15 avril 2009

Je hais les charlatans

Je sais que par cette ouverture je vais me faire une quantité d’inimitiés garanties sur une douzaine de générations (si j’ai un jour l’occasion / la malchance / la veine - rayez les mentions inutiles – de me reproduire), et qu’au surplus je vais sûrement être sujet à critiques des plus acerbes. Oui en effet, je voue une haine farouche au corps médical, plus encore, je ne lui reconnais pas le droit de tripoter mes abats sous prétexte de vérifier si « la machine fonctionne correctement » ! Non mais ! Ai-je l’air d’être un de ces rats de laboratoire sur lequel on irait tester le dernier traitement d’un laboratoire anonyme ? Non ! Hors de question d’ingurgiter n’importe quoi en se disant « il connaît son boulot... ça devrait aller ».

Et puis quoi ? C’est vrai, quand on y songe un instant : vous pouvez confier votre vie à un inconnu en blouse blanche qui, camouflé derrière des « hmm » de circonstance lors du diagnostic vous refilera des pilules, vous fera subir le supplice de la piqûre ou, pire encore, du scalpel, le tout avec votre consentement ! On doit avoir un fond de naïveté nous autres, les béotiens en médecine. On vous dit que ça peut (et non pas va, ce qui est une sacrée nuance) vous guérir, en omettant, tant que faire se peut, les effets secondaires de ces damnés cachets bleus... Et nous voilà les applaudissant presque, remerciant leur sagesse en agissant tels des automates à heures fixes, en faisant descendre dans votre organisme malade des choses chimiques inconnues au bataillon. Quelle pitié ! Et dire que nous avons par ailleurs le culot de traiter avec condescendance les rebouteux et les acuponcteurs...

Avez-vous déjà essayé de lire à haute voix la composition d’un médicament ? Le simple fait d’articuler les noms des molécules présentes dans ces machins là mériteraient de servir, en vrac, à la formation des présentateurs télé, à l’amélioration de la linguistique des jeunes de banlieue, et, pourquoi pas, offrir une perspective d’avenir aux politiciens rois de la langue de bois mal dégrossie. Phénol chose bidule... Moi qui vous écris, je n’ai jamais eu le loisir d’apprécier la chimie à sa juste valeur, donc de fait l’obscurantisme de ces notices a le mérite de me rebuter d’autant plus. Et puis, franchement, une fois les boîtes acquises à la pharmacie, ne maudissez-vous pas le praticien en voyant la quantité à ingérer chaque jour ? On me les brise avec la cigarette que je sais nocive ... bla bla bla... Et le français moyen, le crétin avili par les somnifères et autres anxiolytiques, il ne se la bousille pas, sa santé, peut-être ?

C’est dingue, la médecine est le domaine le plus étrange qui soit. Quand, par obligation physique, vous allez au bout de la démarche et prenez rendez-vous, immanquablement votre entourage, malsain et curieux, vous dira « Ben quoi, ça ne va pas ? ». Hé ! Si je vais voir un toubib, ce n’est pas pour une visite de courtoisie ! On ne va pas chez le garagiste pour lui dire « Alors, comment elles vont ces bielles ? ». Absurde. Et puis le supplice ne fait que commencer. Je me demande parfois si certaines publications hebdomadaires ne font pas leur beurre avec les officines médicales. Toutes les salles d’attente se ressemblent : étriquées, manquant de chaises, et avec au centre un tas de magazines aussi périmés que s’adressant à une cible terriblement étroite. « Elle », « Femme actuelle »... Ben merde alors, il ne voit jamais de mec ce charlatan ou quoi !? A quand les magazines sur l’informatique ou les jeux vidéo ? Plaisanterie mise à part, on peut même trouver trace des obédiences religieuses et/ou politiques de nos chers praticiens en observant le tas de paperasse : « La croix », « Le figaro Madame » (pas magazine, faut pas déconner non plus).

Et puis là, le drame. Vous vous savez en petite forme, vous allez le voir parce que bon, l’automédication ça va cinq minutes... et puis enfin vous lui serrez la main. Poliment, vous acquiescez, vous confiez vos écarts alimentaires, de boisson et de nicotine, il vous écoute, stoïque tel un sphinx, et puis finalement, avec une familiarité déplacée vous dit : « Ho ! Hé ben... c’est pas si dramatique ! Juste un gros rhume des familles. Alors voilà, on se couvre bien, on se repose, une camomille et au pire une aspirine pour le mal de crâne ». LE CON ! Il s’est mué en chantre de la médecine douce ou quoi ? Font suer ces gens qui bousillent mes clichés mentaux...

A mort les charlatans quand même !

14 avril 2009

Devinez qui ne viendra pas manger chez vous

Moi évidemment ! Depuis des années, on me bassine sans arrêt avec les avantages du « social networking », barbarisme exprimant (en gros) la possibilité de draguer en ligne, discuter avec des gens ayant les mêmes passions que vous (et donc, accessoirement, draguer à nouveau), et, summum de la révolution numérique, partager des connaissances pour faire avancer la science ! N’est-ce pas magnifique ? Reconnaissez tout de même qu’il est plus pratique d’émettre un mail pour transmettre des données essentielles à un projet mondial, que de compter sur la bonne volonté des services postaux (si bons soient-ils par ailleurs). Alors franchement, vive le réseau social !

