19 juin 2007

Le bruit

Parmi toutes les nuisances que nous devons tolérer à longueur de journée je crois que le bruit a la palme incontestable du plus détestable des désagréments. Non content de nous faire souffrir les tympans, il ajoute ce côté agaçant qui, une fois mis bout à bout avec toutes les contrariétés auxquelles l’on se plie de guerre lasse, vous amène à hurler de rage et à vous armer d’un gourdin salvateur pour à loisir démolir la gueule du voisin réécoutant pour la trentième fois son vinyle de Dick Rivers, bousiller le clébard court sur pattes de l’emmerdeuse qui vous sert de vis-à-vis et, pourquoi pas l’emmancher dans la gorge du morveux du dessous qui se prend pour une castra. Aussi spectaculaire que ces démonstrations haineuses peuvent paraître, le bruit est pourtant le grand ordonnateur des pertes de calme au même titre que la chaleur peut stigmatiser une situation déjà électrique. Qui n’a pas pratiqué les transports en communs bondés ne connaît pas son bonheur d’éviter les infâmes et pitoyables disputes hurleuses de voyageurs trop imbéciles pour comprendre que tout le monde les subit en prime des désavantages de la promiscuité.

Si je devais classer le barouf par taille et souffrance engendrée je me retrouverais forcément bien en peine car chacun a une sensibilité à un type de bruit. Personnellement je voue une haine farouche aux adolescents qui estiment que « plus ça fait de bruit, plus ça roule vite », théorème idiot qu’ils mettent en pratique sur des deux roues instables et souvent dénués de freinage, le tout pour mon plus grand déplaisir. Peut-être sont ils sourds pour tolérer cette cacophonie, allez savoir… d’autre se souviendront avec une moue sans équivoque de la craie blanche grognant sa colère stridente sur le tableau d’ardoise ou de particule peint pour l’imiter. A ce propos je me suis souvent demandé si les enseignants n’utilisaient pas ce procédé pour jouer d’une autorité acoustique indéniable, car quand on sait faire crier une craie (répétez cette phrase dix fois sans bafouiller), on détient le pouvoir. Depuis, je remercie l’heureux génie qui a développé les tableaux effaçables assortis des feutres sans solvant. Bien entendu, cette liste n’a rien d’exhaustive puisque chacun trouvera sans difficulté « son » bruit haï.

Là où le bruit devient une pourriture, une perversion sans nom c’est au moment précis où certains classent celui-ci en tant que « musique ». Parisiens, habitants des villes peuplées de groupes de jeunes sans compétence et sans talent, je vous plains : le 21 Juin sera comme chaque année l’occasion de vous abrutir d’un vibrant hommage aux bouchons auditifs Quies, le tout sous la tutelle du ministère de la (in)culture. N’étant pas de nature masochiste et encore moins prêt à faire preuve de tolérance pour l’adolescent beuglant sa haine du système, je fuis l’évènement comme les rats quittent le navire avant les marins. Dans certains quartiers j’irais même jusqu’à demander un dédommagement pour les riverains tant ces orchestres - oui ils ont le culot de se nommer orchestre - sont des insultes aux groupes repris et massacrés avec la méticulosité de vikings en plein pillage. Mais par pitié et au nom du respect des défunts : faites les taire, ou alors faites passer des auditions !

C’est vrai, je suis cruel avec ces jeunes qui se bercent d’illusions et se voient comme les futurs Nirvana ou Radiohead, mais ont-ils si peu le sens des réalités pour ne pas constater par eux-mêmes leur incapacité ? Bien souvent j’associe le matraquage de la guitare électrique à celui du bitume par un marteau-piqueur. Tiens en parlant de celui-là, le sadique qui vous bousille une semaine de repos ou une convalescence forcée, l’ordurier crachant sa haine de l’ordre pour en faire des morceaux. Entre ce goujat, les camions bramant dans un bouchon aux mains d’un routier toujours trop pressé, la sirène stridente du recul de la toupie à béton, et oh suprême violence l a dameuse engagée dans une danse du « si tu vires pas tes pieds, j’en fais de la purée ! », il y a de quoi faire perdre les derniers atomes de patience des êtres cherchant juste la quiétude du foyer protecteur.

Mais finalement, n’est-ce pas le domicile qui est le plus sauvagement sonore ? Radio, télévision, ordinateur… ah oui j’oubliais un truc amusant : saviez-vous qu’un bébé qui pleure, c’est 114 Décibels, c'est-à-dire le niveau sonore d’une de ces saloperies d’alarmes automobile qui vous pourrissent les nuits et n’interrompent jamais les voleurs en action ?

18 juin 2007

De retour

Se croire indispensable c’est se heurter tôt ou tard à une terrible déception, notamment quand il s’agit de supposer à tort qu’on peut véhiculer autour de soi une véritable « cour » passionnée par vos propos, et s’abreuvant à la moindre de vos digressions intellectuelles. Une semaine de silence et déjà les statistiques tombent telles les victimes d’un tsunami, et bien que par orgueil je me sois retenu de râler vertement contre les fuyards, je dois humblement constater que c’est à moi d’entretenir la présence par des articles aussi réguliers que nombreux. Toute la question qui se pose est écrire oui, mais pour parler de quoi ? La vacuité est un sujet déjà abordé par mes soins et les plus fins s’indigneraient si je me répétais dans l’article du jour. Inutile de préparer la lanterne, la corde et les voiles noirs je vais m’occuper d’un autre thème tout aussi intéressant qu’oppressant : la climatologie. « Mais qu’est ce que c’est que ça ? » dira le béotien en se grattant où il veut tandis qu’il reverra en songes les exclamations enthousiastes d’un Gillot Pétré sûr de sa science météorologique. La météorologie c’est étudier les phénomènes météo, la climatologie c’est analyser les climats et ainsi en étudier les variations au cours de l’histoire.

