13 novembre 2008

Pas le temps

A l'instar du lapin d'Alice au pays des merveilles j'observe avec anxiété ma montre gousset et braille à qui veut l'entendre que je n'ai pas le temps d'écrire ce soir. Je prends donc juste quelques instants pour vous prévenir et vous rappeler que non je n'ai pas encore l'intention de fermer ma gueule, surtout sous prétexte que je n'ai rien à dire!

Cordialement,
JeFaisPeurALaFoule/Frédéric

12 novembre 2008

Inquiétante enquête éclair

Je suis sûrement paranoïaque. Il y a des signes qui ne trompent pas : à chaque fois que l’on m’assène une vérité j’ai tendance à la remettre en doute et pire encore j’ai bien souvent l’impression que la dite vérité m’a été servie dans le but d’assoupir mon sens critique. Observons l’actualité : hier furent arrêtés une dizaine de saboteurs présumés dans le cadre de dégradations d’équipements de la SNCF. Jusque là on ne peut pas dire que ce soit autre chose que du sensationnel propre à remplir les unes des journaux en mal de nouveauté. Personnellement j’ai une réaction bien différente par rapport à la population, et je m’en vais vous l’expliquer en détails.

Tout d’abord les faits : des tordus se sont mis à saboter les lignes d’alimentation des trains en déposant des morceaux de fer sur ceux-ci de sorte qu’au passage d’un caténaire le câble soit arraché. Question méthodologie cela semble assez efficace vu les dégâts et retards constatés sur les différentes voies ciblées. De là, vu la répétitivité du scénario la SNCF a porté plainte ce qui a mené à une enquête déclarée comme « éclair » et qui engendra hier dix arrestations dont huit (les sources se mélangeant les pinceaux, je reprends un article sur Yahoo) de le milieu de l’extrême gauche. Le scénario semble intéressant, des activistes souhaitant paralyser l’état en s’attaquant à ses infrastructures, c’est presque crédible, non ?

Alors qu’est-ce qui me fait donc tant tiquer là dedans ? Le plus évident à mon sens est la douce satisfaction dont se nimbent les usagers qui supposent que « les saboteurs en prison, les trains fonctionneront ». Avant de les juger coupables encore faut-il prouver leur implication, et ce n’est pas l’arrêt des dégâts qui serait une preuve en soi ! J’estime que tous nous nous devons de respecter le principe fondamental d’innocence jusqu'à preuve du contraire, et qui plus est de prendre avec des pincettes les affirmations sur l’appartenance politique des prévenus. Ils ne sont pas mis en examen, ni même incarcérés mais juste en garde à vue ! Déjà là c’est plus qu’inquiétant que de se dire que la population avale sans se poser de question toutes les « vérités » qu’on leur assène, d’autant plus quand on leur présente des coupables sur un plateau.

Second point qui est l’alerte majeure à mes yeux est le fait que la dite enquête se soit si rapidement déroulée avec une efficacité digne des meilleurs polars. En quelques heures on découvre qui, pourquoi, comment et qui plus est où ! C’est trop beau, bien trop beau pour être vrai d’autant plus qu’apparemment les arrestations furent procédées à des lieux très différents et distants les uns des autres. Qu’on ne me fasse pas avaler que le miracle existe, surtout en terme d’enquête policière. Le premier métier de l’investigateur c’est avant toute chose celui d’une fourmi triant le bon grain de l’ivraie, éliminer les fausses pistes et les suspects innocents. Ensuite, il s’agit de détailler le dossier pour la mise en examen, concentrer des preuves, organiser les interventions sur le terrain puis enfin exécuter l’ordre d’arrestation. La police est procédurière et il me semble particulièrement invraisemblable qu’on ait été aussi prompts et aussi efficaces sans intervention de structures bien plus « libres » que la police nationale…

Continuons dans cette réflexion. Qui peut donc aller aussi rapidement en se préoccupant plus de l’efficacité que des règles ? Certainement pas la PJ qui craint trop d’être mise en accusation pour avoir débordé de ses compétences. Alors qui ? Les héritiers des RG, la DGSE, ou bien la DST ? Qu’importe : l’essentiel est là, presque trop flagrant. Cette enquête dure soit depuis des mois et l’on attendait une occasion pour intervenir en masse (donc travail de fourmi déjà réalisé hors des effets de manchette), soit ce travail fut mené en dehors du respect le plus élémentaire des libertés individuelles : écoutes téléphoniques, potentiellement piratage informatique, filatures, surveillance, pose de micros, que sais-je encore, en tout cas un arsenal de méthodes peu reluisantes mais apparemment nécessaires pour arriver à leurs fins. Je suis donc particulièrement inquiet quand les gens sont rassurés : là où notre police s’avère aussi efficace c’est qu’elle serait devenue la digne héritière des Gestapo, Stasi et autres GRU de sinistres mémoire.

