24 août 2012

Un oeil critique sur la crise

Ah, cet acharnement thérapeutique à vouloir nous inculquer que les religions, la Foi, ou encore les différences sont des tares dangereuses ! Que de maux on colle sur ces idéologies aussi diverses que variées ! On aime à pousser les gens à se haïr, probablement parce que le pire mène invariablement à l’enrichissement de certains. A l’instar d’un parasite qui se gave sur notre organisme, la propagande consumériste se régale en dévorant d’abord la tolérance, en prétendant que la différence est dangereuse, puis en se gavant avec la couenne grasse de nos méconnaissances, pour finir par déguster nos sociétés à la petite cuillère, à chaque fois que le vote « fasciste » refait surface. Tout ça pour quelles raisons ? Vendre de la sécurité ? Du progrès social et économique ? Non : juste parce que la peur fait vendre, parce qu’elle pousse les gens à se réfugier dans des valeurs malsaines, mais hélas porteuses d’espoirs dévoyés.

Tenez, depuis que la crise est bien implantée dans les esprits malléables des masses, qu’apprend-on en discutant avec le tout venant ? Que l’islam est dangereux, que la Chine est le nouvel ennemi parce que cette nation s’est développée, que l’étranger peut se révéler être un concurrent par trop envahissant. Dites, les étroits de la gamberge, qu’est ce que les nations du monde dit « moderne » ont faites pendant des décennies, voire des siècles ? Si je dis Afrique, Inde, Indochine, Amérique du sud, ça ne vous cause pas ? Hé oui, nous sommes en train de vivre ce que les nations européennes ont fait vivre à ces états, à savoir une forme de colonialisme, mais une colonisation plus insidieuse, plus discrète, mais autrement plus efficace et profonde. Vu que nous perdons de vue les fondamentaux qui sont supposés forger des sociétés progressistes (tolérance, respect de soi et d’autrui, humanisme et non consumérisme), nous en venons donc à observer le voisin avec circonspection, et non à lui tendre la main comme le voudrait l’intelligence dont nous nous vantons à tort. Humanité ? « Oui à condition qu’elle me soit profitable » vous dira n’importe qui croisé dans la rue. Dis, l’ahuri, aurais tu raté le fait que plus nous faisons la guerre, plus certains engendrent des bénéfices, tandis que d’autres s’appauvrissent constamment ?

C’est cynique, mais j’aime à constater qu’il n’existe pas de véritable progression mondiale, que ce soit socialement ou moralement. En effet, dévoyez les idéaux, faites en des objectifs malsains, et vous obtiendrez un monde comme le nôtre. Prenons un symbolisme tout religieux qu’il est avec le veau d’or. L’expression de l’idole, du « faux dieu » menant à sa perte tout un peuple, n’est-ce pas le même raisonnement avec l’argent et le pouvoir de consommer ? Non ? Réfléchissez : se sentir exister en possédant, au lieu de se sentir exister par la présence d’autrui dans son cercle d’existence, c’est à mon sens la représentation la plus chronique de l’idolâtrie la plus crasse. Je ne peux pas cautionner le fait qu’on décrète qu’avoir que son voisin est une bonne chose, tout comme je ne considère pas comme normal d’être mené à l’extrême tant moralement que physiquement par le travail, ceci dans le seul but non d’améliorer sa condition, mais dans le seul objectif de prouver au voisin qu’on vaut mieux que lui. Valoir ? Parce qu’on quantifie sa propre réussite ? Amusant, au sens cynique du terme bien entendu.

On n’a foi que dans le concret, du moins c’est ce qui me semble être le plus pertinent comme présentation de notre monde actuel. Vendez, achetez, soyez riches, écrasez, piétinez le reste, montrez vous retors et ambitieux, et le « monde » vous tendra les bras. Ironiquement, cette attitude nous mène au naufrage économique, tant notre refus de constater que le manque de partage de la réussite pousse les plus pauvres à sortir les dents. On voulait le tiers monde soumis, mais maintenant que l’esclave se défend et mord l’ancien maître on crie au scandale. Je ne vois rien de scandaleux que la bête que nous avons dressé à se battre vienne nous donner une leçon de combat, d’autant plus quand on fait mine d’oublier que nous avons tous profités des richesses des pauvres justement ! Quelle délectable ironie de l’histoire… Ceci dit, cela ne fait que commencer je pense, surtout si l’on se penche sur le destin des empires. Quelle est la cause majeure de la chute des grands empires ? L’expansion a des limites, et chaque empire de l’histoire a goûté l’excès d’expansion comme moteur économique et politique. Rome ? Trop grand, gras, imbu de sa puissance, réduit à néant par manque total de capacité à maintenir une fédération gérable. La Grèce antique ? Excès de confiance dans sa stabilité. Les grands empires et royaumes Européens ? L’oubli qu’une guerre mène à la pauvreté, puis à l’esprit de revanche des voisins. Et ainsi de suite. Et on continue pourtant à espérer qu’après avoir massacré, exploité, ruiné des dizaines de pays, que ceux-ci vont persévérer dans la soumission… Ridicule, non ?