Là déjà j’ai dû faire fuir une proportion non négligeable d’analphabètes qui se contentent fort bien de connaissances minimales dans leurs esprits exigus et les autres se demandant en quoi je puis me passionner pour ces sciences complexes. Mais dites, ce n’est pas moi qui me suis épris de ces analyses du temps et des nuages, c’est la foule qui s’est faite avide d’informations toujours plus riches et intéressantes : Depuis la ménagère qui étudie avec soin le bulletin du lendemain pour préparer sa sortie avec la progéniture braillarde et indisciplinée jusqu’au paysan friand de données utiles pour économiser un peu d’eau pour l’arrosage de ses terres, tous nous convoitons les petits nuages par ci et les petits soleils souriants par là sur la carte, en n’oubliant surtout pas les explications mi jargon mi baratin d’une potiche souvent connue que pour ce rôle de godiche de la météo. Bien évidemment on peut étendre ces nécessités à tous les corps de métier qui sont en relation directe avec les éléments : le bâtiment, le transport, la logistique… mais jusqu’où ira notre exigence de précision ?

Jusque là, pas de problème ; j’admets sans peine qu’un regard distrait sur les deux minutes climatiques du jour ne me dérangent pas et que j’en apprécie plus ou moins la fiabilité, mais là où je deviens hilare c’est lorsque les gens se prennent pour les grenouilles grimpant à l’échelle lorsqu’en reniflant l’air elles vous assomment d’un « Il va bientôt flotter des cordes » ou, pire encore « Plein les bottes de cette flotte, vivement l’été ! ». Bien sûr ces deux remarques auront pour but de jouer les scientifiques d’opérette pour le premier, et le mal luné par essence pour le second. L’un et l’autre de ces deux commentaires prennent la même place dans la hiérarchie de la connerie verbale des propos inutiles que les réactions passionnées sur l’utilité ou non des seins siliconés ou les opinions sur les tentatives d’évasion fiscale d’une star quelconque. On s’en fout ! Toute l’importance de nos analystes en herbe est de se donner une importance toute relative lorsque le pifomètre et le dernier bulletin radiophonique permettent à ces ignares de passer pour des connaisseurs.

Là où j’explose littéralement c’est quand le sujet du réchauffement climatique se pointe à l’horizon, le tout teinté de volontarisme mou d’écologiste de bon ton et qui transpire souvent l’hypocrisie de bas étage. Ca fuse, ça raisonne et ça commente alors : le climat a changé, faut faire attention, et que la bagnole c’est une horreur, et que les Hommes sont des minables… Hé ho les boursouflés de la défense des droits du pétunia, vous n’oublieriez pas de laisser les clés du Pajero sur la table de nuit par hasard ? De qui se moque t’on ? On ne s’institue pas climatologue comme on se fait Robin du Bois (mais oui vous savez, le guignol qui vous fait marrer quand il dit qu’il faut virer le nucléaire sans pour autant vous proposer mieux !), et si sujet à inepties il y a je pense qu’en tête de liste des préjugés débiles le climat se pose probablement dans les cinq premiers. Alors : oui l’activité humaine a un impact colossal, oui la pollution engendre des changements climatiques mais NON le réchauffement n’est pas forcément entièrement de notre faute. Des années d’études démontrent… qu’on n’en sait rien et que par un passé qui nous est inconnu (puisque nous n’étions alors qu’à errer de branches en branches en vils bouffeurs de banane sans chantilly) des cycles de sécheresse et de glaciations ont touchés le monde. Pourquoi ? Changement d’orbite terrestre, volcans provoquant de véritables hivers nucléaires, météorites et j’en passe. Nous ne sommes pas le nombril du monde en revanche nous pourrions en être la gangrène.

Par pitié, plus de commentaire sur la météo ou le climat, ne parlez que de sujets que vous connaissez un peu plus que par des documentaires racoleurs car s’il est des sciences où les modèles s’affinent sans arrêt ce sont bien la météorologie et la climatologie qui requièrent encore énormément d’observations, d’analyses et d’amélioration des processus d’étude. Toute personne impliquée dans ces domaines vous dira toujours que c’est un peu mettre en équation le chaos ordonné.

Bonne chance !

08 juin 2007

Les vieilles guimbardes et moi

Si le paysage urbain semble si morne et passablement uniforme, je me demande parfois si la cause n’est pas juste une homogénéisation du parc automobile. Quelque soit la marque, l’origine ou même les modèles, toutes les voitures se ressemblent et finissent même pas rendre difficile l’identification d’un modèle par rapport à un autre. Bien entendu certains constructeurs conservent tics stylistiques inhérents à l’historique de la marque comme par exemple une fidélité à un bureau de style donné ou bien une forme particulière de calandre. Toutefois, et ce à contre-courant des censeurs automobiles, j’aimes ces vieilles guimbardes qui firent autant la gloire de ma jeunesse sous la forme de miniatures Majorette que celles de la génération de nos parents.

