ne fait qu’éclairer le chemin parcouru. En ce sens, nous sommes trop peu nombreux à accepter que nous ne sommes que des mal voyants cherchant la meilleure route à prendre dans une plaine saisie par la brume. Malheureusement, l’erreur étant humaine, nous choisissons souvent la mauvaise route, et ce en toute bonne foi. Quelques soient ces choix, j’estime qu’il est plus important d’avancer que de rester là, à regarder les caravanes passer sans nous. C’est là que sont les vrais aventuriers, ceux qui avancent, ceux qui tracent un chemin qui leur est propre, pas ceux qui se contentent de regarder et de critiquer les autres. Nous en connaissons tous, ces conseillers jamais payeurs, ces « j’ai tout vu » qui, au fond, ne font que fantasmer sur le vécu des autres. Dommage qu’ils ne comprennent pas qu’en restant là, attentistes inutiles, ils ne font que légitimer les doutes fondés sur leurs expériences propres.

J’ai envie de dire que celui vit a choisi le bon chemin. Les errements intermédiaires ne sont là que pour écrire l’Histoire, avec au milieu nos histoires, ces minuscules digressions dans le temps, ces étranges lignes qui se mêlent, se nouent et se dénouent, au gré du hasard. Je ne suis pas plus aventurier qu’un autre, je ne crois pas avoir choisi des routes qui me mènent à Katmandou ou à La Paz, j’avance, et c’est déjà pas si mal, finalement. « On verra » est bien plus le propos d’un véritable aventurier, que le « J’ai déjà vu »… Alors, nous verrons !

07 février 2011

Elle râle, elle couine...

Mais c'est une amie, et ses textes sont du vécu. Vous me trouviez féroce? Allez donc la lire... Sacrée mère Nawel!

Le blog de la mère Nawel

Le défi religieux

Les différentes crises rencontrées dans le Maghreb semblent vouloir mener nombre de ces nations à des systèmes plus démocratiques, ou tout du moins plus efficaces. En effet, les dictatures en place, cédant à la pression de la rue, doivent à présent se déterminer soit à réprimer dans le sang, ou au contraire à intégrer une tolérance envers les partis d’opposition. Ainsi, la Tunisie a réussi à déboulonner Ben Ali, et l’Egypte semble vouloir aller jusqu’à déposer Moubarak. Malgré les errements et les doutes émis par les autres nations du monde, force est de constater que sont nombreux ceux qui espèrent un véritable progrès politique et social dans ces différents pays. Cependant, il y a une question fondamentale à poser : déposer un dictateur est une bonne chose, mais dans quel but ? Est-ce pour mettre au pouvoir un régime plus dur encore ?

L’observation générale tend à faire penser que les populations veulent avant toute chose un peu de liberté d’expression. Après plusieurs décennies de censure et d’oppression policière, il est certain que la voie de la libéralisation des médias est vitale. En revanche, il ne faut pas perdre de vue que les partis les plus modérés sont malheureusement ceux qui sont généralement les moins entendus, et surtout les moins financés. En effet, le radicalisme politique amène plus aisément des fonds, que les groupes qui désirent la transition. Les exemples, dans la région notamment, nous rappellent facilement à l’ordre. L’Iran, par exemple, est l’archétype de ce que pourraient devenir les pays actuellement en révolte, si les extrémistes religieux arrivaient à récupérer le pouvoir durant la crise. Ceux qui prennent le pouvoir sont nécessairement les plus ambitieux, mais pas forcément les plus compétents. Toute la problématique va donc provenir non de la chute des dictatures, mais de la répartition des pouvoirs. Tant localement qu’à l’échelle nationale, si le fondamentalisme religieux parvient à obtenir suffisamment de poids, ce seraient rapidement la fin du multipartisme.