Je m’en remets à un dicton tzigane : « pourquoi le tzigane est heureux et danse quand il pleut ? Parce que la pluie annonce immanquablement le soleil ». Logique implacable. Il nous reste quelques années à subir la régulation légitime de notre ambition devenue trop dévorante, ainsi qu’une stabilisation des échanges avec les nouveaux riches de ce monde. Par bonheur, la Chine a saisi qu’il ne fallait pas nous achever, mais nous préserver en tant que clients potentiels. Dans cette immense cour des miracles, nos différents pays ne sont que des pions qui, par le truchement de discussions de couloirs, se mettent à présent d’accord pour retrouver une situation stable et acceptable. La croissance infinie n’existe pas, et le veau d’or est dorénavant un peu pointé du doigt. On parle de développement raisonnable et raisonné, l’écologie entre enfin en ligne de compte dans notre processus économique, probablement parce qu’il faut bien améliorer ce qui ne fonctionne plus correctement. Reste à voir si ces réactions ne sont pas uniquement là pour tenter de réparer la machinerie folle qui nous a servi, jusqu’à présent, de moteur de développement, au lieu d’envisager de nouvelles sources d’échanges. Pourquoi ne pas admettre que les pays émergents sont des partenaires viables et valables ? Pourquoi tenter de sauver notre « suprématie » déjà morte et enterrée depuis plus de soixante ans ? Pourquoi s’entêter dans une démarche nationaliste, au lieu de simplement comprendre que la vertu du patriotisme est de vouloir que la nation progresse, et le peuple avec, au lieu de tenter de sauver une « identité » qui, de toute façon, évoluera forcément ?

L’exigence du monde qui se présente à nous est simple : trouver un point d’équilibre qui sera favorable à tous les acteurs de pouvoir. Au lieu de nous en remettre à celles et ceux qui nous vendent de la religion économique, au lieu de nous abaisser à créer des ennemis en tenant pour responsables de nos maux la différence et les ambitions des autres, nous serons forcés, bon gré mal gré, à nous asseoir à la même table que les autres nations du monde. Le diktat des G8 et autres entités dévoyées par leur manque de réalisme va sûrement imploser, ou tout du moins fortement s’infléchir de par l’obligation d’accueillir ces nouveaux acteurs de l’économie et de la politique mondiale. Pire encore : imaginons que la Chine, l’Inde, le Chili, le Brésil, bref tous les pays anciennement esclaves de notre système s’allient dans un contrepouvoir au G8, qu’adviendra-t-il de notre modèle ? On pourrait assister à la régulation mondiale par l’inversion des polarités de pouvoir, à savoir ces pays consommateurs… et nous producteurs à bas coût. Ce serait la pire des ironies, mais ça n’a rien d’impossible dans le fond. Le dicton tzigane précédent me semble fort à propos dans l’idée où ce genre de mutation ne sera pas forcément négatif, au titre que cela pourrait relancer l’économie européenne, recréer un tissu social fort et résistant… et donc, d’ici quelques décennies, repositionner l’Europe comme trésorier du monde. Tout est une question de temps, de patience, et de bon sens. J’aimerais juste que la motivation de ces changements ne soient pas la peur et la haine de l’autre, mais la saine ambition d’être aussi bon, si ce n’est meilleur que lui. Ni plus, ni moins.

06 juillet 2012

Retour vers le cercueil

On avait prématurément enterré la boîte supposée contenir les cendres des extrémismes. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, on fantasmait littéralement sur la mort définitive des radicalismes, à tel point que certains voyaient dans certains monuments des reliques d’un temps révolu. Et pourtant, force est de constater qu’il n’y a rien de tel qu’une bonne crise pour réveiller les vieilles folies. Que ce soit au Maghreb avec les révolutions récupérées par les partis religieux radicaux, en Grèce avec le parti « nazi », ou encore le retour du FN à l’assemblée nationale chez nous, notre présent démontre que le passé a une fâcheuse tendance à se répéter. Oh, bien sûr, ce n’est pas nécessairement demain que les bottes vont à nouveau claquer sur le pavé de la capitale, pas plus que nous assisterons ici au défilé incessant de soldats marchant au pas de l’oie…. Quoique : rien n’est plus proche de la démocratique que la dictature !

Durant plusieurs décennies, le mystère de la disparition du corps d’Hitler, soigneusement entretenu par les Soviétiques pour maintenir un climat de peur mondiale, a su maintenir les braises du nazisme dans les esprits les plus fervents. De la même manière, nombre d’anciennes républiques communistes voient réapparaître des défilés d’adhérents à l’idéologie stalinienne. C’est, en quelque sorte, le refuge de nombre de personnes touchées par les travers du capitalisme. Mais ne rêvez pas les enfants, si une révolution était amenée à faire reprendre le pouvoir à ces vieux partis aujourd’hui supposément tombés en désuétudes, m’est avis que nous aurons alors l’occasion de se souvenir à quel point les mots STASI et KGB ont un sens plus sinistres qu’honorables. Malheureusement, ce ne sont pas ceux qui ont subi l’horreur qui revendiquent, et ceux là même qui voteraient pour ces inepties morales et politiques seront sûrement les premiers à être purgés à la première occasion (se souvenir des chemises brunes, des vieux communistes et j’en passe…). Dans les faits donc, ce sont les premiers à croire en quelque chose qui en paient les pots cassés.

