09 octobre 2012

Magie

Cet artiste est tout simplement un magicien du son... Régalez vous, et observez l'instrument (dont j'ignore le nom!) dont il se sert...
Allez en voir plus sur son site!
http://www.hanginbalance.com

EDIT: Suite au commentaire, l'instruement s'appelle un Hang, et, contrairement à l'impression qu'il peut laisser, il a été conçu dans les années 2000...


08 octobre 2012

Savoir prendre en compte les remarques

Comme l'on m'a fait fort judicieusement remarquer hier soir, mon dernier message ne portait étrangement pas sur l'actualité. D'ailleurs, m'étant essayé à plein de formats de textes différents, il n'est pas inutile de réattaquer le flanc des montagnes d'informations qui circulent actuellement dans le monde. Et puis, il faut dire qu'il y a de quoi décortiquer, même si j'ai un peu tendance de sourire ironiquement à ce que je constate, surtout en y ajoutant un "Je vous l'avais dit". Suis-je donc un oracle? Certainement pas, sauf à vouloir finir vêtu d'une jolie chemise dont les manches seraient sanglées dans le dos, avec mon corps (à mon esprit défendant) confié à des infirmiers aussi solides que peu enclins à la plaisanterie de mauvais goût sur leur capacité à rire, justement. Bref, un peu d'actualité dans les écuelles, c'est comme le potage en hiver: on aime bien y goûter, même si parfois cela vous sature un peu d'en manger à chaque repas.

Alors donc, qu'est-ce que dame Information nous balance dans les esgourdes en ce moment? Rien de bien nouveau finalement: Assad continue son petit massacre entre gens de même origine, les Turcs sont sur le pied de guerre pour lui coller sur la tronche, juste au cas où... La Chine et le Japon se haïssent mutuellement (enfin bon, la Mandchourie, tout ça, ça ne s'oublie pas si facilement), ou encore on trouve des terroristes sur notre territoire. Rien de bien neuf, d'autant que, quelque part, chacune de ces crises ne font qu'alimenter tant notre peur d'une guerre globale, que celle plus perverse d'un ennemi de l'intérieur. Je tiens à ajouter une note à celles et ceux qui n'auraient pas eu le loisir de retenir une de mes ritournelles : toute dictature (avouée ou non) se doit d'avoir un ennemi, qu'il soit de l'extérieur (le pays voisin, l'immigré), ou de l'intérieur (le terroriste, l'intégriste religieux, le casseur de banlieue, la liste n'est pas exhaustive, mais vous voyez le principe). Donc, en gros, on se fait peur pour le pouvoir, on s'inquiète des conséquences d'un héritage antédiluvien, et on ramassera les morceaux à grands coups d'interventionnisme militaire, le tout justifiant pleinement des budgets d'armement délirants, et une politique sécuritaire excessive (Patriot Act, que les Américains peuvent t'aimer dans ces cas!).

J'abordais juste ci-dessus l'idée qu'il peut y avoir une forme de répétition de l'histoire, le tout entretenu sciemment afin de maintenir des situations de statu quo. Pour la Chine et le Japon, ces deux empires se sont toujours regardés avec défiance, et à tour de rôle attaqués pour le contrôle des océans et des terres. Les derniers en date furent les Japonais qui, dans les années 30, sont allés faire coucou à leur voisins Chinois en Mandchourie, et y tester la fiabilité de leurs machettes et la robustesse de leurs baïonnettes. (On parle de plus de 200.000 morts durant l'occupation Japonaise). Que cela soit encore une source de haine savamment entretenue, ou qu'un prétexte politique de plus pour légitimer une méfiance réciproque, je n'ai pas vraiment de réponse claire à émettre. En revanche, ce qui est certain, c'est que c'est là qu'une façon confortable de se justifier en disant "C'est eux les pourris, pas nous". A titre de parallèle, la seconde guerre mondiale s'est justifiée dans des conditions similaires (occupation française en Allemagne), et bien avant. Il faut un ennemi, et il est facile à désigner, surtout si l'ancêtre de l'ennemi en question était bel et bien une ordure.

Passons à Assad. J'avais ânonné que le monde n'interviendrait pas, et qu'à terme la rébellion finirait non pas par perdre, mais par fléchir et pourrir la situation. A ce jour, Assad est à son poste, les rebelles reculent, et globalement le refus Russe (j'allais dire Soviétique!) ôte toute possibilité au reste du monde de venir jouer les donneurs de leçon. La Libye, elle, a eu le droit à une intervention, avec pour conséquence prévisible la création de groupes armés incontrôlables, la prise de pouvoir par des radicaux religieux, et donc, quelque part, la naissance d'une Libye pire encore que celle de Kadhafi. On a peur de virer un despote pour qu'un pire que lui apparaisse en Syrie? Pourquoi pas, mais cela ne me semble pas être le noeud du problème. Le véritable écueil est que les Russes ont en Assad un interlocuteur fiable pour négocier les richesses du pays, tandis que, quand on parle à un cinglé qui braille à qui veut l'entendre "Allah est grand", au lieu de dire simplement "On s'échange nos valises. Vous fermez les yeux pour avoir nos produits à bas prix, et nous on garde en échange le pouvoir comme on l'entend". Hé oui! L'ennemi, c'est celui qui ne participe pas à votre jeu de magouilles, pas celui qu'on voit comme un ennemi de la démocratie. De toute façon, la démocratie, c'est le subterfuge qu'emploient les grandes nations pour se donner de la constance, surtout quand le pays autrefois soumis a le malheur de lever la tête et qui ose mordre "le Maître".

