24 juillet 2013

vulgarité de la naissance

Bordel de merde, on m'aura gonflé les noix avec la naissance du petit dernier de la lignée au sang royal! Mais qu'est-ce que j'en ai à cirer du rejeton au sang bleu? Qu'est-ce que ça va changer dans mon existence que ce soit une à couettes ou un à moustache? Sans rire, c'est comme si ce non-évènement allait transformer une royauté complètement obsolète en quelque-chose de nouveau, d'humain, de crédible tant politiquement que diplomatiquement.

Bon, je me suis lâché là, mais reprenons notre ton plus austère pour bien se convaincre d'une chose: la naissance d'un héritier a autant d'importance dans notre quotidien qu'en a eu le décès de Diana. Oui, c'est cruel de dire cela, mais sorti des gens venus pleurer une starlette auréolée d'un titre sans valeur, qui s'est soucié de l'impact historique de sa mort? Personne. Un roi sans pouvoir, c'est un symbole et rien d'autre. Et moi, les symboles, quand ils viennent me saturer les ondes et les unes de journaux, j'en ai vite ras le bol, pour ne pas dire carrément que ça me fait chier.

Et allez, je redeviens vulgaire. Evidemment qu'un ton vulgaire ne colle pas aux circonstances! On est supposés être toujours émus à la naissance d'un enfant, et doublement émus quand c'est une future tête couronnée.... Ah, parce que la naissance d'un enfant dans les bidonvilles au Bengladesh, c'est moins émouvant? Oui, c'est tout de suite moins glamour, on ne ronronne pas autant devant les layettes d'un gosse de pauvres, que face aux couches d'un môme de riche. Ca en jette moins, la pauvreté, la promiscuité des rues malpropres et livrées aux maladies. On est bien plus intéressés par le fait que le fils royal conduise une jolie bagnole que les trois-quarts de l'humanité ne peut pas s'offrir, que par la poussette de récupération qui va trimballer le marmot Bangladais. Hé oui, la merde, c'est moins photogénique quand c'est dans une couche de grande marque et dans des fringues à un SMIC le bavoir...

Stop, ça me reprend, je gueule, je peste, j'y vais de ma tirade pour exhorter la foule à changer de chaîne, que dis-je à boycotter littéralement ce genre de non-information. Mais on s'en branle merde! On s'en contrefout, on veut savoir ce que le monde à nous offrir, pas de connaître le nom du tailleur du père, ou encore la marque des chaussettes de la mère! Sans déconner, depuis quand le monde va-t-il si mal qu'il a besoin d'aller chercher chez les riches et les pseudos-puissants quoi que ce soit de vraiment intéressant? Je ne me suis jamais intéressé au "qui couche avec qui", et encore moins au "qui va hériter du titre de roi de rien du tout". Je m'en fous, qu'ils mettent il, elle, le voisin, l'éboueur du 10 Downing Street, ou même la nurse du mouflet, ça me laisse de marbre. Allez, soyons fous, je postule pour prendre le rôle de roi, je fais quelques sorties infâmes pour la morale de la bonne société Anglaise, puis j'abdique et je file le tout au gosse Bangladais... Comme ça au moins, il aura l'opportunité d'avoir une éducation, et les moyens de ses ambitions.

Le monde n'a pas besoin de s'émouvoir de la vie ordinaire des supposés extraordinaires. Ce que je trouve en revanche extraordinaire, c'est que l'ordinaire des autres semblent être extraordinaires pour soi. En quoi une naissance est-elle plus belle chez les rois que chez soi? Pourquoi célébrer la naissance d'un futur péteur dans la soie, quand on pourrait célébrer n'importe quel gosse agissant tout aussi grotesquement au début de sa vie, qui sera tout aussi con et rebelle à son adolescence, et qui finira idiot comme n'importe quel être humain sur cette planète? La royauté ne garantit pas l'intelligence... L'extraction sociale ne fait que donner accès à des choses inaccessibles au commun des mortels, mais certainement pas à un patrimoine cérébral.

Donc, petit moutard, je m'en cogne que tu sois né dans de bonnes conditions, je me fous de savoir ton futur blase. Mieux encore, si l'on pouvait m'éviter le battage médiatique autour de tout ça, je pourrais avoir un peu plus d'informations "utiles" dans mes médias. Je n'ai rien contre toi... mais je sens que tu vas me les briser pour quelques temps encore!