Maintenant, que penser de notre vieille Europe dans son état de délabrement actuel ? Que nombre de nations endettées à mort oublient poliment de se taire quand elles doivent s’incliner face à l’Allemagne. Pourquoi ? Prenons une analogie : imaginez un immeuble avec 25 propriétaires, mais un seul d’entres eux paient un tiers des frais… Et on lui interdirait de prendre des décisions importantes ? Non : on s’inclinerait à cause de sa participation massive à la vie de la communauté. Et pourtant, dans la CEE, on agit à l’inverse en disant à Merkel que ce n’est pas normal, que l’Allemagne n’a pas à dicter sa politique. Je trouve l’idée particulièrement amusante surtout en Grèce, puisque, bizarrement, n’est-ce pas un parti Allemand qui, fut un temps, a tenté d’unifier l’Europe sous une seule et même bannière ? Comment les néo nazis Grecs peuvent-ils omettre de mentionner cette vérité historique ? Comme quoi, n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir ! Fondamentalement donc, notre belle Europe tente de déterrer ses vieux démons, de sortir le cercueil du fascisme de sa fosse, et d’en sortir les fantômes les plus dangereux.

Ceci dit, de l’autre côté du spectre, nous ne sommes pas plus malins. Une agression contre un jeune, et l’on se préoccupe de son obédience. « Tiens, il est juif, ils l’ont insulté pour sa religion. SCANDALE ». Ah, parce que ce n’est pas un scandale quand un arabe est jeté dans la Seine, ou quand un noir est roué de coups, traité comme de la viande ? Qu’on m’explique pourquoi on doit se préoccuper de la nature médiatique de l’évènement, et non des faits et rien qu’eux ? C’est sûr qu’il est plus vendeur d’agiter à nouveau l’épouvantail des camps, plutôt que de s’inquiéter des banlieues où l’on ose parler d’immeuble locatifs pour des marchands de sommeil, où des HLM sont à des tarifs inabordables pour les gens justement supposés s’y loger, où la politique scolaire est scandaleuse avec une véritable défection de nombre de professeurs, où bien de la politique administrative où l’on a le culot de laisser littéralement pourrir les situations, pour mieux pouvoir filmer la misère humaine. Etrange, cette attitude, non ?

Je m’interroge : sommes-nous bien dans l’Europe ? Dois-je penser comme le FN qui veut en sortir, ou bien au contraire suggérer l’idée d’une Europe fédérale ? En tout état de cause, je vais me contenter de prendre un atlas historique, et en ressortir ces inusables cartes de l’Europe de 1941. Tiens, c’est tout sauf amusant, mais certainement ironique, car en analysant la chose, on a :
- Une Angleterre jouant en solo
- Une Europe pour ainsi dire unifiée sous une bannière unique (Espagne, Allemagne et Italie marquées du sceau du fascisme/nazisme, et les autres pays sous leur tutelle)
- La Suisse dans son rôle d’isolé riche et non intéressé à ses voisins.
Vous voyez une quelconque différence ? Pas vraiment, si ce n’est qu’on tend finalement vers une unification obtenue par la paix, là où Hitler a échoué par les canons. Ironique je trouve… Enfin bon, rêvons que l’on va remettre le cercueil dans la fosse commune anonyme quand l’Europe se sera sortie de la crise !

C’est le mot : espérons.

03 juillet 2012

Faites la guerre, pas l'amour

Avec un titre pareil, je peux garantir que je vais avoir rapidement le droit à quelques grognements de circonstance. « Et comment qu’il peut légitimer la haine, la violence, la mort d’innocents ? Et comment qu’il ose revendiquer une attitude guerrière ? Pendons le haut et court, ce foutu militariste sans cervelle ! ». A ces détracteurs, à ces bien-pensants qui n’ont d’autre vue que celle de leur petit confort sans se préoccuper de savoir comment il perdure, je n’ai qu’une chose à dire : « Je vous emmerde ». Oui, je l’annonce, je le hurle à vos tympans encrassés par les médias et par votre sous culture puante de bourgeois confortablement enfoncés dans un quotidien sans risque, je vous emmerde tous, et plus encore.

Mais pourquoi nous gueule-t-il cette harangue à contre courtant de la bienséance communément admise dans les alcôves des bistrotiers de luxe ? Parce que j’ai un besoin fou de remettre quelques pendules à l’heure, et ce justement parce que le temps semble être à la mollesse de cœur et de moralité. « Caca les canons, beurk la violence », je peux le saisir, mais c’est alors oublier quelques bricoles, dont celle si particulièrement attachée à l’Homme, à avoir l’ambition dévorante. Tel un ténia affamé, l’envie de dominer, de posséder taraude l’homme depuis ses origines, et aujourd’hui comme hier, nous nous mettons sur la courge pour la plus grande joie des fabricants d’armes. Hier le gourdin, puis l’épée, aujourd’hui le fusil, et allez savoir quoi demain… Toujours est-il que le business des armes est une constituante du marché mondial, mais avant tout de la maîtrise de la politique de ce globe. N’allez surtout pas croire que faute d’un ennemi à combattre nous n’avons pas besoin d’armes ou de l’armée, c’est même le contraire. « Pour avoir la paix, prépare la guerre » semblerait être une bonne explication, car, dans le fond, si nous n’utilisons pas nos munitions, nous savons fort bien les revendre.