Non, je déconne. Moi et les réseaux sociaux, c’est un peu comme une excellente vodka de facture Russe et les glaçons ou un jus de fruit : c’est incompatible. Petite précision préalable : je ne suis pas, contrairement aux apparences, asocial au point de vivre en ermite aigri. Je suis éventuellement misanthrope, mais la présence de l’humanité ne me dérange pas tant que cela… Et puis, qui me lirait alors ? Donc ce n’est pas mon tempérament qui est en cause, mais le concept même de réseau social. Tout d’abord, quelle idée de se sentir obligé de déballer au tout venant sa vie privée ? Les Facebook et consoeurs sont devenus de véritables trésors… pour ceux qui souhaiteraient vous espionner. Vous retapez des bagnoles au noir dans le garage ? Allez donc en parler à vos « potes » de Facebook, juste histoire que quelqu’un aille vous déclarer au FISC ! Moquerie mise à part, ce besoin d’exhibition me laisse plus que perplexe tant il est poussé à outrance par certains membres. La devise disant « montre ton cul pour être connu » semble devenir une véritable philosophie de vie.

J’arrive encore à saisir l’idée de Copains d’avant. Dans l’esprit cela semble plutôt pas mal : retrouvez vos camarades de classe ou votre voisin de HLM en trois clics. Moui, pourquoi pas, admettons… Mais pour vous, entre aujourd’hui et l’époque bénie de l’innocence d’une école primaire, combien de temps s’est-il écoulé ? Moi, une bonne vingtaine d’années. Comme si j’avais encore quelque chose à dire à ce mouflet un peu teigneux qui dorénavant est sûrement papa, ou bien à la fillette à couettes qui n’a pas osée mettre sa photographie. C’est quand même fou : les gens sont foncièrement égocentriques et, là, comme par magie, les voilà resocialisés, un peu comme si un écran pouvait se substituer à l’aspect réel des choses. Le bon sens en action disait une banque, moi je dis la lucidité en fer de lance surtout !

Pousser le monde à s’inscrire à ces machins, c’est aller justement dans le sens du « Big brother ». Pourquoi ? Ca ne vous semble pas évident ? Vous laissez VOS informations personnelles dessus, vous les partagez sans la moindre garantie que la personne en question soit celle qu’elle prétend être. Aujourd’hui, rien n’est plus facile que de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Petit exemple édifiant en quelques étapes. Le scénario est simple : vous cherchez à savoir si votre cible a une relation extra conjugale pour de l’argent…

Primo, ciblez. Commencez pour voir s’il y a un réseau de connaissances concernant votre objectif sur copains d’avant. Grâce à cela, vous pouvez remonter chez les différents amis ou proches de votre future victime. Profitez pour recenser toutes les infos personnelles les concernant… D’ailleurs profitez en pour partir à la pêche des blogs de chacun, ils sont souvent riches en détails croustillants ! Là, en quelques heures de surf, vous avez un véritable début de dossier digne de la Gestapo moderne.

Secondo, passez à l’attaque. Prenez vos fiches, identifiez si les personnes ont (ou n’ont pas), un profil sur les réseaux sociaux, et assurez vous que votre cible y soit. Si elle s’y trouve, et que vous tombez sur un ou plusieurs « amis » qui n’y est pas inscrit, foncez ! Là, vous pourrez alors converser, vous faire passer pour une vieille connaissance du collège (n’hésitez pas à jouer du faux nom s’il le faut, la mémoire est souvent défaillante vingt ans après), puis creusez, soyez avenant.

Tertio, la récolte ! Là c’est le banco : vous avez obtenu la confiance de votre cible qui va s’épancher sur sa vie privée, se remémorer des souvenirs, faire jouer la nostalgie et j’en passe ; Profitez en ! C’est l’occasion pour acquérir un maximum d’informations plus ou moins personnelles, et le cas échéant, vous permettre de finaliser le dossier de votre victime.

Ajoutez à cela : si vous voulez passer par la séduction, choisissez le sexe opposé à celui de votre victime (homosexualité exceptée) ; Vous voulez jouer la fibre amicale et confidence, choisissez de préférence d’être une femme car en tant que bonne copine vous serez amenée à faire se soulager tant les hommes que les femmes.

De fait, cela semble caricatural, mais se laisser berner par une telle ineptie qu’est le réseau social, il y a de quoi bondir ! D’ailleurs, en admettant que je trouve des gens biens à l’autre bout de la France, je fais comment pour jouer le pique assiette de base moi ? Le voyage en train reviendra plus cher que la gamelle, qui, soit dit en passant, ne sera pas forcément à la hauteur de vos espérances. Un conseil : si vous voulez vous faire des amis, oubliez donc ces machins, la vie quotidienne est autrement plus riche en rencontres que ne le sera jamais un réseau social. Tout au plus j’avoue une faiblesse pour les tchats, ceux-ci offrant au moins l’avantage de la discussion en direct et de faciliter la communication. Ce serait un peu comme un amphithéâtre à l’échelle du web, tout en gardant à l’esprit l’aspect virtuel de la chose. Pour ma part, j’ai un vieux réflexe : si ça me gonfle, j’éteins. Dommage que nombre de personne ne soient capable de le faire !

