21 septembre 2007

Let's ROCK!!!

Ah ! Le rock, la parole donnée à la saturation sonore et aux cris de rébellions tant qu’aux passions déchainées. Depuis que le rock est apparu, bon nombre de préjugés sont tombés et bien des évènements d’ampleurs mondiales se sont produits dans le monde. Ce qui est intéressant à observer c’est le mélange de paradoxes qui font que ce style de musique n’est toujours pas désuet et qu’il arrive, malgré tout, à progresser et ainsi faire apparaître un véritable renouveau perpétuel. Sans me lancer dans un historique fastidieux ni même une liste inutile de styles, il me semble toutefois intéressant de rapprocher des moments avec des musiciens ou des groupes, ceci de manière à pouvoir comprendre que le rock n’est pas un monolithe comme l’est devenu la musique dite « classique » ou hors des modes comme le musette.

Années 50, le monde se relève du conflit mondial, chacun panse ses plaies comme il peut et les USA interviennent en Corée, tandis que la France a de son côté fort à faire avec ses anciennes colonies. Les Américains rêvent d’un monde parfait, parlent de la « American way of life » aujourd’hui si décriée et espèrent avec candeur que le monde pourra oublier ses divergences pour devenir une unité capitaliste où le consumérisme est une marque de réussite sociale. Le racisme est réel, les états du sud traitent les noirs avec violence, le tout encadré par des lois ségrégationniste. En face de la bannière étoilée, les Soviétiques épongent le sang coulé par la guerre et la folie Stalinienne, et le pouvoir reste pour autant dictatorial et brutal. Les goulags se remplissent et les idéaux de liberté sous l’étoile rouge s’effritent déjà.
La peur de l’arme atomique n’est plus un fantasme, elle guette tous les états et bien des nations (Royaume Uni et France en tête) courent après l’étude scientifique pouvant à terme les armer comme leurs deux grands voisins.
Au fin fond des USA commence à se trémousser une foule toujours plus dense au rythme endiablé et suit le déhanché d’un jeune blanc qui passera dans la légende du rock. Elvis Presley commence sa carrière et provoque les crises d’hystéries des midinettes cherchant à oublier un moment le carcan bien pensant de leurs parents. Du haut des stèles bâties par l’esprit de famille, on regarde ce « blanc dansant comme un nègre » avec colère et même avec une certaine haine. Le changement est là, il commence, et personne ne saura l’arrêter…


Le temps passe, inexorable. La guerre de Corée est un match nul pour l’aigle Américain, l’Algérie n’est plus française. La guerre du Vietnam qui se déclare encore « assistance contre le communisme » s’intensifie de plus en plus, au prix de centaines de boîtes scellées ramenant les corps au pays. La jeunesse, déçue par ce gouvernement devenu interventionniste et militariste monte le ton, exigeant la fin des combats et l’équité pour tous. Le « flower power » s’annonce comme une révolution à venir, les capitales du monde occidental en frémissent de peur. 1963, Kennedy paie son engagement et ses grandes phrases par son exécution en pleine rue de Dallas. A côté de ça, un certain Jimmy Hendrix exulte sur sa guitare électrique, traumatise les auditeurs et stigmatise les rancœurs contre l’oppression. Entre le souvenir du l’ex GI tirant dans la foule d’un campus (All along the watchtower composé avec Bob Dylan) et l’hymne Américain devenu solo baroque, l’homme deviendra rapidement un symbole d’une nouvelle forme de rock : la revendication politique.



De l’autre côté de la Manche, deux groupes se forment et améliorent les mélodies, les essais tant rythmiques que sonores pour devenir deux géants incontournables : Les Beatles et les Rolling Stones sont sur les rails. Les premiers semblent être des gentils garçons un peu turbulents alors que les seconds en sont l’antithèse. Etonnamment, tous les deux convergeront vers une forme de militantisme déguisé, les uns chantant l’usage des stupéfiants, les seconds les déceptions de la jeunesse.