Déjà je vois certains me regarder de travers en se grattant la base du crâne avec l’air interrogatif qu’adopte la poule face à un engin provenant de Pluton : « de quoi qu’il cause celui-là ? » Et bien de vieilles voitures que je préfère nommer anciennes ou ancêtres. Attention la dénomination a une importance, une ancienne c’est plus de trente ans, une ancêtre c’est antérieur à la première guerre mondiale. Toute la différence tient qu’après le conflit la voiture devient un produit de grande consommation et qu’énormément de choses évoluèrent de manière fulgurante, mais nous ne sommes pas là pour un cours magistral sur l’histoire de la bagnole. Donc, comme je commençais à le dire, les guimbardes auxquelles je songe sont les voitures de papa ou de grand papa, entre les Renault 4CV d’après guerre et les De Dion Bouton de 1920, ces bouilles de tôle si adorables, si osées dans le dessin, si datées dans les finitions… et si insultées pour leurs vitesse d’asthmatiques lancés dans l’escalade du Mont Blanc. Bien sûr que ces voitures ne sont pas des foudres de guerre (quoiqu’il y a toute une série de véhicules capables de laisser sur place ces fameuses modernes dont tout le monde se vante… enfin bon passons), mais c’est aussi un art de vivre que de circuler dans ces engins qui devraient n’attirer sur elles que sympathie et sourires amusés. Comment ne pas craquer devant la bouille rigolote d’une Fiat 600, être impressionné par les monuments roulants qu’étaient les premières voitures à moteur à explosion, ne pas céder au confort d’avant-garde d’une DS ? Personnellement je ne peux que me rendre compte du côté désirable de ces pièces de musée.

Tout de suite l’écologiste en mal de combat me rétorquera qu’une ancienne ce n’est pas catalysé, que ça pue, que ça consomme, que c’est bruyant… parce qu’il faut qu’une voiture soit aseptisée ? Parce qu’il vous faut un véhicule dénué d’âme pour qu’il soit politiquement correct ? L’artisanat a vécu ses belles heures dans le monde de la mécanique, de la carrosserie ou de la sellerie. Il y a tant d’anciennes qui étaient finies à la main, réparées et entretenues avec le soin d’un horloger pour une montre à gousset, et une voiture était un patrimoine et non un objet jetable tel un rasoir usagé. Il y a une relation vraiment chaleureuse avec ces engins sur qui des générations se sont acharnées au volant et pestées contre la circulation ou l’hirondelle pointant son bâton blanc en signe d’avertissement. Derrière le moteur de ces machines « périmées », il y a eu des cœurs et une espèce d’âme subsiste dans les anciennes. C’est aussi un peu pourquoi certaines ont des cotes élevées à cause d’un historique atypique : possédée par une star ou un personnage Historique, ou bien pour un palmarès de course certifié. Bref, l’ancienne c’est aussi la mémoire des anciens propriétaires qui perdurent.

Pour qui se fout de ses aspects, alors prenons aussi le côté préservatif, non pas le latex imbécile, donc le côté latex… et m… la préservation d’un patrimoine historique. Quelle fierté de pouvoir retracer et même reconstituer les ruelles des années 50, se souvenir de l’odeur de plastique surchauffé de la R12 de papa et même celle de l’essence dans la 2CV du voisin ! Il y a un cet aspect si important qu’il m’est impossible d’en dissocier la voiture ancienne : sauvegarder l’histoire de l’industrie, rappeler des souvenirs à toutes les générations et se sentir comme un collectionneur plus que comme un criminel, ça n’a pas de prix.

Bien sûr c’est un loisir cher, complexe, technique et surtout envahissant, car une voiture s’entretient, se répare, se restaure et pire encore pourrit si l’on ne prend pas soin d’elle… sans compter la place prise sur les celles qui devraient légitimement prendre place dans le garage. Plus d’un collectionneur vous dira que le budget est intenable, qu’il y a des péripéties parfois comiques parfois épuisantes, mais que jamais ils arrêteront ce jeu de la chasse à la pièce rare et celui du démarrage de mémé Titine âgée de 65 ans.

Préserver le passé c’est avoir de bons souvenirs pour l’avenir, et j’espère pouvoir un jour, moi aussi, rejoindre la bande de doux dingues passionnés par ces guimbardes qui rouillent, pétaradent, parfois tombent en morceaux, mais qui restent si belles à mes yeux !

Bis repetita

Et bien... juste pour me répéter (une fois de plus), Dimanche c'est le premier tour des élections, et je vous invite à faire votre acte citoyen au même titre que lors des présidentielles.

J'ai félicité la masse qui s'est décidée à être raisonnable et agissante, ne me faites pas mentir quelques semaines après!