Pour finir sur une note plus joyeuse, parlons un peu du terrorisme intérieur. On nous gave d'images et d'analyses concernant ces intégristes religieux qui sont prêts à poser des bombes et à tuer, le tout pour des prétextes hautement philosophiques: "Toi pas penser comme moi, toi mériter mort". Je résume, je caricature, mais dans l'absolu, c'est bel et bien ce discours qui est le fond de la plupart des instruments humains que sont ces petits groupes à l'esprit bourré d'inepties tant sur la Foi que sur le fonctionnement du monde. S'ils avaient eu deux doigts de jugeote, ils auraient compris, ces "prêts à péter", que le monde ne se divise pas entre eux et les autres, mais entre ceux qui ont le fric pour décider, et ceux qui doivent obéir faute de fric. En partant de cette ambiguïté initiale, on peut tout faire croire à des gens désoeuvrés moralement! Donc, ça n'a rien de guère nouveau tout cela... De mon point de vue, je suis particulièrement horripilé qu'on aille faire la distinction entre ceux qui agissent au nom d'une foi religieuse, et ceux ont agi au nom d'une foi politique. Dans les deux cas, la pose d'une bombe reste un acte particulièrement odieux, surtout si celle-ci vise des civils. Dans le cas d'une guerre menée contre un occupant ou un envahisseur, je ne crois pas à la solution totalement négociée, sauf à faire comprendre au dit occupant qu'il n'aura jamais la tranquillité qu'il espère... donc en lui pourrissant l'existence. En revanche, je distingue celui qui se bat contre une armée (ou une police, ce qui dans de nombreux pays revient au même), et celui qui vise aveuglément des passants. De fait, l'opinion servant de terreau à ces actes n'est pas, à mon sens, la chose à regarder. Ce qu'il faut observer, ce sont les conséquences. Et elles sont terribles.
On s'interroge sur le pourquoi de l'émergence du terrorisme islamique de l'intérieur. Dites, les observateurs, vous avez mis le temps à comprendre qu'en créant des ghettos, en mettant sans arrêt en exergue une communauté, vous n'avez fait que provoquer la naissance de brutes prêtes à prendre les armes pour se défendre de ces clichés. A l'instar du terrorisme des black panthers aux USA, s'acharner à diaboliser une population n'a fait que pousser la dite population dans les bras du radicalisme. J'estime qu'il est du devoir de la France autant d'instruire ses enfants (et cela passe aussi par l'éducation civique, la mise en place d'un respect pour les institutions, quitte à passer par la sanction), que de prévenir ces actes en tenant compte de la vie des gens. On ne peut pas laisser faire n'importe quoi dans les cités, tout comme on ne peut pas non plus tout mettre sur le dos des conditions sociales. Il y a une différence entre celui qui, à raison, critique les offices HLM qui n'investissent pas pour l'entretien des immeubles, et celui qui se sert de ce prétexte pour casser, brûler et voler. Les trier? Vous avez de bons critères? Les punir? Sans pour autant passer pour des racistes? Où est la frontière en police et milice? Où est le pas de la porte de la dictature, et la sortie de la démocratie?

J'ose franchement espérer que mes lecteurs comprendront que l'actualité me semble que trop ordinaire: des radicalisés (comme au temps des rêves communistes transformés en fantasmes terroristes), des guerres locales (où on en parle pour se donner un peu de conscience du monde qui nous entoure), et des répétitions malsaines du passé... Allez, bonne route le monde, on sait bien qu'on se mettra à nouveau sur la gueule de manière mondiale! Il suffira de savoir quand et pourquoi, afin de faire marcher les noircisseurs de pages de manuels scolaire, le tout avec la censure qui ira bien.

Comme d'habitude... aurait chanté Clo clo.

04 octobre 2012

Passionnément ordinaires

C'est à force de chroniquer les écarts de conduite de l'humanité que je me suis forgé une conviction qui est d'affirmer que l'Homme est passionnant parce qu'il est justement ordinaire. Tenez, on se torture les neurones pour se demander s'il existe un ou plusieurs dieux, pour identifier celui qui est supposé nous apporter la paix de l'âme et de l'esprit, et on va même jusqu'à poser des bombes (ou en larguer à 10.000 mètres d'altitude, c'est selon) pour revendiquer sa foi, alors que, finalement, nous sommes bien trop ordinaires pour pouvoir intéresser quelque déité que ce soit. Vous ne suivez pas le raisonnement? Il m'apparaît pourtant d'une clarté particulièrement ironique, d'autant qu'on se réfugie derrière notre foi pour un peu moins craindre le trépas, pour se rassurer d'une présence lors de nos guerres, et pour se prendre à espérer qu'un proche disparu ne sera pas trop mal loti de "l'autre côté". Pathétique, ordinaire, ridicule même.

Regardons nous en face un instant. Notre passion pour un "Dieu" provient de notre besoin maladif d'avoir un supérieur au-dessus de soi, quelqu'un à aimer ou maudire pour notre destin. Bien entendu, cette démarche intellectuelle exclue confortablement le fait que nous ayons le libre arbitre, ce qui implique donc nécessairement que ce sont nos actes qui décident, pour majorité, de notre destinée. Cependant, faute d'explications dans certains cas, Dieu, le diable, les saints, les dieux, toutes ces définitions nous permettent de trouver des réponses, ou tout du moins de supposer que quelqu'un ou quelque chose a des réponses là où nous sommes que bien trop limités. Malheureusement, j'ai dans l'idée qu'il s'agit que d'une échappatoire, pas d'une solution concrète.

Prenons un peu un Dieu dans une religion monothéiste. Omnipotent, omniscient, créateur, tous les rôles surnaturels lui reviennent, et pourtant on lui demande de la miséricorde, de la charité pour notre pauvre humanité débile. Hé, ça doit abîmer les neurones de trop patauger dans les bénitiers, parce qu'il y a plusieurs faits indéniables concernant notre façon de traiter notre relation à "Dieu" Un petit jeu de questions réponses?

Si Dieu est le créateur de toute chose, pourquoi s'est-il amusé à créer le serpent qui a tenté Eve?

S'il est si parfait, et que l'homme est imparfait, le propos "fait à son image" n'est donc que physique? Ca veut dire que, finalement, il n'a pas eu assez confiance pour nous filer de l'intelligence en quantité?

Si Dieu est amour, alors l'homme est haine, non?

Etre omniscient n'est pas, par le plus grand des hasards, le pire cauchemar d'un Dieu? Savoir les petits secrets les plus stupides que nous portons tous, en quoi est-ce gratifiant?

Soit Dieu nous a laissé le libre arbitre, auquel cas il a raison de ne pas intervenir, soit il nous manipule et nous sommes donc des jouets entre les mains d'un gamin cruel.

L'homme a eu la bonne idée de coucher sur des parchemins les mots de Dieu... sortis de la bouche d'un messie quelconque. Par curiosité, essayez aujourd'hui de proposer des visions messianiques sans finir sous tranxène et attaché à un lit dans une chambre capitonnée!

Bref... l'homme croit, enfin il voudrait bien "y croire". Ca le rassure, un peu comme le gamin qui tient à sa lampe de chevet pour ne pas trembler à l'idée du croque mitaine. Au fait, les gens souvenez-vous d'une chose fondamentale: on naît, on vit, on meurt... donc forcément, s'il y a un créateur, il nous a mis ici, et il nous attend au bout du chemin. Chouette, se diront les croyants, fais suer diront les incroyants, et moi je vais juste dire "Je m'en cogne". Pourquoi? Parce que, finalement, ça me permet de croire un instant que, au fond, mon libre arbitre est plus fort que Dieu, puisque je peux le défier le temps de mon existence terrestre. Et ça, voyez-vous, ça n'a pas de prix!