Un peu de technologie

Je sais, ces derniers temps j'ai la fâcheuse tendance à m'économiser dans l'effort en vous balançant des vidéos... mais celle-ci a le mérite de faire rêver! Imaginez donc le web sous cette forme, tout le surf fait directement "dans les airs", avec une ergonomie intuitive et dénuée d'accessoires.

C'est un fantasme de technicien, de "geek", mais franchement ce serait enfin quelque chose de ludique et surtout d'accessible au plus grand nombre!

Observez, et réfléchissez aux applications. Personnellement j'ai déjà songé aux possibilités dans le médical (recherche rapide de documentation et/ou de traitement), dans la création au sens large (peinture "virtuelle", travaux collaboratifs...), ou pourquoi pas des bornes interactives dans la rue permettant au tout à chacun de trouver son bonheur sans équipement?

10 avril 2009

Ce type est un malade... j'adore!

Enfin je dis un malade, disons qu'il se moque de lui-même et propose des choses aussi absurdes qu'amusantes. Commencez par la fin, c'est comme n'importe quel blog les vidéos les plus récentes sont au début.

Il y a d'ailleurs une recette de gâteau au chocolat sans faire usage du four ainsi qu'une crème au beurre... à la perceuse! (cliquez sur l'image pour rejoindre le site)

09 avril 2009

Soupçons

Ah que c’est beau le soupçon... C’est la forme la plus pernicieuse d’analyse de situation car, sans fondement aucun l’on peut émettre des hypothèses diverses et variées. Tenez par exemple votre voisin peut tout à fait vous soupçonner d’être un fraudeur aux impôts sans que concrètement il ait quelque chose à vous reprocher. Certes, les signes extérieurs de richesse l’agacent quelque peu, et puis garer votre Bentley sur sa pelouse le rend peu aimable, mais pour autant rien, pas même votre tendre ami le percepteur n’aura de preuve de votre fraude.

Le soupçon, c’est le poison des sociétés, le vitriol des amitiés et même, si tant est qu’il soit possible de faire pire, l’inépuisable ressource en détenus des dictatures. Vous avez des amis ? Laissez donc planer le doute sur votre vie privée et vous serez soupçonné d’entretenir au mieux des relations avec des inconnu(e)s, au pire d’entretenir des relations avec l’épouse ou l’époux d’une personne du groupe. C’est très fort : moins vous abordez une question plus elle devient primordiale et urgente à connaître... Ceci expliquerait sûrement le comportement de nos politiques qui en font des caisses sur des choses importantes dont tout le monde finit par se moquer. Stratégie gagnante je dois dire : si l’on en parle c’est que c’est anodin, si l’on se tait c’est que c’est grave, et il faut alors enquêter !

Tout est affaire de point de vue : le basané du coin de la rue, l’ouvrier immigré qui rentre tard du boulot, ou même votre voisin « dont la trogne ne vous revient pas », peuvent être soupçonnés d’activités plus ou moins immorales, mais certainement illégales. Ah, les clichés ! Ils se marient fort bien en bouche avec le soupçon car, l’un comme l’autre, rajoutent à la crainte de cette différence d’obédience ou de teinte cutanée. Admettez tout de même que le bon vieux « arabe = voleur » est du genre tenace et que, par conséquent, le soupçonné deviendra bien plus aisément le suspect, celui que l’on traque, embastille, puis libère sans l’once d’une excuse acceptable.

N’hésitez pas à user et abuser du soupçon. Bien utilisé, le dit soupçon terrifiera votre entourage, très bien utilisé il deviendra même une arme de répression sans complaisance. « Tout le monde est suspect » aurait déclaré plus d’un chef de police politique. S’il en est ainsi, tout le monde doute de tout le monde, donc tous nous vivrions dans un climat détestable de suspicion et de méfiance réciproque. Bien souvent, les gouvernants désirant faire taire la population usent de lois d’exception avec la notion de « soupçonné ». Pratique, simple, ne cherchant pas à se justifier, en bref idéal pour mettre une muselière aux râleurs et autres rebelles au système. Pour ma part je soupçonne ... non, je vais attendre des preuves tangibles avant de l’ouvrir.