07 juin 2007

Apologie de la non violence

La lutte…

Se battre…

Résister…

Ces thèmes sont à nos yeux embourbés de la molle vacuité des médias actuels des situations vitales, surtout lorsqu’il s’agit d’obtenir ou de défendre des droits fondamentaux tels que la Liberté ou l’indépendance. Bien entendu la dialectique est violente : lutter contre l’ennemi, se battre contre lui sur son terrain, résister à ses assauts incessants, il n’y pas à douter ces phrases ne sauraient être plus violentes et plus représentatives de la valeur qu’on accorde à la rébellion. Pourtant, le combat de front est-il à lui seul l’unique méthodologie possible ? Est-on vraiment dans la bonne direction lorsque c’est le fusil, la machette ou la trique qui dicte sa loi ?

Linguistique et révolution
La révolution sous-entend, du moins dans le sens commun qu’on accorde à ce terme, une velléité de combat contre un système établi et d’en instaurer un autre qu’on estime être plus adapté, en tout cas moins injuste que celui qu’on attaque. De fait, la dialectique exploitée par les discours révolutionnaires est donc d’un point de vue purement doctrinaire totalement orientée vers le combat, la prise des armes et le reversement radical de la cible. Qu’on observe le bolchevisme de 1917, la révolution Française de 1789, ou les tentatives échouées telle que celle de Zapata au Mexique, c’est toujours par les armes que les mouvements révolutionnaires se sont crûs tenus d’être brutaux pour déloger l’ennemi au moins aussi brutal. Il est donc évident que le premier réflexe de celui qui veut du changement suggère une radicalisation, quitte à oublier finalement quel est l’objectif principal qui était l’équité et la paix pour tous.

Gandhi, un pivot dans l’Histoire des révolutions

Cliquez ici pour lire l'article Wikipedia sur Gandhi

Pourtant, malgré l’amalgame révolution – violence, un symbole, un « messie » apolitique et laïc est apparu : Mahatma Mohandas Karamchand Gandhi, un des pères fondateurs de l’indépendance de l’Inde. Cette année nous fêterons au mois d’août les 60 ans de cet état, ainsi que du Pakistan qui naquit de la partition des Indes colonisées. Revenons sur le personnage de Gandhi : non violent, adepte de la désobéissance civile, il créa le premier mouvement s’opposant réellement aux colons et à leur police en revendiquant l’absence de violence. Fait prisonnier de nombreuses fois, jamais il ne fut symbole de violence mais essentiellement de provocation dans des manifestations très suivies : tissage du coton pour refuser l’importation des textiles Anglais, manifestation du sel consistant en une protestation contre le monopole d’état en marchant de son village à la mer pour y cueillir « le sel de l’Inde appartenant aux Indiens », désobéissance lors de l’effort de guerre pour la seconde guerre mondiale… Gandhi offrit un visage humain à un conflit qui aurait pu tourner à un drame encore plus grand. La révolte par la passivité.
Tout n’est pas idyllique dans ce portrait : après l’accession à l’indépendance, les musulmans Indiens émigrèrent vers les territoires du Pakistan, et inversement les Indiens de foi Hindou le quittèrent pour s’installer dans la jeune Inde indépendante. Dix millions de personnes, le plus grand mouvement migratoire de l’Histoire mais surtout 1 million de morts suite à des pillages, des attaques de bandes armées ainsi qu’après des règlements de comptes.
Pour son engagement personnel pour une assistance d’état aux musulmans Gandhi fit une grève de la faim… puis fut assassiné par un indépendantiste extrémiste Hindou. Il fut déclaré père de la patrie Indienne et son jour de naissance est un jour férié en Inde.

Martin Luther King, le symbole noir contre l’oppression et la ségrégation

Lisez la biographie de pasteur King sur Wikipedia

Si l’on doit parler de Gandhi parlons du pasteur King s’étant engagé à mener une révolution non violente des Noirs contre la survivance des comportements ségrégationnistes et racistes persistant aux Etats-Unis. En plein conflit du Vietnam, au beau milieu des pires crises identitaires de ce pays, King orienta ses supporters à ne pas être violents et se refuser à faire le jeu des racistes. Manifestations passives, emprisonnements volontaires, le but était d’être voyant et ainsi faire blâmer les bourreaux et non les manifestants. Fini la soumission, à eux d’être les maîtres !
Sa plus grande réussite a été de secouer l’opinion publique qui enfin comprit que le problème n’était pas simplement le fait de quelques minorités entêtées mais vraiment un problème majeur de société : ghettos, refus de scolariser les enfants Noirs, discrimination à l’embauche… la situation prit un tournant particulièrement fort grâce à son discours devenu célèbre : « I have a dream ».
Assassiné le 4 Avril 1968 dans sa chambre d’hôtel par un homme supposé être ségrégationniste (des témoignages plus récents mettraient en doute cette théorie), le jeune pasteur (il est décédé à l’âge de 39 ans) offrit tout de même quelque chose d’inestimable au peuple Noir des Etats-Unis : l’espoir.
Son anniversaire est aussi un jour férié aux USA: le troisième lundi du mois de Janvier est donc le « Martin Luther King Day ».

Seulement, après avoir mis en parallèle ces deux figures, pourquoi leurs destins ont-ils convergés vers une mort violente par assassinat ? Un apôtre de la paix est-il si dangereux ? A croire que l’Homme ne comprendra jamais où est son bien…

06 juin 2007

Collègue(s)

De part ma nature misanthropique bornée et mon intolérance intellectuelle, j’éprouve de la difficulté à me mêler à la foule de ceux qui ne disposent pas, malheureusement, du bagage intellectuel suffisant pour soutenir une conversation concrète avec moi. C’est à la fois un drame pour me sociabiliser étant donné l’obligation de côtoyer ces « gens », mais également le bonheur paradoxal de pouvoir me permettre de traiter avec dédain cette même populace. Enfin de compte de telles oppositions ont pour effet de rendre indéchiffrable mon attitude aux yeux ébahis des observateurs qui m’entourent… ça vaut la peine d’être vécu non ?