18 septembre 2012

Armes de destruction passive

On nous aura bourré les oreilles de ces armes de destruction. Depuis les tranchées et les gaz, puis Hiroshima et la fête à l'atome, devenue kermesse de la peur avec la guerre froide, en passant par les gaz sur les Kurdes (on revient toujours aux "bonnes vieilles méthodes"), jusqu'à celles jamais trouvées en Irak, ou bien tout récemment l'atome (encore lui!) en Iran, on agite constamment l'épouvantail d'armes de destruction massive qui, globalement, n'a pour seul but que d'entretenir la crainte et la xénophobie qui débouche tôt ou tard sur la haine. Je m'étonne encore que nombre de mes camarades puissent croire à ces fadaises concernant ces armes. Elles n'ont pas pour but d'être utilisées, juste de nous coller une trouille noire, la bonne grosse pétoche qui nous fait voter sécuritaire, qui fait pencher la balance vers le rejet de la différence, pour finalement légitimer des guerres aussi absurdes qu'inutiles. Qu'on se le dise, la destruction massive, ce n'est pas par l'annihilation d'une métropole que cela passera, mais par l'anéantissement de la conscience individuelle, et donc du bon sens commun.

Notez bien que cela fonctionne très correctement avec les masses qui aiment à se soumettre à des idéologies étriquées, qui, sous couvert de la préservation d'un héritage quelconque (culturel ou religieux) s'empresse d'essaimer haine et racisme à travers des rapports de force absurdes. Que penser d'un type qui crée volontairement un film insultant pour toute une communauté? Rien de bon, d'autant plus qu'un peu de bon sens lui aurait fait rapidement prendre conscience qu'un tel camouflet ne pourrait que mener à des réactions virulentes, si ce n'est radicales et violentes. A l'autre bout du spectre, quoi de plus pratique qu'une telle provocation pour taxer un état (et non l'auteur) de raciste, blasphème et j'en passe et des pires? C'est dans ce genre de situation qu'on fait naître le climat idéal pour des guerres à venir, pour des décennies d'incompréhension et d'instabilité politique. Ce n'est pas en agitant une bombe qu'on invite à se battre, un bout de pellicule couvert d'injures peut fort bien suffire.

Tout est question de méthode. L'art de déclencher des conflits est celui de trouver le sujet qui mènera forcément à l'affrontement politique et/ou moral, et non de provoquer l'adversaire par des menaces, ceci à travers de celui qui aura le plus gros potentiel pour anéantir l'autre. Notre regard doit absolument se poser sur l'Histoire pour ne pas rater de grandes vérités qu'on nous maquille, ceci sous prétexte de maintenir un équilibre supposé précaire. Prenons la guerre froide comme exemple: durant plusieurs décennies, capitalisme et communisme soviétique se sont observés, se sont armés à outrance, avec pour objectif affiché de détruire "celui d'en face" pour des questions d'idéologie. Derrière, que s'est-il passé? Que cette opposition n'avait pour seul but que de se partager le monde, de segmenter en blocs facilement identifiables les nations présentes sur la carte. Malheureusement, quand deux chiens hargneux se retrouvent de part et d'autre d'un seul et même grillage, ils finissent toujours par s'aboyer dessus, et bien entendu, attendre la première occasion pour se mordre. Ramenons cette allégorie du chien enragé à la politique, et soyons clairs: les politiques vendent de la haine, puis finalement les chiots que nous sommes finissent par mordre sans se poser de question sur le pourquoi de cette rage à l'encontre de celui de l'autre côté du grillage.

Qu'en est-il aujourd'hui? Aucune différence ou presque avec cette opposition entre les rouges et les autres! L'ennemi a glissé, il n'a fait que revêtir une autre image, celle du terroriste, de l'assassin d'enfants, du rétrograde qui embastille une gamine attardée pour avoir prétendument brûlé un livre sacré. En bref: l'ennemi passe et trépasse, on le remplace. A partir de là, la capacité de destruction des médias prend largement le pas sur celles des bombes. Prenons des évènements évidents: un dingue se prétendant affilié à un groupe terroriste sème la terreur. On fait quoi? On répète ce qu'il affirme, on le vend pour faire tant de l'image que du papier, et la conscience collective retiendra qu'il était un terroriste, et non un psychopathe usant de l'argumentaire religieux pour assouvir sa soif de massacre. Bien sûr que des enquêtes sont menées pour vérifier si, par hasard, le type ne serait pas un jouet de vrais groupes terroristes, mais qui s'en souciera dans l'opinion publique? Il est basané, il a braillé qu'il était un terroriste, alors c'en est un! Et là donc, on continuera à instrumentaliser la peur, l'arme sera à nouveau pointée sur nos tempes avec pour seul discours "soit tu es avec nous, soit tu légitimes les actes de ces barbares". Parfait comme choix, non?

L'usage voudrait qu'on soit critique, qu'on n'accepte ni ne tolère le filtre idéologique d'un tiers sous prétexte qu'il serait supposé en savoir plus que nous. Le principe même de la conscience humaine est de justement absorber des informations tout au long de l'existence, et non de se contenter d'un dressage aussi succinct qu'incomplet. Il n'est rien de plus dangereux que de se contenter que de ce qu'on nous dit, au lieu d'aller chercher s'il y a d'autres manières d'envisager les choses. Cependant, s'il fallait mettre en doute toute chose, cela voudrait alors dire ne pas se cantonner de se nourrir à une seule source, de ne pas boire qu'à une seule fontaine, et donc de faire la démarche de se déplacer pour voir "s'il y a quelque chose derrière la colline". Malheureusement, cela impose un effort, et pardessus le marché nombre de structures se délecteront de notre incrédulité en nous faisant passer pour des illuminés, ou mieux encore, pour des adeptes de la théorie du complot. Vous voulez intoxiquer un peuple? Nul besoin de sarin, contentez vous de lui faire avoir peur de son voisin, il se chargera fort bien de trouver des raisons de le haïr, que ce soit légitime ou pas d'ailleurs.

