27 juin 2007

Linguistique !

Je viens enfin de comprendre d’où vient le mot « résolution » ! C’est une illumination, un éclair dans l’obscurité des analyses vaines, que dis-je c’est le summum de mes tribulations linguistiques ! Que je m’explique avant qu’on appelle pour moi les services psychiatriques de l’hôpital le plus proche, j’ai découvert que, selon moi, le mot « résolution » n’est qu’un montage cynique de fonctionnaires de l’ONU à l’attention des populations pauvres des pays francophones d’Afrique. Que celui qui se gratte la tempe dans l’expectative cesse immédiatement, je suis incommodé par ses pellicules ; bref, oui je le dis : ce mot est une insulte camouflée dans un terme supposé représenter la détermination et la force de caractère… Il n’en est rien ! Commençons par la première syllabe « ré » : comme chacun sait les fonctionnaires en poste à l’ONU ont une caractéristique commune qui est de prendre des décisions en dépit du bon sens et de les prendre, pardessus le marché, par devers eux sans consulter ceux concernés… cela en fait donc des trous du … (restons polis). De plus, en admettant qu’ils prétendent trouver des solutions nous pouvons donc sans l’ombre d’un doute affirmer que résolution provient de raie - je ne ferai pas de dessin - et de solution. L’orthographe n’étant pas élégante, il fut juste décidé de prononcer « résolution » et non « raie-solution ». CQFD !

En y réfléchissant bien il y a énormément de mots derrière lesquels se cachent des origines peu avouables, pour ne pas dire honteuses. Le second exemple qui me vient à l’esprit est, et c’est authentique en revanche, l’histoire du mot « assassin ». En tant que tel il serait de prime abord difficile d’y trouver à redire en dehors du sens même du terme, mais l’en prononçant de manière un rien déformée (essayez avec une patate chaude en bouche, ça devrait le faire), vous aurez « Hashshâshîn », qui signifierait plus ou moins consommateur de hashisch. La référence historique est assez complexe car selon les sources, l’explication ci-dessus serait fausse et proviendrait de "Assassiyoun", ceux qui sont fidèles au Assas, au "Fondement" de la foi. Dans les deux cas l’histoire racontée est celle de la une communauté mystique musulmane Nizârienne, de Nizaris (shî`ite ismaélienne) active depuis le XIe siècle. L’une comme l’autre sont controversées et il est difficile de trier le vrai du faux. Ce qui est historique en revanche c’est que la consommation de hashish est bien évoquée dans certains écrits, tout comme le mot Assassiyoun… A chacun de savoir !

Ces deux exemples, dont le premier est d’une bêtise sans nom, enfin j’espère que personne n’a pris ça pour argent comptant (quoique…), démontrent que les circonvolutions de la langue et les tortures infligées aux mots provoquent parfois des bizarreries amusantes. Prenons un autre secteur qui est celui des objets usuels : on dit aisément du sopalin, un frigo, un Bic, du tipp-ex, un Stabilo, une bécane et j’en passe… et pourtant tous sont issus d’une seule et même origine : la marque ! Car oui frigo provient de la marque Frigidaire aujourd’hui disparue mais qui a été pionnière dans la vente de réfrigérateurs domestiques, le sopalin pour une marque d’essuie-tout (Société du Papier-Linge crée en 1946) et ainsi de suite. L’industrie crée donc l’objet, nous nous l’approprions et en faisons un nom commun. Il est même impressionnant de se dire que les dites marques sont oubliées alors que le produit, lui, perdure.

Après l’académique, tout le jeu de triturer la langue est de détourner et accommoder les mots à la sauce choisie, et l’argot a ce pouvoir incroyable de faire comprendre totalement autre chose en regard du sens premier : le blé, l’oseille ne représentent plus une céréale et un polygonacé (merci mon dictionnaire) mais de l’argent, une brique une somme d’argent, et une caisse non pas une boîte quelconque mais une voiture. Allez comprendre le pourquoi du comment, personnellement j’en ignore totalement l’origine, mais qu’importe cela enjolive et amuse le linguiste et rend dingue les étrangers ! Allez faire comprendre que le même mot désigne plusieurs choses différentes sans que la personne ne s’y perde et ce à cause du contexte, de la personne et même de la région où l’on se trouve…

A bien y réfléchir j’avoue qu’il m’est jouissif de parler sans être totalement compris par tous mes interlocuteurs, excepté ceux initiés à la langue argotique ou à un vocabulaire dépassant les 300 mots. Je suis peau de vache mais j’aime la langue (pas le plat bordel, lisez quoi !) et j’adore jouer avec… parfois aux dépends des autres. Que voulez-vous, j’ai la faiblesse d’admirer les méchantes plumes cyniques ainsi que celles capables de dire tout et son contraire tout en maintenant l’ensemble cohérent. Tiens d’ailleurs, n’est-ce pas là tout l’art du politicien/chef/manager/président/escroc (rayez la ou les mentions superflues) ?

J'allais oublier en hors sujet amusant: saviez-vous que nous tous nous nous mouchons non pas dans des mouchoirs jetables mais dans ce qui, au départ, devait être une protection féminine jetable? Et oui Kleenex avait créé LA première serviette hygiénique, seulement sans préciser (pudeur de l'époque oblige) le but réel du produit. Détourné par tous, utilisé comme mouchoir, Kleenex ne s'avisa pas de démentir les clients, et fut alors le premier à vendre des mouchoirs jetables! Alors, est-ce l'objet qui crée la fonction, ou bien sommes-nous si maladroits qu'on lui trouve une autre utilité? En parallèle le mot fait-il fonction, ou bien comprenons-nous de travers pour créer de nouveaux mots? Prenez l'Académie des croulants, heuu Française pardon: Ils ont créé Cédérom! Alors que c'est CD-Rom ou Compact Disc Read only memory (Disque compact de mémoire accessible uniquement en lecture)...

1 commentaire:

Tarik a dit…

J'adore l'origine des mots aussi. Sais tu d'ou vient le mot biscuit? bis signifie deux et cuit baaaa cuit! car les marins à Nantes voulaient prendre en mer de la nourriture solide, alors un boulanger local cuisait deux fois une galette de blé pour la durcir et ne pas qu'elle s'emiette en mer avec l'eau et tout: c'etait le premier biscuit! c'est pour ça que la ville de Nantes est la pionnière en matiere de biscuit!;-)