14 janvier 2010

Mano solo est parti, pour toujours cette fois

Un grand artiste a quitté la scène pour toujours. Il s’en est allé le 10 Janvier, le SIDA a eu raison de ses cris de colère, il a réussi à briser la volonté de ce chanteur compositeur de talent.

Je ne vais pas me lancer dans une nécrologie que je trouve toujours malsaine, je vais juste dire que j’aime ses chansons, que le personnage malingre, fragile et dur à la fois m’a séduit par sa voix, et qu’il existe encore quelques talents en France pour brailler autre chose que des tubes insipides.

Bon vent Mano, bon voyage ! Tu verras bien si Dieu existe, s’il accepte, ou non, de te laisser sa place…

Je suis venu vous voir avant de partir,
y avait personne ça vaut mieux comme ça.
Je savais pas trop quoi vous dire,
croyez pas que j'vous abandonne même si,
encore une fois,
je vous laisse le pire :
les larmes qu'on verse sur la mort d'un homme .

Adieu mes amis,
je m'srai bien battu encore,
adieu mes amours,
priez pour moi...

Toi que j'aime,
que j'ai aimé,
compagnon d'un jour ou d'une année,
déjà tu sais que dans mon cœur même moisi flottent encore violence et tendresse ...
mon existence ne tient pas qu'a ma graisse,
je suis esprit avant dêtre un corp,
je suis mort mais rien n'est fini,
il reste ma voix et bien peu d'écrits .
J'avais surtout une grande gueule pour chanter des chansons d'amour pour Paris,
sur la ptite scène du Tourtour...
Mes amis, ne pleurez pas,
le combat continue sans moi.
Tant que quelqu'un écoutera ma voix je serai vivant dans votre monde a la con !

avec du sang plein les orbites, et même du plastique sur la bite je vais sûrement être recalé a l'examen du grand sage mais j'en profiterai quand même pour lui dire ce que j'en pense de l'existence, cette engeance ! Et s'il ne voit pas que je suis un ange alors qu'il change de boulot...
Et s'il veut, moi je prend sa place : y aura des filles et de la Ganja, des passions sans limites,
nous nous battrons des ailes et nous volerons bourrés,
nous mangerons des pommes envenimées et nous cracherons le mal comme un pépin,
nous serons sincères comme jamais et nous serons beaux pour ça ...

13 janvier 2010

Xénophobie millénaire

Il y a une phrase clé que j’utilise assez régulièrement : « Je suis étonné que les gens soient étonnés », et c’est d’autant plus récurrent quand il s’agit de comportement sociaux. Les évènements xénophobes qui se sont produits en Italie (agressions d’ouvriers agricoles immigrés, propos ouvertement racistes de la part des politiques des parties d’extrême droite, ou encore l’attitude ouvertement hostile des Calabrais) semblent sidérer la foule et les médias. Quoi d’étonnant là-dedans ? Ce n’est pas parce qu’on tait l’existence du racisme et des mouvements fascisants qu’il n’existent plus, et c’est même la marque de fabrique de la plupart des mouvements les plus durs de la mouvance fasciste : le secret. Depuis la chute des gouvernements nazis en Allemagne, fascistes en Italie, les idéologies ne se sont pas effacées au profit d’idées politiques progressistes ou plus tolérantes. Au contraire même.

Qu’on le veuille ou non, le bruit des bottes fascine encore énormément de monde, et fédère aussi toute une population déçue par la démocratie et le capitalisme. Dans les faits, une évidence apparaît: avec la stigmatisation des crimes dits « racistes », et ce surtout depuis l’apparition de SOS racisme, c’est une sensation d’oubli qui touche la population locale dans les nations européennes. Concrètement, cela se manifeste par des propos du genre « Si c’est un arabe qui est tué, on crie au scandale, si c’est un Français (comprendre un « blanc ») c’est un fait divers ! ». Difficile de leur reprocher l’usage abusif de l’aspect communautaire dans le traitement de l’information, notamment quand les victimes sont des immigrés issus des anciennes colonies Françaises. Les politiques ne sont pas innocents : avec le port de la responsabilité de la décolonisation, ceux-ci ont tendance à se faire peu virulents concernant les problèmes de société liés à l’assimilation de ces populations.

Avec la crise, les vieux schémas réapparaissent. Un immigré prend la place d’un « bon Français ». Qui ne l’a pas entendu ? Est-ce une réalité ? A mon sens, avec l’effondrement de l’industrie, la précarisation des résidents sur le territoire, et l’afflux toujours aussi massif d’immigrants de moins en moins reliés aux ex colonies Françaises, ce n’est pas tant l’immigration est devenue un problème, c’est en gérer les conséquences. La France s’est relevée grâce à la main d’œuvre étrangère, et aujourd’hui, il serait inepte de reprocher à quiconque travaillant en France (de nationalité Française ou non), de ne pas faire ce qu’il faut pour que la nation fonctionne. Ce qui ne va plus, c’est que la xénophobie se nourrit de la différence, de l’apparition de communautés qui refusent l’assimilation, voire même qui incitent au déni d’autorité. Plus les communautarismes prendront de place (non usage du Français en public, tenues et comportements ostensibles, exigences religieuses inappropriées en république laïque…), plus les xénophobes et les fascistes auront un auditoire attentif.

