04 août 2006

Mémoires d'un voyou

Mémoire de crapule.
Il serait tellement plus simple de reconnaître que les méthodes de l'embrouille ont changées... mais non la téloche et les bavards affirment toujours aussi haut que le mitan (pègre, milieu, mafia...) est au sommet de sa gloire. Au sommet? Ca oui les magouillards et autes entourloupeurs ne parlent plus de réunions ou de rendez vous mais de sommet ou bien de commité. A croire qu'on dénigre l'ancienne école.

Ah nostalgie, quand tu nous tiens! Du haut des 7 décades sous le pif et autant dans les guibolles je me dis qu'au final j'ai bien roulée ma bosse: maroufle, cailles sur l'asphalte, biftons pour marrons, un curriculum à vous inspirer un Audiard! Seulement y a plus de sécurité. Fini le temps où le tripot était respectable, envolée la saison des hirondelles fermant les yeux lors d'un survol de quartier. Là nos miliciens arpentent le bitume et vous poussent à jouer les filles de l'air dès qu'ils demandent les fafs. Le délit de sale gueule est à nouveau à l'ordre du jour.

Ce qui me faisait roucouler aujourd'hui me donne ma courante façon lavage express. La mode? C'était les claques en croco véritable, le veston en super 100 taillé sur cotes et la chemise de soie au col parfaitement amidoné. Las, la marmaille gache le travail: "jogging" bariolé façon la gerbe, casquettes mettables sur un bozo ivre et pompes caoutchouc aux coloris improbables. Et puis ce vocable.... moi qui croyait qu'à l'époque glorieuse du titi qu'on était pas toujours compréhensibles, là quand mes esgourdes viennent à se faufiler entre deux marmots ça donne du "wesh" et du "meuf" à tous les étages. Et le respect bordel?! Les minaudes ont les touchaient pas comme ça, fallait soit banquer sur le banc ou bien casquer au comptoir du père Riton. Maintenant la donzelle c'est du bétail à la limite du marquage systématique. Franchement les gosses, vous croyez pas que la numérologie pénitenciaire se suffit à elle même?Je reconnais bien volontiers que les ratiches ont raclé les fonds de placard plus d'une fois, que la boustifaille Lustucru a souvent remplacée la barbaque sur grill mais tout de même se faire le sac d'une ancêtre, c'est descendre en dessous des niveaux de l'égout. Personnellement je n'ai jamais renaclé à une petite ouverture de casba au pied de biche avec embarque de mobilier mais là se rabaisser à farcir un vioque au surin parce qu'il voulait pas lacher sa retraite, ça déconne sévère.

Je grogne, je divague et me perds mais dans le fond qu'est ce qui a fait que l'embrouille de haute volée soit devenue le faire valoir des politiciens et la main d'oeuvre le blaireau geignard attaché à une musique désordonnée? Anarchie! rien d'autre que l'anarchie. Ah ça les mobiles savaient cogner sur les rebelles, les képis faisaient du charivari à la moindre occase mais tous respectaient les règles: on ne fout pas le bordel sans son quartier, ça bousille les affaires. Là on respecte plus rien, on graille sur les plates bandes du voisin de pallier et on en oublie les politesses les plus élémentaires. Je vais pas me lancer dans des "de mon temps" ça ferait désordre mais quand même...Au fond, la société du jour c'est plus le bon temps des crapules d'un côté les caves de l'autre. On est au régime du chacun pour sa pomme et moi ma bosse je vais la rouler dans une baraque loin du pavé. Fini la patience, terminé les conseils aux débutants. Non que je ne sois pas bavard mais Boudard ne me contredira pas si j'affirme qu'il vaut mieux se ranger des bagnoles avant de se ranger en gériatrie.

C'est pas tout ça mais je dois remettre la main sur ce bordel de briquet, pas moyen de m'allumer une brune avec ces plaques chauffantes vitro bidule. Font chier à zapper le gaz de ville, ça avait l'odeur de l'efficacité ce machin (surtout avec une bougie placée deux pièces plus loin).

2 commentaires:

olivier d. a dit…

un ton excellent,les neurones doivent s'agiter severe quand tu rédige ta prose non ?

JeFaisPeurALaFoule a dit…

Cela se fait au fil de l'eau voilà tout...