Qu’on ne se leurre surtout pas. Les partis religieux sont tous financés par les gouvernements s’appuyant, eux aussi, sur la foi comme doctrine politique. Arabie Saoudite, Koweït, ces états n’hésitent pas à déverser les milliards des pétrodollars pour s’assurer la connivence des factions locales. De ce fait, au lieu d’amener à la paix, ce serait alors une prise de pouvoir, par les armes, avec l’accord tacite de certaines autorités religieuses, et dans l’oppression des contradictions. L’Egypte subit actuellement un véritable noyautage moral et politique de la part des « frères musulmans » : financement de dispensaires pour créer une gratuité des soins, embrigadement des jeunesses cultivées, prises de position ostensibles pour « assurer la sécurité » durant les émeutes, ainsi qu’un noyautage moral des écoles. De ce fait, et ce malgré un score plutôt moyen d’opinions favorables, ce parti politique pourrait bel et bien changer la donne. Il ne faut surtout pas se leurrer : ceux qui, aujourd’hui se posent en guides rebelles sont nécessairement ceux dont les ambitions sont les plus fortes. Pire encore : en étant financés par l’étranger, ces chefs en puissance seraient, en cas de victoire, totalement tributaires de ces nations, ce qui, en soi, représenterait une véritable menace pour l’autorité politique du pays. Au surplus, laisser de nouveaux états dont la politique est dictée par la religion ne peut qu’amener à des crises majeures. Réfléchissons quelques instants : en admettant que l’Egypte devienne une nouvelle république islamique, force est de constater qu’Israël serait alors en fâcheuse posture. Jusqu’à présent, Moubarak représentait un interlocuteur crédible et acceptable avec l’état Hébreu. Sans lui, ce serait alors une opportunité pour une nouvelle ligue arabe, et une nouvelle attaque en règle sur les territoires occupés. Et là, malgré la présence Américaine aux alentours, l’avenir d’Israël serait très précaire.

Je ne crois pas qu’il soit aisé de se mêler de la politique locale. La France, avec son héritage terrible de colon, et surtout de « grand frère » pour les dictatures du Maghreb, ne peut guère escompter avoir le droit d’exprimer son opinion. Il sera indispensable que la diplomatie internationale soit là pour non seulement suivre et assister les mouvements de libération, mais également pour trouver des méthodes pour bâillonner au plus vite les plus radicaux. Laisser le pouvoir à ces partis, c’est offrir de nouveaux soutiens à l’Iran, à la guerre en Palestine, mais en plus risquer une nouvelle crise majeure à propos du canal de Suez. Un pays isolé, acculé, peut tout à fait envisager de saboter cette voie navigable, et ainsi poser d’énormes problèmes tant stratégiques qu’économiques. Reste à voir si ces peuples vont se tourner vers un islam fait constitution, ou vers un modèle intermédiaire où la religion reste une forme de conseil, mais pas la base des lois. L’Egypte n’est pas un pays rétrograde, pas plus qu’il n’est comparable avec l’Iran. Cependant, quelques mois peuvent suffire à transformer le visage d’un état, d’autant plus si celui-ci instaure des lois drastiques, avec des sanctions extrêmes. Toutefois, étant donné les mauvaises expériences vécues par les nations arabes, la plupart n’offrent plus un portrait aussi radicalisé qu’à l’époque de la gloire d’Al Qaeda. Espérons que cette pondération, fondée sur l’idée que l’argent peut acheter la conscience religieuse et politique, saura bloquer les groupes les plus enhardis par l’effondrement des despotes.

06 février 2011

Quand la technologie est fantastique

Merci à sebsauvage.net d'avoir mis à disposition cette vidéo. Elle est simplement impressionnante, et offre quelque chose d'inédit: cliquez du bouton gauche sur la vidéo, maintenez le bouton... et bougez votre souris. De la magie technologique, qui devrait, à mon sens, être plus souvent utilisée pour faire découvrir la beauté de notre monde.

04 février 2011

Rien ce soir

Pas le temps...

03 février 2011

Conditionnel

On se croit courageux. On essaye de s’en convaincre, à tel point que cela en devient presque une thérapie. A chaque fois que les gens discutent, l’usage du conditionnel est courant « Moi, j’aurais… », et j’en passe. Le conditionnel, c’est la meilleure manière pour la langue de nous signifier notre outrecuidance, à tel point que s’en servir a tendance à me déranger. N’ayons pas peur des mots : prétendre pouvoir se mettre à la place d’un autre, c’est majoritairement un mensonge, ou juste de la vanité. Nul n’est, à mon sens, en position de pouvoir présumer de ses actes, d’autant plus dans un contexte très défini.

J’ai déjà entendu des bêtises telles que « j’aurais résisté contre l’occupant ». Voilà qui est plus que prétentieux, non ? Reprenons un peu le contexte. Première chose, nous jugeons le passé à la lumière de notre connaissance, c'est-à-dire que, par exemple, nous pouvons affirmer que le nazisme a été un échec atroce. Mais à l’époque, qui aurait pu décréter, sans avoir peu de se tromper, que les nazis finiraient par perdre la guerre ? Etre résistant, ce fut aller au-delà de la seule notion de courage. Il fallait avoir des convictions aussi fermes que définitives, avoir la détermination et le sens du sacrifice suprême. Le culot, la gouaille, toutes ces notions sont utiles, mais insuffisantes pour pouvoir se permettre de dire « j’aurais été un résistant ». Rien ne prouve que ce même orgueilleux n’aurait pas été un collabo de la pire espèce, ou, plus grave encore, un volontaire pour agir de manière barbare. L’engagement personnel se juge en fonction d’une situation, pas à partir d’une autre. Je ne saurais affirmer avec certitude ce que j’aurais fait, et c’est en cela que je me refuse à juger les gens d’une époque donnée.