Je ne peux m’empêcher de douter du bien fondé de tout ce battage médiatique qui corrobore encore un peu plus mes hypothèses : pour connaître les opinions politiques de quelqu’un on ne doit pas s’arrêter aux apparences, pour connaître les motivations d’un homme il faut donc le connaître lui-même et ne pas se satisfaire de bribes et autres ragots. De là, bizarrement, tous les organes de presse se sont faits les gorges chaudes du côté « gauchisant » des dits terroristes d’opérette. Syndrome Lee Harvey Oswald ? Il y a quand même quelque chose de flagrant dans tout cela : on vient de nous présenter un coupable tout désigné et lisse au point d’en être idéal… sauf que le coupable idéal n’est pas forcément le VRAI coupable. Espérons tout de même que ces interpellations soient légitimées par une réalité, c'est-à-dire une véritable enquête argumentée et prouvant que ces personnes soient réellement impliquées et non des noms à mettre dans des procès verbaux.

Je martèle depuis des mois (voire des années) qu’un indice fort d’une dictature en marche n’est pas le bruit des bottes mais avant toute chose l’anéantissement de l’opinion personnelle. Nous assistons avec ce dossier à une flagrante mise en scène de l’actualité à un point tel que gober ce cirque est potentiellement une preuve de sa soumission à une nouvelle forme de propagande. Je ne nie pas la potentielle réalité tant du dossier que de la possible (je tiens à l’hypothèse !) culpabilité des prévenus, mais ne faites pas de raccourci trop rapide. Cette façon de faire a trop de similitudes avec d’autres grandes enquêtes de notre histoire : les assassins de François-Joseph, Lee Harvey Oswald avec Kennedy, les attentats dans le monde qu’on attribue par commodité au groupe rebelle présent dans le coin et j’en passe. Systématiquement une action « terroriste » est motivée, décidée et planifiée. Les opinions soi disant véhiculées par ce groupuscule d’extrême droite me semblent ineptes et loin d’être crédibles. On n’immobilise pas et on ne menace pas un état en sabotant des trains, on ne fait que s’attirer la colère et la frustration des victimes, en l’occurrence les usagers. Si faire la révolution c’est se mettre la population à dos, là je dis bravo, c’est une réussite !

Dernier point : l’action directe, terroriste, celle prévue pour le sabotage des infrastructures pour paralyser un pays existent. Il y a des centaines de façons autrement plus efficaces que de mettre en panne une ligne de chemin de fer. Prenons quelques exemples concrets de terreur efficace : sabotage des transformateurs électriques pour provoquer de gros black out en zones urbaines, destructions de services administratifs par plastiquage nocturne des locaux… Si l’on vise plus gros et plus effrayants on peut alors aller vers le sabotage de barrages hydroélectriques, une attaque sur une centrale nucléaire, la pose d’explosifs ou des attentats suicides dans des lieux symboliques comme l’Elysée ou bien l’assemblée nationale, ou bien encore empoisonnement de l’eau potable. Tout est imaginable, mais là il s’agirait d’organisations autrement mieux structurées, équipées et surtout menées par des chefs et non une bande de pieds nickelés gênant le fonctionnement de quelques lignes. Bien entendu il y a également une autre crainte pour en arriver à de telles méthodes : être pris ou tué. N’oublions pas que s’approcher d’une ligne à haute tension est autrement plus simple que de faire sauter une voiture piégée dans la cour intérieure de l’Elysée. Dans ces conditions posez vous la question : où est cette réalité qu’ils nous vendent ? Dans le fond de l’esprit d’un propagandiste efficace ou bien dans votre esprit là où il s’installe sans trop provoquer de problème ?

Brève de Yahoo.fr sur cette enquête

Ce doit être moi mais le 11...

J’ai eu une drôle de sensation en suivant de loin les commémorations du 90 ème anniversaire de l’armistice du 11 Novembre 1918. En effet, vu que le dernier des poilus français est décédé cette année j’ai eu une impression de grand vide, comme si la plupart des intervenants présents devant les monuments étaient là non par respect pour les victimes mais plus par « devoir », ou du moins par nécessité d’être vu. Je ne saurais affirmer que c’était choquant puisque ce devoir est effectivement un des rôles de nos élus, mais malgré tout j’ai eu comme de l’amertume pour ces gens morts au combat dont le sacrifice s’est avéré totalement vain. Comment affirmer sans frémir qu’ils furent les garants d’une nouvelle paix vu la suite de l’histoire ? Comment ne pas se souvenir du « Plus jamais ça ! » ainsi que du fameux « La der des der » ? La mémoire nous faisait déjà défaut alors que nombre d’anciens combattants étaient encore vivants, alors que dire à présent qu’ils sont tous partis...

Je ne critique pas le moins du monde la stature ou la présence de chacun : le président se fit humble, discret et droit comme sa position l’exigeait, on fit défiler des enfants pour qu’ils représentent la mémoire encore vivantes des soldats, mais somme toute tout cela ressembla à une cérémonie d’obligation qu’à une véritable commémoration. La mémoire collective est comme leurs innombrables tombes, elle se couvre de mousse, les noms s’effacent et finalement les familles oublient ces ancêtres morts trop tôt, tombés au « champ d’honneur » pour une nation qui les as sacrifiés. Honneur ? Oui, ils eurent à cœur l’honneur à ne pas faiblir, non leur mémoire n’a pas être salie par les exactions de l’armée française qui fusilla ceux qui n’en pouvaient plus. Le discours de M.Sarkozy concernant l’honneur des fusillés tombe hélas bien tard bien que le geste soit louable (excepté le fait qu’il semble un peu trop démagogique pour être honnête).