Hé oui, aussi désagréable que cela puisse paraître, faire la guerre, c’est rafraîchir les rangs de la société, c’est relancer le bâtiment, offrir un financement inespéré à l’industrie lourde, créer de l’emploi à foison, et enfin moderniser la médecine de manière très rapide. Cela vous semble cynique et hors de propos ? Pourtant, chaque guerre amène son lot d’innovations, qu’elles soient technologiques (communication, informatique), que médicales (prothèses, chirurgie réparatrice, vaccins…). Bref, la guerre profite hélas à tout le monde, tout en fauchant des millions de vies pour des drapeaux, des mots, des papiers, donc pour pas grand-chose si l’on s’en préoccupe un petit peu. Les politiques font d’ailleurs les guerres sur peu de choses, à tel point qu’on devrait lire les raisons d’un conflit avant même d’y participer. Malheureusement, le nationalisme et le chauvinisme exacerbé sont les deux mamelles de la guerre, qui nourrissent une haine tenace de l’autre, et enivrent les fantasmes des plus ambitieux. Trouvez un ennemi, il y aura toujours quelqu’un pour dire les mots justes pour que la foule se mette à haïr cet ennemi déclaré. Grandiose, non ?

Il est vrai que je trouve bien souvent les prétextes ridicules, surtout s’il s’agit de défendre une certaine idée historique des territoires. Je me demande d’ailleurs pourquoi aucun parti extrémiste italien ne réclame de territoires en France, ne serait-ce qu’en souvenir d’un empire romain aujourd’hui disparu. Ironiquement, nombre de guerres commencent de la sorte, à tel point qu’on pourrait s’interroger sur la persistance des vieilles idées dans une société comme la nôtre. Combien de générations passeront avant que les nostalgiques du fascisme daignent enfin tous disparaître ? Quelle est la durée de vie des opinions, des mouvances politiques ? A ce jour, nombre de nations s’interrogent profondément, tant sur l’émergence de vieilles croyances malsaines (la Grèce qui vote pour un parti nazi… on aura tout vu, car, juste pour mémoire, c’est la Grèce qui a subi la plus forte mortalité en pourcentage de la seconde guerre mondiale), que sur des solutions basées sur le bipartisme à l’Américaine (il n’y a qu’à voir en France…). De ce fait, l’armée, la guerre, les conflits, ce sont autant d’outils nécessaires pour éviter qu’un pays dérive et ne perde de vue que l’état doit servir ses citoyens, et non les contraindre à se plier à un discipline étatique.

Bien qu’il me soit facile de chroniquer, j’ai dans l’idée que nombre de pacifistes oublient poliment que la désertion n’est pas une solution ni même une forme de courage. Déserter, comme le nom l’indique, c’est abandonner son poste, ses camarades, et donc ne pas prendre de risque. Oui, il y a bien eu le risque d’être passé par les armes, mais à tout choisir, entre pousser un ancien camarade à me plomber pour ma lâcheté, et être descendu par un ennemi, finalement, l’ennemi, je pourrai potentiellement lui coller toute ma bile et ma haine. Cela semble cruel de raisonner ainsi, mais pour autant que je sache, ne pas agir, c’est déjà agir en soi. L’inaction, l’absence de décision, ce ne sont pas des choix acceptables. J’entends déjà les gens parler de Gandhi…. Mais ils oublient de dire que Gandhi a réussi à faire appliquer la doctrine pacifiste à tout un peuple, et pas qu’à lui-même. Ascète, philosophe, bourreau de travail et intellectuel émérite, c’est un des très rares exemples où la violence peut se retourner contre l’oppresseur, et ce sans que la violence naisse chez l’oppressé. Notons enfin que, bien qu’exploitant la doctrine pacifiste, Gandhi n’en a pas pour autant fait disparaître l’armée, pas plus qu’il n’a mis à bas toute possibilité d’user de la force.

J’ai l’intime conviction qu’une armée est indispensable, qu’elle a des rôles complexes que peu de citoyens saisissent réellement. « Pourquoi être allé en Afghanistan ? ». Bonne question complexe, où tant les intérêts politiques (soutien des USA après le 11/09, démonstration de la capacité de projection des forces armées…), qu’économiques (et qu’on justifie et légitime de l’emploi dans l’industrie de l’armement) se réunissent pour envoyer des femmes et des hommes risquer leur vie à l’étranger. Ne nous trompons pas d’ennemi : ce n’est pas le kaki qui est un ennemi, c’est ceux qui décident de les faire intervenir. N’allons pas blâmer les soldats, quand il s’agirait plutôt de comprendre à quel point la politique, l’humanité, chacun de nous, ne prend pas ses responsabilités. La guerre, c’est l’expression de l’amour du pouvoir ; l’amour, c’est l’expression de notre dégoût pour la haine. La Vie, c’est donc l’équilibre instable entre ces deux plateaux d’une seule et même balance…

EDIT: Suite au conseil dans le commentaire, voici la vidéo du lien:

28 juin 2012

Marielle Gallo et ACTA au parlement européen



En réaction à cette interview d'une député européenne française
Marielle Gallo et ACTA au parlement européen

je tenais à mettre mon grain de sel là-dedans.