Vous avez peut-être déjà entendu ces coqs qui revendiquent leur force physique pour affirmer sans frémir qu’ils auraient agi lors d’une agression. Pourtant, les statistiques démontrent plutôt le contraire, et cela, malheureusement, me semble normal. Qui n’a pas peur de prendre une balle perdue, un coup de couteau dans le dos, ou d’être pris à parti par une dizaine de voyous ? Se vanter d’agir, c’est alors se mettre dans des situations dangereuses, voire mortelles. Bien sûr, certains vont au bout de leurs actes, mais bizarrement, ce sont des gens qui ne font pas étalage de ce courage, estimant que celui-ci est finalement un acte civique et normal. Je crois, avec un sincère respect, que ceux qui agissent sont généralement des gens qui ont simplement un sens aigu de la justice et de l’équité. Eux, toute notion de revendication ou de glorification est mise à l’index, car, au fond, défendre le voisin, protéger une jeune femme agressée, c’est avant tout un acte naturel, du moins qui devrait l’être pour tout le monde.

Parmi les phrases du conditionnel, une m’agace tout particulièrement. Le « si j’avais su », est une excuse lamentable pour tenter de s’affranchir de sa responsabilité personnelle. En effet, rien n’est plus lâche qu’un « si j’avais su ». Que croit-on affirmer de la sorte ? Qu’on aurait tenté d’éviter un désastre, qu’on aurait tout fait pour retenir l’ami qui s’est planté en voiture parce que trop ivre pour tenir le volant ? Assumer que le destin nous impose des choix aux conséquences imprévues, c’est autrement plus normal et logique que d’aller affirmer « si j’avais su ». Oui, on a envie de revenir dans le passé, de réécrire l’histoire, d’effacer les accidents, les errements, mais cela, nous ne le pouvons pas. Alors, se lamenter ainsi n’a pour seul effet que d’assombrir encore un peu plus la situation. On se doit d’assumer, d’aller de l’avant, car le conditionnel se révèle ici n’être que de l’impossibilité. Le temps s’écoule, inexorable, et nous devons l’accepter.

« Moi je, moi je… », toi rien du tout ! Tout comme moi, comme tout le monde, nos convictions ne survivent que si nous sommes mis en situation de devoir les éprouver. Nombre de personnes revendiquent des appartenances politiques ridicules, d’autant plus quand il s’agit de doctrines mal comprises et mal connues. Je hurle de colère quand on me parle de « néo nazi ». Non : ces idiots ne sont pas plus nazis que je le suis, ils ne sont que le reflet d’une bêtise profonde, d’un nombrilisme acharné, prompt à affirmer « si j’avais le pouvoir, je ferais… ». Comme tous les prétentieux, force est de pouvoir affirmer que le coq stupide ne ferait rien d’une part, et ne serait (comme il l’est déjà d’ailleurs) qu’un outil malléable pour des personnes plus informées que lui. La volonté, la doctrine, ce sont des choses qui ne supportent ni l’à peu près, ni le conditionnel. Dans ces conditions, prêtez bien attention aux propos tenus par ceux qui se pensent revendicatifs, et méditez sur le fait qu’ils ne sont que des braillards qui jouissent de la liberté d’expression. Combien seraient encore prompts à râler en cas de réduction de ces libertés ? Peu, voire aucun. Nous tolérons bien souvent des restrictions de nos libertés, à tel point que nombre de lois passent sans même que la foule s’en préoccupe. Malheureusement, la foule préfère les promesses aux actes, car quand les actes arrivent, on reprochera à l’élu d’agir (justement !).

Le ridicule ne tue pas, et bien heureusement. De toute façon, je me cantonnerai à espérer être capable d’assumer mes opinions, et ce jusqu’au bout. Je l’espère, je ne prétends pas en être capable. Peut-être vais-je virer lâche comme la majorité silencieuse, ou au contraire virer extrémiste, comme certains qui confondent revendication et action violente. Faites que cette erreur ne soit jamais mienne !

02 février 2011

Le téléphone

J’ai, par le passé, évoqué le fameux téléphone rouge qui servait aux communications entre le Kremlin et la Maison Blanche, ceci à la grande époque révolue de la guerre froide. Objet symbolique s’il en est, le téléphone a eu son heure de gloire au cinéma, et justement dans le ton rouge sang du plus bel effet. Cependant, nous autres les civils, nous nous sommes équipés de ces machines à cadrans dans des teintes plus neutres comme le gris ou le noir, peut-être parce que nous ne sommes pas des personnages importants, et parce que le rouge n’est pas quelque chose d’aisé à intégrer dans un intérieur ordinaire. D’ailleurs, je me demande si qui que ce soit ait jamais eu un téléphone rouge chez lui. Enfin bref, que ce soit un chef d’état, un fonctionnaire de police, ou encore l’un d’entres nous, le téléphone a révolutionné notre façon d’appréhender la communication.