FONT CHIER LES COURONNES!

22 juillet 2013

Qui a vu comme moi la déchéance de la république?

Alors là, on touche le fond. Non, mieux encore, on creuse littéralement la tombe de la nation. Qu'on n'aille plus me rabâcher des notions aussi mielleuses que la tolérance et l'intégration, car là la coupe est pleine. Correction même, elle n'est plus pleine, elle déborde littéralement, et elle va joyeusement arroser les plantes grasses et envahissantes des idées fascisantes et xénophobes. Trappes, ville de banlieue, ville de misère sociale, est dorénavant le symbole d'une dérive que je n'appelle pas religieuse, mais littéralement sectaire. Par pitié, ne mélangeons plus ceux qui croient, et ceux qui instrumentalisent la Foi pour en faire une arme. Et là, à Trappes, les évènements ne font que me confirmer que la république est en grand danger, au-delà même des analyses supposées alarmistes. Je ne suis pas alarmiste, je constate avec terreur que la notion de droit n'a plus cours, et qu'au surplus même nos dirigeants s'assoient dessus.

Dites, les politiques, n'est-ce pas de votre rôle de revendiquer le droit, de défendre celles et ceux qui risquent leurs vies pour que le droit soit partout? Si? Apparemment, je fonde de gros doutes sur le soutien moral, car quand on parle "d'apaiser la situation" au lieu de dire clairement "il faut frapper fort pour que tout communautarisme ayant pour but de déstabiliser l'état craigne la sanction", c'est qu'on pratique la politique du pantalon sur les chevilles. Non: aucune tolérance, aucun apaisement acceptable. Quand on agit contre le droit commun, quand on estime que ses croyances sont au-delà du droit, alors on s'expose à des sanctions. Au surplus, quand on pense légitimer des émeutes sous prétexte que la police agit dans un cadre précis et légal, alors aucune pitié, aucune charité. Le fait d'être un citoyen c'est aussi un ensemble de devoirs, et le premier est de respecter les lois, car elles sont là pour nous permettre de vivre en communauté... Pas en ilots communautaires fermés et dépourvus de la moindre légitimité.

Allez, j'attends déjà de pied ferme celui qui va me taxer de racisme. Il ne s'agit pas de dire "L'islam est en cause", mais "Ceux qui instrumentalisent l'islam pour en faire une arme". Il ne s'agit pas de critiquer celles et ceux qui ont une Foi, mais de sanctionner celles et ceux qui s'estiment au-dessus des autres à travers celle-ci. De fait, je ne distingue pas les mouvements d'extrême droite et leurs ratonades, des mouvements islamiques qui pensent pouvoir instaurer "leur" loi sur le territoire Français. Il n'y a pas de tolérance, de tri, ou quoi que ce soit permettant de douter de ce raisonnement. Nous devons vivre les uns avec les autres, pas les uns contre les autres, et tout groupe estimant sa place comme supérieure ne vaut pas mieux que les pires propos tenus par les monstres xénophobes au bras tendu. Il n'y a qu'une façon de marcher, c'est droit, droit devant, avec les autres, pas en dépit des autres. Et ça, nos politiques semblent préférer l'ignorer.

Maintenant j'attends avec le sourire l'anarchiste de mes deux. Oui, lui aussi, je l'attends quand il va venir me seriner sa mélodie sur les libertés individuelles, quand il va me balancer le couplet du "état policier"... Mais ouvre les yeux bordel, regarde un peu comment fonctionne l'Homme avant d'espérer quoi que ce soit de tel! L'anarchie, c'est le pire fantasme politique qu'ait pu balancer l'Homme pour légitimer sa propre incurie! Non, sans ordre, nous ne savons pas fonctionner. Non, sans règle, nous ne sommes bons qu'à nous mettre sur la tronche pour tel ou tel prétexte. Et surtout, croire que la liberté peut se passer de règles et de lois, c'est rêver d'un monde avec des gens dépourvus d'ambition. Or, l'Homme est ambitieux, prétentieux, avide, et rien ne peut le tempérer si ce n'est la crainte d'aller au-delà des limites. Exiger que la nation ait des lois et qu'on les fasse respecter, ce n'est pas pour autant prétendre qu'il faut des brigades de la mort dans les rues, et encore moins autoriser notre police à faire n'importe quoi.