C’est un constat amer : aujourd’hui se dire fier de sa nation passe pour du chauvinisme malsain, se déclarer fier de ses institutions pour une position de droite fascisante et surtout affirmer sans honte d’être français pour une lamentable position intenable. International ? Moi ? Probablement oui si je tiens compte de mes origines, mais aussi français que n’importe lequel de ceux qui peuvent me sortir une généalogie séculaire. Je n’ai pas honte de ceux qui tinrent un fusil pour défendre la patrie, pas plus que je n’ai honte de ceux tombés parce qu’on leur demandait. J’ai honte pour ceux qui décidèrent de sacrifier toute une jeunesse, des millions de vies, ceci simplement pour des perspectives politiques et financières. La tranchée fut le tombeau de trop d’hommes pour qu’on ne respecte par leur sacrifice, tout comme il est de notre devoir à tous de ne pas les oublier.

Le temps est une chose surréaliste : il passe et efface les gens comme l’on biffe une ligne dans un registre. Chaque jour des pans de mémoire disparaissent à jamais et nul ne semble se soucier de l’importance capitale d’en retenir toutes les leçons. Quand le dernier des déportés disparaîtra, quand il n’y aura plus personne pour avoir vécu Hiroshima, que deviendra ce passé teinté d’atrocités et d’infamie ? Des dates abstraites dans des livres où des jeunes piocheront part bachotage et non par passion des périodes à restituer lors d’un examen du BAC ou du BEPC. Pourtant la première guerre mondiale fut la première à être suivie de manière aussi médiatique : cinématographe naissant filmant le front, photographie, enregistrements audio, bref ce fut le premier conflit à pouvoir perdurer de manière « vivante » dans nos mémoires. Hélas, passez donc ces images saccadées à des adolescents : ils vous diront que le tout semble si artificiel qu’il en est irréel. La couleur manque, il manque cette sempiternelle action qui semble être à présent vitale pour être intéressante. Evidemment, un combat de poilus ça en jette moins que des GI fonçant en Hummer dans Bagdad...

J’ai de la peine pour ces monuments : ils honorent des noms qui vont se perdre et je crains qu’un jour on aille les déboulonner pour laisser place à des avenues ou des immeubles... et ces lieux de recueillements deviendront aussi abstraits que les listes des soldats de Napoléon tombés à Waterloo ou ailleurs...

10 novembre 2008

Enervement professionnel

Si l’est un domaine où les nerfs sont mis à rude épreuve c’est bien celui de nos emplois. Compressés, maltraités tant par le calendrier que par une hiérarchie aussi vaine que malfaisante rien n’est moins reposant que travailler. Pourtant, dans notre entêtement de fourmi besogneuse satisfaite de sa tâche nous nous attelons à réussir et à respecter des engagements que d’autres prennent pour nous. Alors, un jour (ou le cas présent un soir) on s’arrache les rares cheveux qui ont survécu à la calvitie et l’on se sert de ses affaires comme de défouloirs supposés personnifier l’engeance qui se targue de réussir à votre place, et qui vous colle ses échecs sur votre dos.

« Ca ne fonctionne pas ! » s’écrie l’acharné qui retourne le même problème depuis des heures. Les yeux plissés sur son métier il grogne, peste, se martèle les tempes de frustration et prie un dieu en lequel il n’a pas foi de lui accorder l’illumination. Vexé par la stagnation notre pauvre victime de son métier s’échine alors à rechercher ses propres erreurs, convaincu qu’il est que le hasard n’est pas une variable acceptable dans ses progrès professionnels... Et c’est le drame : tout concorde, tout semble conforme aux demandes et pourtant le petit rien qui met tout de guingois reste là, fier de sa propre inutilité tout en étant l’inévitable piège à cerveau. « Et pourquoi faut-il que cette merde me fasse chier alors que je suis prêt à partir ?!!! Connerie de saloperie de ... de merde ! », marmonne avec sang-froid celui s’enlise inexorablement dans les méandres de l’incompréhensible.

Furieux, tentant de se contrôler tant bien que mal, je suis là à l’affût d’une cause pouvant provoquer ces foutus effets inappropriés. C’est supposé fonctionner en dix secondes et cela prend dix minutes... Allez, ce n’est rien, on refait et on recommence, ça va mieux fonction.... ET MERDE ! Encore une fois tout est vain, tout est vide, tout le dispositif s’est ligué pour que ma paranoïa latente réapparaisse de plus belle. Un clic, deux clics, on remet d’aplomb, et paf encore une erreur inconnue au bataillon. Telles des puces se reproduisant sur le dos d’un chien pouilleux les problèmes se multiplient à une vitesse folle. Ai-je bien vérifié les paramètres ? Me suis-je bien assuré que tout est là où c’est supposé l’être ? Je ne perçois pas d’anomalie, je compare même avec ce qui était là avant et aucun écart ne me brûle la rétine. J’étais certain de mon coup et rien, rien de rien ne fonctionne comme prévu. Là, ce n’est plus une frustration, nous passons au domaine du supplice : combien de temps ce bazar va-t-il encore se jouer de mes nerfs ?