Notons d’abord que son invention n’est pas récente. Entre les premiers essais et aujourd’hui, plus d’un siècle nous contemple. Nous avons su passer du filaire à manivelle, à l’appareil sans fil et à clavier, ce qui en soit représente une véritable avancée technologique. Bien entendu, il ne viendrait à l’esprit de personne de chercher la dite manivelle de charge, ou d’espérer avoir une opératrice pour demander « Clignancourt 13 35 ». Mais n’est-ce pas là la fin d’une forme de charme désuet ? Je trouve presque dommage la disparition de l’opératrice, au titre qu’elle humanisait un peu l’inévitable attente de son correspondant. Et puis, mine de rien, cela donnait du boulot à énormément de gens. Bon, oui, il est vrai que retenir un numéro et le taper sans contrainte sur n’importe quel terminal est plus pratique, mais tout de même, écouter la voix suave d’une jeunette… Je m’égare. Bref, nous avons modernisés notre manière d’envisager la téléphonie, et celle-ci nous rend énormément plus de services qu’avant : fax, minitel, informatique à travers Internet, le signal d’appel, les répondeurs, toutes ces innovations sont venues changer notre abord à la communication vocale !

Cependant, à y regarder de plus près, la téléphonie a aussi changé notre abord à la société. En effet, avoir un numéro, c’est être joignable. De fait, plus d’excuse potable pour dire « je n’étais pas au courant », puisqu’un coup de fil est supposé faire foi pour une prise de rendez-vous. De là, ce fut donc la mort du petit mensonge confortable, le refus de décrocher entraînant un harcèlement sonore, à tel point qu’on finit par soulever le combiné pour avoir la paix. Ce qui est encore plus redoutable, c’est que les appareils modernes présentent le numéro de l’appelant ! C’est pervers : si vous savez qui c’est, vous pouvez envisager de jouer la sourde oreille, or, la cacophonie de votre téléphone sera si pénible que vous cèderez. Et que dire de ceux qui camouflent le numéro ? C’est encore plus vicieux : vous ne savez pas qui appelle (comme dans le temps), et au surplus vous vous faites des idées. « La police ? Les pompiers ? Quelque chose d’important ? ». Hé non, c’est votre insupportable petit cousin qui, pour s’assurer votre décroché prompt de combiné, se fera un malin plaisir de camoufler son identité. Haïssable !

Le bon vieux téléphone a d’autres tares congénitales absolument intolérables. Que faire avec un interlocuteur bavard qui ne vous lâche pas une heure durant ? Comment couper court à une conversation pénible avec un parent ? Comment s’affranchir du colporteur qui, sous couvert de vous offrir un set de couteaux, tente de vous caser une cuisine hors de prix ? Certains ont trouvé une parade que trop temporaire : le téléphone mobile. Malheureusement, prétendre à une rupture réseau, ou à une panne de batterie ne fonctionne qu’un temps. Tôt ou tard, vous avez alors des comptes à rendre, notamment sur la fiabilité douteuse de votre équipement. On saura alors vous conseiller de vous offrir le dernier cri, le bidule qui fait tout (sauf l’essentiel, à savoir le café et briquet pour ma part), et dont vous n’aurez jamais qu’un usage très limité. C’est ainsi : à l’ère de la communication, mettre un terme à celle-ci est alors considéré comme une impolitesse. Et le plus agaçant, c’est que vous êtes joignable partout ! Plus de paix ni aux toilettes, ni en voiture, pas plus que chez des amis/maîtresses/famille (rayez les mentions inutiles). Hé non : où que vous soyez, vous devez communiquer.

Finalement, tenir ces damnés appareils hors fonction, cela devient aujourd’hui salutaire. Par le passé, le téléphone était cher, et donc les gens prenaient soin à ne pas trop parler ni trop appeler ? Là ? Avec des offres illimitées, nous voici condamnés au supplice de la parlotte, au lieu de se retrouver autour d’un café, d’aller déjeuner. Le téléphone est supposé permettre la communication, et le voici le maître de la fracture sociale. Est-ce que je déteste le téléphone ? Non, j’ai juste en horreur qu’on me tienne la jambe pour rien ! Allez hop, tais toi le bidule en plastoc, je veux la paix !

Et merde, répondeur plein !