Dans la catégorisation des collègues, on peut faire des distinctions franches pour cerner les différents profils : ceux qu’on apprécie, ceux qu’on exècre et ceux dont on se fout. Dans l’absolu c’est une définition fort manichéenne mais qui semble coller au plus près du relationnel dans le monde professionnel. Ces trois nuances doivent bien entendu supporter la chromatique de la hiérarchie, mais pour le moment contentons nous d’un monde idéalisé où chacun serait l’égal de son voisin (chose qui me semble être utopique).

Commençons bien bas, attaquons d’emblée le fossé servant de charnier à ces personnes pour qui nous n’avons pas même un regard condescendants, ces collègues transparents qui pourraient tout aussi bien disparaître dans une rafle que vous n’en remarqueriez pas même l’absence. Ces gens sont si nombreux, si englués dans nos regards de biais où seules les formules de politesse perdurent qu’au bout du compte ils sont d’une vaste trace de pastel grasse sur un mur poreux. Pas de prénom, pas de visage, tout au plus un vague attrait pour la collègue un peu moins grise que les autres, et encore… D’emblée l’on sait que rien n’est à attendre de cette foule pour laquelle aucune pitié ne saurait percer dans nos âmes d’égoïstes bornés. Doit-on se le reprocher ? A tout choisir je ne m’estime pas être l’âme riche d’un Abbé Pierre et encore moins le charitable samaritain prêt à porter secours aux inconnus qui me coudoient à l’heure du départ des locaux. Je ne saurais m’en excuser, tout au plus j’en éprouve une espèce de morne satisfaction… Cruel non ?

Les cons, les abrutis, les inutiles, les parasites… Que de noms et d’épithètes pour définir ceux qu’on ne peut pas encadrer, ces goguenards qu’on sait être différents pour souvent des raisons bien explicites : planqué dans un bureau pour fuir la tâche, escroc notoire déguisé en expert quelconque vendu une fortune à un client crédule, la liste est longue et fortement bien garnie. Se coltiner ceux qu’on déteste, c’est un peu le chemin de croix mais en sens inverse, c'est-à-dire l’insatisfaction de devoir à nouveau se payer le poids mort d’un morceau de bois et ce en sachant que l’objectif premier est déjà atteint. Pathétique situation que de devoir jouer les hypocrites ou au mieux les indifférents pour ne pas transformer un bureau en chemin des Dames. On peut trouver les jugements durs voire méchants, mais finalement si l’avis commence à se généraliser et qu’il se vérifie jour après jour, qu’est-ce qui empêche la hiérarchie d’agir ? Deux possibilités : soit c’est un membre de la dite hiérarchie, soit celle-ci s’en moque éperdument. Dans l’esprit, c’est garder un incompétent pour faire un métier d’incompétent… que c’est constructif ! Et encore… que dire des racistes, sexistes, machistes… Un vrai musée à têtes à claques !

La dernière tranche est plus agréable, c’est celle avec laquelle on tolère de partager un repas, boire un verre hors des heures de bureau, voire même accepter bon gré mal gré de passer une après-midi avec la progéniture du collègue qui se dit votre pote. Pourquoi pas, il offre les bières, le buffet et pour certains (parait-il…) sa femme. Allons y gaiement, jouons les bonnes pâtes, ça changera de l’ulcère permanent engendré par les cons d’un côté et les inconnus de l’autre. Bien évidemment les critiques fusent, la langue chargée sort et déblatère, mais finalement on craint surtout l’hypocrisie et le mensonge plus que toute autre chose venant de ces collègues qui deviennent un peu de bons potes. L’agaçant dans ce principe c’est que le temps émousse certaines colères même légitimes et qu’on se prend à pardonner plus facilement à un ancien qu’au petit jeune qui s’est planté sans méchanceté aucune.

Ah les relations humaines, ce jeu d’échec et de poker menteur où chacun tente de comprendre l’autre soit pour s’en servir, soit pour lui être agréable ! Quelle satisfaction de pouvoir ne pas être standardisé, impossible à mettre dans une case donnée et surtout d’être hilare à la moue agacée de la personne tentant de jouer les psychologues de comptoir. Monsieur Freud, constatez que vous en tant que père de cette science vous êtes plagié tous les jours par des incompétents trop contents de jouer les détectives et analystes, le tout accompagné de cacahuètes et d’une bière blonde…

Que je les « aime » mes collègues…

05 juin 2007

Paix sans sens

Si d’un point de vue typiquement politique on m’estime comme étant tour à tour anarchiste, militariste, dictateur en puissance, libertaire voire même fasciste, il est surprenant de constater avec l’aigreur qui me caractérise qu’on me prenne pour un pacifiste. Paix ? Qu’est-ce donc qu’une paix si ce n’est une étape transitoire entre deux conflits où s’opposent selon le sens du vent des idéaux religieux, politiques ou même économiques ? La paix n’est qu’une construction intellectuelle qui a pour but de rassurer les masses lorsqu’elles peuvent temporairement s’épargner les bombardements et les tickets de rationnement.