Au sortir de cette lecture, je peux affirmer que la passivité des gens est une arme en soi. Laissez le soin aux gens de faire bouger les choses, et vous obtiendrez l'immobilisme. Laissez une élite autoproclamée vous mener pour votre bien, et vous obtiendrez une dictature soit dans les faits, soit dans les esprits. La bienséance, la "normalité" ne sont là que des outils pour s'assurer de notre acceptation, et ce quelqu'en soient les raisons. Je vais énumérer quelques faits, et passez les au filtre individuel du "justifié, pas justifié", et surtout du "ils se sont foutus de nous!"
On rêvait d'une présidence allant vers le progrès, et l'on va vers une austérité qu'on reprochait au prédécesseur. Est-ce que l'austérité passe mieux avec le sourire ou la face bonhomme?
On espérait que les guerres cesseraient, or la tendance mondiale est plutôt aux conflits, qu'ils soient économiques ou militaires. Aurait-on vendu de l'espoir bidon en balançant du "yes we can"?
On a nos épouvantails, on s'en sert à outrance, quitte à friser le ridicule. Une provocation d'un vidéaste qui vend de la haine sur pellicule n'est-elle pas en soi un accessoire idéal pour permettre des actions telles que des meurtres, des manifestations menaçantes, ou encore légitimer l'embrigadement de jeunes dans des idéologies radicales?
Quelle différence faire entre des mouvances supposées libertaires de pirates qui s'octroient le droit de faire justice (par le truchement du piratage informatique) et le KKK qui assassinait (et assassine encore)des gens pour leur couleur de peau? Juge, jury et bourreau?
Où est la liberté de penser quand une vérité se voit censurée parce qu'elle dérange?
Quelle liberté dans des nations qui s'offrent une législation autorisant les écoutes, l'espionnage de nos conversations numériques, qui autorise à des sociétés privées de prendre le pas sur la société publique? Où est la citoyenneté quand celle-ci devient la propriété indirecte de grandes entreprises?
Où est la légitimité d'une société à faire du chantage à travers l'eau, le gaz ou l'électricité? Dans quelle société peut-on décemment décréter des augmentations drastiques des prix, tout en sachant que cela pénalisera les petites gens?
Peut-on encore parler de démocratie quand le droit de penser n'est plus qu'une vague utopie? On a mis en prison des gens pour des "délits" parce qu'ils avaient eu le malheur de critiquer des oligarques. Critiquez donc une entreprise de manière ouverte, et appréciez donc de vous voir passer au tribunal, tout ça pour délit d'opinion… Quant bien même l'opinion se révèle être une vérité.

Nous sommes tous des armes de destruction passive. Nous sommes passifs, donc nous armons les gouvernants. Nous sommes passifs donc nous acceptons leurs décisions. Nous sommes passifs, donc nous renions notre droit à réfléchir et à décider. Refusons cet état de fait, car la démocratie c'est par le peuple et pour le peuple.

16 septembre 2012

La fin des temps?

Une vidéo assez intéressante, qui nous donne un aperçu de notre impact sur notre monde.

Bonne vidéo!

05 septembre 2012

Vision atroce

Ah, les cauchemars! Cette insupportable tendance qu'a l'esprit humain à générer des informations incohérentes, des agencements d'idées saugrenus, des visions atroces, juste histoire de vous pétrifier d'angoisse… J'adore notre cerveau, à tel point que, quelque part, je me dis que nos amis les psychologues se trompent lourdement. Non, à mon sens, ce n'est pas un subconscient qui fait joujou avec notre bagage intellectuel, mais plutôt une forme de processus de manipulation qui a pour seul but de faire fonctionner la machine quand notre esprit, lui, a choisi d'aller s'envoyer une ligne de sable du marchand si bien nommé. Alors quoi, Le cauchemar, ce serait une sorte de loterie aux idées où, pour peu que les briques d'idées s'emboîtent, tirerait aléatoirement des bouts de soi pour construire un truc bien branlant et débile? Pourquoi pas! Après tout, les stupéfiants n'agissent-ils pas de la sorte en déformant les connexions dans notre boîte gamberge pour en faire sortir des hallucinations?

Dans l'absolu, je ne crains pas mes songes, d'autant plus quand ils sont sombres. En effet, je les estime et les respecte, au titre qu'ils sont aussi utiles que notre pensée consciente. Certains préfèreraient dormir d'un sommeil de plomb, pour ma part je considère qu'un sommeil actif n'a rien de mauvais, d'autant plus si les assemblages d'idées se révèlent intéressants, si ce n'est utiles lors de nos phases d'éveil. De là, donc, je tiens à pouvoir me dire que je peux rêver, cauchemarder, le tout en totale liberté cérébrale. Ceci dit, les cauchemars peuvent avoir des côtés prémonitoires, mais je laisse ça à celles et ceux qui aiment aller fouiner du côté de l'occultisme ou du spiritisme. Personnellement, je n'ai pas encore eu le loisir de causer à un mort, d'aborder un quelconque fantôme d'un passé réel ou imaginaire, et en partant de là ce n'est guère ma tasse de thé que de farfouiller dans les tables de ouija ou dans les jeux de tarots de bohémiens prétendus. Là, ce qui m'intéresse, c'est un agencement d'un rêve particulier, ou devrais-je dire d'une interrogation fortuite de mon esprit dérangé…

Alors, de quoi a-t-il envie de parler le garçon? D'une question: si la station de radio Nostalgie diffuse aujourd'hui les Beatles, John Baez, Joe Dassin ou bien Claude François, qu'est-ce que la station diffusera (pour peu qu'elle existe encore) quand j'aurai l'âge de son auditoire actuel? En effet, il faut tout de même se souvenir que la dite radio s'adresse à une population de quinquagénaires et au-delà, plus qu'à ces adolescents pustuleux en manque de mouvement des hanches et des pieds. Je doute qu'on puisse même envisager de caser les programmes de la station sur une radio ciblée "jeune". Raisonnons un peu: la station annonce clairement la couleur, en diffusant des chansons des années 60 à 80, soit un minimum de trente ans d'âge. Pour un whisky, c'est magnifique, pour un vin c'est un signe de qualité, mais en matière audio, cela revient diffuser une période préhistorique (du moins dans l'esprit des jeunes). Maintenant décalons le tout de trente ans, et frémissons! Foutus cauchemars…

Nous sommes en 2032. Je suis vieux, pas encore à la retraite, vu qu'on a porté la chose à 75 ans, et je scanne les stations de radio multimédia. Paf, je tombe sur une annonce de nostalgie! Et voilà la programmation! Le hits du jour, c'est un mix monstrueux de tous les tubes dance des années 90, avec en bouquet final Haddaway avec son tube "What is love". Argh, ça commence assez mal, vu qu'à cette même époque je me bousillais les neurones et les tympans avec du rock bruyant, voire même du punk. Je me dis alors qu'il faut laisser une chance à la radio et à l'époque révolue des stations de mon adolescence, puisque, de toute façon, chaque période peut prétendre à de chouette chansons. La preuve en est que même les Stones ont pondu des trucs ces dernières années. J'écoute, je me fais violence, et vlan, on passe aux années 2000 et son feu d'artifices de chanson Française. Tiens… ARGHHH pitié! Larusso! Non mais quoi, ils veulent provoquer des vagues de suicides pour écrémer la population de gens qui coûtent trop cher à la Sécu ces sagouins? Vite, trouver une échappatoire. Heureusement que les radios modernes des années 2030 permettent de se faire des sélections, de filtrer ce qu'on n'aime pas…

Et là, comme dit la vieille phrase éculée, c'est le drame: de la tektonik, encore de la dance, des chansons de l'été prêtes à vous faire sortir les tripes par les narines, des morceaux dont je n'avais même pas idée, du R'N'B (qui pour moi devrait dire "Réduit Notablement qu'au Business" tant ces chansons semblent tirées d'un seul et même moule), ou encore des chanteurs à la carrière aussi fulgurante qu'éphémère. C'est ainsi, la station a fait glisser ses listes vers son public, à savoir ceux qui ont plus de cinquante printemps, des vioques dont les jeunes se foutent éperdument. Ah tiens, miracle, ils diffusent un peu de bruit! Metallica! Chouette! Oh Nirvana! Encore un effort les mecs et vous pourriez me faire une programmation décente… Et merde, Carla Bruni… On ne peut vraiment pas tout avoir en ce bas monde.