Donc: en italique et gras ses propos, en dessous, mes réactions (disons plutôt ma colère!).

Bonne lecture!

Maintenant, s’il s’agit du résultat de la campagne de désinformation que nous subissons depuis plusieurs mois, je comprends parfaitement les résultats que nous avons eus.
Désolé madame, mais informer les gens sur la possibilité de coller du brevet sur à peu près n'importe quoi, considérer que la culture est la propriété des entreprises et non de la société civile, c'est comme considérer que la foi serait susceptible d'être facturée à chacun de nous. On ne peut décemment pas défendre la "liberté", tout en collant des barrières aussi inutiles que faites pour justifier des procès en pagaille.

À la commission des affaires juridiques, à laquelle j’appartiens, le vote a été de 10 contre 12 parce que nous avons à faire à des juristes, j’ai pu faire appel à leur raison, leur raisonnement, au Droit.
Le droit et la légalité sont deux choses différentes: le droit d'un peuple d'accéder aisément à la culture, à l'information, c'est un droit fondamental. Le fait d'adosser ce droit à des règles pour que des financiers puissent s'enrichir à outrance, ce n'est qu'une question de légalité. On veut légaliser le racket organisé à travers des brevets, de la censure, et donc restreindre la possibilité que nous avons de nous instruire, d'évoluer.

Maintenant dans les autres commissions, il se passe ce que vous avez pu voir : on applaudit… on applaudit quoi ? Que la rue ait fait la loi dans cette affaire ? Je ne sais pas…
La rue, c'est elle qui élit ses représentants. La rue, c'est elle qui fait et défait les gouvernements. La rue, c'est à elle que vous devez votre poste... Lui manquer de respect de la sorte, c'est oublier que vous n'avez pas été adoubée par une cour ni par une famille au sang bleu. Vous l'avez été par le peuple, pour que agissiez pour ses intérêts, et non pour l'intérêt unique des multinationales.

On applaudit peut-être les citoyens, d’après ce que disaient plusieurs eurodéputés…
Le citoyen attentif de ses droits et devoirs ne peut que se féliciter d'avoir fait comprendre aux politiques qu'ils sont concernés par de tels changements.

Nous sommes censés représenter les citoyens, mais comme ils sont occupés à autre chose, nous sommes censés réfléchir à leur place !
Dire deux choses opposées en quelques instants, quelle insulte! D'abord, on reproche aux gens de faire fléchir (la rue) les institutions, puis ensuite on les estime trop occupés à autre chose? Mais comment peut-on s'intéresser à la législation, tout n'en y étant pas intéressé? Serait-ce un sous entendu malsain déclarant à demi-mot que les gens sont des idiots?

Signé par 38 pays pas seulement de l’UE, l’accord servait, sert, aurait servi, servira peut-être - je peux vous le décliner à tous les temps – à harmoniser les procédures afin de lutter contre la contrefaçon et contre le piratage. Mais surtout contre la contrefaçon de biens physiques dont les médicaments ou les cosmétiques qui sont un risque pour la santé et la sécurité des citoyens.
Ou plutôt empêcher définitivement la production de génériques à bas prix, d'instaurer un chantage envers les pays pauvres par des brevets à durée indéterminée, d'imposer que ce soient les trusts qui décident de la santé mondiale, au lieu de leur céder à un prix raisonnable la possibilité de se soigner.

Sur les 41 articles d’ACTA, il n’y en a qu’un seul qui parle du numérique. ACTA est essentiellement une lutte contre la contrefaçon. Il n’y a que l’article 27 qui évoque les questions du numérique, ce qui a déclenché évidemment la communauté internet pour participer à cette campagne de désinformation.
Désinformation, ou défense des droits fondamentaux du tout à chacun de ne pas avoir à craindre un système fait pour et par des sociétés avides? Pire encore: pourquoi la communauté ne serait pas compétente pour vous expliquer les faits sur la toile?

Mais je répète dans toutes mes interventions : l’étudiant qui télécharge dans sa petite chambre ne risque rien avec ACTA. Il est bien prévu que le délit n’est constitué que lorsqu’il est perpétré à échelle commerciale. Tout le monde n’est pas Megaupload que je sache !
Faux: HADOPI est la systématisation du principe que l'utilisateur est forcément un coupable qui doit prouver son innocence, et ACTA en fait de même à une échelle plus large que le net. Les majors n'hésitent jamais à attaquer pour des faits ridicules (détournements de vidéos sur la toile, sans but lucratif, la condamnation de gens ayant utilisé de la musique sans payer des droits et j'en passe)

Des eurodéputés qui ont voté contre, ils ne connaissent pas leur bible. Cette expression d’échelle commerciale est utilisée depuis 15 ans dans les textes européens. Jusqu’à ACTA, miraculeusement, tout le monde avait compris la différence entre échelle individuelle et échelle commerciale. C’est assez difficile de ne pas comprendre, mais quand on ne veut pas comprendre…
J'appelle ça de la langue de bois. Toute trace de piratage sera considérée à une atteinte au commerce des sociétés. Madame Michu téléchargeant un fichier vidéo sera tout aussi coupable qu'un réseau distribuant illégalement de la vidéo sur la toile.

