21 novembre 2007

Crédibilité

La crédibilité ça n'est finalement que la croyance qu’a celui qui écoute que celui qui parle dit la vérité, ou bien qu’il est compétent dans son domaine. Etre crédible c’est avant toute chose avoir un semblant de stature, notamment quand il s’agit d’énoncer des dogmes que les autres devront mettre en application. De fait, il est évident qu’un politicien, un chef d’entreprise ou un commercial doit faire preuve de cette compétence élémentaire pour parvenir au quidam que le ciel est vert, que la hausse du pétrole est une bénédiction et que la mère Bétancourt est encore en vie. Quelque part, C.Pasqua avait raison en lançant la phrase qu’on a mis dans toutes les bouches des politiciens de France : « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ». A méditer non ?

Tout commence par l’aspect. Il faut indubitablement faire preuve d’une compétence consommée dans l’art de se vêtir avant de prendre une fonction quelconque. On n’imagine pas un ministre en plein conseil vêtu d’un jogging et de baskets, et encore moins le président se plaçant face à ses électeurs en maillot de bain. D’un point de vue proximité ça serait efficace, mais en terme d’image on aurait alors le droit à un sabordage dans les règles… quoi que je trouve dommage qu’aucun ne ce soit osé à de telles frasques, rien que pour rappeler au monde que l’Homme fait la fonction et non l’habit. Dans un autre domaine, on demande bien aux religieux d’affubler de combinaisons pour être sûrs de les reconnaître, et même comme ça il peut arriver que des confusions malencontreuses soient faites. Prenez donc un sikh hindou : le pauvre a le malheur de porter barbe et turban, et devient ainsi le cliché du terroriste qu’on nous agite sous le nez depuis plus d’une décennie (pour ne pas dire deux en France). Par respect pour les autres pourrait-on alors se préoccuper du fond et non de la forme ?

Une fois l’étape vestimentaire, passons à l’oral. L’orateur est nécessairement compétent et se doit forcément de maitriser non pas son sujet mais la terminologie qui s’y rattache. Qu’une personne se déclare experte dans quelque domaine que ce soit et nous attendrons de lui un vocabulaire totalement orienté vers le dit domaine. On n’imagine bien entendu pas un ingénieur atomiste faire des incongruités sur la masse moléculaire ou sur les faisceaux de particules. L’essentiel est d’être donc crédible et non exact, car parmi les auditeurs, combien vont prendre la peine de vérifier, et encore moins combien comprendront le fond des propos ? J’observe souvent la façon dont communiquent nos dirigeants, et tous emploient la force des arguments pour taxer l’adversaire d’incompétence ou pire encore. Ma foi, c’est une façon de faire, être virulent offre des perspectives fortes, bien des personnages historiques peuvent nous en donner la preuve de par leurs bilans respectifs. Ne nous éloignons pas du sujet : la crédibilité passe donc forcément par l’oral à un moment ou à un autre. Ce n’est pas pour rien qu’on exige de bien des écrivains de répondre à des interviews ou de faire des colloques, c’est juste pour impressionner le consommateur et lui prouver que le dit auteur est très bon et pas qu’avec une plume. Peu importe si le tout pue les questions entendues et la phraséologie formatée…

Après, il existe une catégorie d’auto proclamés qui malgré tout ont toute latitude de l’être. Le handicap physique permettant à celui qui en est victime d’avoir une oreille attentive sur les problèmes de cette catégorie de personnes, le navigateur qui n’a plus rien à prouver sur mer et qui en parle à terre, ceux là il est autrement plus difficile de leur faire perdre de leur crédibilité, si toutefois on aurait l’incongruité de tenter ce forfait. Parfois, l’idée peut être séduisante notamment quand il s’agit d’expertises historiques ou politiques, car là c’est l’orientation idéologique qui joue énormément sur la présentation et non les faits par eux-mêmes (car ils sont alors souvent fort bien documentés). On ne va pas prendre en défaut un historien passionné de Napoléon 1er pas plus qu’on ira critiquer un économiste quand il lynche la politique monétaire américaine. Et dire que souvent il y a à redire justement. C’est toute la force du débat non sur les faits mais sur les idées : on peut toujours cracher dans la soupe du voisin et dire qu’on a de bonnes raisons de le faire.

De ces propos je suis le seul propriétaire puisque je suis assez d’accord avec moi-même, en revanche je me pose la question de savoir si vous, vous me trouvez crédible. Rares sont ceux qui font la démarche de laisser un commentaire et quoi qu’on en dise, je ne censure que la publicité qui est apparue par deux fois ici et jamais mes détracteurs… puisque j’en ai jamais eu !

A bon entendeur…

1 commentaire:

Thoraval a dit…

Excellent! Et toujours aussi agréable à lire et à sourire.