26 février 2007

Parallèle osé

Certains parallèles sont difficiles à faire, d’autres sont même à éviter tant l’on risque l’opprobre publique et le pugilat, et pourtant là, suite à quelques lectures instructives dont je mettrai les informations en fin d’article j’ai craqué, je cède à la tentation.

C’est fou comme comparer certaines situations avec d’autres offrent des éclairages différents, des compréhensions autrement plus fines et acerbes que celles qu’on revendique jour après jour et qu’on jette à la figure telle de la nourriture négligemment larguée dans nos mangeoires télévisuelles. Regardez un peu l’excès de biens (au sens marchandises) auquel on a le droit dans cette phase finale d’élections ! c’est spectaculaire, impressionnant tant la propagande se charge de nous inciter à voter pour tel ou tel candidat. Pour un peu j’irais même jusqu’à affirmer avec culot qu’on a le même battage pour chacun d’eux que celui pratiqué par les marques de jouets à l’époque honnie, pour moi du moins, de noël.

Jusque là le constat est banal, usé et ressassé à chaque fin de règne mais tout de même, qu’est ce que je mets en parallèle ? des jouets avec des figures politiques ? pas du tout bien que l’expression « grand échiquier » convienne fort bien aux manœuvres traitresses effectuées à grands renforts de critiques amères par les têtes de listes. Franchement, ma mise en situation va venir, un peu de patience… mais là c’est le moment de l’avertissement, de la prise de précaution nécessaire avec un lectorat que je peux soupçonner, à tort ou à raison, de parti pris ou tout du moins de favoritisme un peu militant. De fait, je conseille à chacun de se rappeler que je ne vais pas poser une critique envers un discours ou bien une idéologie mais sur une méthodologie et ce en la plaçant face au miroir cruel de l’histoire.

Commençons par la froide mise en situation de l’image du passée face à celle du présent et peut-être du futur : prenons un candidat parmi les autres, monsieur Sarkozy et servons nous de sa popularité pour la comparer point par point avec la période noire de la prise du pouvoir par les nazis entre 1927 et 1933. Là j’entends déjà les hurlements de colère : « Comment ?! oser comparer Monsieur S. avec les fascistes ?! Quelle honte ! » On se calme l’aboyeur défendant sa niche comme un cerbère bien embrigadé ! Je le répète une dernière fois : je compare les METHODES et non les IDEES. Je reprends donc après cette vulgaire interruption du lobotomisé pour prendre point par point les étapes de la progression et de l’éventuelle prise de pouvoir.

Les prémices :
M. Sarkozy est apparu depuis plusieurs années comme le « parasite », l’épine dans les pieds de l’ancienne garde de la droite classique. A plus d’un titre il a symbolisé la montée d’une révolte interne n’hésitant pas à piétiner les plats de bande de la droite dure voire extrême en revendiquant une haute opinion de l’Etat et une ferme colère contre les échecs de la gauche « molle ». Populiste, efficace orateur pour qui peut être séduit par un discours axé sur la sécurité et l’ordre, M.S. a posé les fondements d’une nouvelle droite rajeunie et affermie.
1927 : Hitler pousse de plus en plus de gens de la droite déçus par la république de Weimar vers son parti, celui qui affiche clairement une rage féroce contre le communisme envahissant et un désir de nationalisme retrouvant enfin son honneur. L’un dans l’autre les mots sont proches tout en traitant de sujets légèrement différents : l’un réaffirme que la France doit redevenir une grande nation, l’autre revendique une identité qui s’est dissoute peu à peu dans la faiblesse de l’état Germanique.
L’un comme l’autre c’est l’aspect abordable des idées, la force des slogans rappelant à tous que l’identité nationale est vitale qui les a menés à la popularité. N’oublions pas non plus que sans le ralliement de nombreux petits partis satellites Hitler n’aurait rien été d’autre qu’un agitateur de taverne…

L’agitation comme propagande :
Secouer pour provoquer l’explosion est une arme dangereuse surtout quand on serre le tube de nitroglycérine entre les doigts. M.S. a jonglé des mois durant avec la colère populaire contre l’insécurité, profité des phénomènes suscités par la misère et le ras le bol généralisé pour enfin devenir vindicatif en s’assurant que le peuple (disons sa partie dite populaire) le suive dans ses discours de plus en plus acérés. Au sein du parti le même combat d’une élite commence : d’un côté la vieille garde inquiète de la montée du grognard agressif, de l’autre des désavoués se trouvant là un fanion qu’on peut défendre et placer sur le devant de la scène.
Agiter le bocal allemand entre 1930 et 1933 a été aisé : placer la SA commandée par un Röhm prêt à tout pour la révolution mais détesté par l’armée, s’en servir contre les partis résistants à la poussée nazie puis finalement s’en défaire en déclarant l’ancien allié traitre à la patrie, voici la prise de pouvoir d’Hitler. N’oublions pas au surplus que bon nombre des postes tenus au gouvernement jusqu’au début de la deuxième guerre mondiale étaient tenus non par des nazis mais par des membres de la droite traditionnelle ! En restant sur ce parallèle on peut donc supposer que bon nombre des soutiens à M.Sarkozy pensent pouvoir le contrôler une fois sa position affermie… sauf qu’on peut envisager le même échec tant son tempérament fier et orgueilleux ne permettront pas de telles manipulations sans son accord tacite.

Le pouvoir dans la ligne de mire :
Tout d’abord valet du pouvoir en étant ministre, puis chef du parti pour s’assurer les bonnes grâces des têtes d’affiche M.Sarkozy est aujourd’hui l’image concrète d’un candidat plébiscité, du moins en théorie, par la « base ». A présent opposé à tous les autres, il est sur la dernière marche, prêt à prendre le relais du président Chirac, et ce en l’ayant peu à peu égratigné en se plaçant sur le devant de la scène.
Hitler en devenant chancelier se devait de négocier et tergiverser afin de rester dans une logique d’état fort mais non dictatorial basé sur le culte de sa personnalité… mais à la mort du président Hidenburg sa prise de pouvoir fut totale et irréversible. La fin des droits et le début d’une dictature centre sur son pouvoir oligarchique omnipotent.

L’avenir dans une dictature ?
Je ne vais pas pousser le vice jusqu’à craindre une dictature policière, mais tout de même n’est-ce pas là une des principales actions menées par M.Sarkozy : renforcement des mesures de sécurité, élargissement des pouvoirs, augmentation des expulsions de clandestins, durcissement des sanctions pénales… Hitler a agi de même en créant, du moins on suppose qu’il en a été l’instigateur la loi de la détention préventive. Nous devons donc au système nazi d’avant guerre des termes juridiques toujours en activité et dont la légalité réelle laisse perplexe.

Pour référence reportez vous à l’ouvrage suivant :

Ian Kershaw
Hitler : Essai sur le charisme en politique
Edition Folio histoire
ISBN : 2-07-041908-8

1 commentaire:

olive a dit…

alors CA fred, je pensais que tu ne tomberais pas dans la facilité de la comparaison.
non pas que je sois décu mais notre serment d'apolitisation ;-)

pour ma part, je pense que les idées du nain sont toutes clairement exprimées contrairement à l'ancien peintre raté (hitler) ; et qu'il gagne à avoir pour toute opposition une femme qui joue sur son statut de 6e femme la plus sexy de FHM en 2006 (!!) et non pas sur ses oppinions dont je ne connais pas encore 95% de la teneur à part quelques idées aussi racoleuses que bidons ... même si niveau racollage, Nico est champions ... mais, après tout dans un pays de beauf (donc je suis fier de faire un peu partie) il n'a pas tord !