Je me moque, je ricane, mais, finalement, j'adore cette station. Hé oui, j'en suis un auditeur occasionnel, parce qu'avoir la chance de tomber sur une grande des 70's comme Janis Joplin, sur un Hendrix déchaîné, ou un sur inusable tube de Téléphone, ça vaut bien son pesant de décibels dans les esgourdes. Sans rire ni moquerie, Nostalgie est certainement un des derniers refuges de la radio comme je l'aime, celle qui ne balance pas des trucs à la mode dont je ne suis plus la cible depuis belle lurette, celle qui respecte les artistes qui sont les fondateurs de toute une contre culture, et ce même si dans le lot certains tubes finissent par me poncer littéralement les tympans.

Allez, soutenez les, écoutez les, même de temps en temps. Vous n'êtes ni trop vieux, ni trop jeunes pour apprécier ce qu'on savait faire dans "ces années là…" (NON! Je ne chanterai ni ne danserai à la Clo clo!)

30 août 2012

La conspiration d'Orion

Je me permets de revenir sur un vieil article (trois ans bientôt!) dont voici le lien.
Hasard?

J'y abordais pas mal de questions, et nombre de ces questions sont, aujourd'hui encore, d'une criante actualité.

Cependant, je voudrais que mes lecteurs se concentrent sur la vidéo qui était présentée sur la page en question, dont voici les deux parties:


Cette vidéo, si fantaisiste qu'elle soit, si caricaturale qu'elle semble être, se révèle malheureusement hautement criante de vérité. En effet, regardez la attentivement, et surtout guettez les conclusions dictées à la fin... Je vous donne immédiatement un indice: là, on parle du concept de conspiration, d'une guerre artificielle créée de toute pièce, d'un ennemi fantômatique et terrifiant.

Vous ne voyez pas? Raisonnez, analysez, écoutez donc ce dont on nous gave à longueur de journées. De quoi? De la peur, d'un ennemi qui, de "rouge" est devenu, après la chute du communisme le terrorisme islamique. A partir de là, une fois ce pseudo problème anéanti, quel sera le prochain ennemi? Qu'est-ce qui justifiera les budgets colossaux alloués à l'armée, aux recherches scientifiques sur tous les types d'armes envisageables? Dans l'absolu, la vidéo joue le vocable de la théorie du complot sur les extraterrestres, moi j'y vois notre quotidien, nos médias, la mise en avant systématique de la peur pour maintenir une pression politique, et surtout légitimer des décennies de dépenses pharaoniques dans le seul objectif de se faire la guerre.

Je suis fermement convaincu que la peur est une arme aussi puissante que n'importe quelle bombe. Le mot terrorisme a pour racine le mot terreur. Les états terrorisaient en parlant de communisme ou de capitalisme, maintenant ces mêmes états parlent de terrorisme à l'échelle de groupuscules. Quelle différence? On terrorise. Faire naître la crainte, c'est obtenir aisément l'assentiment des masses qui ne veulent surtout pas sacrifier leur confort, et encore moins ouvrir les yeux sur la manière dont nous menons le monde.

J'ai récemment pris la plume concernant la crise, et surtout concernant la philosophie tzigane du type qui est heureux quand il pleurt. Et la crise? Qu'est-ce d'autre qu'une régulation des marchés par la terreur? Celle de faire faillite vaut bien celle de mourir anéanti par un attentat, non? On rend les gens plus passifs quand ils se savent "entre de bonnes mains". Ce raisonnement a permis le nazisme, le communisme stalinien, Pol Pot, Saddam Hussein, et j'en passe... Soyons logiques: plus la population est docile, plus les gouvernants peuvent prendre des décisions d'ampleur. Admettons ne serait-ce que 1% d'exact dans les vidéos, et nous devrions alors reconnaître que ce n'est plus d'un mensonge dont on parle, mais carrément d'un monde totalement falsifié. Et quel monde! Des guerres provoquées pour générer des bénéfices colossaux (Irak pour la plus flagrante), maintien de situations explosives pour éviter la paix et ainsi s'assurer de marchés inéquitables (Afrique dans son ensemble), financement du terrorisme international. Les exemples sont nombreux, précis, impossible à contester. Et pourtant, on nous dit que c'est légitime, qu'on se doit de préparer notre monde à la guerre... "Si vis pacem, para bellum".

Je tiens à être clair: je ne crois que très peu aux théories du complot, d'autant plus que je soupçonne nos gouvernants de ne pas être assez retors pour cela, faute d'une intelligence suffisante pour y parvenir! Hé oui, je l'affirme: nos dirigeants réagissent, ils n'analysent pas. Nos dirigeants n'anticipent pas, ils frappent puis s'interrogent alors sur les conséquences; Mais cela, nous le devons à notre passivité, à notre peur chronique de la différence, à notre naïveté maladive qui nous fait affirmer sans frémir que nos élus savent mieux que nous ce qui est bien pour nous. Les victimes des différents gouvernements tortionnaires qui se sont succédés au cours de l'histoire doivent avoir un sourire narquois à l'audition d'une telle absurdité.

La solution? Ne surtout pas rester passif. Repassez vous la fin de la seconde partie, celle où un défilé d'images vous est "offert" en guise de conclusion. Rendez vous compte, et regardez bien: l'idée d'une "conspiration" n'est là qu'en support, une sorte de mise en marche de l'esprit critique du spectateur pour qu'au final, à l'aide de sa curiosité mise en éveil, il puisse se dire "mais bon sang! Si on remplace les extraterrestres par les musulmans, les communistes, ou n'importe quel ennemi... ça fonctionne aussi!". Hélas oui: on nous vend une soupe infecte où nationalisme, xénophobie et argent se tiennent la main pour lier les nôtres.

Soyez responsables, ne laissez pas le baratin devenir une vérité, et faites de la Vérité le seul totem digne d'une prosternation mondiale. Les lois de l'argent, du pouvoir, donc de la terreur, ces lois ne doivent surtout pas occulter que c'est à VOUS, le peuple, qu'on doit des explications. Ne laissez pas un occultisme confortable vous abêtir et anéantir toute pensée autonome... Ou alors ne venez pas vous plaindre le jour où ce sera VOUS, en définitive, l'ennemi.