Qu’on se le dise : la guerre est un moteur dont le carburant sont la chair humaine et la bêtise de ceux qui pensent que le voisin est un ennemi. Observez donc ce qu’est un conflit : en caricaturant toute prise de position militaire on ne peut que déplorer qu’il y a là un matraquage des esprits à l’aide d’une propagande fort bien rodée, et des troupes qui se demandent ce qu’elles font là ; car oui, le troufion n’a pas vocation à comprendre, il a vocation à abreuver les sillons de sa patrie ou de les arroser des tripes de l’autre en face. En tout état de cause, le soldat est l’unité primaire d’un combat, celui par qui l’on fait passer les munitions et éventuellement une haute idée du combat.

A la gloire des fantassins les chants s’accumulent comme les albums d’un Richard Clayderman excité sur son piano dans les bas fonds d’un supermarché de province, et le point commun entre toutes ces mélopées scandées à qui veut l’entendre, l’essence même du soldat doit être honorable, fort, fier et heureux de périr pour sa Patrie en danger. En danger… mais n’est-ce pas là un mensonge scandaleux ? Le Pays n’est en danger que parce qu’il a été dirigé soit par des mollassons se refusant à former une armée acceptable et apte à défendre le territoire, soit parce que le même gouvernement devenu arrogant s’est fait un malin plaisir de taper sur une autre nation. De fait l’Honneur mis en avant n’a de sens que pour les affiches et articles de presse car le premier devoir d’un soldat ce n’est pas de tuer mais de survivre. Ce constat semble idiot ? Et bien qu’est ce qu’une victoire si ce n’est avoir plus de survivants que l’adversaire ?

La mémoire fait souvent partie d’un devoir générationnel, mais uniquement si le souvenir est entretenu par une légende ou une victoire écrasante. De Napoléon le personnage emblématique d’un empire Français en passant par la deuxième DB « victorieuse » du général Leclerc, l’image est là, forte, enorgueillie de drapeaux tricolores brandis ou peints avec fierté. Derrière tout ça se cache le bidasse, le crapahutant qui râle son mal de pied, sa soif, sa faim, son ras le bol des rations immangeables et l’envie que tout ça se termine le plus vite possible. Pourquoi l’anonyme n’a-t-il pas le droit à sa glorification sans sa détermination ordinaire ?

En poussant l’observation la révélation se fait lentement mais sûrement, un peu comme une photographie qui se développe paisiblement dans son bain chimique. Peu à peu, les clairons s’estompent et ce sont les tranchées, les trous d’obus, la sueur et l’odeur de la trouille qui prennent le dessus. Dans les relents de poudre consumée et de bandages maculés de sang il y a l’aigreur des générations sacrifiées qui crient dans le silence de la gélatine un besoin pressant de repos. La paix, ils en ont tous rêvés, fantasmés la fin des combats alors que le froid prenait l’un après l’autre les civils tant que les militaires, et puis enfin l’annonce de la fin du conflit arrivait, morne, insipide avec un arrière-goût d’échec. A quoi a bien pu songer le soldat ayant bourlingué des années durant pour se voir un jour démobilisé ? Un vide immense je crois, non celui du manque de fierté de la victoire, mai surtout le néant de ceux tombés « pour rien ».

Qu’on ne se méprenne jamais sur les mobiles d’une guerre : le soldat se fout des raisons qu’on lui enfonce dans la tête, tôt ou tard cela deviendra l’obligation de venger le frère d’arme qui a péri à cause du « salaud d’en face ». Il n’y a pas d’honneur à tuer, il n’y a pas d’honneur à mourir, il n’y d’honneur que dans la survie pour pouvoir dire et raconter que « plus jamais ça » ne soit pas qu’un vague slogan des porteurs de mort.

On croit que la victoire exalte et la défaite achève. C’est une contre vérité : la défaite est parfois plus douce qu’une victoire sans intérêt. Qu’est-ce qu’une victoire finalement ? Dès le premier mort la victoire n’a plus de sens, car un mort c’est un mort de trop. Dommage que ces idéaux ne soient bons qu’à grossir le rang des utopies, la barbarie humaine se rappelant à chacun d’entre nous à longueur de journée : pays exsangues, peuples décimés, déplacés et maltraités, nations décharnées et drapeaux brûlés, où est le sens de cette brutalité typiquement humaine ?

J’avais pris le parti d’en sourire au départ, le sourire s’enfuit au fur et à mesure que les cimetières se remplissent. Combien faut-il de victimes pour que les états qui s’opposent comprennent que la guerre est un acte vain, imbécile et dénué d’une quelconque raison Morale ? L’arrivée des troupes « de libération » en Europe devait supposer la fin du nazisme, des dictatures. Elles ont apportés la fin du conflit, un respect pour la puissance étrangère, mais aussi Yalta et la guerre froide. Quel était le rêve d’avenir que pouvaient avoir les détenus de Mathausen ou de Bergen Belsen ? Quelles étaient les aspirations de peuples passés sous tutelle Soviétique ? Sûrement pas la construction du mur de Berlin, la création du rideau de fer et encore moins les goulags du cercle polaire, et encore moins l’escalade nucléaire, l’ère de terreur, de crainte de l’atome soi-disant libérateur.