Je ne veux pas d'une France où l'on va venir m'expliquer que je dois me plier aux rites et aux cultes des autres. La culture, ça ne s'impose pas, sauf à jouer les conquérants. La culture, c'est une chose à respecter, ce n'est pas supposé être une arme pour écraser la différence; quand on vient me marteler avec des opinions puantes concernant l'antisémitisme, quand on vient me parler de tolérance concernant l'attitude rétrogrades des plus extrémistes musulmans, quand on vient me tanner avec des propos cocardiers, j'ai strictement la même réaction: vous me faites chier! Nous sommes en France, pays de libertés, de métissages... Mais certainement pas dans une nation qu'on doit écraser, mater, manipuler. Pour moi, cette histoire de Trappes est le symptôme d'une maladie profonde qui est le communautarisme sous toutes ses formes. Le vote fasciste n'est pas plus sain que l'attitude de ce type qui impose à sa femme d'être intégralement voilée. J'éprouve une affreuse colère contre cet état qui, en lieu et place de soutenir ses forces de police et de procéder à un véritable nettoyage, choisit de tempérer, de négocier... Négocier, avec qui? Avec des types qui importent une dictature par la Foi? Qui vous vomit dessus à la première occasion? Qui estime sa place plus grande que toutes les autres? Pas question.

Choisis ta façon de vivre: soit tu respectes la nation qui t'accueille, soit va chercher un refuge dans une nation qui fonctionne comme tu le voudrais. Mais surtout, oui surtout, ne viens pas tenter d'imposer tes vues à un pays qui a déjà bien assez à faire avec sa propre histoire. Je suis particulièrement révolté contre ces attitudes d'apaisement, car elles ne font que conforter celles et ceux qui pensent qu'on peut tout faire et tout dire sous couvert de liberté. La liberté, ce n'est certainement pas de venir m'imposer votre façon de vivre, la liberté, c'est plutôt d'apprendre à vivre ensemble. Seulement voilà... On ferme sa gueule, on se tait, on abandonne peu à peu le territoire à des types qui pensent faire revenir le monde au moyen-âge. Et que dit-on? Apaisement. Et puis quoi encore?

Jamais je ne démordrai de cela. La France n'a pas besoin d'avoir peur de ses citoyens pour des questions de religion. La France n'a pas à craindre la religion musulmane, et encore moins ceux qui s'en font des étendards malsains et rétrogrades. Je vous plains, vous musulmans honnêtes et tolérants. Je vous plains, parce qu'on vous mettra dans le même panier que ces dingues, parce qu'il est plus confortable de tout mettre dans un panier, que de s'interroger sur ce que sont les extrêmes. Mais en France... on se tait ou on gueule à tort et à travers. Car oui, on gueule parfois, on critique, on fustige même, mais dans quel sens? En allant au-delà du raisonnable, en soutenant l'insoutenable, et tout ça pour quel résultat? En faisant de eux qu'on doit combattre des pseudos victimes. Qui sait, d'ici quelques jours, ceux là même qui ont brûlé des bagnoles vont venir pleurer d'avoir pris des coups de matraque sur la tronche...

Bienvenu en France, terre de tolérance hein...

17 juillet 2013

Du pourquoi je ne crois plus en la démocratie

Je vais me faire vilipender, c'est certain, je vais me faire copieusement insulter avec un tel titre aussi racoleur que désagréable. Et pourtant, si l'on considère les faits, si l'on prend du recul sur le fonctionnement des institutions, et surtout concernant l'attitude de la plèbe, force est de constater que la démocratie s'est dévoyée, non parce qu'elle ne peut pas fonctionner, mais justement parce qu'elle fonctionne que trop bien! Bizarre comme raisonnement? Surprenant? Comment peut-on dire qu'une chose fonctionne, et qu'en contrepartie cela la bousille? Exceptées les munitions et autres explosifs, cela n'est pas supposé exister. Alors, pourquoi?