"Le peuple est son propre ennemi dès lors qu'il renie son droit à la critique". (F.HORVAT)

24 août 2012

Un oeil critique sur la crise

Ah, cet acharnement thérapeutique à vouloir nous inculquer que les religions, la Foi, ou encore les différences sont des tares dangereuses ! Que de maux on colle sur ces idéologies aussi diverses que variées ! On aime à pousser les gens à se haïr, probablement parce que le pire mène invariablement à l’enrichissement de certains. A l’instar d’un parasite qui se gave sur notre organisme, la propagande consumériste se régale en dévorant d’abord la tolérance, en prétendant que la différence est dangereuse, puis en se gavant avec la couenne grasse de nos méconnaissances, pour finir par déguster nos sociétés à la petite cuillère, à chaque fois que le vote « fasciste » refait surface. Tout ça pour quelles raisons ? Vendre de la sécurité ? Du progrès social et économique ? Non : juste parce que la peur fait vendre, parce qu’elle pousse les gens à se réfugier dans des valeurs malsaines, mais hélas porteuses d’espoirs dévoyés.

Tenez, depuis que la crise est bien implantée dans les esprits malléables des masses, qu’apprend-on en discutant avec le tout venant ? Que l’islam est dangereux, que la Chine est le nouvel ennemi parce que cette nation s’est développée, que l’étranger peut se révéler être un concurrent par trop envahissant. Dites, les étroits de la gamberge, qu’est ce que les nations du monde dit « moderne » ont faites pendant des décennies, voire des siècles ? Si je dis Afrique, Inde, Indochine, Amérique du sud, ça ne vous cause pas ? Hé oui, nous sommes en train de vivre ce que les nations européennes ont fait vivre à ces états, à savoir une forme de colonialisme, mais une colonisation plus insidieuse, plus discrète, mais autrement plus efficace et profonde. Vu que nous perdons de vue les fondamentaux qui sont supposés forger des sociétés progressistes (tolérance, respect de soi et d’autrui, humanisme et non consumérisme), nous en venons donc à observer le voisin avec circonspection, et non à lui tendre la main comme le voudrait l’intelligence dont nous nous vantons à tort. Humanité ? « Oui à condition qu’elle me soit profitable » vous dira n’importe qui croisé dans la rue. Dis, l’ahuri, aurais tu raté le fait que plus nous faisons la guerre, plus certains engendrent des bénéfices, tandis que d’autres s’appauvrissent constamment ?

C’est cynique, mais j’aime à constater qu’il n’existe pas de véritable progression mondiale, que ce soit socialement ou moralement. En effet, dévoyez les idéaux, faites en des objectifs malsains, et vous obtiendrez un monde comme le nôtre. Prenons un symbolisme tout religieux qu’il est avec le veau d’or. L’expression de l’idole, du « faux dieu » menant à sa perte tout un peuple, n’est-ce pas le même raisonnement avec l’argent et le pouvoir de consommer ? Non ? Réfléchissez : se sentir exister en possédant, au lieu de se sentir exister par la présence d’autrui dans son cercle d’existence, c’est à mon sens la représentation la plus chronique de l’idolâtrie la plus crasse. Je ne peux pas cautionner le fait qu’on décrète qu’avoir que son voisin est une bonne chose, tout comme je ne considère pas comme normal d’être mené à l’extrême tant moralement que physiquement par le travail, ceci dans le seul but non d’améliorer sa condition, mais dans le seul objectif de prouver au voisin qu’on vaut mieux que lui. Valoir ? Parce qu’on quantifie sa propre réussite ? Amusant, au sens cynique du terme bien entendu.

On n’a foi que dans le concret, du moins c’est ce qui me semble être le plus pertinent comme présentation de notre monde actuel. Vendez, achetez, soyez riches, écrasez, piétinez le reste, montrez vous retors et ambitieux, et le « monde » vous tendra les bras. Ironiquement, cette attitude nous mène au naufrage économique, tant notre refus de constater que le manque de partage de la réussite pousse les plus pauvres à sortir les dents. On voulait le tiers monde soumis, mais maintenant que l’esclave se défend et mord l’ancien maître on crie au scandale. Je ne vois rien de scandaleux que la bête que nous avons dressé à se battre vienne nous donner une leçon de combat, d’autant plus quand on fait mine d’oublier que nous avons tous profités des richesses des pauvres justement ! Quelle délectable ironie de l’histoire… Ceci dit, cela ne fait que commencer je pense, surtout si l’on se penche sur le destin des empires. Quelle est la cause majeure de la chute des grands empires ? L’expansion a des limites, et chaque empire de l’histoire a goûté l’excès d’expansion comme moteur économique et politique. Rome ? Trop grand, gras, imbu de sa puissance, réduit à néant par manque total de capacité à maintenir une fédération gérable. La Grèce antique ? Excès de confiance dans sa stabilité. Les grands empires et royaumes Européens ? L’oubli qu’une guerre mène à la pauvreté, puis à l’esprit de revanche des voisins. Et ainsi de suite. Et on continue pourtant à espérer qu’après avoir massacré, exploité, ruiné des dizaines de pays, que ceux-ci vont persévérer dans la soumission… Ridicule, non ?

Je m’en remets à un dicton tzigane : « pourquoi le tzigane est heureux et danse quand il pleut ? Parce que la pluie annonce immanquablement le soleil ». Logique implacable. Il nous reste quelques années à subir la régulation légitime de notre ambition devenue trop dévorante, ainsi qu’une stabilisation des échanges avec les nouveaux riches de ce monde. Par bonheur, la Chine a saisi qu’il ne fallait pas nous achever, mais nous préserver en tant que clients potentiels. Dans cette immense cour des miracles, nos différents pays ne sont que des pions qui, par le truchement de discussions de couloirs, se mettent à présent d’accord pour retrouver une situation stable et acceptable. La croissance infinie n’existe pas, et le veau d’or est dorénavant un peu pointé du doigt. On parle de développement raisonnable et raisonné, l’écologie entre enfin en ligne de compte dans notre processus économique, probablement parce qu’il faut bien améliorer ce qui ne fonctionne plus correctement. Reste à voir si ces réactions ne sont pas uniquement là pour tenter de réparer la machinerie folle qui nous a servi, jusqu’à présent, de moteur de développement, au lieu d’envisager de nouvelles sources d’échanges. Pourquoi ne pas admettre que les pays émergents sont des partenaires viables et valables ? Pourquoi tenter de sauver notre « suprématie » déjà morte et enterrée depuis plus de soixante ans ? Pourquoi s’entêter dans une démarche nationaliste, au lieu de simplement comprendre que la vertu du patriotisme est de vouloir que la nation progresse, et le peuple avec, au lieu de tenter de sauver une « identité » qui, de toute façon, évoluera forcément ?