Le débat n’est pas récent, loin de là. A chaque renouvellement électoral, la foule a l’impression que les politiques découvrent les problèmes qui perdurent dans leur société. L’immigration n’est pas un problème en soi, c’est même une solution utilisée pour faire fonctionner l’économie, mais la façon de la présenter a tôt fait d’exacerber des frustrations et des colères. Les banlieues sont des bains de culture où l’absence de moyen, d’infrastructure, et surtout de foi en l’état profitent à tous les extrémistes. Le jeune arabe qui ne peut pas trouver un emploi à cause de sa couleur de peau, tout comme le blanc qui, faute d’un système scolaire adapté, a fini par n’être qu’un chômeur de plus, cautionnent tous les deux les mêmes xénophobies et nourrissent les mêmes colères intérieures. La reconnaissance de soi, culturellement et socialement, créent donc le « parler banlieue », le « s’habiller racaille », ou encore « la musique des cités ». Alors, quoi de plus facile que d’instrumentaliser ces haines en les ramenant sur des terrains connus comme le nazisme ou encore le fondamentalisme religieux ? Le désespoir est un moteur très puissant, et un outil idéal pour les idéologues.

Les groupuscules nazifiant, contrairement à l’idée reçue, ne se cantonnent pas aux crânes rasés abreuvés de haine, de football et de bière. Ils sont généralement bien encadrés par des aînés, des guides instruits, rhétoriciens rompus aux débats d’idées, et globalement bien insérés dans la vie sociale de la cité. Ce ne sont pas des parias, ni même des anarchistes. Ce sont des nationalistes convaincus, xénophobes, prônant la haine, mais sachant aussi jongler avec les lois en vigueur. Ils communiquent, exportent leurs idées à l’international, et façonnent des milliers de jeunes pour en faire les futurs guerriers de l’ordre nouveau.

Vous êtes surpris ? Il n’y a rien de surprenant. Ce mode de fonctionnement, s’appuyant sur la fanatisation n’a rien de révolutionnaire, tant en méthodes qu’en résultat. Le parti nazi n’a, concrètement, rien inventé. Le parti nazi a industrialisé et rendu médiatique la xénophobie d’état, ce qui en fait donc l’exemple du résultat final d’une population acceptant le racisme et la ségrégation comme mode de vie. Pourtant, l’histoire démontre que l’embrigadement, la formation d’une jeunesse, ainsi qu’une politique raciale forte sont des outils ancestraux. Sparte : formation d’une élite combattante, forcément issue du peuple Spartiate, interdiction des mariages (sauf politiques…) hors de la communauté, et j’en passe. Réutiliser ces techniques revient donc à dire que les néonazis ne sont rien d’autre qu’un phénomène millénaire, un parasite de la démocratie et des états souverains. Pourtant, ils s’appuient sur des questions de société qui, quoi qu’on en dise, sont à traiter de toute urgence.

L’identité nationale fait débat, et j’ai grincé des dents à ce propos, je ne reviendrai donc pas sur la question. Mais, au demeurant, les groupes xénophobes utilisent à leur compte deux questions majeures : Quel quota pour l’immigration ? Dans quelles conditions doit-on tolérer, ou non, l’attitude des immigrants ?

Pour la première question, pour les gauchistes prêts à me sauter dessus, je formule différemment : pour un pays de 60 millions d’habitants, à partir de combien d’immigrants est-on en droit de dire qu’il faut fermer les frontières ? Dix milles par an ? Cent ? Un million ? Cinq ? Pas simple de trouver un équilibre entre tolérance et impossibilité de gérer, nourrir et salarier ces populations. C’est un vrai défi que la gauche comme la droite n’ont jamais su relever, ceci par faiblesse face aux groupes de pression comme SOS racisme pour la LICRA.

Pour la seconde, une formulation différente est aussi la bienvenue. Est-il acceptable de voir des femmes vêtues de la burqa ? Est-il acceptable qu’un immigré vivant sur le territoire depuis deux décennies ne sache toujours pas parler Français ? Ou encore, est-il acceptable d’entendre siffler la Marseillaise dans un stade ? Ca n’est pas plus simple que la première question !

Plus les vieilles démocraties européennes s’empêtreront dans des difficultés sociales et économiques, plus celles-ci verront renaître le vote fasciste, et la remontée en puissance des attitudes xénophobes. L’Allemagne, en Saxe notamment, voit réapparaître de véritables partis ouvertement racistes, tout comme en Italie où le ressentiment contre les immigrés deviennent vraiment visibles. Les médias tenaient des discours de l’ordre du « dormez bonnes gens, les nazis, c’est fini ». L’histoire tend à prouver que non, et ce n’est qu’un début. Je crains sincèrement une montée de ces partis dans les instances politiques, leur capacité à se fédérer, ceci afin de peser dans la balance, tout particulièrement dans les instances européennes. Un parti nazi européen ? Le NSDAP, Parti national-socialiste des travailleurs allemands (parti nazi), pourrait devenir le NSEAP, Parti national-socialiste des travailleurs européens. Ca vous étonne ? Moi pas. Ca vous fait peur ? A moi aussi…

12 janvier 2010

Telex à l'ancienne

11 janvier 2010

Camerone

Dans ma série « Je trouve que les gens de convictions sont les vrais héros », j’ai, au gré de mes lectures, revus des informations sur la bataille de Camerone. Pour celles et ceux qui ignorent cette référence, Camerone est une bataille qui s’est déroulée au Mexique le 30 Avril 1863, entre l’armée mexicaine et l’armée française. La date et le lieu semblent lointains, cela semble même être une référence obscure de l’histoire de la légion étrangère, or je la trouve tout particulièrement fascinante à plus d’un titre.