Une petite annotation s’impose sur le sujet. L’homme, dans sa grande bêtise, n’a jamais su se contenter de la confiance réciproque : contrats, paraphes, tampons, sceaux, scellés, tout un arsenal technique et juridique fut créé pour contenter tout le monde et faire en sorte que nul ne puisse (en principe) se dérober à ses devoirs. Dans les faits cela nous amène à : signer un contrat de mariage dans la perspective que le conjoint se barre avec la caisse du foyer, coller son doigt sur une carte d’identité afin de s’assurer « que le titulaire du document soit bien celui qu’il prétend être », et l’inusable mais fort pratique mise en détention de protection dont j’ai déjà parlé précédemment. Les lois se basent non sur la confiance, mais sur la mise en œuvre de sécurités pour contrarier celles et ceux qui, sous couvert d’honnêteté, se moqueraient des autres... mais n’est-ce pas là le précepte premier de la politique ? Vendre des lunettes de vue à un aveugle ?

Je sais que l’on peut me soupçonner de cynisme. Je vous arrête de suite : je le suis et le revendique, vous pourrez verser cette phrase à mon dossier de mise en accusation, si cela arrive un jour. Qui sait ?

07 avril 2009

Paranos de l'infos?

Cela tombe bien, moi je le suis profondément. En effet, étant donné mon emploi classique de « gratte papier virtuel », je ne peux que m’inquiéter des aspects les plus fondamentaux de la sécurité informatique... et donc devenir soupçonneux contre tout et n’importe quoi. C’est bien simple, dès que quelque chose paraît suspect, il faut nécessairement un coupable, et le dit coupable ce peut être le gremlin, le pirate mal intentionné qui se faufile chez vous sans crier gare.

Je me doute bien que les notions de sécurité dans le domaine de l’informatique peuvent rebuter, d’autant que l’immense majorité des utilisateurs ne désirent pas chercher, mais juste que cela fonctionne correctement. Ainsi, nul doute que nombre d’entre vous peut être la cible potentielle d’un virus, d’une publicité persistante (et généralement à caractère pénible et/ou pornographique), voire même, dans la pire hypothèse, d’un petit malin en quête de vos informations personnelles. De là, c’est clair que cela a de quoi rendre paranoïaque : carte bleue falsifiée, achats illégitimes, communications piratées et transmises à dieu sait qui, donc en gros une violation pure et simple de la vie privée. Ajoutons à cela qu’il est terriblement difficile pour un non initié au droit commun de se défendre après coup. Le discours est souvent le même : « vous auriez dû vous protéger ! ».

Là déjà, nombre de mes lecteurs sont tentés d’aller piocher des explications sur « comment se protéger pour les nuls », ou bien encore d’aller harceler leur pote qui a pour malheur « d’être informaticien ». On se calme ! Temps mort ! S’il est vrai que tout ceci existe, il faut bien se souvenir de quelques aspects essentiels sur le piratage d’une part, et sur le ciblage effectué d’autre part. En premier lieu, rappelez vous cette constante : un pirate de prime abord ne sait rien de vous... donc il ne ciblera pas des inconnus, il s’attaquera prioritairement à des choses où l’information est là. C’est le nerf de la guerre : le piratage c’est voler ou détruire de l’information, pas partir à la chasse en espérant trouver au pifomètre quelque chose de valable. Donc, statistiquement parlant vous avez plus de chance de goûter à la joie d’être électrocuté par la foudre que de vous voir piraté. Ceci dit, l’aspect statistique ne suffit pas, une bonne protection n’est pas inutile, loin s’en faut. J’ajoute également que les virus, eux, sont faits pour se déployer et proliférer en pourrissant la vie, à l’instar de leurs frères biologiques. Donc là, pas de réflexion : protection ! Le second point est donc le ciblage qui est, quand on y pense, élémentaire. Pourquoi s’attaquer à un particulier quand un serveur bancaire est sous votre nez, à portée de main ? Parce que c’est plus difficile ? Tout comme lors d’un casse, plus c’est difficile... plus c’est intéressant. N’étant pas personnellement fort Knox je doute que mes données privées soient intéressantes pour le commun des mortels. (Quoique, mes dialogues avec une chère et tendre amie pourraient devenir des best sellers de romans à l’eau de rose, mais passons).

Concrètement pourquoi avoir peur ? Parce que je ne crois pas à l’effet du placebo. Croire fermement être à l’abri ne sert pas à se préserver, tout comme se convaincre par autosuggestion que la gazinière ne fuit pas malgré l’odeur persistante de butane, ne marche pas. Anticiper est devenu l’art de la guerre de l’Internet. Il tente de pénétrer par effraction dans notre réseau privé ? Un firewall ! Le virus cherche à s’installer sur ma machine ? Un antivirus ! On installe avant la catastrophe, pas après coup. En gros, on vaccine au lieu de traiter les symptômes, logique non ? Ceci étant, soyez toujours un peu à l’écoute de votre machine si vous vous en servez régulièrement. Ralentissements ? Fenêtres imprévues qui s’ouvrent sous votre nez ? Publicité ? Programmes inconnus qui fonctionnent sans votre accord ? Messages persistants d’alerte de fin de validité de l’antivirus ? Agissez, lisez patiemment les messages et fouinez. La plupart des utilisateurs avancés ne sont guère plus que des acharnés, des entêtés (comme moi) qui, une fois confrontés à un problème, cherchent toutes les solutions envisageables pour le régler. L’informatique, c’est le contraire de Lavoisier : lui annonçait que rien ne se crée ou se perd... moi j’annonce que l’on peut dupliquer facilement les choses. Etonnant non ? Alors au moindre doute, cherchez, demandez, l’Internet est supposé être collaboratif donc partagez vos expériences, et si par chance vous avez une solution, aidez, c’est plus gratifiant que de se dire d’entrée de jeu « je ne me demanderai pas sur un forum, tous des cons réfractaires aux débutants ».