Écoutez, vous êtes au courant tout de même que les Anonymous sont descendus dans l’Assemblée parlementaire en Pologne ! Ce n’est pas seulement une campagne de désinformation. C’est une forme douce de terrorisme qui effraie les gens. On leur fait peur. C’est un fantasme. Acta est devenu un fantasme. Et ça, c’est relayé par tout le réseau Internet. J’ai d’excellents rapports avec Jérémie Zimmermann, mais je n’ai pas sa puissance de frappe.
Vous avez la loi, les gens ont la toile pour exprimer leur opinion. Ce qui dérange, c'est que ce droit créé par la toile (communiquer sans contrainte avec le monde entier) permet à tout le monde d'être mis au courant. Il y a vingt ans, la loi serait passée sans heurt, car peu de gens s'y seraient intéressé. Maintenant que la toile offre un média ouvert, libre (ou presque), c'est immédiatement le scandale. "Comment ça? Ils se rebellent? Ils ne veulent pas de notre carcan?"

Moi ? J’ai tout l’alphabet ! La prochaine étape, c’est le vote en plénière. Je ne vous garantis pas que la raison triomphera ni l’intérêt bien compris de l’Europe qui est de nous protéger de la contrefaçon vis-à-vis de la Chine, de l’Inde, appliquer de bonnes pratiques en cette matière et servir d’exemple.
quelle contrefaçon? Celle organisée et légitimée par les états parce qu'elle génère, elle aussi, de l'argent pour les sociétés tierces? Qu'on admette la malhonnêteté morale des sociétés qui s'en plaignent! Exemple? On délocalise en Chine justement, en sachant que c'est la loi du plus fort sur place, et on joue les vierges effarouchées quand l'esclave commence à détourner le système? Mais qu'on cesse de prendre le Chinois pour des larbins, qu'on accepte enfin de comprendre que nous avons tendu le bâton pour nous faire battre! Rapatrions notre production, et observons: il y aura d'autant moins de contrefaçon qu'il y aura moins de moyen de production là-bas. C'est idiot, mais c'est flagrant.

Moralité: quand on ne respecte pas ses électeurs, qu'on ne s'étonne pas de se faire retoquer de la sorte!

19 juin 2012

Si quelqu'un comprend... qu'il m'explique!

Bon...

Que quelqu'un m'explique: oui, je vais régulièrement sur flopod.fr. Ca, pas de souci, mais comment une recherche sur le titre de MON blog a pu vous mener, chers lecteurs, sur SON site?!. Une preuve?



PS: Allez le visiter, les sagas mp3 sont géniales, les vidéos hilarantes... Bref flopod si good for you!

flopod.fr, la sérendipité nous guette tous.

15 juin 2012

Quand la technologie vient au secours d'une enfant muette...

... puis que cette même technologie peut lui enlever son moyen d'expression.

Maya, une enfant qui utilise l'Ipad pour communiquer.

Deux choses sont à noter dans le lien (il y a de quoi lire, je n'ai pas voulu recopier l'article ni trop en extraire de contenu):
1° L'enfant se sert d'un Ipad pour "parler". La technologie au secours du handicap, le rêve de tout parent!
2° Le logiciel risque de disparaître pour des problèmes de brevets, et donc de lui ôter cet outil devenu un moyen de développement cognitif et sentimental.

Dites, les rois du business, ça vous vient parfois à l'idée qu'il serait moins stupide de discuter, négocier, au lieu de bousiller de telles avancées?!

Lisez l'article, et méditons ensemble sur les problèmes qu'engendrent maintenant la durée de vie d'un logiciel, d'autant plus quand celui-ci est tributaire d'une société tierce (Apple en l'espèce via son market).

03 juin 2012

Depuis le temps...

Comme j'ai été absent depuis pas mal de temps de cet écran, je me suis dit qu'il serait nécessaire de poster quelque chose d'intéressant, ou tout du moins instructif.


Malheureusement, ma plume est quelque peu rouillée (emploi du temps de ministre, vie privée surchargée et j'en passe). De fait, je vous propose donc un documentaire assez intéressant, pas mal construit, même si j'ai des doutes sur le fait qu'il puisse intéresser tout le monde.

Bon documentaire, et à bientôt!