Tout d’abord, plantons rapidement le décor : une hacienda, tenue par 65 légionnaires, est assaillie par l’armée mexicaine forte de 1200 fantassins et 800 cavaliers. En une seule journée, plus de la moitié des légionnaires furent décimés, et les cinq derniers valides, à court de munitions, donnèrent la dernière charge, baïonnette au fusil. Pendant la bataille, le colonel Cambas, chef des forces mexicaines, réitéra à plusieurs reprises une offre de reddition, que les légionnaires repoussèrent d’un « nous avons des cartouches et nous ne nous rendrons pas ! ». A la fin de la journée, la réponse à l’offre de reddition fut acceptée, mais avec des conditions pour le moins surprenantes : « Nous nous rendrons si vous nous faites la promesse la plus formelle de relever et de soigner notre sous-lieutenant et tous nos camarades atteints, comme lui, de blessures ; si vous nous promettez de nous laisser notre fourniment et nos armes. Enfin, nous nous rendrons, si vous vous engagez à dire à qui voudra l'entendre que, jusqu'au bout, nous avons fait notre devoir. »

Ce à quoi le colonel Cambras répondit « On ne refuse rien à des hommes comme vous ».

Attitude héroïque, ou folle ? Peu importe, c’est l’attitude que l’on attend d’un soldat, surtout d’une troupe telle que la légion étrangère. En l’occurrence, la bravoure impressionna tellement les Mexicains que le monument honorant les pertes Mexicaines et Françaises est salué par tout soldat passant devant, et que la mémoire des évènements est perpétuée au sein de la légion. Les questions politiques de l’engagement de la France pendant la guerre du Mexique, ou le pourquoi d’une telle bataille sont, à mon sens, devenus accessoires. Seule perdure la réalité des évènements, celle qui démontre que la détermination et le courage ne sont pas des valeurs vaines et ridicules. Etre patriote, cela a aussi un sens pour ces légionnaires. La devise de la légion est « La légion est notre patrie », et c’est avec respect et honneur que les légionnaires défendent cette idée.

Je me suis souvent demandé ce qui peut pousser un soldat à résister jusqu’au bout. Les idéaux, les opinions politiques sont les premières choses qui tombent très bas quand le combat commence. Un soldat ne se demande guère s’il est du bon côté, il se demande comment survivre, et ce, s’il le faut, au prix de la mort de l’ennemi. C’est un véritable paradoxe : on accepte le sacrifice ultime pour des idées, mais l’on ne pense pas à elles pendant la canonnade. On sait qu’on est là pour ces idées, pour un drapeau, mais l’on réserve une pensée émue pour la patrie une fois l’escarmouche terminée. L’honneur, c’est ce qu’a fait cet officier mexicain : respecter l’adversaire, et lui rendre les hommages qui lui sont dus. Reprochez moi d’être un rien nostalgique d’une « autre idée » de la France et du monde, mais, mine de rien, celui que l’on qualifie aujourd’hui d’ennemi, on l’emprisonne, on l’exécute, c’est un anonyme qui n’a jamais le droit au respect que l’on doit aux combattants. Oui, il est certes facile de vomir sa haine sur des terroristes fanatisés, mais ceux qui se battent sont aussi, et surtout, des gens qui veulent la liberté, pas une occupation sordide et sans réelle perspective d’avenir.

Je ne crois pas aux vertus de l’éducation martiale. On a créé des générations de soldats acharnés, des combattants enfants armés pour un ultime combat perdu d’avance, et engendré des adolescents traumatisés à jamais. Je crois à la vertu du volontariat, du déterminisme personnel. Les engagés de la légion sont des gens ayant choisi une carrière difficile, éprouvante, et dangereuse. Le képi blanc, les marches lentes, ce sont des symboles qui fédèrent plusieurs générations de soldats en France. Nombre de personnes ne croient plus en l’armée pour défendre des valeurs telles que la liberté ou la paix, or c’est le rôle même de l’armée : protéger la patrie et son peuple. C’est sous les ordres des politiques que les militaires peuvent devenir des tortionnaires, et non le contraire. Un putsch « militaire » n’est jamais qu’un politicien avec un uniforme qui réussit à diriger son armée contre d’autres politiciens… puis, par voie de conséquence, le peuple lui-même.