06 avril 2009

Incendie politique

On s’autorise tout et n’importe quoi de nos jours : à penser, à agir, à critiquer, et même, fin du fin, à se croire vivants. Dans le capharnaüm des idées plus ou moins claires, et surtout quelque part entre le droit d’expression et l’interdiction de détruire, les manifestations « alter mondialistes » se sont vues émaillées d’émeutes et autres incendies criminels. Hé oui, l’expression orale, la revendication par l’écrit, tous ces moyens d’être présents sur la scène politique sont devenus vains, et du cocktail de bar branché on est passés au cocktail molotov. Etrange évolution de la manière de faire preuve d’intelligence politique, non ? Que penser du fait de brûler un ancien bâtiment des douanes ? Symbole de l’ère révolu des frontières surveillées, est-ce donc tant l’union des nations ou bien le besoin d’un retour à la désunion qui ont incités les vandales à le mettre en cendres ?

J’aime que l’on m’explique les choses, notamment quand celles-ci dépassent mon entendement. Que l’on critique le retour de la France (partiel qui plus est) dans l’OTAN, je le conçois assez bien. En effet, difficile de revenir à une conception de la défense centrée sur les exhibitions américaines, mais pour autant peut-on se passer d’être unis avec le reste du monde ? J’imagine donc bien que d’un côté l’on refuse une part active dans l’OTAN, rien que pour s’éviter les retours de flammes en cas d’intervention armée à l’étranger, mais a contrario fuir l’OTAN, c’est fuir la possibilité de radicalement réduire nos effectifs militaires ! Paradoxal ? Pas tant que cela... Tenez, je vous fait un petit schéma de ma vision des choses : si nous sommes tous dans l’OTAN de manière sérieuse, si demain nos voisins ne nous aiment pas (et qu’ils adhèrent), ils devront craindre l’organisation qui les chapeaute, car, dans ces accords, il y a quelque part la garantie de protection mutuelle concernant l’intégrité de nos territoires respectifs. De fait, ne pas être OTAN c’est se refuser le luxe de désarmer en comptant que tous unis on a plus de fusils que celui tout seul mais surarmé. Enfin bon, là c’est à l’échelle européenne car les USA se moquent de ce genre de considérations.

Second point et non des moindres. L’alter mondialisme c’est quoi ? Les déçus de l’économie de marché ? Les anars en manque de repères forts ? Les post communistes privés de l’étoile rouge ? J’y perds mon latin tant la cohorte des bordéliques défilant sans bannière dans les rues de Strasbourg m’inquiète. Je sais qu’il est tout aussi inquiétant de voir des foules converger vers un idéal unique (et souvent radical), mais là est-ce mieux ? Les discours sont aussi multiples que chroniquement peu construits. D’un côté on pleure contre la délocalisation qui « tue l’industrie française », dans la foulée un écolo se plaint « de la pollution du monde », et un troisième trouve scandaleux « qu’il existe une organisation militaire à l’échelle du monde ». Tous sont dans la même société de consommation, tous communient dans le rejet des institutions. Je comprends le chômeur licencié par un grand groupe qui délocalise pour faire des bénéfices... je comprends encore une fois celui qui trouve que nous serions avisés de protéger la planète, tout comme je saisis le cœur de la problématique du pacifiste... Mais cela mène à quoi de refuser que les instances mondiales se réunissent pour trouver une solution en commun ? Que les problèmes du monde soient traités par un nombre encore plus restreint de personnes, et qui plus est qui ne tiendront compte que de leurs intérêts. Récemment le Brésil fut convié à intervenir dans les réunions du G20 parce ce que, en temps que pays émergeant, cette nation pouvait exprimer des idées novatrices sur la façon d’envisager le marché pour les « petits pays ». Si l’on est tenus de raisonner à l’échelle du monde, alors autant faire se réunir ceux qui tirent les ficelles, non ?

