04 mai 2007

Erotisme

« La légère ondulation de ses reins suggérait alors en moi le désir incontrôlable de me saisir de ses hanches et de passer avec elle le moment le plus sensuel qu’il m’aurait été donné de vivre ». Sensuel, simple, sans la moindre fioriture perverse ou malsaine, l’érotisme dont bien souvent se targuent des auteurs ou des pornographes virent généralement au graveleux sans même passer le temps de comprendre ce qui rend une scène érotique et non primairement sexuelle. A quoi tient la différence notable entre ce qui génère une diaphane envie de l’autre et un élan sans finesse ? Est-ce si compliqué de suggérer sans montrer, d’être dentelle au lieu d’être coït vite expédié ?

« Le regard qui touche profondément le cœur de l’autre, cette voie secrète qui mène deux corps vers les limbes d’une mort temporaire, et ces paroles détournées qui pourtant dans le chevrotement des voix racontent toute le souhait éternel de s’évader avec l’être désiré ». La gestuelle contient pourtant une multitude de subtilités, détours et circonvolutions aptes à ouvrir les chemins étranges de la joie, alors pourquoi pratique t’on avec enthousiasme un tel sabotage des prémisses, des mains qui se frôlent au profit d’une seconde lapidaire, d’un dernier cri qui étouffe tous les soupirs qui l’ont précédé ? L’érotisme devient morne face au poids pénible des violents ébats sans plaisir. A ce titre, les femmes sont celles qui détiennent tous les secrets car elles, contrairement aux brutes masculines ne sont pas automatiquement emplies de plaisir dans l’acte, la cérébralité est une donnée inexpugnable de leur forteresse intime. Rien que pour ça aimer une Femme doit être un don total de soi, et se refuser au partage c’est un peu rester dans les douves du château tandis que la princesse, contrite de déception se jette par une meurtrière.

« Ivres l’un de l’autres, ils se pressent, s’enlacent et ne respirent que par souffles légers. Le soupir en guise d’accomplissement, ils taisent les mots futiles au profit de la chaleur qui les enivre plus profondément que tous les alcools terrestres ». N’est-il pas évident de dire que la parole se perd quand le plaisir nous guide ? A quoi bon en dire trop surtout si l’on est intimement convaincu qu’on prend et qu’on donne à égale importance, ceci dans le seul but de se rendre heureux à deux ? Toute la valeur d’un début c’est qu’il soit bon, exquis et subtil, lancinant tout en étant pressant, sans pour autant être oppressant. Que de mains qui glissent sur la peau alors qu’elles ne sont que deux à jouer sur mon corps, voilà un moment que je ne puis oublier. Rougir de la timide pudeur inculquée par l’éducation castratrice, puis qui d’un coup disparaît, n’est ce pas en soi un petit bonheur de l’instant présent ?

« Ses cheveux étaient une forêt impénétrable où se cachait le cou, ce tronc laiteux sur lequel il voulait poser son empreinte, marquer cette chair du bout de ses lèvres humides ». Le baiser peut être si érotique qu’à lui seul il perpétue, quand il est donné avec toute l’ampleur qu’il mérite, le désir de l’autre chaque jour même si l’union ne se produit pas. Il ne doit pas être banal, bâclé par la force de l’habitude morne des couples pathétiques, il est vie, envie, et même pouvoir de résurrection quand on se sent mourir dans les bras de l’autre. Teinté d’une douceur sucrée salée, il se fait plus discret qu’une rose tout en étant plus entêtant que celle-ci. Des deux extrémités il est la symbiose sans partage, l’altération d’un équilibre général qui lui est totalement étranger. Embrasser, c’est gagner la confiance, prendre l’assurance du bonheur de l’autre, mais c’est aussi s’offrir pleinement aux lèvres qui se présentent à soi.

« Le voir se dénuder la rendit folle de désir, et pourtant seules ses mains prirent la route de son torse. Patiemment elle détailla chaque sillon, chaque courbe de son amant pour finalement arriver à l’honorer de sa bouche conquise ». Tout acte sexuel peut être et se doit d’être sensuel et agréable. J’éprouve tant de joie à prendre mon temps sans pour autant faire traîner crapuleusement les choses qu’il m’est tout aussi délicieux d’éprouver le regard de l’autre du mien devenu un rien taquin que de céder aux premières chutes de nos barrières personnelles. Ca vaut tant pour les moments fugaces que ceux partagés à longueur de journée. M’enrichir de son esprit est un grand vin complexe, me noyer dans son corps est un vin jeune et frais mais déjà gaillard en bouche.

« Se dire mutuellement le plaisir qu’on a éprouvé en un seul mot : encore. Ils s’effondrèrent au bout de la nuit, au petit jour donnant la mort à la lune, tout deux épuisés mais ravis ». Qu’on ne me vende pas la glaireuse mélodie des choses bien comme il faut. Pour moi le sexe et par conséquent l’érotisme (puisqu’il s’agit donc finalement d’un ressenti et non d’actes déterminés) se doivent d’être pour les deux personnes totalement assumés par l’un et l’autre, libres de toute contrainte morale ou sociale, mais restant totalement dans le cadre du respect mutuel. On ne couche pas nécessairement avec l’autre pour une question « d’hormones », je tiens à ce que ce plaisir soit partagé et même redemandé. Répéter avec joie l’ébat avec le même délice prouvera alors que les sentiments sont aussi présents que la simple stimulation érogène des deux corps mis en présence.

« Je t’offre la seule chose que je ne peux pas acheter, la seule chose que tu ne peux pas me prendre : moi. Tout simplement moi, tel que je suis, tel que je peux être pour toi et toi seule. Prends mon cœur, mon corps et mon âme, ces trois amis te sont infiniment redevables de te savoir présente près de moi ».

Post scriptum: jetez un oeil sur cette petite BD, elle exprime avec finesse, simplicité et éloquence ce que peut être l'érotisme...

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1 commentaire:

Anonyme a dit…

a chaud.....ouuuuuuuuuuuu
didine