J’aimerais que Camerone soit enseignée comme une bataille symbolique pendant le cursus scolaire des adolescents, ceci afin de leur faire comprendre que le sacrifice n’est pas une folie, c’est une forme de courage rare, de celui qu’il faut pour défendre une haute opinion de la nation, donc de soi-même. Se reconnaître dans un drapeau, c’est déjà appartenir à une communauté qui dépasse les religions et les ethnies, c’est être un membre d’une seule entité, et donc d’y participer avec volonté et bon sens. Tenir un fusil en tant que militaire est aussi important que voter en tant que civil, travailler, bien éduquer ses enfants… Cela semble, encore une fois, « nostalgique » du « travail famille patrie » de Pétain. Il n’en est rien : je crois à ces qualités, je crois qu’il est indispensable de croire en sa patrie comme en son peuple. Cela a été prouvé par des victoires contre la dictature, contre l’occupant, contre l’oppression en général. Respect et honneur à ceux tombés ainsi, avec le sens du devoir…

08 janvier 2010

Merci ma violette

Suite à l’article sur Albator, une conversation fort étrange eut lieu entre une amie et moi. Celle-ci me lança avec le sourire « Toi, tu aimerais bien devenir ce capitaine. Ca te ressemblerait d’ailleurs : taciturne, du caractère, et l’envie de soutenir la liberté ». Cela me fit tout d’abord sourire : quel adulte ne rirait pas à l’idée de devenir un personnage de dessin animé ? On tolère ce genre de rêve quand il vient d’un enfant qui ne voit que le côté héroïque du personnage, mais bien moins d’un adulte. Au mieux, on le taxerait d’être un doux rêveur, au pire, on lui conseillerait de s’entretenir en urgence avec un psy compétent ! Pourtant, je l’admets sans difficulté, j’apprécierais avoir un tempérament et une autorité comme celle du capitaine Herlock. C’est con, c’est enfantin, mais c’est vrai.

Qu’est-ce qu’il y a de ridicule à vouloir assumer ses opinions, quitte à mettre sa vie en jeu ? Défendre une idée, se battre envers et contre tout, c’est un phénomène qui a toujours créé de véritables icônes humaines. Qu’on ait ou non des opinions en commun avec ces symboles, force est de reconnaître que ces meneurs perdurent à travers l’histoire. Qui aurait l’aplomb pour dire « Non » face à des personnages aussi charismatiques que César, Alexandre le Grand, l’impératrice Eugénie, Napoléon, Gengis Khan, ou encore Patton ? L’autorité est une chose, la détermination en est une autre. Celui qui force le respect par ses actes est d’autant plus puissant s’il est capable de galvaniser ceux qui le suivent. Alors oui, pourquoi ne pas être, si le besoin s’en faisait sentir, un capitaine Herlock ? Je l’ai toujours affirmé, j’admire les gens de convictions, même si celles-ci ne sont pas les miennes, et le capitaine est représentatif d’un idéal que j’aimerais ne jamais devoir atteindre par la force des choses, mais que j’aimerais égaler par pure honnêteté envers mes opinions.

On parle, non sans raison, de la fascination que peut provoquer l’uniforme sur les gens. Bien sûr qu’une autorité symbolisée de la sorte a de quoi attirer, d’autant plus si les choix esthétiques sont stricts. Herlock porte la tête de mort, l’étendard des pirates, et c’est quelque chose de terriblement puissant. Qu’est-ce que le pirate ? Celui qui navigue sans loi, qui s’oppose à l’autorité établie, et qui n’hésite pas à se lancer dans un combat où seule sa force de caractère lui permet de vaincre. Cliché classique pour les enfants, il y a également énormément plus d’histoires qui se cachent derrière le drapeau noir à la tête de mort. Les hussards Autrichiens, puis les blindés Allemands portèrent la tête de mort. On associe à tort cette tête de mort au nazisme, l’emblème ayant été porté bien avant l’avènement du pouvoir nazi en Allemagne. Il représentait l’engagement total de ces troupes, un choix délibéré car il n’y avait pas de conscrits dans ces corps. Volonté, honneur, fierté de l’uniforme, voilà aussi d’autres valeurs portées par la tête de mort. Et puis, surtout, la relation à la mort, toujours présente, toujours possible pendant le combat. Pour cela aussi, oui, j’aimerais avoir le courage de tous ces personnages…

J’ai eu, à l’occasion de mon article, de naviguer sur la toile à la recherche d’informations complémentaires sur le compte de l’auteur du capitaine Herlock. J’ai eu donc le déplaisir de lire des inepties comme « Albator est un fasciste », ou encore « il est un symbole de l’extrême droite ». Tas de cons ! Oui, je tiens à l’insulte proférée à l’encontre des abrutis tenant ce genre de propos. Qu’est-ce qu’il y a de fascisant dans le fait de résister contre la dictature, de se respecter soi-même et les autres, de lutter pour un idéal ? Qu’on m’explique en quoi un résistant est un fasciste, en quoi refuser l’ordre établi est un acte fascisant. Oui, il est humain, avec des coups de sang frôlant parfois la folie, oui aussi il cache et ravale ses sentiments (on ne le voit pleurer qu’une seule fois en 64 épisodes !), mais est-ce de la froideur, ou simplement la réaction d’un homme qui en a trop vu ? Quiconque ayant côtoyé un ancien combattant sait à quel point les sentiments s’enferment dans le silence, à quel point l’on enterre littéralement son humanité pour continuer le combat. Herlock n’est pas un fasciste, il est ce que j’aimerais voir chez chacun de nous : un homme de convictions. Il croit dans l’idée de résister contre la dictature. Il croit en l’être humain. Il croit en son équipage. Il a confiance et donne son amitié sans restriction. J’aimerais être un tel homme, capable de ne pas dévier de ma ligne de conduite, capable de soutenir, quoi qu’il arrive, le front haut et le regard clair, qu’il faut être humain, ne pas céder aux chimères de la richesse éphémère et du pouvoir qui envenime l’âme. Que j’aimerais pouvoir inculquer le respect d’autrui et de soi à ma descendance, lui apprendre que l’on vit non pour dominer, mais pour partager, apprendre, grandir, et aider les autres à en faire autant.

