03 juillet 2007

Tours 2007!

Suite à mon passage à la réunion des voitures anciennes de Tours, je vous mets à disposition les photographies que j'ai prises à cette occasion. Profitez en, elles sont notre mémoire mécanique et industrielle.

Pour avoir l'image plus grande, cliquez sur celle-ci!

02 juillet 2007

Accessoiriste !

Je me suis souvent demandé ce que pouvait représenter le travail des petites mains sur les plateaux de cinéma, car derrière le clinquant des décors, le falbala ondulant des robes estampillées « copie d’époque » et le maquillage à la truelle, il a ces gens qui, cachés par les noms en grands suivent et vivent du spectacle. Avant chaque démonstration de charisme d’un Bruce Willis sauveur du monde il y a des heures de pyrotechnie, pour un rush d’une cascade automobile des mois de planification, et pour quelques secondes de sublimation à l’écran des journées de sueur et de fatigue.

Franchement, que serait la jolie princesse toute de dentelles vêtue sans l’accessoiriste devant l’équiper ? Serait-elle foutue ne serait-ce que d’enfiler cette cuirasse de tissu ? Ce qui est fabuleux c’est qu’on rend hommage à des talents tels que les mimiques d’un comique ou les larmes que vous arrache une actrice dans un drame psychologique, et pourtant toute l’organisation gravitant autour de ce petit monde de nantis apporte une expérience et une expertise inégalée car savoir faire un décor c’est non pas le rendre crédible sur scène mais crédible à l’œil de la caméra. Avez-vous remarqué l’étrange vision qu’on quand on regarde des photographies prises d’un musée ? Cela semble trop brillant, trop faux, trop artificiel alors que paradoxalement un film en costumes doit sembler avoir été tourné « à l’époque ». Quel talent !

Modérons notre enthousiasme, là je parlais des professionnels, les irréprochables du pinceau ou du maillet, mais sont-ils tous à la hauteur ? Je reconnais une certaine hilarité quand certains détails me troublent ou même me choquent… bon c’est vrai aussi que les techniciens et décorateurs obéissent à la production qui a des exigences particulières, mais de là à faire n’importe quoi il y a des limites ! Prenons quelques exemples plutôt risibles : je me souviens d’un film de guerre (Quand les aigles attaquent avec Clint Eastwood) se situant pendant la seconde guerre mondiale, où atterrit… un hélicoptère bardé d’une croix gammée ! Pour information l’utilisation militaire de l’hélicoptère est postérieure au conflit. De fait le réalisme du film s’en trouve totalement brisé par cette incongruité historique. Et ce n’est qu’un exemple qui ne choquerait pas un néophyte se contentant d’un - finalement - bon film d’action. Là où bien des personnes doivent hurler à la mort c’est lors de scènes supposées se dérouler à l’étranger comme dans « Casino Royale » dernier du nom où l’action se passe au Monténégro. Oui si c’est le Monténégro je suis le pape Pie XII : les enseignes de boutiques mal traduites, les immatriculations fantaisistes et les lieux totalement inexistants. Bien sûr qu’on me dira que c’est un univers imaginaire, mais alors par pitié qu’on aille pas mettre des noms de pays sur des lieux inventés ! Comment réagirait le Français voyant une pseudo ville de France aux boutiques nommées en … Polonais ? Un peu de crédibilité ne nuirait pas.

Bien que ces travers prêtent à rire, encore que parfois j’en suis réduit à me demander si nos chers réalisateurs ont la moindre idée du terme crédibilité, il s’avère aussi que les accessoiristes sont eux-mêmes capables de faire n’importe quoi et ce malgré des budgets totalement délirants. Depuis le costume improbable en passant par le décorum ridicule jusqu’au maquillage criant d’un désir de vengeance contre la vedette il y a de quoi faire. Je suis un peu railleur mais à leur décharge il est aussi exact de dire que bien des films sont faits avec des bouts de ficelles, ficelles qui se voient à la diffusion (Ed Wood es-tu là ?).

Au final, je pardonne énormément aux équipes travaillant derrière la caméra plutôt que devant car elles ont en charge non seulement de composer avec le budget mais aussi et surtout avec ces acteurs qui vont depuis le personnage sympathique et avenant jusqu’au connard (je pèse mes mots) qui se prend pour une vedette alors qu’il n’est rien qu’un crétin prétentieux. Supporter l’hystérie du maniaco-dépressif dont la broche se décroche trop souvent, les hurlements de la cinglée jamais contente de sa robe ou les vagissements informes du débile se prenant pour Spielberg, je suis sidéré de constater qu’on n’entend jamais parler de bavures sur les tournages, parce que personnellement me faire engueuler par un péteux, il y a toutes les chances que je lui volerais dans les plumes et ferais de son mégaphone un joli suppositoire non remboursé par la sécurité sociale.

Au fond je suis content ! Et oui je ne suis ni une vedette ni un larbin…

29 juin 2007

Préjugés

Je vais encore faire ma baderne qui grogne pour montrer les dents, mais sans déconne aucune ça ne vous les brise pas menue de colporter des conneries, et même d’en être intimement convaincu ? Sans blague, ça doit être dur à vivre aujourd’hui de revendiquer que la belle bleue est plate comme Birkin, ou bien qu’on est moins inégal quand on est gueule de cire. Il y a de quoi dire, redire et avoiner dans vos préjugés de fond de cuvette, une encyclopédie y suffirait sûrement pas ! Mais là, je suis d’humeur joueuse, on va prendre parmi les plus ordinaires, vous savez la connerie du tout venant, la phrase sortie par l’abruti partageant le zinc avec vous ou le collègue qu’on a envie de bâillonner tant il est stupide dans ses réflexions.

Franchement, je me marre à chaque fois quand on passe sur les clichés parfumés à la débilite aigue : entre les rousses, les noirs, les poubelles, la cuisine étrangère, les voitures et même les animaux de compagnie, vous les couineurs du blase qui se disent « indisposés » quand un de ces éléments s’approchent de vous, vous nous faites partager des sommets d’idiotie ! J’adore « être roux c’est sentir mauvais », « la cuisine africaine, quelle infection ! », l’adorable mais profond « Un pneu ça sent moins mauvais quand ça brûle qu’un arabe quand ça cuisine ». Alors en fait de préjugé je me demande s’il n’y a pas là juste une manière de camoufler un racisme lattent ou une frustration de ne pas comprendre une culture qui ne nous est pas facile d’abord. Ah les peigne-culs qui vous lancent des grandes phrases sur l’hygiène du fameux voisin qui a un « clébard qui pue », alors que lui-même n’a pas encore découvert la savonnette ou la brosse à dents, c’est un grand moment digne d’un caméra cachée non ?