Tout d'abord, soyons honnêtes un instant. Qu'est-ce qu'une démocratie, si ce n'est qu'un fantasme vendu par les gens de pouvoir aux pauvres, afin qu'ils aient la conviction d'avoir le choix? Le pouvoir, même repris par le peuple, finit tôt ou tard dans les mains d'une élite, ceci qu'elle soit élue ou autoproclamée. Dictature, démocratie, idées différentes mais résultats similaires, à savoir une foule matée, souvent silencieuse, et qui se contentera de suivre les consignes plus ou moins ouvertes d'un cercle dirigeant finalement toujours très restreint. Est-ce un drame pour autant, est-ce si mal, à partir du moment où on a le droit de les choisir, ou tout du moins d'en choisir quelques uns parmi les cercles d'initiés à la vie politique? C'est avant tout un drame moral, car nombre d'électeurs n'agissent non plus en connaissance de cause, mais bel et bien en désespoir de cause. Le vote par dépit n'est pas rare, la preuve en est le vote contestataire, ou pire encore le non-vote de l'abstention ou du vote blanc. "Ne pas choisir, c'est déjà choisir", et ça, c'est une dérive inévitable d'un système qui, de base, est supposé nous donner ce choix justement. Dans ces conditions, la démocratie devient une mécanique huilée, fluide, mais absolument inadaptée pour refléter les désirs de la foule, tant ceux qui sont aux commandes s'entêtent à jouer le passage de témoin, au lieu de se renouveler pour correspondre à la société qu'ils sont supposés représenter.

Ensuite, voyons un peu pourquoi les gens se désintéressent totalement de la politique. Par dépit? Au tout départ, je dirais que le fondement même du désintérêt, c'est le fait même qu'il est particulièrement difficile d'intéresser une foule déjà abêtie et avide de possession à un sujet aussi aride que la politique. Faites une téléréalité, vous faites le plein d'audience. Faites un débat qui, pourtant, nous concernerait tous, m'est avis que le zappeur frénétique ira voir ailleurs s'il y a moins de costumes et de cravates à l'écran. La majorité des gens se foutent de la politique, faute de comprendre à quel point celle-ci est importante dans leur quotidien. Il n'y a que quand on parle impôts, taxes ou aides/dépenses que les gens daignent prendre un peu le temps d'écouter. Cela a pour conséquence première que chacun défendra non le mieux, mais avant tout ses acquis. Il est alors évident que tout état confronté à une telle situation ne pourra choisir que deux voies: le naufrage, ou bien la prise de décisions arbitraires et contestées. Démonstration par l'absurde, la Grèce: on contente d'abord les citoyens à travers un fonctionnement inepte, puis, le jour de serrer les boulons pour que l'état reprenne un peu de hauteur, et la rue vient gueuler. Alors quoi? Passer en dictature pour s'affranchir de ces imbéciles qui ne comprennent pas qu'ils sont en partie responsable de ce naufrage?

La démocratie telle que trop de gens la conçoivent s'adosse prioritairement sur le "J'ai le droit". Fondamentalement, c'est une erreur catastrophique. Le droit, ce n'est pas que pouvoir agir, c'est aussi devoir agir. Droits et devoirs sont les mamelles de la démocratie, or nous avons nourri la nôtre au seul pie des droits pour tous. La notion d'avantages est en soi une belle bêtise, tant sur la forme que sur le fond, et pourtant nous militons pour les conserver, quitte à se rendre ridicules. Où est-on alors? Dans un monde où l'arrangement personnel prend donc le pas sur le fonctionnement général, dans un environnement où l'exception se fait règle, à tel point qu'on fait carrément disparaître le terme "exception". Toute personne raisonnablement intelligente comprendrait aisément qu'il faut des compromis, des encadrements, bref des règles pour que chacun puisse y trouver un peu son compte, quitte à sacrifier quelques points pour que tout le monde puisse s'en sortir... Mais non, obstinément, on se cambre, on gueule et on râle pour préserver ce qui, de toute manière, est voué à mourir.

