15 février 2008

Halte au feu !

Voilà une tirade que pourrait hurler n’importe quel sous-officier lors d’une escarmouche ou d’un corps à corps mortel avec un ennemi quelconque, moi je le braille à destination de certaines personnes qui, sous couvert d’un devoir de mémoire on ne peut plus justifiable se retrouve à exacerber mes réactions d’allergie face au pouvoir institutionnel. Dans la canonnade des petites phrases supposées utiles et maintes fois analysées et décortiquées, la dernière bévue de notre cher président vaut son poids de pain azyme. Je cite : « Cet enseignement présentera également, pour les plus grands, les règles élémentaires d'organisation de la vie publique et de la démocratie: le refus des discriminations, la démocratie représentative, l'élaboration de la loi, les enjeux de la solidarité nationale ». C'est « dans ce cadre que s'inscrira l'initiation des enfants au drame de la Shoah. » Je veux bien être tolérant et compréhensif mais sûrement pas fermer ma gueule face à de tels propos !

Qu’on ait à enseigner l’histoire aux enfants est une chose évidemment indispensable, qu’on inscrive dans les mémoires les erreurs du passé également, mais de là à supposer qu’une des priorités de l’école primaire est de faire comprendre le drame de la Shoah aux enfants est digne d’un démagogue qui ne se cache plus derrière le prétexte de la nécessité scolaire. Avant toute chose nos gosses ne devraient-ils pas savoir lire, écrire et bien entendu compter avant de rejoindre le collège ? Les élémentaires notions de vie en communauté (qui servent d’ailleurs de fond de commerce de ces propos) ont-ils vraiment besoin qu’on aille tenter d’inculquer la complexe histoire de ce drame ? Où va-t-on aller dans l’auto flagellation pénitente ? Je n’ai pas à porter sur mes épaules les erreurs et drames du passé, et encore moins à venir me frapper la tête contre un mur d’école en couinant fiévreusement « C’est notre faute, notre très grande faute »…

J’en vois déjà certains qui envisagent mes propos sous la lumière glauque de l’antisémitisme. Je réponds en préambule à toute discussion « Qu’on m’explique pourquoi seule la religion juive a le droit à un terme désignant une forme de racisme à son encontre alors que toutes les autres religions, persécutées ou non, n’ont pas d’équivalent ? » L’équité morale veut qu’on soit capable de traiter sur un même pied toute personne et ce quelque soit sa confession. Je disais il y a quelques temps de cela que les propos de M. Brubaker m’avaient ulcérés sur la suggestion de financer la construction de mosquées à l’aide de fonds publics. Donc, dans une nécessaire remise d’aplomb du refus légitime de l’état français à cette demande, pourquoi envisager alors un régime spécifique pour les crimes de guerre contre les juifs ? Je ne suis ni négationniste, ni antisémite (que je hais ce mot !) mais alors faisons la démarche jusqu’au bout en reconnaissant les drames de la décolonisation, en parlant de la déportation et le massacre des protestants du territoire français (voir la Saint Barthélemy sur laquelle il n’y jamais plus de quelques lignes dans les livres d’histoire à destination des étudiants) ou encore plus de l’esclavage dont bien des familles françaises pourraient avoir à rougir.

J’en ai plus qu’assez qu’on vienne me grogner dans les oreilles à propos du LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l'Antisémitisme). Pourquoi préciser antisémitisme ? Le catholique persécuté en Asie, le musulman maltraité par les garants de l’ordre public américain, pourquoi ne pas parler d’eux ? Un étudiant juif se fait agresser on braille crime raciste, un arabe tabassé par des racistes on parle de bagarre entre bandes rivales et un « blanc » qui se fait maltraiter en passant dans un groupe d’étrangers c’est un fait divers. Non ! Désolé je ne tolère plus ce genre discrimination qui finit par rendre honteux toute identification nationale, toute identité propre où systématiquement se dire français et ne pas accepter n’importe quoi passe pour du racisme. Je clame depuis des années que le respect se doit d’être mutuel, tout comme par exemple le devoir de ne pas siffler la marseillaise et ainsi l’hymne du pays faisant face aux français. Dans cette optique, bien que n’ayant que peu apprécié le président Chirac, je me dois de lui rendre hommage pour son attitude exemplaire dans la tribune d’un match de football qui est restée dans les mémoires non pour le score mais pour sa saine colère contre les « Cons qui sifflent la marseillaise ».

Plus de 60 ans sont passés depuis la fin du conflit mondial, plus de 60 ans pendant lesquels l’histoire ne s’est pas arrêtée. On enseigne pendant le collège toute l’histoire de France et du monde, ceci depuis la préhistoire jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi revenir sur la Shoah en primaire ? Sincèrement, le gosse de CM1 va-t-il comprendre quoi que ce soit aux implications politiques et humaines entre le nazisme, le stalinisme (tout aussi barbare soit dit en passant) et l’attitude pour le moins équivoque de certains français pendant l’occupation ? Déjà que les lycéens sont infoutus d’éviter les amalgames concernant bien des personnalités de l’époque, je n’ose même pas imaginer le carnage avec des enfants de 6/8 ans. Il est salubre de songer à ce qui était primordial dans le discours du président, c'est-à-dire de réinstaurer un respect de l’autorité et de la nation, d’enseigner des fondamentaux de tolérance et de « moralité ». Pourquoi diable avoir ajouté la Shoah ?

Enfin, je suppose que bon nombre de mes lecteurs ont perçu ma colère contre ce petit mot, et sincèrement je vais ajouter que ce n’est plus de la colère mais une véritable fureur (sans jeu de mots scabreux). Je suis furieux qu’on aille me dire que je dois me faire pardonner des crimes qui ne sont pas les miens, j’en ai ras le bol qu’une minorité vienne dicter sa morale et sa vision de l’histoire sous prétexte d’en avoir été la principale victime. Va-t-on passer sous silence les premières victimes du régime concentrationnaire, en l’occurrence les intellectuels et les communistes Allemands ? Est-ce qu’on va faire l’impasse sur les homosexuels, les tsiganes, les gitans, les malades mentaux exécutés dans les camps ? Je trouve inqualifiable qu’on puisse parler du drame des déportés et des morts dans les camps d’extermination et qu’on classe toutes les victimes sous le terme Shoah. Non, tous n’étaient pas juifs, tous n’étaient pas des habitués des synagogues. La mémoire n’est pas sélective concernant les crimes conte l’humanité et elle n’a pas à l’être pour faire plaisir à une minorité, quelque soit celle-ci.

D’ailleurs, moralistes de mes … pourquoi ne pas rendre leur dignité aux harkis ? Merci d’y songer avant d’aller nous bassiner avec autre chose. Leur dignité serait donc bafouée si j’affirme haut et fort que les petits enfants des déportés n’ont pas à réclamer quoi que ce soit en leur propre nom ? Que les victimes se plaignent, pas leurs héritiers bordel !

3 commentaires:

Thoraval a dit…

Euh..., connaître le nom de citoyens français d'origine juive sauvés par d'autres citoyens français d'origine indécise, dite de souche, pendant la Seconde Guerre, cela compte pour de vrai ou pour du beurre; d'après la nouvelle norme présidentielle?

JeFaisPeurALaFoule a dit…

Bonne question, ça sera une fois de plus l'anonyme qui passera à la trappe et le symbolique qui sera mis en avant. On se fout maintenant de savoir si le poilu a un nom, par contre on va ériger une statue au nom d'une foi. Pour ma part la question est déjà tranchée, j'estime que l'anonyme se doit d'être au moins aussi respecté que la victime nommée. J'ajouterais également ceci: la barbarie ne s'arrête jamais à une seule classe ou "race" ou religion, elle finit toujours par éclabousser ceux qu'elle était supposée protéger et/ou défendre.

Anonyme a dit…

N oublions pas les paroles de l hymne national francais ...... c est une merdeuuuuu desolé pour ce mot mais je le pense plus que sincerement ........ c est un hymne a la guerre et au massacre, et c est chanté dans toute la France et nous avons appris cela a l ecole...... bonjour l ouverture vers les autres !!!!!!!!!!!!!!

Christine/Risette