Merci ma violette, tu m’as rappelé pourquoi j’écris sur ce site : parce que je crois qu’il faut s’exprimer, coûte que coûte, qu’il faut savoir être fier de ses opinions et de soi, et les défendre quoi qu’il advienne. Merci de m’avoir aussi fait me souvenir que bien des gens sont tombés pour cette envie de liberté, et que je me dois de leur rendre hommage à travers ma plume. Si le destin décrète que je sois un jour tenu de me battre, faites que je sois à la hauteur de la légende qu’est le capitaine Herlock, que je sois un meneur d’hommes, que je sois entier, aimant, sincère et droit.

Merci ma fleur.

07 janvier 2010

Réunion à rallonge...

Donc pas le temps de faire un article ce soir!

Tout est dit!

06 janvier 2010

Albator…

Certaines images sont magiques. Je suis tombé à peu près par hasard sur des clichés de la NASA, notamment ceux pris par Hubble, et j’ai été stupéfié par la froide beauté de ces clichés, et cela m’a ramené à un passé d’enfant fasciné et ébahi par un personnage devenu mythique : Albator. Capitaine Herlock (de son vrai nom, puis devenu capitaine Harlock, allez comprendre pourquoi) fut un véritable déclic tant sur l’aspect esthétique que scénaristique. Plus de trente ans après sa première diffusion en France (Albator 78), il n’en reste pas moins incroyable de constater que cette saga spatiale reste d’actualité, tant les thèmes abordés sont forts et proches de nous.


On peut se moquer d’un graphisme daté, d’un style qui ne fédère pas spécialement tout le monde, et pardessus tout des musiques et voix choisies n’importe comment pour la version Française (« Merci » à Jacques Balutin qui a tourné en ridicule un des personnages pourtant essentiels aux deux séries de 78 et 84), mais sur le fond tant que sur la forme, Albator aborde des choses que j’aime : la révolte contre l’oppression, la détermination à résister, le respect de la vie humaine, l’honneur et enfin l’amitié. Sur un fond faussement enfantin (et surtout quasiment absent de la version originale), Albator forge donc le personnage torturé par ses principes, blessé dans sa chair et son cœur, tiraillé entre l’envie d’être en paix et celle de défendre les opprimés. Caricatural ? Pas tant que cela : qu’est-ce donc d’autre que l’honneur et l’orgueil qui peut mener les gens ordinaires à la résistance ?

Bien que projeté dans un univers futuriste, Albator porte aussi en lui des thématiques qui, mine de rien, sont inabordables pour les enfants. Je ne me suis pas réellement attardé sur ces aspects étant enfant, mais le regard de l’adulte, lui, ne manquera pas de s’y arrêter. Tout d’abord, l’ennemi est « humanoïde », clone sans émotion fonctionnant totalement grâce à un système hiérarchique dépourvu d’humanité. Excepté l’aspect physique, on pourrait presque substituer des machines aux humanoïdes tant leurs actions sont dictées par la rigueur métronomique de l’ordre et la discipline. De fait, le clonage est donc le débat de fond qui a, récemment encore, la communauté scientifique, ainsi que tout être humain s’intéressant à l’éthique.
Le second aspect majeur de l’épopée du pirate est d’agir sans racisme. Les équipages des deux navires d’Albator sont constitués tant d’enfants que d’extraterrestres. Ce point remarquable est essentiel : en pleine époque de remise en question des systèmes établis (la fin du racisme aux USA n’est pas si lointaine, et l’apartheid Sud Africain est vertement critiqué dans le monde entier), un dessin animé suggère la possibilité d’une cohabitation entre les races et les peuples, ceci dans un but commun qui est la liberté. L’oppresseur prend donc la forme des clones, l’allégorie de l’uniformité, voire même de la difformité de l’âme. Sans âme, pas de vie.
Un autre détail peut dérouter, et pousse à la réflexion l’adulte que je suis devenu. Trop de séries et de dessins animés caricaturent la trahison, faisant du traître un ennemi à abattre sans aucune sorte de concession ou de charité. Dans un épisode, Albator affronte son ancien navire, commandé par le père d’une enfant, passagère de son bâtiment. On peut considérer qu’un humain tentant de battre Albator est par conséquent un traître, or à aucun moment celui-ci est traité comme tel. Son suicide pour détruire la machine de guerre « parfaite » qu’il commande est également un signe de rédemption, l’acte final pour sauver Albator (sauver l’espoir de l’humanité), et donc sa propre fille (son propre espoir par procuration). Beau, poignant, cet évènement amène donc à autrement plus de profondeur un « ennemi » qui aurait pu être typiquement manichéen.
Un dernier aspect scénaristique qui m’a échappé étant enfant est la « fusion » entre l’homme et la machine. Trois questions sont alors abordées en simultané, ce qui tend à démontrer que la série Albator ne s’est pour ainsi dire jamais adressée à des enfants : la maladie, la mort, et l’abnégation. Le personnage Alfred est le mécanicien du vaisseau. Tombant gravement malade, celui-ci, pour sauver la femme qu’il aime, transfère son âme dans le vaisseau de celle-ci, devenant ainsi, en quelque sorte, l’ange gardien de la femme aimée à jamais. Dignement, sans une plainte, l’homme quitte donc le monde des vivants, choisissant le sacrifice suprême comme dernière étape de son existence. Au fur et à mesure où le mal progresse (maladie nommée le mal de l’espace), Alfred gère la situation avec une humanité et une abnégation incroyable.