Petite pause, on respire les vapeurs tant de nicotine que de caféine, on discute, on s’ouvre aux collègues pour demander leur aide et tous réagissent de la même manière : « Ca devrait être bon en effet ». Ben non, ça ne l’est pas, mauvaise pioche ! Quitte à s’énerver autant le faire pour ne pas mourir idiot et découvrir le fin mot de l’histoire. On reprend tout depuis le début, on épluche ce qui est supposé être monolithique et donc fiable dans l’espoir de prendre en défaut un tiers et pouvoir lui coller sur le dos toutes les misères du monde. Peine perdue, en revenant précisément sur ce qui avait été fait tout était bon, rapide et fiable.

On se lamente, on se sent petit, dépassé par les évènements, un enfant devant la confiserie fermée pour cause de faillite. Alors là, rien n’est plus pareil : les yeux se troublent, les mains se ferment sur l’air et l’on envisage la destruction de l’environnement de travail avec une coupable délectation. « Vengeance ! » hurle l’âme fatiguée, « Violence ! » réclame les nerfs mis à rude épreuve. Malgré toutes les tentatives de maîtrise de soi la rage monte patiemment en soi... puis d’un coup l’on voit un petit, tout petit message marqué en rouge, l’erreur classique qui se tapit face à vous mais que même le fauve le plus rapide du monde n’aurait vu. La voilà, la faute de frappe coupable, la garce qui vous tient en haleine des heures durant et qui vous libère en dix secondes montre en main. Colère ? Frustration ? Envie de meurtre ? Pas tout à fait : juste une frénétique envie de s’envoyer la tronche contre le bureau !

SALOPERIE !

07 novembre 2008

Certains tiennent un journal intime

Moi je tiendrais plutôt une liste des personnes méritant une exécution sommaire en place publique. Certes je dois admettre qu’en dehors de l’aspect morbide de la dite liste, il n’y a guère que le fantasme de se séparer d’une partie inutile de l’humanité qui m’encourage dans ma tâche. Et quelle tâche : entre énumérer les parasites, les génocides, les imbéciles, les racistes, les brutes enfin bref la lie d’une humanité décadente je pourrais rapidement créer un annuaire concurrent aux bonnes vieilles pages blanches. Et pourquoi pas un indicateur de débilité ? On noterait notre âge mentale par un procédé scientifique, on ramènerait le tout face à notre niveau de sociabilité ce qui donnerait un classement allant de un point pour « pas désagréable » à 5 qui serait « bon pour la corde. Le bourreau est en route ».

Oh je sais bien que je dois me cantonner à l’humour noir sur la condition humaine au lieu d’en envisager la fin par des moyens violents, toutefois je préfère encore être un râleur doublé d’un emmerdeur plutôt qu’un amateur assidu des flatteries mielleuses et non moins fielleuses qui sont le lot de bien des êtres. Mentir, se mentir, revendiquer une tendresse équivoque, voilà qui me rend plus malade qu’autre chose, d’autant plus qu’en cette ère d’égocentrisme forcené je vois mal comment l’on pourrait se dire ami avec l’Homme alors qu’il s’acharne à être inamical voire nihiliste. Y a-t-il quelqu’un d’assez fou pour m’affirmer sans frémir que l’Homme est bon ? Qu’il se présente histoire de faire un bilan de la décennie qui va s’achever de manière aussi sanglante (si ce n’est plus encore) que la précédente.

Alors, mon exutoire, mon « journal pas intime » que serait ce blog aurait les mêmes vertus qu’un carnet camouflé à tous ? J’ai vocation à exhiber mes colères, j’ai une volonté farouche de brailler mon mécontentement d’autant plus que le média choisi m’offre le luxe de pouvoir prendre une plume réfléchie au lieu de céder à la facile insulte de mes colocataires de cette Terre si maltraitée. Là, je vois l’abruti écolo sentant le patchouli supposant que ce dernier propos est une affirmation de mon goût pour les choses naturelles. N’importe quoi : je hais l’humanité, sans tri, sans charité, sans pitié aucune. Nous sommes le parasite au même titre que le tique est le squatteur des miches du clébard ! Alors au lieu de hurler une rage juvénile sur les pages roses d’un livret de marque je préfère laisser libre cours à ma haine à travers ce site.

Qui trouve grâce à mes yeux ? L’adolescent indolent et faussement indocile ? La jeune femme séduisante mais au tempérament corrompu par le consumérisme et qui n’a pour seule perspective que d’acheter sa prochaine volée de vêtements ? L’ancien combattant dont l’esprit est pourri par des souvenirs de valeur mais aux relents puants d’un racisme à peine déguisé ? Et que dire de l’homme en toge qui n’a foi en Dieu que parce que c’est une chose rassurante ? Vous me donnez des nausées, presque autant que ceux qui donnent non par générosité mais par simple besoin de reconnaissance personnelle. Un pour tous, tous aussi cons finalement.

Oui, je suis en colère, et alors ?! Je braille ma frustration de ne pas voir le quotidien s’améliorer, je grogne de manière sonore en constatant que le passé ne sert pas le moins du monde de référence et qu’on reproduit sans frémir les mêmes sempiternelles conneries : soif de pouvoir, soif de l’or, soif de domination, soif tout court. La famine galope, les déserts avancent, les gens se massacrent sous l’égide des grandes instances aussi aveugles qu’inefficaces et l’on nous sort que c’est à nous tous, bétail stupide gavé de saletés que nous devons nous serrer la ceinture pour sauver le monde capitaliste du naufrage... A vomir !