Peuple, foule, rêve de liberté... Qui s'en préoccupe encore? Quand on vit dans le confort, on vit forcément dans le déni de l'inconfort. Quand on ne manque de rien, on ne connaît pas la sensation de faim. Quand on arrive au point où l'on veut sauver le caviar, au lieu de s'inquiéter du pain qui ne sera plus sur la table, c'est qu'on a complètement perdu de vue le sens profond de la démocratie. J'ai trop entendu ici et là des idées de bricolages concernant le vote blanc, du tirage au sort, des idées "progressistes"... Dites voir, revenons à la base: pourquoi la démocratie fonctionne trop bien, donc trop mal? Parce que nous ne faisons plus rien pour être présents verticalement, à savoir depuis la base militante, jusqu'en au de l'appareil d'état. Qui va voter? Qui se donne la peine de réfléchir en poussant le bulletin dans l'urne? Trop peu sont concernés, voire pire encore de plus en plus de personnes revendiquent le non-vote, comme s'il y avait une fierté à ne plus participer à la vie politique. Foutaises, débilité, lâcheté idéologique, et surtout escroquerie morale. Qu'on ne vienne surtout pas me parler du "Je ne vote que blanc parce que je refuse de voter pour les éligibles qui sont là". Où étiez-vous pendant les meetings? Participez-vous aux primaires des partis? Apparemment, pas vraiment. On veut le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la crémerie, mais surtout pas en payer le prix et encore moins gérer tout ça. Comment pouvoir prétendre "les élus ne sont pas les bons", tout en ne faisant pas en sorte de changer les choses? Cela revient à dire: choisissez pour moi, mais surtout choisissez ce que je veux. Intenable et stupide.

Finalement, je me dis que la démocratie est morte parce que les gens ne savent pas la rendre vivante. On ne peut pas parler de sclérose pour la machine démocratique, mais simplement de cancer. L'homme est le cancer de la démocratie, car à chaque fois qu'il ne daigne pas y participer, la tumeur du fascisme se développe. A chaque fois qu'un vote se termine par une élection par dépit, c'est le spectre du radicalisme qui renait. Quand le dépit se nourrit de l'échec démocratique, et que l'échec démocratique se produit par le dépit, ce cercle vicieux ne mène que trop rarement à un progrès, mais plutôt à une paralysie politique, voire à une prise de pouvoir dictatoriale. Et les démocrates, les vrais, les convaincus, pleureront les morts, les révolutionnaires, convaincus de pouvoir améliorer les choses, encenseront des leaders qui ne seront que des despotes moraux, et enfin les autres, les sans idée, les sans conviction, viendront se plaindre de l'absence d'une démocratie qu'ils auront tous assassinés à coup de fainéantise intellectuelle, de lâcheté morale, et surtout de bêtise crasse.

Pauvre démocratie, je cloue le couvercle du cercueil, en espérant qu'il y aura du monde pour comprendre ce message, ainsi que des gens pour m'aider à t'exhumer le moment venu. Faites que ces gens là ne soient pas ceux qui aiment plus le droit démocratique pour accéder au pouvoir, mais les autres, les rêveurs, ceux qui veulent encore croire que la foule peut devenir efficace via les urnes. Mais ça... 1927 et 1933 aiment me démentir.

10 juillet 2013

C'est ironique

Qu'on se le dise, l'Histoire ne cessera jamais de nous rappeler à quel point nous ne sommes que des victimes de notre propre manque de mémoire, à tel point qu'observer le monde devrait se faire forcément à travers le prisme du passé. Seulement voilà, l'enthousiasme, grande maladie nerveuse qui touche les agitateurs, révolutionnaires et autres candides de la politique, se révèle être un terrible poison pour les espoirs pourtant brandis bien hauts. Ne rêvons pas, la réussite d'une révolution ne vient qu'après une phase de naufrage absolu, à tel point que tout dictateur démis de ses fonctions se voit très majoritairement remplacé par une dictature au moins aussi stricte... si ce n'est plus.

Le printemps arabe. Ah, ce message d'espoir, cette volonté farouche des peuples de s'affranchir des despotes, ces mouvements "populaires" supposés défendre l'idée de la démocratie! Magnifique, splendide même, avec un petit goût intéressant de "Nous y étions" à travers l'interventionnisme des européens. Prenons tous ces états qui ont menés leurs dictateurs hors de leurs palais, et observons le résultat. N'est-ce pas affligeant, d'une lamentable banalité tant il semblait évident qu'il y aurait quelqu'un de plus retors que les candides pour prendre le pouvoir? Qui a guidé les foules contre la police et/ou l'armée? Qui a organisé un secours humanitaire de façade pour s'accorder les faveurs des plus démunis? Qui, enfin, a pu accéder au pouvoir à l'aide de cette manipulation des masses? Toujours les mêmes, à savoir non pas les rêveurs, mais bel et bien les ambitieux, ceux qui ont su attendre le bon moment pour s'approprier le pouvoir!