La drogue ne pardonne pas, les rêves disparaissent au réveil. La descente aux enfers des hippies convaincues que le monde pouvait changer est d’autant plus douloureuse que les overdoses s’enchaînent : Hendrix, Joplin, probablement Presley, les années 70 sont une période où le rock prend une envolée plus sombre, où le ton durcit autant que les mélodies s’affirment dans la rigueur rythmique. En marge des Led Zeppelin, des Black Sabbath et autres Deep Purple apparaissent des expérimentateurs, des sorciers qui tentent de mélanger rock et nouvelles technologies. Pink Floyd débute et aligne ses morceaux étranges et décalés. En Angleterre apparaît une nouvelle espèce de rockers, des jeunes désœuvrés par la faillite des entreprises, la fin de l’âge d’or industriel et la rigidité d’un gouvernement semblant incapable de sauver l’île. Les Doors ne sont plus mais l’esprit subiste. Les Sex Pistols braillent « God save the Queen » et « Anarchy in the Uk », deux titres qui feront date dans le mouvement. A côté l’Australie nous offre un monument indéboulonnable du rock simple et sympathique : AC DC.



Les années 80, un pivot bizarre où se mélangent une certaine dose d’adoucissant nourri d’argent et de réussite sociale avec des groupes devenus des stars internationales. Entre les Beatles séparés permettant une carrière solo réussie pour Lennon (jusqu’à sa mort prématurée) et pour McCartney qui continue, aujourd’hui encore, son rock « gentillet », et les Stones qui tiennent plus d’un reliquat d’une époque que de véritables révoltés, on a en face des musiciens qui tiennent à leurs revendications et qui le font savoir. En France Trust anime les foules et revendiquent une saine colère contre l’individualisme lattent avec un « antisocial » toujours d’actualité. Paradoxe des genres et électronique font apparaître plein de satellites bizarres où le synthétiseur dispute la vedette aux guitares et à la batterie. Les boîtes à rythme fleurissent dans les studios. Les punks, eux, meurent dans cette conscience collective et cette culture de la réussite, noyés par des jeunes qui ne savent plus à quel saint se vouer. En URSS la faillite s’apprête à éclater au grand jour et Pink Floyd lance son « another brick in the wall », Ovni cinématographique associé à l’Ovni musical qu’est l’album « the Wall ».



Les années 90… ah ces années qui voient monter en puissance le son de plus en plus brutal des divers mouvances « hard rock », l’apparition du « death » et autres styles du genre. On ne chante pas plus qu’on ne hurle, chacun trouvant un style différent pour arriver au même but : revendiquer. Les grunges, ces débraillés se campent derrière un Nirvana symbolisant le renouveau d’un rock franc et presque simpliste. En parallèle d’autres styles apparaissent puis disparaissent, la mode offrant à Offspring un moment de gloire puis une lente mais inexorable descente dans les ventes. Et pourtant, à côté les dinosaures subsistent, Jagger s’est assagi et passe pour un papy du rock. U2 s’engage, hurle contre la guerre en Irlande (Sunday Bloody Sunday). D’autres apparaissent, trop nombreux pour les énumérer…


Les années 2000 ? La lancée de la décade précédente perdure, l’innovation vient à cheval sur le millénaire avec la fusion de deux styles semblant de prime abord antagonistes : le hip hop et le hard rock. Les Rage Against the machine martèlent une haine féroce contre le système Américain qui ressemble de plus en plus à celui connu là-bas des années 70, le tout scandé comme dans le rap. La réussite est spectaculaire, la disparition du groupe pour des carrières séparées tout autant. A côté d’eux vont et viennent diverses choses plus ou moins connues et réussies, mais sans éclat aussi brutal qu’aux débuts du rock « pur et dur ».



L’avenir existe, il est partout, dans les caves des jeunes qui s’amusent à imiter leurs grands parents (que le temps passe vite), d’autres plus âgés s’offrent un revival de la crête teintée et du perfecto à clous, et au final la musique continue coûte que coûte.

1 commentaire:

Carine a dit…

Petite traduction du "braille" des Sex pistols...sourire.
Anarchie dans le royaume uni


Je suis un anti-christ
je suis anarchiste
je ne sais pas ce que je veux
mais je sais comment l'obtenir
je détruirai les passants
et je serai l'anarchie
pas n'importe quoi

L'anarchie dans le royaume unie
ça viendra bien un jour et peut-être
je ne suis pas dans la bonne file d'attente
ton rêve d'avenir est une liste de course
parce que je serai l'anarchie
c'est dans la ville

Combien de façon d'obtenir ce que l'on veut
j'utilise le meilleur et le reste
j'utilise l'ennemi
j'utilise l'anarchie
parce que je serai l'anarchie

est ce le NPLA
ou est ce l'UDA
ou bien est ce l'IRA
moi qui pensait que c'était le royaume "uni"
ou juste une autre terre
un autre territoire paisible

je suis un anarchiste
et je serai un anarchiste