17 novembre 2010

Grisaille de banlieue

Ce matin, un gosse s’est immolé par le feu,
Hier, c’est une gamine qui s’est suicidée.
Est-ce là le raccourci de ce qu’est la banlieue,
Des adolescents qui finissent brisés ?

Ce matin, il fait gris sur la banlieue,
Ce n’est pas d’hier qu’il fait gris sur les cités,
Tout comme il fait sombre dans les yeux,
De ceux qui voient ce qu’est la réalité.

Ce matin, il a plu sur les tours de béton,
Et l’eau qui en coule est grise, couleur morbide.
C’est peut-être ces prisons sans maton,
Qui mènent les mômes au suicide.

Ce matin, une famille de plus est en pleurs,
Et les médias vont en faire leurs choux gras.
Les grattes papiers se foutront de la douleur,
De vivre au quotidien en citoyen paria.

Ce matin, j’observe ce qui fut mon quartier,
Des alignements de blocs sales, souillés.
Ce matin, je réentends les voix effacées,
Des gosses que nous étions, tous mouillés,

Parce que la pluie n’enlève pas la crasse qui s’accumule sur le cœur.

2 commentaires:

laeti a dit…

J'aime beaucoup celui là... Tu écris toujours tres bien, mais là, encore plus ;)

Anonyme a dit…

c'est le registre que je préfère, en tout cas, la sensibilité artistique qui t'es propre, et qui me touche toujours
MERCI tit ange
Didine