L'Egypte en est une démonstration, mais n'oubliez pas que la Lybie a vécu strictement le même cycle: on fait tomber le dictateur, on prend le pouvoir, et dans la foulée on révise la constitution de sorte à ce que l'état devienne une république islamiste. Une arnaque? Non. Une chose inévitable? Encore moins. La seule chose qui était inévitable en fait, c'est que, de l'intérieur, les forces mêlant religion et politique allaient tout faire pour revendiquer une légitimité jusqu'alors étouffée par le pouvoir en place. De fait, en aidant la révolution, les nations européennes n'ont donc que porté une assistance indirecte et dangereuse aux mouvement que, justement, l'Europe s'échine à combattre sur son territoire. A croire qu'ils ne retiennent jamais la leçon.

L'Histoire se répète, inlassable, inusable cycle de prise de pouvoirs, de chutes de monstres à fanfreluches, puis au final de la chute de types en costume pour en mettre d'autres. Il m'avait semblé illusoire de croire que l'Egypte, la Lybie, la Tunisie, ou encore la Syrie pourrait s'offrir un gouvernement légitime et démocratique. Je tiens tout particulièrement à la présence du "et", au titre que la légitimité est naturellement allée à ceux qui ont organisé la lutte -donc, dans les faits, aux mouvements extrémistes et autres détenteurs d'une loi passant non plus par la politique mais par la foi-, et que le côté démocratique n'est alors qu'une addition, une sorte de cadeau bonus qu'hélas aucun de ces pays n'a réellement gagné. Cruelle désillusion pour certains, logique implacable de la dégradation de la région pour d'autres, quoi qu'on en pense la seule chose qui aurait rendu évitable ces gouvernances religieuse aurait été de ne surtout pas assister la révolution! Ironique, non?

Maintenant, l'Egypte s'est soulevée, l'armée agit... mais pour arriver à quoi? Est-ce que la rue pourra prétendre obtenir ce qu'elle espérait avoir dès le départ? J'en doute. Quelque soit la façon dont va tourner cette nouvelle série de manifestations et d'affrontements, le pays ne pourra pas composer sans la présence des partis religieux, et donc de devoir créer au mieux une gouvernance d'union nationale, au pire de devoir se laisser mener par ces partis là. Où sera la démocratie? Sacrifiée? Mise en morceaux? Elle ne sera que ce qu'elle a toujours été, à savoir la première victime du peuple quand celui-ci a des objectifs trop différents. Comment concilier politique et religion, quand une part de la nation veut une politique sans Foi, et une autre partie du peuple une Loi par la Foi? Ca n'a selon moi aucune chance de fonctionner dans un système à l'image des vieilles démocraties, et, triste constat, la seule solution viable pour empêcher des affrontements perpétuels sera sûrement de mettre un despote areligieux au pouvoir.

Créer de l'équité sociale en créant une dictature. Triste ironie...

05 juillet 2013

Opération de comm'? Réalité?

Allez savoir... Mais le message est clair: JE décide.

(via Olissea.com)

30 juin 2013

Un peu de piano

04 juin 2013

Girafe

Non, les ivrognes, je ne parlerai pas de ces équipements de bistrot qui ont pour but de vous rapprocher encore un peu plus de l'ivresse. Quoi? Certains ne connaissent pas la "girafe" de taverne? Pourtant, c'est un tube! Oui bon, ceux qui connaissent ce truc se marrent bêtement en voyant mon jeu de mots vaseux sur le "tube". Bref, la girafe est une sorte de long tube contenant plusieurs litres d'un breuvage mousseux et à la couleur douteuse, qu'on pose sur les tables des soiffards afin d'éviter à la serveuse de faire de multiples allers et retours.

Je parlerai donc de l'animal, la girafe, cette grande chose au cou démesuré, à la robe si improbable qu'elle en devient superbe, bref la bestiole que tout le monde visualise mais que personne ne connaît réellement. Je ne me pose pas en expert du dit animal, déjà parce que vétérinaire ne m'a jamais attiré comme métier, et puis parce que ce blog n'a pas vertu à devenir une référence académique en la matière. Et puis quoi encore d'ailleurs, pourquoi devrais-je élever la foule à un niveau supérieur, alors que la toile dispose d'encyclopédies en ligne que la majorité des surfeurs ne consulte pas? Et allez, je m'égare à nouveau. Donc, j'ai envie de parler de la girafe non à cause de son anatomie étrange, mais simplement parce que j'ai été interpelé par une photographie du dit animal.