09 mai 2012

Merci

Je sais, je ne m’exprime pas assez ces derniers temps, et certains pourraient même penser que mon blog se désertifie au rythme de l’avancée du désert en Afrique. Bien sûr que vous auriez alors raison de ronchonner, en vous disant qu’il y a plein de gens qui écrivent, et ce malgré bien des contraintes. De fait, je reprends la plume dès que j’en ai l’occasion, et là les changements survenus en France sont propices, à mon sens, pour que je m’exprime un peu. Au-delà de toute considération purement politique et morale, je me dois donc de lancer quelques mercis indispensables, selon moi, en ces temps complexes et peu propices à la cohésion. Déjà, merci aux Français d’avoir faits la démarche d’aller voter. Je n’ai pas voulu m’exprimer durant les scrutins, ceci au titre que j’aurais pu dire des choses somme toute désagréables, ou tout du moins me mettant en position délicate. Chacun a fait son geste citoyen, et je ne dénigrerai donc pas plus les électeurs de gauche que de droite, pas plus que je ne jetterai l’opprobre sur les électeurs du FN. Là, certains ont les yeux qui roulent dans leurs orbites, gémissent des mots comme « tu soutiens donc le vote fasciste ?! ». Du calme les mouettes ! Le vote fasciste, c’est ce que les Grecs viennent de faire en donnant des sièges au parlement à de vrais « nazis », qui sont eux incomparablement plus brutaux et dangereux que ne le sera jamais l’électorat du FN. De fait, merci aux électeurs, merci à la démocratie qui a fonctionné à plein. Suis-je satisfait du résultat avec un M. Hollande comme président ? Je joue franc jeu : j’aurais préféré Bayrou, mais les urnes ne lui ont pas donné l’opportunité d’affronter l’échéance du second tour. Soyons beau joueur, il a soutenu le candidat qui, justement, a été élu. Certains parlent de trahison, moi je parle de démarche personnelle et légitime. Il a estimé que le président sortant n’était plus à la hauteur de ses espérances, il a donc cautionné un vote qui, de prime abord, pourrait paraître contradictoire. Donc, merci M. Bayrou pour cette honnêteté morale que bien des politiques devraient s’empresser d’imiter. Au surplus, il n’a pas mentionné le moindre accord, la moindre tergiversation. C’est donc une décision qui l’élève dans le débat, alors que d’autres jouent la carte des législatives… Inutile de dire qui, vous aurez entendu parler de ces négociations en même temps que moi.

Qui remercier ensuite ? N. Sarkozy. Hé oui : je l’ai vilipendé, j’ai mis en doute certaines de ses idées, mais pour autant que je sache, il s’est démené pour tenter d’assumer pleinement son rôle de président. Cela a irrité, puisqu’on la vu comme un quasi monarque, il a également été considéré comme pénible du fait de son omniprésence médiatique, mais pourtant merci monsieur le Président d’avoir été actif… quitte à vous être lourdement fourvoyé sur de nombreux points. Maintenant, qu’on apprécie ou pas le personnage, force est d’admettre qu’il aura agi selon ses convictions, qu’il aura tenu nombre de ses promesses électorales. En parlant de ça, je m’interroge encore sur le raisonnement des Français : ils l’ont élu sur son programme ou son populisme ? Parce que, mine de rien, il a annoncé des choses, qu’on a cautionné par les urnes, et qu’on a ensuite critiqué au moment de la mise en œuvre du programme ! Donc « oui, on fait » pendant les élections, et finalement « non, pas question de le faire » une fois la réforme en route. Je ne comprendrai donc jamais la versatilité des Français…

D’autres remerciements ? Oui, à M. Hollande. Ce n’était pas mon favori, cependant son attitude finale et pondérée, tout comme celle de son adversaire sont à saluer. Autant VGE (de triste mémoire) a quitté son poste de manière honteuse et incongrue, autant ces deux hommes, pourtant opposés le couteau entre les dents, ont mis de côté leurs rancoeurs pour que la transition se fasse de la manière la plus élégante et respectueuse possible. Les cérémonies du 8 mai sont marquantes à ce titre, car elles furent très solennelles, dénuées de la moindre animosité, et on a pu sentir que les deux politiques furent là pour servir avant tout une cause qui est celle de la république. Leurs objectifs, leurs idées, leurs styles, tout les opposent, mais ils ont un même objectif : servir la France. Et ça, c’est pour moi quelque-chose d’indispensable. C’est même la première qualité que je demande à tout élu, à savoir d’être un serviteur de l’état avant d’être un serviteur de ses propres ambitions.

Pour finir, qui remercier ? Ceux qui ont su faire preuve de modération et de tempérance. J’ai entendu et vu plusieurs représentants des partis en présence soit exulter, soit se comporter de manière indigne et agressive. Désolé : la victoire ne donne pas tous les droits, et la défaite ne légitime pas l’indignité. De toute façon, j’espère que les Français comprendront suffisamment tôt que le choix de l’alternance impose un vote orienté pour les législatives. Hé oui : un changement de bord politique nécessitera forcément une majorité à l’assemblée. N’ayez pas la folie de jouer la cohabitation, sous peine d’avoir des blocages incessants lors des décisions douloureuses à prendre par nos députés. Au surplus, observez donc la Grèce : faute de se trouver une majorité, le pays est virtuellement ingouvernable. A qui la faute ? Aux élus ? Non : aux électeurs. Nous choisissons, en notre âme et conscience, d’élire le candidat qui nous correspond le mieux. Je ne suis pas un gauchiste, ni un frontiste, je suis un pragmatique qui pose sa voix là où il me semble être le mieux pour tous. De fait, c’est mon idée, et elle risque de choquer… Mais tant pis ! Votons à gauche, affirmons la légitimé du président Hollande, et ce pour deux raisons. La première, pour qu’il ait le pouvoir d’agir selon ses idées, la seconde, pour qu’il ne puisse pas coller un éventuel échec sur le dos d’un autre parti. La gauche a le pouvoir, donnons lui ce pouvoir de manière pleine et entière.