L’exigence du monde qui se présente à nous est simple : trouver un point d’équilibre qui sera favorable à tous les acteurs de pouvoir. Au lieu de nous en remettre à celles et ceux qui nous vendent de la religion économique, au lieu de nous abaisser à créer des ennemis en tenant pour responsables de nos maux la différence et les ambitions des autres, nous serons forcés, bon gré mal gré, à nous asseoir à la même table que les autres nations du monde. Le diktat des G8 et autres entités dévoyées par leur manque de réalisme va sûrement imploser, ou tout du moins fortement s’infléchir de par l’obligation d’accueillir ces nouveaux acteurs de l’économie et de la politique mondiale. Pire encore : imaginons que la Chine, l’Inde, le Chili, le Brésil, bref tous les pays anciennement esclaves de notre système s’allient dans un contrepouvoir au G8, qu’adviendra-t-il de notre modèle ? On pourrait assister à la régulation mondiale par l’inversion des polarités de pouvoir, à savoir ces pays consommateurs… et nous producteurs à bas coût. Ce serait la pire des ironies, mais ça n’a rien d’impossible dans le fond. Le dicton tzigane précédent me semble fort à propos dans l’idée où ce genre de mutation ne sera pas forcément négatif, au titre que cela pourrait relancer l’économie européenne, recréer un tissu social fort et résistant… et donc, d’ici quelques décennies, repositionner l’Europe comme trésorier du monde. Tout est une question de temps, de patience, et de bon sens. J’aimerais juste que la motivation de ces changements ne soient pas la peur et la haine de l’autre, mais la saine ambition d’être aussi bon, si ce n’est meilleur que lui. Ni plus, ni moins.

06 juillet 2012

Retour vers le cercueil

On avait prématurément enterré la boîte supposée contenir les cendres des extrémismes. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on fantasmait littéralement sur la mort définitive des radicalismes, à tel point que certains voyaient dans certains monuments des reliques d’un temps révolu. Et pourtant, force est de constater qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne crise pour réveiller les vieilles folies. Que ce soit au Maghreb avec les révolutions récupérées par les partis religieux radicaux, en Grèce avec le parti « nazi », ou encore le retour du FN à l’assemblée nationale chez nous, notre présent démontre que le passé a une fâcheuse tendance à se répéter. Oh, bien sûr, ce n’est pas nécessairement demain que les bottes vont à nouveau claquer sur le pavé de la capitale, pas plus que nous assisterons ici au défilé incessant de soldats marchant au pas de l’oie…. Quoique : rien n’est plus proche de la démocratique que la dictature !

Durant plusieurs décennies, le mystère de la disparition du corps d’Hitler, soigneusement entretenu par les Soviétiques pour maintenir un climat de peur mondiale, a su maintenir les braises du nazisme dans les esprits les plus fervents. De la même manière, nombre d’anciennes républiques communistes voient réapparaître des défilés d’adhérents à l’idéologie stalinienne. C’est, en quelque sorte, le refuge de nombre de personnes touchées par les travers du capitalisme. Mais ne rêvez pas les enfants, si une révolution était amenée à faire reprendre le pouvoir à ces vieux partis aujourd’hui supposément tombés en désuétudes, m’est avis que nous aurons alors l’occasion de se souvenir à quel point les mots STASI et KGB ont un sens plus sinistres qu’honorables. Malheureusement, ce ne sont pas ceux qui ont subi l’horreur qui revendiquent, et ceux là même qui voteraient pour ces inepties morales et politiques seront sûrement les premiers à être purgés à la première occasion (se souvenir des chemises brunes, des vieux communistes et j’en passe…). Dans les faits donc, ce sont les premiers à croire en quelque chose qui en paient les pots cassés.

Maintenant, que penser de notre vieille Europe dans son état de délabrement actuel ? Que nombre de nations endettées à mort oublient poliment de se taire quand elles doivent s’incliner face à l’Allemagne. Pourquoi ? Prenons une analogie : imaginez un immeuble avec 25 propriétaires, mais un seul d’entres eux paient un tiers des frais… Et on lui interdirait de prendre des décisions importantes ? Non : on s’inclinerait à cause de sa participation massive à la vie de la communauté. Et pourtant, dans la CEE, on agit à l’inverse en disant à Merkel que ce n’est pas normal, que l’Allemagne n’a pas à dicter sa politique. Je trouve l’idée particulièrement amusante surtout en Grèce, puisque, bizarrement, n’est-ce pas un parti Allemand qui, fut un temps, a tenté d’unifier l’Europe sous une seule et même bannière ? Comment les néo nazis Grecs peuvent-ils omettre de mentionner cette vérité historique ? Comme quoi, n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Fondamentalement donc, notre belle Europe tente de déterrer ses vieux démons, de sortir le cercueil du fascisme de sa fosse, et d’en sortir les fantômes les plus dangereux.

Ceci dit, de l’autre côté du spectre, nous ne sommes pas plus malins. Une agression contre un jeune, et l’on se préoccupe de son obédience. « Tiens, il est juif, ils l’ont insulté pour sa religion. SCANDALE ». Ah, parce que ce n’est pas un scandale quand un arabe est jeté dans la Seine, ou quand un noir est roué de coups, traité comme de la viande ? Qu’on m’explique pourquoi on doit se préoccuper de la nature médiatique de l’évènement, et non des faits et rien qu’eux ? C’est sûr qu’il est plus vendeur d’agiter à nouveau l’épouvantail des camps, plutôt que de s’inquiéter des banlieues où l’on ose parler d’immeuble locatifs pour des marchands de sommeil, où des HLM sont à des tarifs inabordables pour les gens justement supposés s’y loger, où la politique scolaire est scandaleuse avec une véritable défection de nombre de professeurs, où bien de la politique administrative où l’on a le culot de laisser littéralement pourrir les situations, pour mieux pouvoir filmer la misère humaine. Etrange, cette attitude, non ?

Je m’interroge : sommes-nous bien dans l’Europe ? Dois-je penser comme le FN qui veut en sortir, ou bien au contraire suggérer l’idée d’une Europe fédérale ? En tout état de cause, je vais me contenter de prendre un atlas historique, et en ressortir ces inusables cartes de l’Europe de 1941. Tiens, c’est tout sauf amusant, mais certainement ironique, car en analysant la chose, on a :
- Une Angleterre jouant en solo
- Une Europe pour ainsi dire unifiée sous une bannière unique (Espagne, Allemagne et Italie marquées du sceau du fascisme/nazisme, et les autres pays sous leur tutelle)
- La Suisse dans son rôle d’isolé riche et non intéressé à ses voisins.
Vous voyez une quelconque différence ? Pas vraiment, si ce n’est qu’on tend finalement vers une unification obtenue par la paix, là où Hitler a échoué par les canons. Ironique je trouve… Enfin bon, rêvons que l’on va remettre le cercueil dans la fosse commune anonyme quand l’Europe se sera sortie de la crise !

C’est le mot : espérons.