Je suis épaté, a posteriori, que les gens puissent regarder qu’en surface une telle œuvre. Oui, graphiquement nous sommes très loin des miracles de la technologie actuelle, mais une telle profondeur de thématique est aujourd’hui trop rare. Même si le programme peut être regardé par un préadolescent, je crois qu’il serait utile, voire indispensable qu’une telle série soit regardée avec un adulte capable d’en discuter et de lui préciser les qualités cachées des différents engrenages d’Albator. Quelle tristesse que les musiques originales aient été remplacées par des versions françaises sans épaisseur ! Seule la nostalgie parle pour nous autres trentenaires, mais difficile de faire accrocher la nouvelle génération qui aura goûtée à d’autres soupes plus insipides, mais aussi plus clinquantes. Faites en sorte de partager une œuvre singulière, riche de détails et d’enseignements. Merci à vous, monsieur Leiji Matsumoto !

PS: J'allais oublier: le capitaine Harlock et son ami Tochiro (alias Alfred...) sont amateurs de boisson, notamment de bons vins. Des amateurs de bonne chère, quoi demander de plus?

Un site fait par des fans, en Français.

05 janvier 2010

Ca va chier...

...comme dirait l’autre! La prochaine réunion des services de renseignements des USA avec le président Obama (elle est supposée se tenir ce soir même) va probablement tourner au règlement de compte, voire à la crucifixion pour certains dirigeants de ces agences de l’ombre. L’attentat manqué du 25 décembre sur le vol 253 entre Amsterdam et Detroit n’a pas manqué de faire tiquer le président Américain, ainsi que l’opinion publique mondiale. Après des années de paranoïa, entretenue à grands renforts de propagande, le pays s’était enfin senti revenir dans une voie plus paisible, bien qu’étant encore très présent en Irak et en Afghanistan. Pour tout dire, nombre d’Américains pensaient que les USA étaient enfin tirés du bourbier terroriste. Or, cet attentat a eu tôt fait de réveiller les psychoses post traumatiques du 11 Septembre, et de donner à B.Obama l’occasion de secouer les puces de ces petites mains de la politique « sombre » de son gouvernement.

Après les attentats des deux tours, les USA se sont dotés d’un arsenal juridique liberticide : Patriot Act 1 et 2, création de pénitenciers comme à Guantanamo, apparition d’une justice secrète autorisant un tribunal spécial à agir en l’absence de tout contrôle du peuple (plus de jurés, plus de procureur, plus d’avocat de la défense, et surtout plus de convocation du justiciable qui se voit donc condamné sans même qu’il le sache !). Tout cet attirail aura permis au moins une chose : le contrôle du peuple Américain, et son maintien quasi-total dans un monde d’obscurantisme politique. Les deux mandats de Bush fils sont assez significatifs sur cet aspect : atrophie du monde économique avec pour principale gangrène l’explosion des bénéfices des entreprises du pétrole, action des lobbies de l’industrie lourde et de l’armement, et sur médiatisation des actions militaires américaines dans le monde. De ce fait, B.Obama, ayant revendiqué le changement avec le slogan « yes, we can » (oui, nous pouvons), difficile de continuer à laisser traîner des dossiers sur les libertés individuelles, notamment quand le dispositif échoue lamentablement.

« Les gouvernements changent, nous autres, fonctionnaires d’état, nous restons » (citation d’un haut fonctionnaire de la DGSE). Tout est dit : les agences de renseignement ne changent pas à chaque nouveau titulaire du fauteuil de président, tout au plus leur directeur se voit gentiment remercié pour être remplacé par un pion plus proche des opinions du nouveau dirigeant. Dans les faits, les axes choisis par les prédécesseurs restent alors d’actualité, et ce n’est que de véritables changements mondiaux qui peuvent dicter une rénovation, si ce n’est une révision du fonctionnement des grandes agences. Concrètement, cela signifie donc que Obama pourra se servir de cet échec médiatique et sécuritaire pour dépoussiérer la CIA, la NSA, ou le FBI. Rien de tel qu’une crise pour pouvoir décapiter les opposants passifs dans les administrations ! Bien entendu, ce n’est pas pour autant que le patriot Act sera déboulonné. Songeons y un instant : les USA ont acceptés ces abus de pouvoir sous le prétexte de protéger du citoyen du terrorisme. La pilule passée, difficile de dire « non content d’échouer à vous protéger contre les terroriste, je vais enlever ce système antidémocratique et ainsi ouvrir de nouvelles brèches ». Obama ne jouera sûrement pas le jeu du durcissement qui lui serait politiquement fatal, mais en tout cas ce « coup de sang » purement médiatique pourrait donner lieu à quelques chasses aux sorcières dans les grandes structures du renseignement.