Alors toi qui reste muet(te) et qui préfère se plaindre de « Elle m’a pas regardé aujourd’hui », comprends que ton monde n’est plus qu’une immense gabegie, un bordel ambiant maintenu volontairement par chacun du fait que personne n’acceptera un pas en arrière pour le progrès de tous. Qui acceptera de devenir responsable ? Attention, la réponse va me faire sourire tant nous sommes tous prompts à nous mentir et surtout à mentir aux autres. C’est tellement plus rassurant de se croire nécessaire que d’admettre que nous sommes tous aussi inutiles que temporaires ! On va m’insulter, me traiter de fou, me taxer de misanthropie… oui je suis misanthrope, mais un misanthrope fier de l’être bordel !

06 novembre 2008

Le non-sens

La langue permet de faire et de décrire des choses qui n’ont pas de sens, et pour autant que je sache il n’existe rien de plus puissant que le langage sur le terrain du non-sens. Si j’affirme par exemple qu’il est possible de faire tenir un éléphant en équilibre dans le vide, simplement accroché par sa queue à une pâquerette plantée au bord d’une falaise ça n’a pas la moindre logique ni le moindre intérêt, mais pourtant vous pouvez visualiser l’image du pachyderme terrifié flottant au-dessus du vide. De fait, nous avons donc une arme redoutable qui est chargée de mots et arrive à mettre en déroute les pires maux de l’humanité : le racisme, la haine, la violence, bref rien ne saurait survivre à l’avancée triomphale du langage.

On me dit dans l’oreillette que je m’avance un peu en affirmant ce genre de choses. Certes, je dois admettre que bien des personnes survivent sans difficulté alors que leur vocabulaire tient sur l’étiquette d’une bouteille de bière, mais tout de même reconnaissez de votre côté qu’avec les mots on peut faire tomber des dictatu... comment ça non ? On n’a jamais vu un état totalitaire s’effondrer face à la force des écrits ? Bah merde alors ! Oui c’est vrai qu’il est plus spectaculaire de voir défiler des centaines de milliers de civils en colère que de les voir bouquiner un livre sur l’éthique révolutionnaire, mais tout de même n’allez pas renier que les slogans... bon d’accord je me tais et remballe ma thématique guerrière !

Alors, le non-sens ? C’est donc détourner la réalité et la rendre totalement improbable au point même d’en dire qu’il s’agit d’une folie. Une baleine avec des ailes ça n’a pas de sens, alors qu’un poisson rouge avec un vélo, si ! Ah non, en y réfléchissant bien je ne vois pas l’intérêt pour un poisson d’avoir un vélo à moins qu’il soit d’Avril. Bref, encore des choses qui n’ont pas de sens. Ni envers ni endroit, bien qu’à l’endroit où je suis ce n’est pas Anvers. Ca va vous suivez toujours ? Toute notion de règle et de logique doit de dissiper si l’on veut côtoyer le non-sens, bien que celui-ci ne soit pas très favorable à la promiscuité des esprits faibles. Prenez une porte. Non ! C’est une image, inutile de dégonder la vôtre de toute façon je ne vous vois pas le faire ! Donc, je disais prenons une porte COMME EXEMPLE. La porte est une forme avancée de non-sens car elle symbolise tant le passage que la clôture. Ouvrir la porte des enfers ou bien fermer les portes du paradis aux humains, ça a plus de classe que de s’engueuler parce que « Pauvre con ! Tu as encore oublié de fermer la porte d’entrée ! » et puis quitte à s’enfermer autant que ce soit derrière la porte de la chambre à coucher.

Ca me reprend. Je divague plutôt que onze, je raconte n’importe quoi sous prétexte que mes neurones se déroulent comme de la laine sous le nez d’un chat impatient et puis j’embourbe mes lecteurs dans le vague bordel qui me sert d’esprit. Revenons au non-sens : il est fait d’images, de calembours, de jeux de mots et au bout du compte il fait d’une réalité un chemin amusant ou terrifiant. Alice, quand elle est tombée dans le « monde des merveilles », n’a-t-elle pas rencontrée une chenille toxicomane, un monomaniaque de l’heure, une reine génocide ainsi qu’une foule de personnages aussi dingues qu’effrayants ? Toujours amusant le non-sens ? Pardonnez ma cruauté mais quoi de plus inepte qu’une peluche armée d’un couteau de cuisine, ou d’une baignoire cannibale ? Ah là votre vieille baignoire en fonte vous semble déjà moins amicale, hein ?!

Non toubib, pas besoin de me ligoter je tiens très bien tout seul sur ma chaise et puis de toute manière ceux qui me lisent sont de l’autre côté du grillage. J’aime bien cette idée, c’est vous qui êtes prisonniers et moi libre... LIBRE ! LI... (BONK !) Et merde, les murs c’est plus dur quand c’est réel que quand on les fantasme faits en guimauve...