C’est affligeant. Bien des gens revendiquent un passé de « 1968 » en fantasmant sur les changements notables dans la société. Je tiens à rappeler que, si l’élan fut admirable à l’époque il n’est plus, aujourd’hui, qu’un vague cliché pour signaler que la rue peut râler avec virulence. Mais pour quel progrès ? Combien d’années avant l’avortement ? Combien d’années avant l’amélioration des statuts de la femme, de l’immigrant, la mise en œuvre d’un vrai système social, ou encore d’une reconnaissance de bien des problématiques telles que le handicap ou la maladie ? Qu’on ne se voile pas la face : un nouveau mai 68 n’aura certainement pas lieu, surtout pas dans une société pétrie à base d’individualisme et de consumérisme forcené. Il est essentiel de différencier une ère faisant suite à la guerre et sclérosée dans ses clichés datant d’avant guerre, et une société qui a progressé, mais non vers une unité intellectuelle mais surtout, et avant tout, vers une ère de besoin solitaire. Je vais caricaturer le portrait, mais le web, qu’est-ce donc que de l’individualité physique (un par foyer) se connectant pour se donner l’illusion de l’unité ? Qu’est-ce donc que ce besoin de modernisme à outrance si ce n’est l’envie frénétique d’être reconnu par autrui ? Nos enfants seront sûrement plus efficaces à reconnaître une marque de haute technologie que nos parents l’ont été, et m’est avis qu’ils auront plus de compétence pour choisir leur nouvelle console de jeu que de préparer un repas sans four à micro ondes...

Les « émeutes » démontrent avant tout la décadence de la communication. Incendier des bâtiments, c’est offrir aux politiques un terreau fertile pour semer les graines de la répression. Tout comme pendant les crises en banlieue où les jeunes furent pointés du doigt, celles et ceux qui, maintenant, demandent un changement plus respectueux de l’homme se voient mentionnés comme portant la cagoule et lapidant les forces de l’ordre. De ce fait, être réactionnaire deviendra donc non pas un acte de révolte civique contre un état de fait cynique, mais un acte de terrorisme contre la tranquillité du muet de base. L’urne est aujourd’hui désespérément uniforme car quelque soit la couleur politique choisie, la sortie sera la même : économie d’échelle, précarité sociale, et au final... celui destitué par les votes pourra alors reprocher à ses successeurs de faire les mêmes bourdes que lui. Ironique, vous ne trouvez pas ?

L’avenir me paraît inquiétant concernant la nébuleuse des penseurs alternatifs. Tous se verront, tôt ou tard, étiquetés comme étant profondément rétrogrades, nombre d’entres eux vont se radicaliser, et, si les grands décideurs ne font rien pour redresser le navire chancelant, m’est avis qu’une nouvelle génération de « action directe » verra le jour. D’ailleurs c’est terrifiant : un nombre sans cesse plus grand d’adolescents et jeunes adultes adorent et adulent les Mesrine et autres Ménigon. Certaines banlieues voient réapparaître les étoiles rouges. C’est donc le signe évident d’une rupture de communication ainsi que le symptôme d’une incapacité majeure de chacun à trouver un terrain où discuter calmement. Pourquoi les petits partis ne font-ils pas acte de présence partout où c’est possible ? Besancenot suffit-il comme représentant d’une autre façon de voir les choses ?

Mettre le feu gratuitement ne peut pas fédérer, pas plus qu’une exécution sommaire comme celle de George Besse en son temps. Le peuple, si l’on veut s’octroyer ses sympathies, demande la paix, pas la guerre civile. C’est d’ailleurs pour cela que nombre d’autocraties et autres dictatures perdurèrent : parce qu’elles surent garantir la sécurité aux foules (au détriment des libertés individuelles, bien entendu).

03 avril 2009

Question de priorité

Voilà que, pour une fois, je tombe sur une question existentielle d’actualité, et qui plus est posée avec intelligence « Doit-on sauver la planète en premier ou bien le capitalisme ? ». A cette question, nombre de réactions furent d’opposer écologie et économie, d’autres de décréter les bienfaits du capitalisme par rapport aux autres systèmes, et finalement aucun discours complet, ou tout du moins argumenté sur le fond ne fut en mesure de répondre clairement à la question.

Par défi intellectuel (qui ose dire me concernant « comme d’habitude » !) je me suis interrogé sur la primauté de la planète sur le système économique, et inversement sur la nécessité de sauvegarder le marché mondial, quitte à ce que cela soit néfaste pour notre environnement. Dans tous les cas je suis parvenu à une première constatation : nul n’a tenu compte du facteur commun, qui est paradoxalement la cause de tous les maux. L’Homme. C’est bien lui l’acteur principal du drame mondial car tant la destruction de notre monde à petit feu, que l’effondrement des marchés pour diverses raisons sont à lui attribuer. Alors, si c’est l’homme qu’il faut préserver en priorité, c’est en partant de lui qu’il faut raisonner, et non analyser en partant de la politique ou de l’écologie. In fine, c’est bien de cela qu’il s’agit : si l’on sauve la planète on sauve l’environnement de vie de l’homme, si l’on sauve l’économie c’est son mode de vie que l’on préserve.

De là, deux axes sont envisageables. Le premier, évident, serait de dire « réformons ! ». Oui, l’idée est plaisante : on démantèle l’économie capitaliste pour envisager une réforme, avec une moralisation (entendre par là des autorités de contrôle) des échanges, ainsi qu’une amélioration du principe d’échange équitable. Seulement voilà : qui sera d’accord pour réduire ses bénéfices et/ou son emprise sur les états pauvres ou émergeants ? Difficile en effet de demander aux riches de payer le juste prix pour des matières premières quand le différentiel de marge leur revient de plein droit, selon leurs règles économiques bien entendu. En conséquence il est impossible d’asseoir à la même table des réformes des riches et des pauvres, d’autant que les aides des riches ont pour unique but de museler toute velléité de révolte. Chavez fut par exemple la cible de tentatives de discrédit pour le faire taire… Cela laisse songeur. Donc réforme ? Impossible, en tout cas pas tant que la situation n’aura pas atteint un point de non retour propre à faire s’effondrer toutes les nations.