Cliquez sur le lien pour la voir dans son contexte initial.
Cliquez ici pour voir l'image

Comment la trouvez-vous, cette bestiole au regard si étrange? Je crois qu'elle a réussi d'un battement de cil à m'interpeler profondément, non sur sa nature d'animal, mais sur ma nature de mammifère se croyant intelligent. Rien qu'au premier croisement de nos pupilles respectives, j'ai saisi une chose grandiose sur mon "moi" profond, à savoir qu'avoir la prétention d'être un humaniste n'est bon que pour les pédants et les suffisants. L'animal lui, se contente d'être, alors que nous nous acharnons à paraître. La girafe de la photographie, elle, est douce, elle nous regarde non avec la condescendance dont nous faisons preuve à l'égard de notre environnement, elle nous scrute avec la douceur et la curiosité inhérente à sa condition. elle "sait" que nous sommes différents, mais cela ne la blesse ni ne la dérange. Après tout, la curiosité est une chose vitale!

Alors, forcément, se dire qu'une girafe a plus d'humanité en elle que nous en avons nous-mêmes, il y a quand même quelque-chose qui cloche profondément. Mais, n'est-ce pas là le souci principal de l'Homme? Il s'octroie des titres, se félicite d'être "humain", tandis que derrière ce discours d'onaniste se cache un monstre destructeur, cynique et souvent paranoïaque, et qu'il agit toujours au nom "de la raison" dont bien souvent il ne dispose pas réellement. Cette girafe nous interroge, elle nous vise délicatement, sans méchanceté, elle nous demande "Pourquoi". Pourquoi ne pas vivre paisiblement, pourquoi ne pas laisser courir les choses au lieu de courir après, pourquoi ne pas simplement savourer le temps qui passe au lieu de croire qu'il file? Elle a raison, tristement raison de nous observer ainsi, animaux stupides bouffis d'orgueil mal placé, mammifères crétins préférant haïr que comprendre, bestiole ingrate torturant sa planète quand il faudrait peut-être juste la respecter.

Girafe, merci de ton regard, il est à la fois le plus doux et le plus dur à supporter. Sa douceur nous ramène à notre bêtise, et ça, c'est dur à encaisser...

28 mai 2013

Le vert payant

Non, amis alcooliques et autres amateurs de comptoirs, je n'ai pas fait la moindre erreur concernant le titre. Je ne parlerai donc pas du tarif de vos nectars préférés, mais bien de verdure, de nature, de graines, donc de tout ce que le bitume tente d'effacer avec frénésie et acharnement... Mais là, dans un coin reculé de la salle, le petit angle obscur où se cache l'écologiste râleur, un type se marre et me pointe du doigt en m'insultant presque à coups de "Faux cul! Tu te moquais des écolos, maintenant tu les soutiens?", ou encore "Salaud! Tu parles de nucléaire, d'industrie, et maintenant tu veux jouer les saints protecteurs de notre Mère Nature?".

Quoi lui répondre?

Ah si je sais: "Je t'emmerde". Oui c'est vulgaire, virulent, méchant, mais cela vient bien du fond du coeur. Je n'ai jamais dit que l'écologie était une mauvaise chose, j'ai dit et répété, voire même martelé que nombre d'écologistes sont des harpies décérébrés qui pensent qu'on peut tout dire et faire sous prétexte de bonne conscience. Alors à ce Monsieur le con du fond de la salle, je dis "Ta gueule, assieds toi et prends le temps d'écouter", parce que j'ai de quoi dire et gueuler! Oui, je suis en pétard, oui, je vais faire mon enragé, parce qu'une fois de plus des lobbies se permettent encore et encore de vouloir prendre les gens pour des imbéciles, et finalement en faire du bétail sans cervelle.