Contrairement à l’idée reçue de l’agent James Bond capable de tout, le renseignement est tout autant un métier de terrain que de techniciens. Nombre de données sont analysées, recoupées, et ceci par des gens ayant des horaires classiques de bureau, manipulant juste des documents sur un ordinateur, et rédigeant quantité de rapports plus ou moins correctement traités. La vérité est là, pénible à entendre pour certains : la sécurité n’est pas infaillible, et il est impossible (à moins d’agir en despote) d’obtenir le risque zéro. Les fondements mêmes d’une organisation de sécurité, c’est de savoir anticiper, et de savoir entendre rapidement les bruits de l’ennemi que l’on traque. Cela a une conséquence évidente : plus le périmètre surveillé est grand, plus il faut de monde pour l’observer… et plus il y a de monde pour faire cette surveillance, plus les risques de perte d’information, ou de mauvaise interprétation sont grands. La CIA, tout comme la NSA, ou encore à l’international le MI5 ou la DGSE sont de grosses structures, et qui se battent contre des groupes minuscules, des entités mobiles et diluées dans nos sociétés. Le terrorisme est devenu une marque de fabrique à travers Al-Qaeda (dont j’ai déjà parlé avec le syndrome du « Stand alone complex »), alors que, dans les faits, ce sont des cellules qui agissent. Il est votre voisin, vous l’avez croisé. Il a l’air ordinaire, mais il peut aussi trimballer une bombe sur lui. Le terroriste n’a pas une gueule de l’emploi, c’est monsieur tout le monde, cela pourrait être même être un de mes lecteurs ! Lutter contre des entités de ce type s’avère alors problématique : qui peut approcher des gens qui se connaissent et n’échangent que très peu avec l’extérieur ?

Les USA ont caricaturés le fonctionnement de leurs services de sécurité : omnipotence dans leurs pouvoirs, tentative d’omniscience avec Echelon (réseau de recherche et d’écoute de tous les médias, depuis la télévision jusqu’à nos mails, en passant par la téléphonie fixe et mobile), tout ceci pour parvenir à des administrations sclérosées et peu mobiles, passionnées par la paperasse, l’attente du contresignataire, et donc réduisant à néant des heures de travail. L’information, par essence, doit aller vite, trop vite pour de tels mastodontes englués dans les guerres de prérogatives (le terrorisme est-il de l’ordre de la sécurité intérieure, ou bien à mettre sous la tutelle de l’armée en Irak par exemple). De ce fait, B.Obama va avoir face à lui des chefs bien ennuyés face à un constat simple : dépenser plus n’améliorera pas les performances des services. Attaquer frontalement les acteurs du domaine de la sécurité ne sera pas plus rentable tant l’on a vu le résultat avec J.F Kennedy (il ne fut même pas informé de la baie des cochons à Cuba par la CIA, avec deux conséquences graves : l’ordre de retrait de l’assistance aux Cubains débarquant pour le putsch par Kennedy lui-même, ainsi qu’une haine féroce de la CIA pour le président).

Alors, que choisir ? Les drones semblent être une réponse toute militaire à la guerre de l’information, et la guerre médiatique va faire rage pendant un bon moment entre le président Obama et ses administrations. Tout ceci peut aussi bien mener à un nettoyage en règle, qu’à un durcissement de la position de Washington. C’est la seconde option qui fut prise dans l’urgence : contrôle systématique des bagages et des voyageurs à destination des USA, refus de visas pour certaines nationalités estimées à risque, et probablement, à terme, le maintien définitif de telles solutions. Les USA, paranoïaques ? Pas tant que cela : à force d’aller frapper la fourmilière des opposants au totalitarisme économique de la nation, impossible de ne pas voir, tôt ou tard, une riposte. Elle s’est exprimée économiquement à travers le pétrole, politiquement par les rebuffades du monde, et militairement par le terrorisme et la guerre civile. Les prochaines années seront cruciales non pour B.Obama, mais pour les USA. Le règne du pétrole roi, de l’industrie imbattable est terminé. Avec l’effondrement de GM, la recherche de moyens de substitution au combustible fossile, l’écologie attaquant brutalement le gouvernement Américain, les USA se doivent d’aborder la prochaine décennie avec plus de maturité, moins d’arrogance, et surtout plus de prudence vis-à-vis de leur discours. Le « American Way Of Life » a mis à la rue des millions de personnes sur leur propre territoire, et il n’est donc plus symbole de réussite… mais de désastre social et économique. En espérant que ce n’est pas le conservatisme et l’extrémisme qui va dicter les prochaines politiques mondiales de cet état.

04 janvier 2010

Griz!

Ah ça, oui, c'est un râleur... mais je l'aime bien! Alors, allez voir son blog, il est plaisant (et vous rappellera même ma pomme!)

Griz, j'adore!

Virus mon amour

Je suis épaté par la mauvaise foi chronique dont peuvent faire preuve les gens. Spécialité humaine s’il en est, l’hypocrisie et la mémoire courte semblent fort être adaptées à notre nature profonde. Mentir, tricher, dire tout et son contraire en quelques phrases, telles sont nos habitudes quotidiennes, et j’avoue ne jamais être las de me moquer de ce travers. Tenez, l’actualité me soutient de ses petits cris de joie cynique, avec le « scandale » de la revente des doses de vaccins contre le H1N1. Anormal ? Véritable scandale ou tempête de bénitier ? Me concernant, mon opinion est déjà toute faite, voire même immuable tant je me suis gaussé de la population et des politiques. Je m’en fous ! Ils veulent le vendre ? Qu’ils le refourguent ce damné bidule ! Ils veulent nous vacciner de force ? Alors qu’ils s’attendent à des réticences de ma couenne concernant l’injection. Ca y est, je m’emporte.

Revenons à nos moutons de panurge, en l’occurrence les bêlants politiques et citoyens qui se disent « concernés » par la crise sanitaire, et qui hurlent à la mort que la dépense est inacceptable, et la revente des injections intolérable. Dites, bandes d’imbéciles boursouflés de votre importance, n’est-ce pas vous qui réclamiez, à grands renforts de cris, que les états prennent la situation en main et qu’ils prennent les mesures nécessaires pour lutter contre la pandémie ? Si ? Et vous grognez contre la dépense pharaonique ? Ah, c’est la belle mauvaise foi qui revient à la charge alors ! Fallait le dire tout de suite, que vous cherchiez un prétexte pour taper sur le gouvernement ! Je vous en filerais bien quelques caisses, mais chacun son boulot : moi je chronique gratos, vous, vous le faites avec les deniers du parti, voire de l’état. Faudrait voir à ne pas me demander de jouer les nègres pour vous non plus !

Oui, ça coûte bonbon de vacciner un pays entier, mais, petite question stupide, et si la pandémie s’était réellement étendue dans les proportions envisagées par les pessimistes ? N’aurait-on pas crié au génie et à la prévoyance du gouvernement ? Ou alors auriez-vous aussi insulté le gouvernement pour son manque de réactivité ? En toute franchise, la France démontre, une fois de plus, que le principe même de débat ne fonctionne ici que lorsqu’il est vulgaire, de caniveau, et qu’il s’appuie sur des propos populistes. Dites, les gauchistes médisants, et si l’on allait balayer devant votre porte avec le sang contaminé ? Tiens, Fabius, il n’est pas de gauche ? Dufoix non plus ? Ben je me coucherai moins con… C’est quand même lamentable : agissez, on vous le reproche. Attendez, on vous le reprochera aussi. Peu me chaut le coût au final, on paiera tous notre obole pour les piqûres que techniquement je n’ai jamais (et n’aurai jamais) reçu dans la paillasse. Après tout, je paie ma dîme comme tout le monde, sans vraiment en profiter… Principe de solidarité socialiste, non ?

Là où j’ai peine à comprendre, c’est sur un autre terrain concernant les élus. Ils savaient tous qu’en jouant les francs tireurs, que la nation se poserait des questions. Entre analyses contradictoires, discours tronqués voire imbuvables, le pauvre type de la rue, vous, moi, s’est demandé avec intelligence « mais qui a raison ? ». Personnellement, avec ma manie maladive d’avoir l’esprit de contradiction, je me suis demandé « Lequel de ces cons dit des conneries ». De fait, face au choix, le Français moyen s’est senti pris au piège : pas de vaccination, des chances de passer à travers. Une injection : qui sait les risques par la suite. Alors, messieurs dames les élus, vous auriez pu faire corps bordel ! Il n’y avait aucun enjeu politique, aucun enjeu autre que la sécurité sanitaire de la nation. Maintenant, bouffez vous tous les doigts, car cette crise va coûter cher, tant financièrement que politiquement. Hé oui : ceux qui disaient « ça ne sert à rien de vacciner » auront temporairement raison… jusqu’au prochain pic épidémique, ou jusqu’à la probable mutation du virus qui rendra tous les traitements inefficaces. Et là… j’ai dans l’idée que tous vont rire jaune. Allez, un petit carnage comme avec la grippe espagnole, ça nous donnera à tous de bonnes raisons de réfléchir à notre attitude face à l’hygiène et la nécessité de la prévention.

Demain sera pire, car, après tous, à force de vouloir dédramatiser les pandémies, nous en sommes au point où nombre de jeunes pensent, à tort hélas, que l’on guérit du SIDA. Dites vous bien que le fait de vacciner n’est qu’une protection basée sur la statistique, espérant que votre corps l’accepte ! Je me demande dans quelle mesure le H1N1 va marquer les esprits. A mon avis, il va marquer par l’inconséquence de la communication des politiciens, mais aussi par l’inévitable dérive du système sanitaire Français où, à terme, l’on pourra faire admettre de grandes campagnes de vaccination, ceci sans même que le choix soit offert au citoyen. Vaccinés comme l’on vaccine en masse les moutons ou les bœufs… Et à quand l’abattoir ?