04 novembre 2008

Tu sais ce qu’ils te disent mes godillots ?

Encore une fois je vais exposer une situation de mon quotidien qui non content d’être totalement inintéressant, celui-ci s’accorde le droit de devenir verbeux. Etant donné que l’on boit mes paroles avec excès, je puis donc présenter à vos regards avides un de ces moments jouissifs où l’on peut se satisfaire de pas grande chose. Admettez que, vous aussi, il vous arrive de tourner en dérision un fait anodin pour en rire… Comment ça non ? Seriez-vous donc le reflet même de l’insipidité élevée au rang d’art de vivre ? Laissez-moi le loisir d’en douter sinon vous ne seriez pas là, à en être déjà à cette phrase aussi pompeuse qu’inutile !

Allons de l’avant et abordons donc ce quotidien qui est le mien. Nageant dans les eaux troubles des relations professionnelles bureaucratiques, il s’avère que le code vestimentaire fait partie intégrante des obligations tacites qu’on impose à chaque poisson enfermé dans les bocaux que l’on nomme poliment bureaux. Entre le costume gris et la chaussure passe-partout, il est notoire que chacun tente à sa manière se distinguer sans se faire remarquer. Dans un précédent message je vous ai conté mon « aventure » lorsque je fus vêtu d’un maillot de la marque Ricard et que celui-ci tapa dans l’œil agacé de mes voisins d’infortune. Aujourd’hui, ce fut autrement plus amusant ; notez au passage qu’il ne s’agissait pas cette fois-ci d’une volonté affirmée de provoquer le tout venant mais d’un aspect pratique de ma tenue. En effet, je me suis chaussé d’une paire de grosses chaussures communément surnommées « écrases merde » par la plèbe, et que celles-ci ont plus tendance à enserrer les pieds des farouches arpenteurs de chantiers que les fins petons des divas des claviers. Ainsi, me voilà équipé des fameuses Caterpillar noires, montantes, et qui plus équipées des fameuses coques en acier conçues pour tenir vos chers panards à l’abri des chutes de palettes ou des roues des bulldozers maladroits. D’un aspect sobre, ces fameux godillots ont pour principal avantage d’être particulièrement confortables, et qui plus est bien isolés du froid qui s’annonce. Oh, je vous accorde qu’il y a plus esthétique que de la pompe de chantier, mais tout de même aller jusqu’à reluquer les pinces d’un larbin pour juger de sa stature, il y a de quoi aller se demander si la gamberge de ces gonzes ne se limiterait pas à l’artiche et aux emmerdes.

Rhaaa, je fais du Audiard ! C’est à croire que mes grolles soient contagieuses, qu’elles transmettent subtilement le désir d’en revenir à de plus saines et plus « viriles » relations humaines que celles du microcosme des bureaucrates dont je fais partie ! Alors, voilà qu’on me demande d’où sortent ces chaussures, qu’on s’extasie sur le brillant du cuir… puis qu’on me demande l’usage de pompes coquées dans un burlingue. J’avoue. Je n’ai pas résisté. C’est à mon corps défendant que j’ai cédé au mal du mot qui tue : « C’est pour être sûr des dégâts quand j’en colle une au fion d’un … ». Me voilà reparti dans le lyrisme du bitume, à tancer mon interlocuteur dans une langue qui semble lui être inconnue, puis à tourner les talons dans le martèlement significatif du kilogramme passé de chacune de mes deux godasses. C’est ainsi, impossible de résister au délice d’envoyer se faire voir ailleurs un curieux vous asticotant concernant votre chaussage. Ben quoi ? C’est vrai merde, c’est pas parce que Monsieur porte de la claque à 300 sacs le bout en pur cuir de peau de cul de buffle tanné qu’il a la classe ! Le mufle ! Je lui en foutrais moi des beignes au valseur, juste histoire de lui démontrer la supériorité de ma Cat’ dans le bottage de miches !

Fais suer… J’ai fait tout de même en sorte que la tenue soit un tant soit peu discrète, j’ai épargné au monde la vision d’un type en salopette de maçon se pointant au bureau pour y faire du texte ou de la programmation. J’avoue qu’après cette petite remarque j’ai envisagé l’espace d’un instant d’arborer une vieille tenue orange, de celles qui imitent les vêtements des prisonniers américains, enfin bref d’apparaître totalement « Pas à ma place » parmi ces coincés qui ne savent pas forcément se vêtir mais qui supposent le contraire. Ah ça, le pull de grand papa à carreaux, la cravate couleur fiente trouvée dans une foire au troc, ou bien le futal en velours brun comme on en portait dans les années 70, ça, c’est supposé être un signe d’esthétisme poussé à son paroxysme ! Ah et oui, comment louper l’inusable T-shirt à la sérigraphie de fin de série qui notent en gros des slogans sur la « Geek Attitude » ! J’ai comme la nausée rien qu’en y pensant, d’autant plus que les dits mots d’esprit ne sont compréhensibles que d’une communauté restreinte. Alors, les informaticiens, ce serait les nouveaux punks ? Argh, j’ai la caboche qui me lance en imaginant que le gringalet à lorgnons 100% neurones et 0% barbaque devienne le nouveau symbole de la rébellion ! Seigneur, si vous êtes là, épargnez-moi un tel supplice !

Font chier la mode et les codes ! Je me fringue comme je le sens, me chausse là où ça me botte et celui qui n’est pas content il va tâter du 45 fillette !

Ah oui, cliquez sur la godasse ci-dessous pour avoir des détails sur mes pompes!


3 commentaires:

milou a dit…

nan mais y'a des coups de pied aux fesses qui se perdent comme tu dis! ça c'est de la grole, de la vraie!(les charpentiers l'adore, secure et légère, elle est même conseillée par certain podologues! sisi!)avec ça, tu fais encore plus peuràlafoule, et c'est tant mieux!!

JeFaisPeurALaFoule a dit…

Ravi de te voir passer par ici... moi qui lis régulièrement tes humeurs (attention au sens de ce terme...) me voilà assez fier d'être parmi tes lectures ponctuelles!

Sinon oui la pompe est devenu un objet statutaire notamment chez les ados qui vous alignent la liasse de biffe pour s'offrir la claque 100% latex avec pour seul atout une estampille made in esclavage moderne.

Anonyme a dit…

mdrrr heureusement qu'il ne t'a pas pris l'idée de parler de ton slip kangourou sinon on aurait eu la photo mdrr