22 avril 2012

Chère grand-mère

Cela fait bien longtemps que je songe à t’écrire, mais à chaque fois je me dis que mes mots sont vains. En effet, tu sais lire en moi comme personne ou presque, et tu as en tes yeux la capacité de voir mes sentiments. Sans mot dire, tu trouves les phrases pour me réconforter, me faire comprendre que la Vie est un présent, même s’il est souvent douloureux à préserver. Tu en sais tellement sur l’existence, que t’écrire me semble ridicule et juste égocentrique. Pourtant, j’en éprouve le besoin, ce désir de te dire à quel point je pense à toi, et à quel point mon cœur et le tien sont proches.

Loin des yeux, loin du cœur ? N’importe quoi. Si loin que tu sois, si lointaine que soit notre pays, tu es toujours présente, tel un ange qui flotterait en permanence au-dessus de ma folie. Tu as toujours la tendresse de m’offrir ton sourire et tes baisers, et ce bien que la Vie ne t’ait jamais épargnée. Que de douleurs, que de soucis et de tristesses tu as pu accumuler durant cette existence terrestre ! Tu es veuve depuis plus de deux décennies, tu as vu ton fils partir au front, revenir traumatisé, tu as failli le perdre à cause d’un accident cérébral, et toi-même tu souffres de problèmes de santé très lourds. Plus d’une fois tu m’as dit que tu te sentais comme un poids mort sur ta famille, alors que nous tous, oui tous autant que nous sommes, t’avoir près de nous est en soi un bonheur et une fierté. Quelle joie de pouvoir te parler du passé, te raconter le présent, et même envisager le futur ! Je me sens tout petit, comme je l’étais, assis près du poêle à bois, à regarder la télévision en noir et blanc, tout en sachant que tu étais assise sur ton lit, épluchant les pommes de terre ou triant les légumes pour une soupe. Alors, rien que pour ces souvenirs, j’estime que tu ne seras jamais un poids sur nos vies, tu es essentielle à la mienne en tout cas.

J’ai parfois des mots très durs pour les gens, je leur reproche leur folie, leur bêtise, mais pour toi je n’ai que gentillesse et compassion. Jamais tu n’as eu de mot pour te plaindre, jamais je n’ai vu la lassitude envahir ton âme. Courage, abnégation, tu es une femme exceptionnelle, tu le seras à tout jamais, car même la maladie n’a pas diminué ton courage et ton amour pour ton prochain. Tu partages tout, même quand tu n’as plus rien, que ce soit un simple fruit, une parole tendre, ou même un regard caressant. Tu as une belle âme, un beau cœur, de la chaleur dans l’esprit et de la passion dans la voix. T’écouter parler du passé, des difficultés du quotidien, c’est écouter la voix de la terre, dure, mais franche et honnête, celle qui parle de dignité, de se tenir droit quoi qu’il se passe autour de soi. Tu as dû connaître la faim, le froid, la peur de mourir, mais tu n’en parles jamais pour toi-même. Tu plains ceux qui souffrent, alors que souvent ils souffrent moins que toi tu as souffert. C’est ça, l’humanisme, le vrai, le sincère, pas celui des livres où un donneur de leçons s’empêtre dans ses phrases complexes, et se perd dans un tissu de mensonges dont il aimerait se convaincre lui-même. Je n’ai pas cette charité immense dont tu fais toujours preuve, mais Seigneur, que j’aimerais être aussi fort et droit qu’elle !

Je ne pleure plus depuis des années. Je me suis forgé une muraille pour me préserver de tout, des déceptions, des difficultés, de la lassitude de me battre pour ne pas m’agenouiller. Ce fortin intérieur, il m’a souvent valu d’être bien seul, d’avoir un aspect terrifiant pour bien des gens. Toi, au contraire, tu es accessible, tu sais encore pleurer de joie ou de peine, et je t’ai vu pleurer avec sincérité et simplicité, parce que tu étais heureuse de voir tes arrières petits enfants. Qui peut prétendre à une telle bonhommie ? Celui qui se vantera d’être aussi ouvert ne sera qu’un prétentieux, parce qu’elle n’a jamais eu à se targuer d’être ainsi. Elle est. Tout simplement ; elle Est, comme tout le monde devrait être finalement.

Dommage que ces mots arrivent bien tard, et ce bien que tu saches à quel point je t’aime. Je ne peux pas parler de toi au passé. Tu es toujours vivante dans nos cœurs, dans le mien tu es vivace, comme ces plantes qui entourent encore ta maison. Tu es vivante, parce que tu nous aimes, et en retour nous te donnons nos sentiments. Tout cela, toutes ces joies et ces peines, elles sont à toi, elles sont à nous, et tu es donc vivante pour toujours… Même si la Vie a décidé que tu devais mourir le 11 Avril 2012.

Je t’aime grand-mère.

05 avril 2012

Une belle chanson

Pour ceux connaissent, c'est la bande son de la série "Maison Ikkoku" plus connue chez nous sous le nom "Juliette, je t'aime". Oui, c'est mièvre pour certains, c'est fait soi-disant pour les filles, mais laissez vous porter par la chanson, je la trouve superbe.