Dans le genre préjugés tenaces il y a après l’odeur la partie des papilles qui est mise à contribution pour fuir tout ce qui n’est pas ordinairement dans la gamelle. « Indien, trop épicé, chinetoque… fait n’importe comment… » et nous en France, faire macérer du raison pour en faire du pinard, se taper de la choucroute qui ressemble à de la perruque d’entraîneuse passée dans une machine à laver, ou encore s’enquiller du boudin dont j’éviterai la description du procédé de fabrication… Bref, dès que c’est l’assiette c’est le veto au moins aussi benêt qu’un mioche refusant de se taper ses fayots sous prétexte que ça fait loufer. Y a des choses comme ça qui font que je fuis la compagnie de certaines personnes au moment de la ripaille, car j’ai au moins une certitude, c’est que ça finira rapidement en steak frites et non en bonne tambouille exotique. Remballez vos préjugés, ils savent cuisiner aussi bien que nous, mais différemment.

On peut parler des tempéraments aussi tant qu’on est lancé dans la gueulante : du « boche trop raide au point de croire qu’il a été emmanché dès la naissance » au « rital à grande gueule qui ne sait pas la fermer », c’est franchement la foire au n’importe quoi. Oui ! Il existe des américains qui savent se nourrir et qui n’ont pas voté Bush ! Oui il y a des Suisses qui ne sont pas mous et amorphes ! D’une certaine manière on préjuge pour avoir un critère discriminant, mais d’une certaine manière ces réactions sont essentiellement une éducation différente et une Histoire très influente sur le présent : l’allemand trop psychorigide ? Comme si l’on pouvait créer un empire en agissant pardessus la jambe… les Italiens trop volubiles ? Le beau temps et la culture de le prendre (le temps des choses) leur offrent la passion de la parlotte. Et nous les Français on est quoi ? Des gueulards, des têtes de cons mais aussi… des obsédés (du moins paraît-il). De fait d’une société donnée on en fait une caricature devenant « vérité » pour résumer des choses complexes. Tentez de faire le portrait d’un Russe que je rigole, parce qu’entre un Moscovite et un habitant du cercle polaire, autant de points communs qu’entre un européen et un Japonais (tant physiquement que culturellement).

Il y a mille abords (et non sabords) possibles pour le préjugé : la technologie (les bagnoles françaises, c’est d’la merde pas finie et pas fiable, alors que les jap’ sont géniales), l’économie (on a pas de pétrole mais des idées… en fait surtout des idées), l’Histoire (on a gagné la guerre parce qu’on était balaises !), la géographie (Ah bon y a de la neige en Afrique ?), en politique (oui le FN c’est bien – malheureusement – un parti politique et non une association loi 1901), la culture en général (Picasso… peintre en vomissures et Van Gogh tâcheron sans talent). La liste ne serait pas complète sans l’inusable « tous les allemands étaient et sont des nazis » qu’on enfonce dans le crâne de nos chers gosses… Merci aux cons qui font la langue et ce qu’elle devient (soupir…)

28 juin 2007

Tiens, pour une fois…

C’est drôle, les thèmes que j’aborde sont, en ce moment en tout cas, bien plus divers que la politique, la guerre et la violence. Serait-ce donc que je m’humanise tellement que j’en oublierais mes colères contre ce sang versé en pure perte et contre les crétins qui déclenchent ces conflits ? Pas du tout, c’est juste que je n’ai pas vocation à être l’apôtre vindicatif qui, du haut de sa tour d’argile et non d’argent harangue la foule en braillant « la guerre c’est MAL ! ». Tiens d’ailleurs, j’ajoute aussi que j’ai quelques doutes sur le fait de porter une toge ou un pagne au XXIème siècle. C’est juste une question de préférences personnelles mais j’estime plus dans le ton d’avoir un pantalon.

Bref, Cette fois encore je ne vais pas parler de schrapnel, de mines, d’obus, d’artilleries et de stratégie et ce au soulagement d’une lectrice en particulier. Certains vont pester contre ce favoritisme affiché, mais et alors ce sont mes opinions et mes envies que j’affiche et exhibe à la face de ceux qui ont la patience de me lire d’abord ! Donc, point de violence militarisée, pas de siège ni de tirailleurs, et encore moins de canonnades héroïques… Mais alors de quoi vais-je donc parler ? La question fatidique se lisant dans les yeux affolés d’une foule avide de haine et abreuvée par mes lèvres d’une haine ordinaire pour le genre humain, j’avoue y réfléchir en hésitant entre vous faire perdre un temps précieux à tourner autour du pot et trouver un sujet vraiment intéressant sur lequel je pourrai aisément divaguer. J’avoue une préférence sadique à la première solution, toutefois le procédé serait un rien lâche et aisé à décortiquer tant mes phrases sont disséquées avec soin avant d’être critiquées…

J’allume donc une cigarette toxique, m’enfonce un peu plus dans un fauteuil brun datant probablement de l’ère Mitterrand et j’observe mon écran : que dire, de quoi parler ? De la pluie et du beau temps ? Déjà fait et je n’ai pas envie de m’étaler sur les frasques d’une météo digne de l’automne et non de l’été. Alors pourquoi pas de la politique en France après la demi marée bleue ? La France s’est choisie un président et en lui donnant la majorité lui a filé les clés du pays. A ces élus fraîchement choisis par les urnes de démontrer que ce choix a été ou non judicieux. Alors parlons de l’imagination humaine ! Ca c’est un thème remarquable et il suffit de poser son regard sur un bureau aussi bordélique que le mien pour y apercevoir quelques merveilles : l’agrafeuse qui a le don de se bloquer après une utilisation conforme, le tube de colle en gel qui de gel tient plus du ciment épais, le feutre surligneur qui ne surligne plus grand-chose d’autre que mes doigts, ou bien sommet de l’ingénierie spatiale ma tasse à café en céramique bleue. J’oubliais aussi mon téléphone aphone qui sonne sans se faire entendre, le ventilateur hélicoptère qui m’offre son ronronnement et non son souffle apaisant et ce néon de Noël qui est sûrement atteint par l’épilepsie tant il clignote au gré de ses soubresauts d’humeur.

C’est beau la technologie, beau comme une centrale Tchernobyl, splendide comme un pot d’échappement de semi remorque, magnifique comme un abribus et délicieux comme le macadam chaud un soir d’été suffocant. Ca donne envie d’en découvrir plus, de laisser nos chers scientifiques se lâcher sur l’étude génétique ou sur les recherches concernant les armes bactériologiques. Rien qu’à s’asseoir sur un banc au bord d’une grande avenue on peut se régaler des progrès faits en quelques années, le tout agrémenté par le petit grain de folie présent chez chaque individu de notre espèce : la voiture aux couleur improbables et à la décoration choisie par un môme de quatre ans, la trottinette électrique et même à essence qui slalome entre les piétons, le bus semblant être une apologie des boîtes de sardines Saupiquet et même cette petite vieille ronchonnant sur la vie trépidante de la ville et tirant de ses bras amaigris un objet roulant supposé lui faciliter l’existence. Technologie, évolution du monde je t’adore, j’aime les aberrations que tu crées chaque jour. Qui aurait crû qu’on devrait désintoxiquer des gamins trop accrocs aux jeux vidéos, qui aurait supposé qu’aujourd’hui l’air parisien est si pollué qu’un jour sur deux il explose les seuils d’alerte de toxicité imposés par l’OMS, et qui aurait pu prévoir qu’on empile les gens à tel point qu’il y a des blessures thoraciques chez les voyageurs des transports en commun ? Remercions nous d’être aussi explosifs dans notre progrès, grâce à cela nous épargnerons à la Nature le soin de nous annihiler à l’aide des volcans ou des tsunamis.

Il y a des bienfaits pour la science, mais parfois, j’aimerais que certains de ces bienfaits ne deviennent pas au final une cause de plus de notre perte : l’atome, la chimie, la biologie, trois domaines vitaux et trois domaines mortels. Un proverbe américain (dont l’auteur est le créateur du fameux revolver Colt) : « Dieu fit les hommes inégaux. Le colt les rendit égaux. ». Il aurait pu ajouter avec bien plus de bon sens quelques mots pour obtenir « Dieu fit les hommes inégaux, l’Homme et sa science les rendit égaux devant la Mort ».

J’ai quand même réussi à ne pas parler de guerre... Ou presque !

27 juin 2007

Linguistique !

Je viens enfin de comprendre d’où vient le mot « résolution » ! C’est une illumination, un éclair dans l’obscurité des analyses vaines, que dis-je c’est le summum de mes tribulations linguistiques ! Que je m’explique avant qu’on appelle pour moi les services psychiatriques de l’hôpital le plus proche, j’ai découvert que, selon moi, le mot « résolution » n’est qu’un montage cynique de fonctionnaires de l’ONU à l’attention des populations pauvres des pays francophones d’Afrique. Que celui qui se gratte la tempe dans l’expectative cesse immédiatement, je suis incommodé par ses pellicules ; bref, oui je le dis : ce mot est une insulte camouflée dans un terme supposé représenter la détermination et la force de caractère… Il n’en est rien ! Commençons par la première syllabe « ré » : comme chacun sait les fonctionnaires en poste à l’ONU ont une caractéristique commune qui est de prendre des décisions en dépit du bon sens et de les prendre, pardessus le marché, par devers eux sans consulter ceux concernés… cela en fait donc des trous du … (restons polis). De plus, en admettant qu’ils prétendent trouver des solutions nous pouvons donc sans l’ombre d’un doute affirmer que résolution provient de raie - je ne ferai pas de dessin - et de solution. L’orthographe n’étant pas élégante, il fut juste décidé de prononcer « résolution » et non « raie-solution ». CQFD !

En y réfléchissant bien il y a énormément de mots derrière lesquels se cachent des origines peu avouables, pour ne pas dire honteuses. Le second exemple qui me vient à l’esprit est, et c’est authentique en revanche, l’histoire du mot « assassin ». En tant que tel il serait de prime abord difficile d’y trouver à redire en dehors du sens même du terme, mais l’en prononçant de manière un rien déformée (essayez avec une patate chaude en bouche, ça devrait le faire), vous aurez « Hashshâshîn », qui signifierait plus ou moins consommateur de hashisch. La référence historique est assez complexe car selon les sources, l’explication ci-dessus serait fausse et proviendrait de "Assassiyoun", ceux qui sont fidèles au Assas, au "Fondement" de la foi. Dans les deux cas l’histoire racontée est celle de la une communauté mystique musulmane Nizârienne, de Nizaris (shî`ite ismaélienne) active depuis le XIe siècle. L’une comme l’autre sont controversées et il est difficile de trier le vrai du faux. Ce qui est historique en revanche c’est que la consommation de hashish est bien évoquée dans certains écrits, tout comme le mot Assassiyoun… A chacun de savoir !

Ces deux exemples, dont le premier est d’une bêtise sans nom, enfin j’espère que personne n’a pris ça pour argent comptant (quoique…), démontrent que les circonvolutions de la langue et les tortures infligées aux mots provoquent parfois des bizarreries amusantes. Prenons un autre secteur qui est celui des objets usuels : on dit aisément du sopalin, un frigo, un Bic, du tipp-ex, un Stabilo, une bécane et j’en passe… et pourtant tous sont issus d’une seule et même origine : la marque ! Car oui frigo provient de la marque Frigidaire aujourd’hui disparue mais qui a été pionnière dans la vente de réfrigérateurs domestiques, le sopalin pour une marque d’essuie-tout (Société du Papier-Linge crée en 1946) et ainsi de suite. L’industrie crée donc l’objet, nous nous l’approprions et en faisons un nom commun. Il est même impressionnant de se dire que les dites marques sont oubliées alors que le produit, lui, perdure.

Après l’académique, tout le jeu de triturer la langue est de détourner et accommoder les mots à la sauce choisie, et l’argot a ce pouvoir incroyable de faire comprendre totalement autre chose en regard du sens premier : le blé, l’oseille ne représentent plus une céréale et un polygonacé (merci mon dictionnaire) mais de l’argent, une brique une somme d’argent, et une caisse non pas une boîte quelconque mais une voiture. Allez comprendre le pourquoi du comment, personnellement j’en ignore totalement l’origine, mais qu’importe cela enjolive et amuse le linguiste et rend dingue les étrangers ! Allez faire comprendre que le même mot désigne plusieurs choses différentes sans que la personne ne s’y perde et ce à cause du contexte, de la personne et même de la région où l’on se trouve…

A bien y réfléchir j’avoue qu’il m’est jouissif de parler sans être totalement compris par tous mes interlocuteurs, excepté ceux initiés à la langue argotique ou à un vocabulaire dépassant les 300 mots. Je suis peau de vache mais j’aime la langue (pas le plat bordel, lisez quoi !) et j’adore jouer avec… parfois aux dépends des autres. Que voulez-vous, j’ai la faiblesse d’admirer les méchantes plumes cyniques ainsi que celles capables de dire tout et son contraire tout en maintenant l’ensemble cohérent. Tiens d’ailleurs, n’est-ce pas là tout l’art du politicien/chef/manager/président/escroc (rayez la ou les mentions superflues) ?

J'allais oublier en hors sujet amusant: saviez-vous que nous tous nous nous mouchons non pas dans des mouchoirs jetables mais dans ce qui, au départ, devait être une protection féminine jetable? Et oui Kleenex avait créé LA première serviette hygiénique, seulement sans préciser (pudeur de l'époque oblige) le but réel du produit. Détourné par tous, utilisé comme mouchoir, Kleenex ne s'avisa pas de démentir les clients, et fut alors le premier à vendre des mouchoirs jetables! Alors, est-ce l'objet qui crée la fonction, ou bien sommes-nous si maladroits qu'on lui trouve une autre utilité? En parallèle le mot fait-il fonction, ou bien comprenons-nous de travers pour créer de nouveaux mots? Prenez l'Académie des croulants, heuu Française pardon: Ils ont créé Cédérom! Alors que c'est CD-Rom ou Compact Disc Read only memory (Disque compact de mémoire accessible uniquement en lecture)...

26 juin 2007

Alchimie et ondes hertziennes.

Ne vous attendez pas à une mixture ou une procédure détaillée pour produire de l’or de manière aisée car d’un point de vue purement personnel j’aurais tendance à dire que, si j’avais le loisir de découvrir le moyen garanti de m’enrichir de la sorte j’en tairais la recette pour mon bien égoïste. Le but de cette chronique est de théoriser la transformation du plomb en or par nos chères chaînes de télévision, car dans le domaine de la magie elles ont une véritable expertise que même les plus mauvais scribouillards de la pseudo presse écrite aimeraient détenir.

La télévision, ce fabuleux média qui a permis de mettre sous les yeux avides d’une population en quête de loisirs faciles sans réflexion des émissions, des séries et des films dont la qualité première n’est sûrement pas la profondeur de scénario. A y regarder de plus près je doute même qu’il soit possible de tirer quoi que ce soit d’intelligent de la plupart de nos programmes télévisés ! Je sais, on me dira dur et difficile et une liste de produits de qualité me sera brandie avec la force et la conviction d’ecclésiastiques en pleine inquisition. D’accord, il y a des choses valables pour ne pas dire parfois fabuleuses, mais dans une grille journalière quelle place prennent-elles ? La même que la culture au milieu de nos rues c'est-à-dire la nuit, à des heures où seuls les insomniaques et les gens au chômage peuvent s’offrir le luxe de les regarder. En dehors de ces îlots miraculés dans les flots boueux de la bêtise hertzienne point de salut pour qui refuse la bêtise bornée et vulgaire.

Commençons par les téléfilms… le royaume du néant, l’empire du scénario convenu et prévisible, le fief des bons sentiments de quatre sous qui sous les dehors recherchés ne font que mettre en avant les bienfaits d’une morale puante. Le héros ou l’héroïne, propre et bien mis, l’esprit d’amitié, la collaboration pseudo intellectuelle dans l’analyse, n’est-ce pas là les plus grosses ficelles qui soient ? Je suis souvent hilare lorsque j’écoute d’une oreille distraite les platitudes qui sont supposées être des dialogues, sans compter l’absence pathétique d’émotions des protagonistes. Les cours de théâtre se perdent, la notion de sentiment est ostensiblement écartée au profit du sensationnalisme facile. Auparavant on se contentait d’un bon meurtre bien violent ou très intellectualisés puis l’on vous mettait un policier/gendarme/enquêteur privé (rayez les mentions superflue) pour résoudre le tout dans un temps délimité. Unité de lieu, de temps et de personnages étaient respectées de manière à ne pas désorienter le spectateur à qui l’on mâchait le travail (sous-entendu lourd sur l’imbécillité du dit spectateur) avec un épilogue mièvre et bien facile.
Là, deux visions nouvelles apportent un air vicié supplémentaire : le docu fiction et la série de l’été. Qu’est-ce qu’un docu fiction ? Vous prenez une situation réelle, vous la mettez en scène, romancez une amourette impossible dedans et servez le tout au milieu des gros titres de la presse débile, pardon « people » : l’affaire Ranucci, le meurtre du petit Grégory, Mesrine… de quoi vous offrir une gazette infecte de faits divers terribles et parfois jamais résolus auxquels l’on colle des insanités indignes du journal « le nouveau détective ». Bref, docu fiction fait bon ménage avec télévision poubelle. La série de l’été, elle, a le don de m’horripiler : non contente de squatter honteusement une tranche horaire à laquelle j’espère pouvoir assister à l’énième rediffusion du corniaud, voilà que chaque chaîne produit SA série (de merde) où l’intrigue est emberlificotée (et donc sans intérêt) autour de laquelle l’on fait tournoyer des dérivations diverses (famille, amour, guerre, haine, ésotérisme…) de manière à rendre le tout illisible et enterrer un peu les conclusions trop faciles. A se pendre devant une telle bêtise ! On prend les gens pour des cons, certes c’est normal mais de là à leur faire croire qu’ils ont de l’intelligence cela en devient honteux.

Ah les films… Les journées font 24 heures et il faut bien remplir les trous que laissent les téléfilms. Alors d’un côté on achète du « bon » film, toute proportion gardée, du grand public Hollywoodien histoire de racoler les derniers survivants n’ayant pas eu la connerie de voir le dernier navet à la mode, puis là, les petits poucets, ces productions honteuses qui ne passent pas le sas des salles obscures et qu’on place en seconde partie de soirée pour combler les manques trop voyants. Ils sont pratiques, ces navets, ces films de série Z bouches trous où des acteurs de dixième zone tentent de soutenir un film qui ne le mérite pas. Comme quoi, il y a de quoi faire et regarder car certains deviennent d’excellentes comédies potaches, sans le vouloir en fait !
Les rediffusions sont elles aussi une ode à la moquerie et à la tromperie des téléspectateurs. Je parlais du corniaud diffusé une quinzaine de fois, parlons aussi des dix commandements, du « autant en emporte le vent », des Belmondo lessivés ainsi que des productions françaises de troisième ordre. On fait donc du culte par le matraque du mauvais. Parfait pour faire tourner une économie de la pourriture.

Passons aux séries qui sont les sœurs jumelles des téléfilms : plus courts, plus percutants mais tout aussi minables. Il y a parfois des perles, mais sur l’ensemble certaines engendrent autant de crises de nerfs que de changements de chaîne. Essayez d’innover au lieu de nous coller du flic à tous les étages ! Ah oui j’allais oublier : la mode aux séries pseudo scientifiques (les experts, NCIS…) et les séries médicales (urgences puis Docteur je ne sais plus quoi). Sincèrement, quel intérêt autre que le voyeurisme malsain peut pousser une personne à regarder la vie d’un hôpital et d’observer la vie des patients qui souvent sont mutilés, parce que oui une appendicite ça ne vend pas, par contre la tronche rabotée par le bitume ça en jette un maximum. De grâce, épargnez nous ces spectacles, comme s’il y avait pas assez de souffrances !

Dernière chose : la production d’émissions intelligentes, de reportages non spectaculaires mais passionnants échoit aux chaînes spécialisées sur le câble et le satellite. Les non équipés sont-ils donc majoritairement cons ou bien simplement on préfère les condamner au pas cher mais racoleur ? Donnez moi une explication messieurs les programmeurs.

PS : Les téléréalités sont à mes yeux la pire des engeances télévisuelles qui soit. Comment peut-on aller vendre de telles saloperies où le voyeurisme, le sadisme et la moquerie sont les moteurs ? Loft qui revient en force, château sous surveillance pour minots sans vrai talent… ça ne fait que confirmer ma crainte majeure où les gens, finalement, sont avides de la vie des autres et considèrent que la leur n’est pas intéressante. Et que dire de la sous bouse nommée « vis ma vie » ?

25 juin 2007

Questions stupides

Ne vous êtes-vous jamais posé des questions complètement idiotes, dénuées d’intérêt et surtout auxquelles apporter une réponse tiendrait de l’insulte à l’intelligence ? Personnellement il m’arrive comme tout le monde de douter de ma santé mentale, notamment lorsqu’il me prend d’analyser des situations dénuées d’un quelconque intérêt. Ceci étant dit, je peux tout de même être pardonné sans absolution de l’évêché du fait que notre politique culturelle tient plus de l’abrutissement volontaire que de la recherche du bien-être : racolage publicitaire indigent, cinématographie poubelle, médias dépotoirs et à présent Internet décharge publique des humeurs (humus ?) du tout à chacun. J’envie l’oiseau qui, par la grâce de la science et de son inconscience de nos idioties peut se poser sur une ligne à haute tension sans rôtir alors que nous, pauvres crétins doutons du bien fondé du risque du contact d’un corps humain avec cette même ligne électrique.

Prenons les morts stupides pour point de départ car elles sont représentatives des doutes et interrogations éternelles qui germent dans les têtes des ahuris, pardon humains qui nous entourent. « Est-ce que je peux courir à travers une forêt dense sans me prendre une branche dans les dents, le tout les yeux fermés ? ». Le SAMU a bien ri en extirpant le bout de bois s’étant gréé en second nez du petit plaisantin. « Si je lance une boule de bowling du haut d’un immeuble, de quelle taille sera le cratère ? », pour répondre il faudra demander à la personne l’ayant prise sur la tête, et celle que je trouve fabuleuse « Si je remplace un fusible grillé avec une cartouche de revolver, vais-je rétablir le courant ? » (Nota : cette dernière interrogation est authentique, un crétin crût qu’une balle peut faire office de fusible dans sa voiture, mais celle-ci s’échauffa du fait du court-circuit et … arriva ce qu’il arriva. Pour vous faire une idée, réfléchissez bien à où se trouvent les fusibles dans votre voiture.). Bref, à être cons nous sommes les champions, à tester des idioties nous détenons le pompon.

Bon là c’est de la caricature j’en conviens, mais d’une certaine manière on pose oralement des questions au moins aussi ridicules. N’avez-vous jamais critiqué les goûts et couleurs d’autrui ? la sempiternelle « Comment peut-on peindre des murs de cette couleur ? », ce à quoi il faut immanquablement répondre « Avec des pinceaux et même un rouleau laqueur, pourquoi ? », la tonitruante « Et ça roule ? » qui se voit gratifiée du « Non ça rampe, mais c’est pas économique question pneus » et j’en passe. C’est un domaine où chacun peut exprimer son talent pour le néant et le ridicule et je suis sûr que vous pourrez me trouver des exemples au moins aussi percutants.

Relativisons ce portrait peu reluisant de notre chère Humanité : la science répond souvent à des doutes qui jusque là étaient insolubles. On a bien pris pour des fous ceux qui affirmaient que la terre tournait autour du soleil ou bien ceux qui affirmaient qu’une pierre pouvait servir de carburant de chauffage. Toutefois la science essaye de s’interroger (j’espère) à des sujets vraiment utiles comme « Vu que l’escargot se déplace en rampant, qu’il bave pour adhérer, si l’on pose de l’huile sur une feuille à quelle vitesse ira-t-il ? »…. Question à la con une fois de plus, d’ailleurs je ne suis même pas sûr que l’escargot bave pour coller. A vérifier tiens. Une question intelligente… une question intelli… bon d’accord souvent des découvertes sont le produit de la connerie humaine ou bien de la transformation d’une connerie en utilité. L’aviation fut un terrain de prédilection pour les cinglés et pourtant une cause d’énorme progrès durant le siècle dernier. Franchement, ceux qui se collaient des ailes dans le dos, étaient-ils vraiment sains d’esprit ? Que dire des premiers essayeurs de parachutes ? Et du siège éjectable ? De quoi frissonner rien qu’en y pensant.

Quand les modèles mathématiques sont impuissants on applique la méthode du « on essaye, si ça merde on saura pourquoi ». Pourquoi écrabouiller des voitures dans des accidents ? Pour vérifier si ça se démolit en préservant les passagers. Quelque part, faire ces tests c’est implicitement se convaincre que les gens sont trop cons pour rouler correctement. Saviez-vous que pour tester la résistance des baies vitrées des cockpits de gros porteurs (Boeing et Airbus) on propulse dessus un poulet via un canon pour simuler un impact d’oiseau ? Méthode idiote en apparence mais question intelligente en bout de chaîne. Alors… si un type teste la résistance d’un élastique de slip kangourou en s’y pendant au-dessus du vide… non là c’est vraiment TRES con.

22 juin 2007

Notice de conduite pour être un bon dictateur

Comme pour tout rôle éminemment important dans un gouvernement, le fait de devoir représenter un état mais aussi le diriger doit respecter un certain nombre de règles particulièrement simples au demeurant mais qui d’un point de vue purement technique nécessitent certains aménagements tant avec la conscience qu’avec les lois en vigueur. Je recommande donc un certain nombre de préalables pour que le dictateur dont il est question puisse avoir les « mains libres » et ainsi mener à la réussite sa gouvernance.

Premier point essentiel : les fondamentaux avant d’agir.
Tout dictateur doit se prémunir contre la potentielle illégalité de ses actes et décisions en expurgeant le plus vite possible le code pénal en vigueur. Dans cette optique il sera judicieux de s’adjuger le droit de réformer une loi sans aucun accord, car toute phase de validation entraînerait des retards voire des refus intolérables. Par conséquent, s’entourer de juristes fidèles et surtout zélés saura être un avantage indéniable dans cette phase de préparation.
Le second aspect à ne jamais négliger dans cette période est celui de ne pas se mettre à dos l’ancienne garde, celle qui se prétend gardienne des acquis et protectrice du droit commun. Faites preuve de pragmatisme en la flattant et en l’assurant dans son rôle d’applicatrice de vos réformes, ceci surtout concernant le droit pénal. Les lois, ce sera votre entourage qui en aura la primeur, pas les fonctionnaires, mais ce seront les fonctionnaires qui seront en première ligne pour les expliquer et les appliquer.
La force d’un état c’est autant ses actions que ses symboles : soignez l’image de vos étiquettes, si nécessaire créez une imagerie représentative de vos opinions. Evitez par contre la fanfreluche et le clinquant, c’est au contraire la prestance et la crédibilité qui vous donnera le pouvoir. La meilleure des armées est celle qui a l’uniforme le plus discret. Par opposition par contre il sera vital de récompenser les personnes moteur de votre hégémonie en leur adjugeant des titres, des décorations et des actions d’éclat afin d’en flatter l’ego. Des cérémonies de remise de médailles offrira par exemple une fierté légitime à tout ouvrier se dépassant au travail, sans pour autant lui apporter quoi que ce soit de concret. Donc, flatter l’orgueil avant le portefeuille.
L’un des paradoxes d’une dictature est qu’il y aura une part non négligeable de soutiens imprévus, ceci essentiellement dans une population qu’il sera judicieux de former, informer et éduquer dans la droite ligne de votre politique. Les écrits, le son et l’image seront des vecteurs essentiels de votre propagande mais c’est surtout le bouche à oreille qui fera un travail de fourmi. La plus probante des méthodes est de faire participer le plus grand nombre soit à des défilés et commémorations qui ont pour désavantage une improductivité notoire et un coût démesuré ou bien de lancer des projets de grande ampleur afin que chacun se sente concerné par les travaux de votre état. Bon nombre de chantiers peuvent s’offrir à vous : amélioration des infrastructures qui auront des effets bénéfiques non seulement sur l’économie mais aussi sur la mobilité de vos troupes en cas de crise majeure, développement de zones territoriales délaissées par repeuplement ou modernisation des moyens de production et enfin l’éventuel projet militaire d’envergure comme la production d’une aviation moderne, qui à elle seule sera une fierté nationale.
Le dernier aspect fondateur de votre pouvoir sera d’affirmer votre présence en jouant tant de la force tranquille de votre image en bon paternaliste que de l’aspect répressif contre les déviants. Petite précision : il est incongru de massacrer les déviants, la violence engendre la violence et les populations ont une culture revancharde quoi qu’on en pense. De fait, l’essentiel est au contraire de les isoler ou de leur offrir le quignon de pain qui saura les satisfaire alors qu’ils auraient pu obtenir de la viande avec un peu de bon sens. Il est amusant de voir qu’un révolté fléchira aisément lorsqu’on lui accordera quasiment rien alors qu’un raisonné patient sera toujours plus exigeant. Surveillez donc plus ceux qui pensent bien que ceux qui agissent mal.

Second point essentiel : la pérennité de votre gouvernance.
Assurez vous d’avoir un Ennemi. L’Ennemi est le concept vital d’une dictature : il sera soit une minorité soit un voisin belliqueux (dans les faits ou non peu importe) de manière à orienter le regard vers cette cible facile et surtout haïssable. N’éliminez pas bêtement l’ennemi, faites le détester, isoler et surtout le rendre responsable de vos maux les plus douloureux. C’est à ce prix seulement que vous aurez une large majorité de soutiens. Petit conseil : puisez dans l’imaginaire populaire pour trouver l’ennemi commun à tous ou presque afin d’être en parfaite osmose avec la masse que vous dirigerez.
Comme pour tout pouvoir il existe et existera toujours une vague contestation qui saurait prendre de l’ampleur si l’on n’y prend pas garde. Oubliez tout de la répression systématique, elle exige un coût humain et matériel souvent bien trop démesuré par rapport à la crise réellement en cours ; au surplus de ce fait les réactions telles que celles de la révolution pacifique (non violence et arrestations de masses inutiles) sauront gripper les rouages d’une police pourtant forte de lois et d’équipements favorables. Désamorcez sera le maître mot et pour cela pas de secret, seules deux méthodes permettent d’obtenir sans frais réellement exorbitant un gain notoire : la peur ou l’appât. La peur vous sera fidèle et simple à mettre en œuvre mais quasiment impossible à disloquer par la suite. Pour se faire, il s’agira de s’engager dans la création d’une troupe réduite mais démesurément libre de ses actes de manière à créer une atmosphère de suspicion ; ajouter un peu de propagande pardessus en fomentant une terreur de l’ennemi de l’intérieur saura ajouter du crédit à ces équipes. Evitez par contre tout conflit d’intérêt entre cette police spéciale et les instances légales en créant une hiérarchie de priorité afin que tous connaissent leurs rôles respectifs. La méthodologie de l’appât sera de jongler entre les intérêts des uns et les revendications des autres en tentant de trouver une sortie qui à vous seule sera favorable. Accordez quelques libertés supplémentaires et non pénalisantes vous débarrassera des étudiants et des ouvriers, tandis que le verrouillage des syndicats en y introduisant une validation supérieure de l’état contrôlera non seulement les ouvriers mais surtout un patronnant qui vous sera reconnaissant à chaque petite ouverture. Pour l’exemple ne censurez pas la musique, c’est un vecteur de militantisme certes mais c’est surtout un loisir essentiel. Verrouiller la musique c’est préparer le terrain au marché noir et à l’idéologie déviante véhiculée par des morceaux venus de l’extérieur. En interdisant que l’intolérable (c'est-à-dire pas grand-chose finalement) vous obtiendrez un statu quo à peu de frais.
Un autre point vital pour rester en place est de conserver un fonctionnement économique et surtout administratif efficace : ce n’est pas en réformant sans compétence le système financier que vous obtiendrez des résultats probants. Laissez le soin de gérer l’économie à des experts choisis qui vous ménageront des portes dérobées pour obtenir sans trop de difficultés des devises et des biens pour l’état. Certains pays nécessiteront sûrement des réformes massives passant par la modernisation des outils de production ainsi que la disparition à terme des petits commerces de subsistance. Financez la progression économique en échange d’un volontariat pour des actions majeures. Si le besoin s’en fait sentir, attirez les investisseurs sur la foi de la stabilité de votre état et sur sa non corruption. Evitez que vos proches ou vous-même s’enrichissent sur le dos du pays, ne prenez que des gens déterminés à être des serviteurs de l’état et non de leurs propres causes. Ne négligez pas cette image car elle pourrait vous être fatale.

Dernier point essentiel : la fermeté.
Tant toute décision difficile seule la fermeté fera de vous l’idole des faibles et le craint des forts. Ne fléchissez pas, offrez votre image et votre cœur en gage d’absolue foi en vos convictions politiques et sociales. Un peuple sans tête n’est pas un peuple et un dictateur sans peuple n’est plus un dictateur.

21 juin 2007

Une volée dans les dents

Le nez dans le courant ascendant, les yeux rivés sur la ville qui souffle sa pollution, mon âme écoute avec intérêt les trépidations du bitume qui cache les misères d’un monde déshumanisé. C’est beau non ? Ca a une autre prestance que de dire avec le tact d’un général soviétique « Ca pue, il fait chaud et tout le monde se fait la gueule ». Là, tout est dit et la discussion qui aurait pu s’entamer sous les meilleurs auspices se retrouve alors totalement superflue, inutile et tristement repoussante. En quelque sorte, la parole devient un repoussoir aussi virulent d’une suée de fonctionnaire obèse dans un bureau sans climatisation un jour de canicule et pour tout dire cela expliquerait le tempérament violent des humains. Ma foi, pourquoi perdre son temps à parler et à jouer de la circonlocution alors qu’une bonne baffe bien appuyée a l’avantage indéniable de la rapidité, la force incontestable de la revendication et suprême utilité l’interdiction formelle de toute négociation ultérieure. L’Homme excelle à cogner en pêchant par impatience. Probablement que les blindés envahisseurs des communes françaises faisaient preuve de l’enthousiasme déluré de la jeunesse !

Tergiverser, négocier, parlementer sont des méthodes longues, périlleuses, semées des embûches de la mésentente ; pour s’en convaincre je crois que les réunions des parlementaires européens doivent valoir le déplacement car entre la traduction plus ou moins précises et parfois même les contresens je peux ardemment supposer qu’au bout du compte le Français parlait de bananes, le Belge de Ray-Ban et le Suédois d’igname. Certains pays résolvent alors les conflits politiques par l’utilisation des poings au lieu de jouer de la calomnie somme toute efficace mais sur un long terme auquel l’on peut contester la pérennité. « Cognez et parlez ensuite, ça vous sera bien plus utile » aurait affirmé (de source non informée ni vérifiée) un élu Vietnamien après une assemblée plus que houleuse. Aux dernières nouvelles il serait envisagé de boulonner les fauteuils au sol pour qu’ils ne deviennent pas des projectiles. Comme quoi, parlementaire peut rimer avec délétère.

Les facteurs de l’aggravation des pertes de contrôle de soi sont connus et reconnus, et par exemple la chaleur n’est pas le moindre des catalyseurs. Placer un conducteur dans un bouchon en plein été avec une canicule, le tout sans eau ni climatisation et en bonus un enfant saturé de fatigue et d’un besoin légitime d’aller faire ses besoins, je certifie la crise de nerfs à la majorité des parents qui, par simple excès de colère finit parfois par en devenir l’archétype du bourreau. Que j’aime ces bestiaux agglutinés sur la route des vacances, chargés comme des mules et s’empiffrant de chips soiffardes ! Ils m’émeuvent presque autant que lorsque je tombe sur ces émissions où des cinglés découvrent qu’un mur pris à 300 Km/h n’est pas tendre avec la voiture, enfin émotion qui serait plus de l’hilarité.

On dit qu’il faut parfois se faire violence et personnellement je préfère être violent avec autrui car d’une part je m’aime bien et d’autre part parce que je ne vois pas pourquoi je retournerais mes colères contre ma propre intégrité physique ou morale. Entre la main levée et la langue pendue j’ai pris le parti du bavardage virulent qui semble fonctionner à merveille pour éveiller la colère des idiots, le rire des cyniques et l’impassibilité du reste de la population. Cela prouve donc que la violence est un marché porteur et qu’au surplus il offre tout un tas de perspectives que même les plus compétents dans la vente d’armement seraient bien en peine d’envisager. Pour répondre à la volée de missiles rouges on a les patriot (équipement Américain fait de missiles supposés intercepter les ogives ennemis… une espèce de parapluie de fer qui semble t’il aurait l’efficacité d’une écumoire pour regarder Canal+ mais là je diverge), mais contre la haine en paroles on a le mépris, la colère ou l’indifférence. Dans tous les cas, à moins de demander explicitement qu’on passe au pilori les importuns et les calomnieux l’on est tenu de gérer la colère verbale. Cette impossibilité à se débarrasser de cette nuisance expliquerait le nombre de dents cassées par autre chose que l’asphalte lors d’accidents de la circulation. « Circulez, y a plus rien à voir ! » lancera le motard de police intérieurement amusé par la débilité des deux bagarreurs trop surchargés d’hormones et de testostérone.

Pour finir amusez vous : rendez fou quelqu’un que vous avez du mal à voir en peinture (ou en tout autre chose d’ailleurs) et comptez le temps qu’il ou elle mettra avant d’en venir aux mains. Généralement l’on est plus proche des minutes que des heures ou des jours… alors ne comptez pas sur nos politiques pour être plus sages que nous sur ce point, ils sont encore plus sanguins…

Misère…

20 juin 2007

Sens de l’humour

Le plaisir que j’éprouve à écrire ces critiques et vertes mais pourtant vaines provocations quasi quotidiennes est l’occasion d’exercer quelque chose de difficile à maîtriser, l’art de faire rire, ou du moins faire sourire un lecteur. En soi l’on pourrait croire qu’il est fort aisé d’attirer la réaction des zygomatiques sur ses propos mais il n’en est rien tant le drôle a ceci de confondant qu’il doit être fort contrôlé pour créer l’hilarité. C’est tout le paradoxe, le rire est plus difficile que les larmes, il suffit pour s’en convaincre de placer une situation somme toute très simple : un chien dont le nom nous indiffère est assis au milieu d’une route vide de toute circulation, avec comme fond un paysage triste comme un désert. Le chien a la tête baissée : là il attire la compassion avec son air de pauvre bête abandonnée et les plus sentimentaux iront jusqu’à verser la petite larme de charité. Faites passer à fond les gamelles un semi qui percute alors de plein fouet la bête et demandez vous : allez vous rire du malheur d’autrui ou vous offusquer d’une telle cruauté gratuite ?

Il y a deux sortes d’humour : celui qui permet de rire de soi et celui qui rit au dépend de toute autre chose que soi. Pour le second point personne ne doutera que nous en sommes pour ainsi dire tous capables : depuis l’handicapé moteur en passant par le voisin imbécile à l’épouse taillée comme un pied de vigne, ou les politiques caricaturés, se moquer, jouer sur les faiblesses et tares d’autrui ne représente pas vraiment de défi ; tout au plus cela nécessitera un rien d’imagination pour renouveler les genres éculés et trop entendus comme les plaisanteries racistes ou antisémites, les inusables « monsieur madame » en pleine désuétudes ou pour finir dans le reliquaire des blagues de quatre sous les « Toto » dont la mémoire collective a déjà supprimée l’origine (que je ne connais pas non plus). Il est clair que cela s’avère presque trop facile et à la limite lâche d’agresser le faible et le mal loti, alors que s’attaquer au fort, au puissant est fait d’un autre acabit ! Pourquoi parler des forts alors qu’il s’agit dans un second temps de parler de soi ? Parce qu’il faut une certaine force de caractère pour être capable de rire de soi en toute sincérité, et surtout supporter l’humour des autres à ses dépends. L’art d’offrir son corps à l’humour n’est pas une flagellation masochiste mais une sorte de revendication de son état de « con comme les autres ». Ainsi, par autosatisfaction autant que par courage celui qui sait rire de lui-même se classer parmi les forts et non parmi les cibles potentielles.

Qu’est-ce que le sens de l’humour ? Est-ce accepter de rire de tout ? En toute franchise je pense que l’on peut rire de tout, que ce soit de la maladie, de l’infirmité, de la guerre et j’en passe car, quelque part, si l’humour existe c’est qu’il compense notre passion pour l’horreur quotidienne et tristement ordinaire. Plus d’une fois j’ai constaté le rire aux lèvres de ceux qui plaisantaient sur la famine éthiopienne tandis qu’ils se seraient offusqués que l’on se moque du beauf qui met de la moquette sur le volant (forcément l’un d’entre eux l’aura immanquablement fait en croyant que c’est une touche classieuse, enfin passons). A cet éclairage outrageant on peut donc sans conteste affirmer que rire de tout oui, mais c’est rire de tout ce qui ne nous touche pas. Par nature l’on rira tant que la tristesse du sujet ne nous sera pas jetée en pleine figure comme un pavé à Gaza, et autrement l’on demandera au plaisantin de gentiment éviter le sujet. Quelle pudeur, quel besoin de paix et de ne pas être indisposé par l’humour… alors qu’il avait ri trente secondes avant du martyr des détenus d’Auschwitz. Encore un qui saura rire des autres mais pas de lui-même.

En plus de devoir être prudent sur les sujets, il se peut que l’auditoire ne se prête guère à des démonstrations de drôlerie politique, religieuse ou le tout ensemble. Diffamer quelque religion que ce soit c’est risquer à coup sûr l’injure ou du moins le mépris lourd de menaces, plaisanter sur le cancer et on vous balancera de grandes vérités sur le respect des malades, respect dont personne ne saurait faire preuve pour les femmes enceintes ou les gens en béquilles dans les transports en commun soit dit en passant. De fait, rire avec tout le monde est impossible, et heureusement : que resterait-il aux vendeurs d’armes si tout le monde se marrait avec tout le monde ? Un marché sans acheteur pardi !

J’ignore si je fais réellement rire, éventuellement sourire, mais de toute manière je suis content de faire le con et d’en rajouter à chaque fois que ce n’est pas nécessaire. C’est ma cure de haine que je préfère mettre ici en terre pour toujours que de la ruminer pour un jour la vomir sur le premier crétin venant m’astiquer les tympans de ses certitudes puériles… Donc merci à vous de jouer les thérapeutes attentifs à mes simagrées, et ce gratuitement pardessus le marché !