J’ai rédigé cela non en regardant un calendrier mais en songeant à un écrivain : Alexandre Soljenitsyne, Russe, soldat et officier pendant la seconde guerre mondiale… mais emprisonné au goulag pour avoir été un « intellectuel » car il ne faisait pas bon d’être critique contre le parti et contre Staline. Les vainqueurs sont aussi des bourreaux, les bourreaux ne sont pas toujours les vaincus, et souvent les deux adversaires sont aussi sanglants l’un que l’autre.

Offre nous la paix, même si ce n’est qu’une période entre deux massacres…
Nota: j'ajoute dans la liste de livres la référence associée à un de ses romans de référence: Une journée d'Ivan Denissovitch. A lire et à méditer.

04 juin 2007

100 jours, 100 bombes, 100 arrêts

Et de 100 messages… ça en fait des lignes, des mots, des imbécillités étalées au petit bonheur la chance sous les yeux avides de mes rares lecteurs acharnés. Cent fois remettre l’ouvrage sur le métier dit le dicton, pour ma part j’ai remis ici plus d’une fois mes colères et parfois frustrations sur le monde qui nous entoure. Enfin bon, c’est l’occasion de déboucher le champagne et d’en savourer les bulles avant de passer à des sujets moins digestes.

N’est-ce pas affolant de constater qu’une fois de plus la politique nous fait revenir en arrière ? La situation actuelle est pleine d’interrogations sans réponse et pas un pas n’est fait dans la lueur de l’expérience. Depuis plusieurs semaines les « grands » de ce monde se titillent mutuellement à coups de menaces à peine couvertes par l’aspect diplomatique, mais qui deviennent concrètes sur le terrain. Notre cher et tendre imbécile qui sert de président à la nation Américaine s’offre le luxe d’agacer le bec de l’aigle Russe. Mauvaise idée Georges, tu n’as pas en face de toi un taureau écervelé qui se laisse mener à la trique mais un V.Poutine sûr de son fait et d’une fermeté digne de l’empire Soviétique. Encore une fois, le pot de dollars va se heurter contre le pot nationaliste…

Que se passe t’il ? Bonne question chers lecteurs, il s’agit simplement de revenir 30 ans en arrière ! Petit aparté : Ce foutu nombre 30 commence sévèrement à m’agacer, vivement que je passe ce cap pour que la question ne soit plus d’actualité… enfin passons. Donc, je disais que les manœuvres militaristes Américaines nous ramènent 30 ans en arrière, à la grande époque où les Soviétiques et les Américains préparaient dans la joie et l’allégresse l’anéantissement total de la planète à coups de neutrons pernicieusement cachés dans des ogives génocides. Ici, les USA souhaitent disposer d’un parapluie anti missile sur le territoire Européen, juste histoire de se prémunir contre la nation Russe. Contre qui et surtout contre quoi ? N’était-il pas plus raisonnable d’ouvrir un dialogue plutôt que d’imposer une défense aux frontières de l’ex Union Soviétique ?

En résumé le concept est le suivant : les USA placent des missiles supposés abattre les missiles nucléaires tirés depuis la Russie afin qu’ils ne touchent pas le territoire Américain. Jusque là, l’idée semble « logique », mais en quoi les nation Européennes sont-elles concernées par la paranoïa de Washington ? Cette action s’appelle une provocation, et bien qu’économiquement en mauvaise posture la Russie est une nation dont l’orgueil n’est pas à négliger. Ce que répond Poutine en substance c’est « Vous avez peur de moi ? Si vous amenez du potentiel nucléaire en Europe alors je viserai AUSSI l’Europe ». Rien de bien anormal puisque la menace est projetée à ses frontières et non au loin depuis un sous-marin criminel, pardon nucléaire.

De fait, chacun brandit qu’il est menacé par l’autre et que la seule manière de rétorquer est de réarmer. Merci Georges, tu nous offres un come-back digne de Nixon, Khrouchtchev, Brejnev et Roosevelt. Chacun s’armera pour faire peur à son adversaire désigné, et l’autre répondra de manière symétrique. La politique est d’ailleurs une chose très symétrique voire géométrique si l’on y songe bien : « Je ferai ce que toi tu envisageras de me faire » C’est de la symétrie ; « Je suivrai la même voie que la votre » C’est le parallélisme… et ne parle t’on pas de triangulaires lors de certaines élections ? Bref, à toi saigneur (non ce n’est pas une faute de typographe maladroit) tout honneur, Monsieur Bush, BRAVO. Oui, je vous décerne le titre du « con de l’année 2007 » pour avoir restauré un embryon de guerre froide, chose que je croyais jusqu’à présent quasi impossible.

Bon, il serait temps que je prenne quelques cours de russe, sait-on jamais des fois que celui prenant le pouvoir en Russie (Poutine ne pourra pas être réélu) après Vladimir soit pire que lui et conseillé par un général Joukov des familles (Nota : Joukov a mené l’invasion Soviétique en Allemagne et géré la bataille de Berlin).