03 juillet 2012

Faites la guerre, pas l'amour

Avec un titre pareil, je peux garantir que je vais avoir rapidement le droit à quelques grognements de circonstance. « Et comment qu’il peut légitimer la haine, la violence, la mort d’innocents ? Et comment qu’il ose revendiquer une attitude guerrière ? Pendons le haut et court, ce foutu militariste sans cervelle ! ». A ces détracteurs, à ces bien-pensants qui n’ont d’autre vue que celle de leur petit confort sans se préoccuper de savoir comment il perdure, je n’ai qu’une chose à dire : « Je vous emmerde ». Oui, je l’annonce, je le hurle à vos tympans encrassés par les médias et par votre sous culture puante de bourgeois confortablement enfoncés dans un quotidien sans risque, je vous emmerde tous, et plus encore.

Mais pourquoi nous gueule-t-il cette harangue à contre courtant de la bienséance communément admise dans les alcôves des bistrotiers de luxe ? Parce que j’ai un besoin fou de remettre quelques pendules à l’heure, et ce justement parce que le temps semble être à la mollesse de cœur et de moralité. « Caca les canons, beurk la violence », je peux le saisir, mais c’est alors oublier quelques bricoles, dont celle si particulièrement attachée à l’Homme, à avoir l’ambition dévorante. Tel un ténia affamé, l’envie de dominer, de posséder taraude l’homme depuis ses origines, et aujourd’hui comme hier, nous nous mettons sur la courge pour la plus grande joie des fabricants d’armes. Hier le gourdin, puis l’épée, aujourd’hui le fusil, et allez savoir quoi demain… Toujours est-il que le business des armes est une constituante du marché mondial, mais avant tout de la maîtrise de la politique de ce globe. N’allez surtout pas croire que faute d’un ennemi à combattre nous n’avons pas besoin d’armes ou de l’armée, c’est même le contraire. « Pour avoir la paix, prépare la guerre » semblerait être une bonne explication, car, dans le fond, si nous n’utilisons pas nos munitions, nous savons fort bien les revendre.

Hé oui, aussi désagréable que cela puisse paraître, faire la guerre, c’est rafraîchir les rangs de la société, c’est relancer le bâtiment, offrir un financement inespéré à l’industrie lourde, créer de l’emploi à foison, et enfin moderniser la médecine de manière très rapide. Cela vous semble cynique et hors de propos ? Pourtant, chaque guerre amène son lot d’innovations, qu’elles soient technologiques (communication, informatique), que médicales (prothèses, chirurgie réparatrice, vaccins…). Bref, la guerre profite hélas à tout le monde, tout en fauchant des millions de vies pour des drapeaux, des mots, des papiers, donc pour pas grand-chose si l’on s’en préoccupe un petit peu. Les politiques font d’ailleurs les guerres sur peu de choses, à tel point qu’on devrait lire les raisons d’un conflit avant même d’y participer. Malheureusement, le nationalisme et le chauvinisme exacerbé sont les deux mamelles de la guerre, qui nourrissent une haine tenace de l’autre, et enivrent les fantasmes des plus ambitieux. Trouvez un ennemi, il y aura toujours quelqu’un pour dire les mots justes pour que la foule se mette à haïr cet ennemi déclaré. Grandiose, non ?

Il est vrai que je trouve bien souvent les prétextes ridicules, surtout s’il s’agit de défendre une certaine idée historique des territoires. Je me demande d’ailleurs pourquoi aucun parti extrémiste italien ne réclame de territoires en France, ne serait-ce qu’en souvenir d’un empire romain aujourd’hui disparu. Ironiquement, nombre de guerres commencent de la sorte, à tel point qu’on pourrait s’interroger sur la persistance des vieilles idées dans une société comme la nôtre. Combien de générations passeront avant que les nostalgiques du fascisme daignent enfin tous disparaître ? Quelle est la durée de vie des opinions, des mouvances politiques ? A ce jour, nombre de nations s’interrogent profondément, tant sur l’émergence de vieilles croyances malsaines (la Grèce qui vote pour un parti nazi… on aura tout vu, car, juste pour mémoire, c’est la Grèce qui a subi la plus forte mortalité en pourcentage de la seconde guerre mondiale), que sur des solutions basées sur le bipartisme à l’Américaine (il n’y a qu’à voir en France…). De ce fait, l’armée, la guerre, les conflits, ce sont autant d’outils nécessaires pour éviter qu’un pays dérive et ne perde de vue que l’état doit servir ses citoyens, et non les contraindre à se plier à un discipline étatique.

Bien qu’il me soit facile de chroniquer, j’ai dans l’idée que nombre de pacifistes oublient poliment que la désertion n’est pas une solution ni même une forme de courage. Déserter, comme le nom l’indique, c’est abandonner son poste, ses camarades, et donc ne pas prendre de risque. Oui, il y a bien eu le risque d’être passé par les armes, mais à tout choisir, entre pousser un ancien camarade à me plomber pour ma lâcheté, et être descendu par un ennemi, finalement, l’ennemi, je pourrai potentiellement lui coller toute ma bile et ma haine. Cela semble cruel de raisonner ainsi, mais pour autant que je sache, ne pas agir, c’est déjà agir en soi. L’inaction, l’absence de décision, ce ne sont pas des choix acceptables. J’entends déjà les gens parler de Gandhi…. Mais ils oublient de dire que Gandhi a réussi à faire appliquer la doctrine pacifiste à tout un peuple, et pas qu’à lui-même. Ascète, philosophe, bourreau de travail et intellectuel émérite, c’est un des très rares exemples où la violence peut se retourner contre l’oppresseur, et ce sans que la violence naisse chez l’oppressé. Notons enfin que, bien qu’exploitant la doctrine pacifiste, Gandhi n’en a pas pour autant fait disparaître l’armée, pas plus qu’il n’a mis à bas toute possibilité d’user de la force.

J’ai l’intime conviction qu’une armée est indispensable, qu’elle a des rôles complexes que peu de citoyens saisissent réellement. « Pourquoi être allé en Afghanistan ? ». Bonne question complexe, où tant les intérêts politiques (soutien des USA après le 11/09, démonstration de la capacité de projection des forces armées…), qu’économiques (et qu’on justifie et légitime de l’emploi dans l’industrie de l’armement) se réunissent pour envoyer des femmes et des hommes risquer leur vie à l’étranger. Ne nous trompons pas d’ennemi : ce n’est pas le kaki qui est un ennemi, c’est ceux qui décident de les faire intervenir. N’allons pas blâmer les soldats, quand il s’agirait plutôt de comprendre à quel point la politique, l’humanité, chacun de nous, ne prend pas ses responsabilités. La guerre, c’est l’expression de l’amour du pouvoir ; l’amour, c’est l’expression de notre dégoût pour la haine. La Vie, c’est donc l’équilibre instable entre ces deux plateaux d’une seule et même balance…

EDIT: Suite au conseil dans le commentaire, voici la vidéo du lien: