17 mars 2008

Un autre "V"

Après avoir abordé avec chaleur une chronique du film « V pour Vendetta », voilà que la lettre V me revient en pleine figure avec un homonyme tout aussi emblématique « V – Les visiteurs », série américaine des années 80. Pour ceux qui ne se souviennent pas (ou qui n’étaient pas encore en âge de regarder la dite série) voici un petit rappel vidéo de la chose.


Ca y est ? Vous remettez un peu la série ? Non ? Alors voici un rafraîchissement de mémoire. La série porte sur l’arrivée d’extra terrestres sur terre se faisant passer pour des humanoïdes pacifiques. Rapidement les humains découvrent avec horreur que non content d’être des dictateurs il s’avère que l’ennemi est une forme évoluée de reptile qui compte se nourrir des humains. On assiste donc dans la série (décomposée en une « mini série » et une série complète) à l’arrivée des « Visiteurs » (d’où le V), puis à la lutte de la résistance contre l’invasion que rien ne semble pouvoir arrêter.

Emblématique, cette série l’est par plusieurs aspects novateurs tant sur le ton que sur la forme. Tout d’abord, esthétiquement les concepteurs ont créés une véritable symbolique pour les visiteurs, ceci en partant de la tenue rouge sang jusqu’aux vaisseaux mères (immenses soucoupes volantes). Pour la première fois dans le domaine de la science fiction à la télévision, l’environnement est réfléchi, c'est-à-dire qu’il n’y a que peu d’effets spéciaux clinquants et d’engins surréalistes. Les vaisseaux mères apparaissent fonctionnels, froids, en un mot militaires, et l’impression laissée par une visite à l’intérieur de ses entrailles laisse une sensation désagréable de crédibilité. Ajoutons à ceci une exploitation fort bien pensée de l’aspect des vêtements : c’est un choc culturel entre uniforme taillé à la serpe et civils humains, avec un arrière-goût bizarre...


Observez, vous ne remarquez rien ? Avec un peu d’imagination, oh pas grand-chose, juste un rien nécessaire, on constate de nombreuses similitudes avec un uniforme bien plus ancien et tout aussi symbolique d’une époque sombre de l’Histoire. C’est là aussi le choc de cette série : rien n’est totalement manichéen malgré des aspects permettant une lecture superficielle. Avec réflexion on peut alors creuser des thèmes autrement plus durs que la simple confrontation humains monstres comme ceux de la collaboration, de la déportation, de l’esclavage, du racisme et j’en passe… En tout état de cause ce niveau de lecture est aussi visuel que sonore. Le générique prend déjà le parti d’utiliser des percussions, technique éculée utilisée dans toutes les dictatures « modernes » pour symboliser la puissance et la grandeur du pouvoir. Ensuite, le V du générique qui semble être peint à la bombe est celui de la mini série : la scène est simple, si simple qu’elle en est magnifique. Des adolescents dégradent des affiches de propagandes en peignant les visages et les slogans. Un vieil homme, survivant des camps de concentration arrive, leur prend la bombe… et peint un V en travers de l’affiche. Symbole pour la victoire, le V fait avec les doigts, encore un rappel de l’Histoire pour les générations futures.
Regardons également une des forces exceptionnelles de cette série, c’est donc d’amener les spectateurs à se demander ce qu’ils feraient à la place de personnages. Les résistants sont parfois pires que les occupants, et certains occupants ne sont que des soldats qui ne peuvent pas se dérober à leurs obligations. Au fond, qui est bon, qui est méchant ? Le choix délibéré de faire des visiteurs des « animaux » permet de laisser une référence, une bouée pour ceux qui seraient tentés de basculer du côté dictatorial et militariste de la série… Quitte à défendre les idées de résistance et liberté, autant s’assurer que l’auditoire soit bien convaincu de ce qu’il doit penser. Certes, c’est un peu facile, mais c’est vital quand on sait ce que pourraient suggérer une bonne partie de la thématique « V ».

Raisonnablement je ne saurais trop vous conseiller d’acheter le coffret qui vient de sortir. Il est abordable et qui plus est vous permettra de revoir ce petit chef d’œuvre de télévision.

V : une série qui mérite de revivre après des années d’oubli.

2 commentaires:

Thoraval a dit…

Notre vaurien était un saurien?... Je confirme, excellente série et la lecture faite par notre chroniqueur en est exacte. A conseiller.

JeFaisPeurALaFoule a dit…

Elle ne saurait tarder à rejoindre ton escarcelle...

(à toi de deviner le pourquoi!)