Un accessoire

Pour une fois qu'il ne s'agit pas d'une colère personnelle et encore moins d'un commentaire passablement moralisateur, vous pourrez trouver dans la colonne de gauche un nouvel accessoire qui vous permet, par le biais d'une animation de voir les livres que j'ai lus. En cliquant dessus vous accéderez à la page du site Amazon.fr.

Je mettrai à jour régulièrement cet affichage... et vous en informerai le cas échant!

Soyez attentifs, LISEZ!

01 juin 2007

Ego

S’il y a une chose qui m’horripile plus que les vidéos imbéciles qui fleurissent sur le réseau virtuel, c’est bien l’égocentrisme virant à la mégalomanie qui se déploie telle une peste bubonique au sein de la population marchant debout. Ahurissant serait plus approprié qu’horripilant tant le sans gêne se multiplie et devient de plus en plus agressif. Depuis le costumé qui suppose que, de part ses favoris et sa cravate couleur lendemain de cuite, il a le droit d’être malpoli et hautain, en passant par l’espèce de chose asexuée qu’est une adolescente mais vêtue façon « j’ai un embryon de poitrine qu’il faut mettre en valeur » et qui vous les brise à coup de téléphone portable et de hurlements dignes d’un film d’horreur, l’égocentrisme Humain a de quoi faire frémir.

Etant des mammifères et vivant en meutes, nous avons un besoin indiscutable de profiter de la société de nos congénères, et par la voie de conséquence de leur faire profiter de nos compétences, et parfois même de notre patrimoine génétique. Hélas, J’en arrive à me dire que certaines personnes devraient prendre Darwin de court en se refusant à la reproduction tant la descendance est une catastrophe. Entre le dégénéré se croyant invulnérable du haut de son faciès pustuleux d’adolescent découvrant son corps et la jeune adulte supposant qu’elle peut prétendre à la condition de mère alors qu’elle n’a pas encore quittée celle de gamine écervelée, il s’avère que nous sommes franchement mal partis pour avoir des héritiers dignes de ce nom. Regardez les, ces ingrats qui se pavanent en croyant que le monde leur appartient… je t’en foutrais moi des claques histoire de les remettre sur la voie du silence respectueux !

Le plus agaçant avec l’évolution de l’âge c’est qu’à tort une fois de plus nous mettons en avant la notion d’expérience… Je hurle de colère ! Le nombriliste fier de sa réussite, la mère qui trouve toujours ses mioches braillards plus beaux que ceux de toute la conception, le retraité imbu de son vécu chargé de « De mon temps… » il y a de quoi se demander à quoi sert la vie communautaire tant ces déviants sont des contre exemples de l’harmonie et du partage. Trouvez-vous que je caricature ? Vous pensez que je force le trait histoire de vous tirer de la torpeur qui vous est coutumière après l’heure du pousse café ? Que celui qui n’a pas supplié la foudre de désintégrer son voisin de train ou de voir une étagère de supermarché finir sa course sur la tête d’une grand-mère acariâtre et sentant la couche confiance me jette la première pierre !

La physique parle souvent d’actions entraînant des réactions, et ainsi de suite… l’humain lui considère que son univers s’arrête à l’épaisseur de son épiderme crasseux et lorsqu’il a le malheur de procéder à un contact avec un tiers inconnu cela finit souvent en pugilat. L’agressif mal réveillé du lundi matin, la morue maquillée comme une erreur de casting et fringuée façon « je suis daltonienne et je le montre », et pour finir l’androgyne adolescent qui vous postillonne ses idéaux marxisto-n’importe quoi sous prétexte que lui sera la révolution de demain, tous sont des cas pathologiques de l’égocentrisme démesuré.

« Celui qui a le fantasme de la mégalomanie est quelqu’un qui ne s’est pas accompli personnellement » pourrait vous lancer un psychiatre sûr de son fait et orgueilleusement caché derrière des lunettes à la monture dorée. Pauvre ahuri, je rêve de pouvoir te faire ingérer ton précis de psychiatrie à l’aide d’un pilon pour te rappeler que les sciences ne se contentent heureusement pas d’équations et que l’individualisme est plus sûrement le fait d’une éducation que d’une volonté personnelle et farouche.

Les mômes sont aujourd’hui plus faciles à coller devant une console ou une télévision qu’il y a une vingtaine d’années, et plus ça va, plus les médias permettront aux parents démissionnaires de se décharger des relations humaines sur une boîte de plastique connectée au monde impersonnel du web. Les touts petits d’aujourd’hui sauront ils expliquer à leurs progénitures ce qu’est une marelle, jouer à chat ou bien encore savourer une balade en forêt ? Certains d’entres eux ne verront de vraies formes de poissons qu’à la télévision, d’autres iront même jusqu’à fuir la nature en estimant que le bitume c’est l’avenir de l’Homme. J’en tremble d’horreur…

Combien de temps faudra t’il pour que les gens comprennent que la solidarité et la vie en communauté sont deux obligations pour s’épargner des conflits qui deviennent à mesure que le temps passe de plus en plus violents. Il est injustifiable de se rendre compte que des voisins ne se connaissent même pas, que des amis ne s’appellent qu’en cas de besoin et non par pur plaisir et qu’au final, quoi qu’en disent les sociologues, notre monde va vers l’isolement et non l’ouverture vers le monde. Quoi de plus isolé qu’un adolescent perdu derrière son écran à longueur de journée à jouer une vie différente de la sienne ?