Alors quoi ? Choisir la terre ? Là aussi le problème est triple : économie, investissement, et au final éducation des masses. L’économie est encore basée sur les matières premières non renouvelables comme le pétrole. De fait, aucune structure industrielle ou gouvernementale tributaire de l’exploitation de cette ressource n’acceptera de se départir de ses fonds pour préserver le monde. Les intérêts tant de Total que du Koweït (ou de l’OPEP) sont convergents, du moins sur l’aspect pécuniaire car sans forages le Koweït est condamné à courte échéance à la ruine complète de son système économique. Second aspect : l’investissement. Toutes les nations se sont endettées, voire ruinées dans l’euphorie du système qui s’écroule. Difficile de leur demander de faire un effort supplémentaire quand les caisses sont vides, quand l’activité est au ralenti, et que le chômage nécessite de disposer de fonds pour maintenir les nations dans un état social acceptable, ou plutôt tolérable à brève échéance. Ce n’est pas en temps de crise que l’on peut songer au démantèlement du nucléaire au profit de l’éolien, pas plus que l’on peut suggérer d’investir des milliards dans la création de voitures propres. Le PDG de Toyota a payé de sa place ses idées novatrices mais trop coûteuses sur la question… Le dernier aspect est l’éducation des masses. Tant que les lois sont trop souples sur le thème de l’écologie, les sociétés tout comme leurs clients continueront à consommer sans modération. En conséquence, ce n’est pas vraiment l’écologie qui va nous préserver tant la disparité entre nos bonnes idées et les moyens réellement disponibles pour y parvenir nous bloque. J’ajoute enfin sur ce sujet que si la France a la capacité de communiquer sur l’écologie (qui est à la mode, donc intéressante pour le gouvernement), la Chine, elle, refusera de freiner sa croissance pour des états d’âme à longue échéance. Ce qui intéresse les nations émergentes ce n’est pas un futur à cinquante ans, c’est la faim de la famine à cinq, l’électrification intégrale des campagnes dans dix, et la voiture pour tous dans quinze !

Alors en conclusion, quoi faire ? A mon sens préserver l’économie, quitte à se tirer une balle dans le pied. On peut soigner une plaie une fois qu’on a les moyens financiers de revenir dessus, tout comme l’on peut alors raisonner sa production en jouissant des bénéfices tirés de l’ancienne mode. L’écologie mondiale ne peut et ne dois pas aller à l’encontre du développement car le développement nécessite un raisonnement de fond sur d’une part qui en profitera, et d’autre part dans quelle mesure l’impact à long terme sera gérable. Imaginons une relance mondiale : les industriels reprendront la course à la production, et là les clients pourront alors râler et exiger des produits propres, un air plus sain et un mode de vie plus en accord avec la nature. De fait, la Chine et les autres nations qui courent après le progrès pourront, elles aussi, bénéficier de nos avancées financées non par la bonne volonté générale, mais par l’obligation de résultat des industriels face à leurs clients.

Six milliards de clients potentiels veulent un monde plus propre : faisons en sorte qu’ils consomment pour qu’on le leur donne, telle devrait être la devise des sociétés.

02 avril 2009

Minitel 2.0

Voici une vidéo très éloquente concernant l'avenir du web. Pour information, celle-ci date de 2007... mais reste totalement d'actualité.

Rassurez-vous, le contenu technique est non seulement très abordable, mais qui plus très didactique! Toutefois, réservez-vous une bonne heure pleine pour écouter et assimiler le discours.

Personnellement j'en suis totalement retourné tant ce qui est dit est précis, exact et surtout, inquiétant!

Source:
korben.info : le minitel 2.0


01 avril 2009

Conjoncture

C’est un terme souvent mis en avant pour décrire de manière concise ce qui se déroule sous nos yeux : économique, elle vous étrangle, politique, elle sabote les institutions, sociale, elle démembre les relations intergénérationnelles. Bref, la conjoncture est un épouvantail aisé à brandir pour que les colombes de bons augures fuient à tire d’ailes. Oh, il y a toujours un petit malin pour ajouter « favorable » derrière, mais somme toute cela s’avère être de manière assez ponctuelle et, surtout, potentiellement sous la forme d’une analyse de type boule de cristal plus que concrète.