05 novembre 2008

Médiatisation douteuse

Il est facile de faire d’une personnalité une légende, mais n’est-ce pas quelque chose de dangereux quand l’idéologie véhiculée par la dite icône s’avère douteuse ? On ne peut que se demander la légitimité de voir le Che arboré par des adolescents qui ne connaissent du marxisme que des documentaires à la télévision, tout comme la nécessité de se dire soutien de la Palestine en portant le foulard si reconnaissable. Ce qui m’amène à grincer des dents ce n’est pas tant le côté rebelle du boutonneux que nous sommes tous un jour, mais plutôt l’apparition coup sur coup de deux films titrant sur des personnalités très différentes mais tout aussi symboliques dans les deux cas : « Mesrine, instinct de mort » et « La bande à Baader ». Pardonnez mon incrédulité mais je n’arrive pas à me mettre dans la tête que Jacques Mesrine ou bien la fameuse fraction armée rouge furent héroïques en quoi que ce soit !

D’emblée on va me dire qu’il s’agit de films sans concession, qu’ils sont très documentés et qu’ils représentent une sorte de documentaire augmenté du frisson de la salle obscure. J’ai comme qui dirait l’avis inverse : l’objectif et le grand écran ne peuvent que faire passer le méchant pour un « pseudo » gentil et aussi connue que soit la fin pour ces deux films, dans tous les cas une bonne part des spectateurs se présenteront dans la salle sans avoir ne serait-ce qu’entendu parler autrement que par rumeurs interposées des terroristes à l’étoile rouge ou de l’ennemi public numéro un. J’aimerais vraiment qu’on ne mélange pas loisir et documentation notamment quand il s’agit de personnifier la violence des années 70. A quoi bon faire de Mesrine un héros de cinéma ? N’a-t-il pas déjà suffisamment marqué son époque de son empreinte sanglante ? Il n’a jamais été un Robin des bois, pas plus qu’un héros de la révolution en marche (bien qu’il ait un moment tenté de faire croire à ses engagements marxistes). La politique s’accommode que trop facilement avec des ingrédients tels que le meurtre et le vol car l’on peut toujours prétendre agir « pour la cause », mais quelle cause… Non, rien que cela me rend dubitatif sur la nécessité de faire de tels films.

Alors, censurer ? Absolument pas, ce n’est pas cela qui me titille. Je pense que ces deux films peuvent avoir de grandes qualités, c’est avant toute chose une inquiétude concernant un public potentiellement perméable à des idéologies et des actions qui sont non seulement violentes mais hélas inutiles. La bande à Baader se disait d’extrême gauche et voyait dans sa lute une manière radicale de faire la révolution. Agitation, destruction, exécution de dignitaires, nul doute qu’ils furent dans la droite lignée de leurs idéaux. On murmure même que l’ex RDA fut souvent une terre de repli et d’assistance pour eux, mais au fond que furent-ils si ce n’est que des pions entre les mains des larbins d’Honecker… Les révolutions se forgent quand elles sont populaires, pas quand elles provoquent terreur et paranoïa chez les gens que la dite révolution est justement supposée libérer ! De là il y a le fond : Mesrine le criminel médiatique, fantasque et mort brutalement, de l’autre une bande d’étudiants et de cerveaux (Meinhof était journaliste et très cultivée). Les deux images mises ensemble on a tout des héros d’une révolution aujourd’hui oubliée : anarchie contre un système assoupi et une nécessité de reconnaissance face au silence des médias sur la foule ordinaire. Sur le fond les idées de la fraction armée rouge sont-elles si mauvaises ? Difficile à dire tant le fond fut détruit par la forme radicale de l’action. J’ai donc plus peur que ces films deviennent non pas des œuvres de cinéma mais des supports de propagande comme cela arrive trop souvent.

N’oublions pas les victimes autant que les bourreaux clame la mémoire, et celle populaire se contente souvent de clichés faciles à digérer. On a fait un film sur Spaggiari en romançant probablement plus qu’en décrivant sa vie, j’ai crainte qu’on ne résume un peu facilement l’existence souterraine du groupuscule d’extrême gauche tout comme que l’on mette un peu trop en lumière les « bons » côtés de Jacques Mesrine. Je n’ai pas vocation à juger leurs actes les acteurs de ces évènements sont morts alors que j’étais bambin voire même pas au programme. Ce que je désire simplement c’est que « Instinct de mort » par Jacques Mesrine ne devienne pas un livre de chevet pour une jeunesse révoltée prête à imiter ses prédécesseurs…

Tenez, regardez, Peter-Jürgen Boock, c’est un ancien membre de la dite fraction armée rouge. Méditez surtout sur ses derniers propos.



La fraction armée rouge sur Wikipedia
Jacques Mesrine sur Wikipedia

J'allais oublier: mes félicitations Mr Obama, la révolution serait-elle en marche aux USA? Soyons cyniques: vous ferez comme les autres présidents, n'est-ce pas?

04 novembre 2008

Tu sais ce qu’ils te disent mes godillots ?

