24 avril 2008

Chat

Chat perché qui court dans la cour, qui tombe et accourt pour se percher sur un banc… ritournelle enfantine de gamins cavalant, se chassant pour de faux de leurs mains potelées. Ah, le chat ! Quel animal de compagnie ! Qu’il soit de gouttière ou de salon le chat représente aujourd’hui un compagnon incontournable, tout aussi inévitable que la puce sur le dos d’un chien. Rares sont ceux qui n’aiment pas les chats, tout au plus certains les fuient pour des problèmes d’allergie à leur fourrure. Et pourtant, pourquoi un tel culte à ce félin sédentarisé ? Ca me laisse souvent perplexe, d’autant plus qu’en le regardant de plus près le maudit matou n’a rien de si noble !

Tour à tour déifié chez les égyptiens puis honni au moyen âge, l’animal a eu une existence des plus étranges. On ne peut pas dire qu’il fut ignoré comme l’est le mulot par exemple, alors que les deux sont des parasites de nos cités. Oui je sais, le chat a le mérite d’être propre et de chasser le mulot en question, toutefois j’objecte qu’il me semble incompréhensible que le chat ait été une divinité. A qui cela semblerait logique d’édifier un sanctuaire à un mammifère à la fidélité plus que douteuse, aux pénibles miaulements nocturnes et aux comportements des plus incongrus ? Le chat n’est fidèle qu’à sa gamelle et il est sidérant de constater que la bestiole ait pu survivre à travers les âges sur notre dos, alors qu’une fois en pleine vraie nature il s’avère un piètre prédateur. Ne comparons pas le tigre et le chat, le premier ayant conservé un véritable instinct et des actes indispensables à sa survie, le second n’étant qu’une imitation au mieux comique, au pire insupportable. Je parlais des miaulements… ah ces moments où l’envie de les ébouillanter, étriper ou dégommer à coups de godasses lancées se font plus fortes que la raison ! Que de nuits passées à savourer les doux sifflements de ces chats en goguette ! Vous me gonflez saletés de matous ! Tout comme vous vous octroyez un sommeil diurne, j’aimerais pouvoir savourer le mien qui se veut nocturne !

Je ne saurais oublier leurs actes de dégradations volontaires. A l’instar du voyou en quête d’un mur à barbouiller de mots pétris par l’ignorance et l’inintelligence, le chat lui se fait un devoir de griffer vos meubles, baptiser de ses excréments tout endroit incongru qui soit et même, suprême provocation, décréter que votre estomac est un bien meilleur matelas que sa couche habituelle. J’ai ouie dire que l’aspect griffeur proviendrait de la nécessité de marquer son territoire pour signaler sa présence aux autres chats. Ah, parce que ma piaule est infestée de félins en miniature ? Saleté ! Le canapé n’est pas un arbre, pas plus que la chaise de la cuisine n’est une litière ! Fous moi le camp ! Difficile de rester serein je l’avoue, d’autant plus quand le voyou trouve le moyen de se faire la malle pour trouver meilleure pitance ailleurs. J’ai failli oublier ce « détail » : aussi dépité qu’il soit par de vaines recherches, le chat aura le culot de revenir dans un délai plus ou moins long pour vous réclamer ce qu’il estime être son dû. Pour un animal portant comme vertu la dignité on a vu plus crédible je trouve…

Bref, le chat est un vrai parasite, l’empereur des faux culs et d’une impertinence rare. S’il estime vos attentions trop pénibles il griffera la main nourricière ; s’il choisit d’être caressé il fera en sorte de s’imposer à vous sans autre forme de procès, et le repousser pourra vous valoir à nouveau une belle griffure. Là, j’en viens même à me dire que les égyptiens avaient édifiés non des temples mais des restaurants où le chat était servi sous toutes ses formes. Il serait alors sage de demander à nos experts de relire les tombeaux et autres hiéroglyphes pour s’assurer qu’il n’y a pas eu une grossière erreur dans la traduction. Certaines cultures servent le chat en rillettes ou en grillades… ceci pourrait alors expliquer cela.

Et dire qu’on lui pardonne tout avec sa démarche assurée, ce regard un rien vicieux qui nous laisse toujours perplexe sur ses intentions. Comment résister à la douceur d’un tel pelage si bien entretenu, et comment ne pas se plier au plaisir de lui flatter la nuque quand il émet ce ronronnement si particulier ? J’admets que là, malgré tout ce que je puis lui trouver à redire le chat arrive encore et encore à me prendre au piège et je tolère, moi aussi, sa présence dans la même pièce. Côté intelligence nous avons trouvés comment le piéger et jouer de ses penchants inhabituels : la pelote de laine tout comme la ficelle ne sont pas des amies pour le chat, elles sont nos armes pour le distraire et ainsi, si possible, l’épuiser pour qu’il se tienne tranquille. Et puis parfois il se fait si drôle quand il se cherche une place sur un matelas, qu’il se tortille à n’en plus finir puis qu’il tombe du lit, vexé de ne pas avoir été attentif. Un chat, c’est finalement assez humain dans le comportement : juste ce qu’il faut d’égoïsme et de pragmatisme, le soupçon de tendresse qui fait craquer et l’incroyable bêtise qui le rend si sympathique.

Foutu chat !

2 commentaires:

Thoraval a dit…

Ben non, pas d'erreur sur les hiéroglyphes... Ce n'était pas des restaurants. Pas de chatkebab... Désolé...

JeFaisPeurALaFoule a dit…

Et moi qui espérait m'envoyer une bonne grillade asaisonnée de bière brune... Encore une fois les gourmets (trois étoiles) ne passeront pas dans mon assiette!