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi l’économie c’est comme un portefeuille de petit vieux : d’une part on y colle sa retraite si chèrement acquise, d’autre part on y ponctionne l’essentiel… tout en tremblant au moment d’en tirer le superflu. Ainsi va le monde : l’essentiel des uns n’est que le superflu des autres, et, conjoncture ou pas, les priorités du tiers monde ne sont pas les nôtres. Manger ? Nous le pouvons avec aisance de part notre « pouvoir d’achat », alors que bien des nations quémandent les quignons de pain rassis de leurs voisins. Nous armer ? Ca toutes les nations ou presque savent qu’il est vital (quel paradoxe… s’armer pour tuer et vital dans la même phrase) d’être bien équipé pour répondre à ceux d’en face. Comme quoi, la conjoncture est belle et bien pratique pour inquiéter aisément, et permettre aux grands de ce monde de jouer leurs cartes sans frémir.

Assis à la grande table du poker mondial, nos autorités se targuent de chercher des solutions. Ménager la chèvre et le chou, préserver les intérêts, sauvegarder l’emploi, donc en gros faire s’entendre ceux qui se détestent, le tout sous le couvert de la « morale » et de la « concorde » mondiale. Amusant je dois dire, essayer d’asseoir un membre de l’OPEP qui tire le pétrole vers le haut avec un Américain qui, lui, ne saurait tolérer un cent de plus sur son plein de super. Conjoncture, quand tu nous tiens ! Là tu seras utile pour autre chose, car quand l’économie se refuse à fléchir, c’est la politique qui s’exprime. Tenez, restons sur le pétrole : quand l’OPEP a refusé de jouer le jeu des nations riches, c’est avec diligence que nombre de terroristes sont apparus. Financés au préalable par les états du golfe, ils servaient à déboulonner les états collaborant un peu trop avec les clients radins de l’OPEP. Quand soudainement ces mêmes terroristes se sont mis à agresser leurs hébergeurs, la propagande mondiale a braillé « C’est la conjoncture sociale hors d’âge, ainsi qu’une économie cloisonnée ne profitant qu’à un petit nombre ». Inepte : la réalité est autrement plus cynique car tant que les groupuscules terroristes étaient uniquement financés par ces états, jamais une bombe ne fut déposées sur leur territoire. Quand les USA et probablement l’Europe se mirent à leur prêter assistance, tout à coup le Pakistan, l’Irak (et bien d’autres pays) se virent menacés sur leur sol ! N’a-t-on pas ensuite utilisé l’argumentaire « Irak = terrorisme » pour attaquer le gouvernement de Saddam Hussein ? N’a-t-on pas classé nombre de ces nations en état voyou (selon la terminologie de la maison blanche) ?

Une conjoncture se bâtit et se présente selon le principe de perspective. En effet : selon l’angle de vue de la situation observée, c’est une image différente qui apparaît. Je m’explique : prenons la France comme exemple simple (et proche de chacun de nous). Si l’on observe de manière éloignée la société, on peut parler de communauté viable, où chaque nationalité arrive plus ou moins à se faire une place. Il existe bien sûr le racisme, la xénophobie, mais somme toute la plupart des actions extrémistes restent cantonnées à de petits groupuscules. Augmentons le grossissement de notre lorgnette : voilà qu’on observe la sélection à la nationalité, que l’on sent percer le communautarisme des jeunes désoeuvrés par la banlieue, et qu’au surplus l’on surmédiatise des évènements afin qu’une organisation en tire profit. Tournons un peu notre télescope et agrandissons la situation des prisons françaises : au mieux l’on peut les classer dans la case déplorable, au pire elle est la honte même d’une nation revendiquant la liberté, l’égalité et la fraternité sur ses mairies. Donc un seul pays, une seule situation mais trois points de vues très différents, et qui vont du plaisant à l’infâme.

La conjoncture, enfin, reste encore un argument de poids pour maintenir le silence sur bien des évènements peur reluisants. C’est la conjoncture mondiale qui permet à nombre de sociétés de quitter le territoire et de voir leur production devenir 30% plus rentable. C’est encore elle qui dicte la présence de forces françaises dans d’anciennes colonies, et ainsi soutenir des troubles très rentables financièrement et politiquement. Sur cet aspect une petite précision s’impose : lorsqu’on vend aux médias une intervention militaire de (je cite) pacification, c’est avant tout un choix cynique. Vendez leur des armes d’un côté, vendez leur une présence militaire d’interposition de l’autre, et finalement achetez à vil prix des ressources diverses et variées sous couvert d’un échange « ressources contre nourriture ». Pas mal non, la conjoncture, pour enrichir nombre de grands groupes ?

A vous de poser d’autres réflexions sur le mot « conjoncture, mais voici quelques axes intéressants :
  • Est-ce la conjoncture qui dicte les choix économiques dans les hôpitaux, ou bien est-ce l’envie de privatiser le service et ainsi débarrasser l’Etat d’un fardeau ?
  • Est-ce la conjoncture qui a permis d’instaurer le mutisme dans la presse pour « ne pas effrayer la population », ou est-ce les prémisses d’un retour de la censure d’état ?
  • Est-ce la conjoncture qui remet au goût du jour les débats sur l’immigration, ou est-ce des choix politiques dictés par la nécessité de rassurer des branches conservatrices des lobbies hexagonaux ?