Encore une fois je vais exposer une situation de mon quotidien qui non content d’être totalement inintéressant, celui-ci s’accorde le droit de devenir verbeux. Etant donné que l’on boit mes paroles avec excès, je puis donc présenter à vos regards avides un de ces moments jouissifs où l’on peut se satisfaire de pas grande chose. Admettez que, vous aussi, il vous arrive de tourner en dérision un fait anodin pour en rire… Comment ça non ? Seriez-vous donc le reflet même de l’insipidité élevée au rang d’art de vivre ? Laissez-moi le loisir d’en douter sinon vous ne seriez pas là, à en être déjà à cette phrase aussi pompeuse qu’inutile !

Allons de l’avant et abordons donc ce quotidien qui est le mien. Nageant dans les eaux troubles des relations professionnelles bureaucratiques, il s’avère que le code vestimentaire fait partie intégrante des obligations tacites qu’on impose à chaque poisson enfermé dans les bocaux que l’on nomme poliment bureaux. Entre le costume gris et la chaussure passe-partout, il est notoire que chacun tente à sa manière se distinguer sans se faire remarquer. Dans un précédent message je vous ai conté mon « aventure » lorsque je fus vêtu d’un maillot de la marque Ricard et que celui-ci tapa dans l’œil agacé de mes voisins d’infortune. Aujourd’hui, ce fut autrement plus amusant ; notez au passage qu’il ne s’agissait pas cette fois-ci d’une volonté affirmée de provoquer le tout venant mais d’un aspect pratique de ma tenue. En effet, je me suis chaussé d’une paire de grosses chaussures communément surnommées « écrases merde » par la plèbe, et que celles-ci ont plus tendance à enserrer les pieds des farouches arpenteurs de chantiers que les fins petons des divas des claviers. Ainsi, me voilà équipé des fameuses Caterpillar noires, montantes, et qui plus équipées des fameuses coques en acier conçues pour tenir vos chers panards à l’abri des chutes de palettes ou des roues des bulldozers maladroits. D’un aspect sobre, ces fameux godillots ont pour principal avantage d’être particulièrement confortables, et qui plus est bien isolés du froid qui s’annonce. Oh, je vous accorde qu’il y a plus esthétique que de la pompe de chantier, mais tout de même aller jusqu’à reluquer les pinces d’un larbin pour juger de sa stature, il y a de quoi aller se demander si la gamberge de ces gonzes ne se limiterait pas à l’artiche et aux emmerdes.

Rhaaa, je fais du Audiard ! C’est à croire que mes grolles soient contagieuses, qu’elles transmettent subtilement le désir d’en revenir à de plus saines et plus « viriles » relations humaines que celles du microcosme des bureaucrates dont je fais partie ! Alors, voilà qu’on me demande d’où sortent ces chaussures, qu’on s’extasie sur le brillant du cuir… puis qu’on me demande l’usage de pompes coquées dans un burlingue. J’avoue. Je n’ai pas résisté. C’est à mon corps défendant que j’ai cédé au mal du mot qui tue : « C’est pour être sûr des dégâts quand j’en colle une au fion d’un … ». Me voilà reparti dans le lyrisme du bitume, à tancer mon interlocuteur dans une langue qui semble lui être inconnue, puis à tourner les talons dans le martèlement significatif du kilogramme passé de chacune de mes deux godasses. C’est ainsi, impossible de résister au délice d’envoyer se faire voir ailleurs un curieux vous asticotant concernant votre chaussage. Ben quoi ? C’est vrai merde, c’est pas parce que Monsieur porte de la claque à 300 sacs le bout en pur cuir de peau de cul de buffle tanné qu’il a la classe ! Le mufle ! Je lui en foutrais moi des beignes au valseur, juste histoire de lui démontrer la supériorité de ma Cat’ dans le bottage de miches !

Fais suer… J’ai fait tout de même en sorte que la tenue soit un tant soit peu discrète, j’ai épargné au monde la vision d’un type en salopette de maçon se pointant au bureau pour y faire du texte ou de la programmation. J’avoue qu’après cette petite remarque j’ai envisagé l’espace d’un instant d’arborer une vieille tenue orange, de celles qui imitent les vêtements des prisonniers américains, enfin bref d’apparaître totalement « Pas à ma place » parmi ces coincés qui ne savent pas forcément se vêtir mais qui supposent le contraire. Ah ça, le pull de grand papa à carreaux, la cravate couleur fiente trouvée dans une foire au troc, ou bien le futal en velours brun comme on en portait dans les années 70, ça, c’est supposé être un signe d’esthétisme poussé à son paroxysme ! Ah et oui, comment louper l’inusable T-shirt à la sérigraphie de fin de série qui notent en gros des slogans sur la « Geek Attitude » ! J’ai comme la nausée rien qu’en y pensant, d’autant plus que les dits mots d’esprit ne sont compréhensibles que d’une communauté restreinte. Alors, les informaticiens, ce serait les nouveaux punks ? Argh, j’ai la caboche qui me lance en imaginant que le gringalet à lorgnons 100% neurones et 0% barbaque devienne le nouveau symbole de la rébellion ! Seigneur, si vous êtes là, épargnez-moi un tel supplice !

Font chier la mode et les codes ! Je me fringue comme je le sens, me chausse là où ça me botte et celui qui n’est pas content il va tâter du 45 fillette !

Ah oui, cliquez sur la godasse ci-dessous pour avoir des détails sur mes pompes!


La troisième légion

Voici une saga mp3 qui n'a d'historique que le nom... Profitez en en l'écoutant ici!. Sinon, pensez à passer sur le site officiel pour vous tenir au courant sur les prochaines sorties des épisodes.

Donc, voici la première saison et le lien vers le site officiel:

Site de la troisième légion


03 novembre 2008

Le bonheur terrestre

J’y aspire, j’en ai envie et pourtant je me demande si je suis le seul à croire que la simplicité d’une existence sans heurt saurait satisfaire mes élans de cœur. Outre l’imagination débordante des humains pour imaginer des solutions efficaces et peu onéreuses pour s’annihiler, nous concevons et distribuons en masse tout un tas de choses aussi inutiles que parfaitement indispensables au bonheur. Devrais-je vous en faire un inventaire pour que vous compreniez de quoi il s’agit ? Nul doute que tous nous sommes confrontés à ce superflu et même superfétatoire qui pollue tant nos campagnes que nos étagères regorgeant de trésors tels que la yaourtière ne servant qu’une fois la décade, l’aspirateur de table jamais chargé ou bien l’infâme poisson chanteur à détection de présence dont on s’empresse de couper le sifflet tant il pourrit la vie des gens habitant sous votre toit. Entre bénéfices substantiels pour des industriels soucieux de vendre des produits ineptes et le goût immodéré pour l’idiot de la part des clients, il y a tout de même des chercheurs, des cerveaux, des besogneux qui décortiquent nos besoins pour en extraire l’essence... et nous pondre le chauffe tasse en USB ou bien le réveil affichant l’heure au plafond.

Vous me trouvez moqueur et ironique ? Je concède fort bien qu’il existe gadget et gadget et que dans certains cas ils s’avèrent aussi précieux qu’ils semblaient superflus l’heure d’avant. Petit aparté : on m’avait vanté les mérites des bombes anti-crevaison qui traînent dans les coffres des prudents. Peu convaincu mais toutefois séduit j’en avais laissé une dans ma voiture... et bien mine de rien la chose me fut très utile pour rejoindre un garage qui se fit une joie non seulement de me changer le pneu crevé incriminé mais aussi de me facturer le nettoyage de la jante souillée par le dit produit. Bon d’accord, l’exemple est mal choisi mais à tout prendre j’ai économisé un remorquage ! Dans ces conditions je n’ai rien contre ce qui semble (je dis bien semble) inutile, mais de là à cautionner les immondices qui couinent, sautent et clignotent et qui n’ont d’autre utilité que celle-là, pardon mais j’ai du mal. Et puis, poussons le discours sur le terrain de l’écologie : à quoi bon nous vendre des trucs aussi peu « bio équitables », rarement issus du recyclage et qui finissent presque systématiquement dans l’amoncellement de nos décharges aussi publiques que répugnantes de nos excès. Il ne s’agit pas tant de morale que de bon sens : un « truc » qui fonctionne avec des piles mais où les dites piles sont inaccessibles, lorsque cela échoue dans nos déchets, est-ce écologique ?

« Je ne dois pas être comme tout le monde » disons nous Forrest Gump et moi en nous regardant dans la glace. Je n’ai aucun penchant pour ces babioles qui en font des tonnes tout cela pour épater la galerie. A quoi bon les strass si derrière cela ne fonctionne pas ? En dépit d’un attrait pour la technologie je reste toutefois convaincu qu’à force de vouloir trop en faire à la fois on finit par se surcharger de choses dont on peut encore se passer. Un collègue eut une réflexion des plus symptomatiques concernant ce phénomène. Je le cite pour la bonne bouche : « J’ai demandé à un vendeur un téléphone qui ne faisait QUE téléphone, il m’a regardé avec un air des plus ahuri ! ». Voilà ! Un téléphone portable, est-ce une console de jeu ? Lui qui voulait n’avoir que la fonction élémentaire de l’appareil, le seul qui lui sembla combler son besoin fut non seulement le moins cher, mais bien entendu le moins « design ». De toute façon il apparaît à l’usage que ce téléphone est une petite merveille par un son très propre et une autonomie autrement plus acceptable que la moyenne.

Et au fond, si nous nous encombrons de ces babioles sans utilité, n’est-ce pas aussi pour combler un manque personnel ? Loin du collectionneur qui lui s’amuse de ces choses, lorsque l’on s’offre ces machins dont on oublie très rapidement l’existence dans un tiroir, n’est-ce pas la fièvre de l’achat qui nous dicte ? Une personne dont je tairai tant le nom que sa relation avec moi (n’allez pas chercher quelque chose de graveleux tas d’obsédés) m’a déclaré un soir « Je crois que certaines femmes achètent par impulsion uniquement dans le but de se sentir exister ». Je connais des hommes qui fonctionnent aussi de la sorte lui répondis-je avec aplomb. Il acquiesça, se gratta l’occiput et regarda au lointain en soupirant « Va savoir si je ne fais pas ça moi aussi ». Finalement c’est à douter de la santé mentale naturelle de chaque être humain : nous consommerions donc plus pour le plaisir de le faire que par pure nécessité. Ceci expliquerait aussi le plaisir que certains éprouvent à tuer au lieu de le faire uniquement dans le cas extrême où l’on est tenu de se protéger...