Lisez donc ça, et préparez au passage les sacs à vomi (merci à Timo pour le lien)
Le lien de Timo (Le Hollandais volant)
Le résumé du pourquoi de ma colère, sur rtl.be

Vous n'avez pas la nausée? Vous n'êtes pas écoeurés par cette proposition de loi? Qu'on la résume pour les fainéants ayant choisi la voie la plus courte, à savoir me lire sans aller piocher dans les sources citées... En gros, imaginez donc un monde où des industriels de l'agroalimentaire réussissent à faire passer une loi où seules leurs graines sont autorisées, et donc ressemer votre jardin avec vos fruits, vos légumes, bref votre production devient un acte illégal et répréhensible. Hé, tas de j'en foutre, tas de débiles avides de profits faciles, la nature ne vous appartient pas plus qu'elle ne nous appartient. Tout comme nous, vous la squattez, vous la polluez, et surtout vous l'exploitez à outrance. Maintenant, vous avez le culot de dire "Maintenant ne plantez plus que ce que nous vous autorisons à planter". Je ne vois qu'une réponse à cette proposition: le poing dans la gueule. Hors de question que mon potager soit leur chasse gardée, hors de question qu'on vienne me dire "Non, plante nos OGM en lieu et place de cette espèce insuffisamment rentables pour nous".

Le monde n'est pas fait des graines de Monsanto et de mauvaises herbes. D'ailleurs, les vraies mauvaises herbes sont celles de Monsanto qui s'est fait une joie de stériliser le fruit de la pousse (donc on rachète chaque année de la graine), d'en bidouiller le génome (sans le moindre contrôle sanitaire raisonnable), et qui pardessus le marché créent des hybrides involontaires quand une espèce naturelle et une espèce trafiquée ont le malheur de se croiser. Ordures. Ne touchez pas à mes fruits ni à mes légumes! Et puis quoi encore? Demain, vous allez nous dire que le cerisier octogénaire de mon jardin n'est plus "sain" au titre qu'il n'est pas dans votre escarcelle brevetée?! Mais je vous emmerde! Ce cerisier était là avant vous, et il y restera, tout comme les tomates qui poussent et repoussent chaque année sans votre consentement.

Non, la nature n'est pas un dossier comptable. Non, les potagers ne sont pas des territoires à contrôler. Et oui, vous êtes des pourris qui se permettent de faire légiférer l'Europe pour votre seul bénéfice. On va me dire "C'est pour éviter la contamination, la dissémination de plantes indigènes...". Bla bla et mensonges. Tas de cons, je vous rappelle que plein de choses aujourd'hui ordinaires viennent justement de la main de l'homme: la pomme de terre, c'est Européen peut-être? Et le riz? Non mais, vous vous foutez de qui là? Commencez déjà par ne plus fourguer par fûts entiers du poison comme vos pesticides et autres défoliants qui ne veulent pas dire leur nom (qu'est-ce d'autre qu'un défoliant, le Roundup? Arrêtez de parler de désherbant sélectif ou je vous l'injecte en intraveineuse pour le fun).

Ce monde est réellement à vomir, il donne largement la nausée, parce que non content de contrôler nos assiettes, les voilà lancés dans le contrôle hégémonique de nos jardins. Un petit acte citoyen simple mes amis: gardez précieusement des graines issues de vos propres productions, et surtout boycottez totalement toutes les sources d'achat de leurs graines. Au pire, fournissez vous chez les producteurs locaux, prenez de bonnes quantités de semis chez les vrais amoureux de la terre... Par les cons en costume qui veulent nous facturer le droit au potager, et pas plus les débiles qui ne savent pas ce qu'est vraiment défendre le monde et la nature.

27 mai 2013

Quand l'expression devient une marchandise

Dans un monde où l'information circule à travers des fils et qui est stockée sur une toile totalement obscure pour le commun des mortels, l'accès à la dite information semble être simple, et surtout complètement libre. Bien entendu, cela n'est envisageable que dans des démocraties, car la censure est quelque-chose de totalement admis et courant dans les dictatures (Chine, Syrie...). Seulement voilà, est-ce réellement aussi libre et aisé qu'on le suppose? A-t-on une image complète de la toile quand nous faisons nos recherches de données?

tout d'abord, quelques faits simples afin de faire comprendre le fonctionnement de la recherche. Pour procéder à une comparaison, nous devons nous intéresser au fonctionnement même de la toile, et la comparer à un autre fonctionnement qu'on pourrait croire "identique", celui de la téléphonie fixe. Pourquoi? Parce que dans un cas comme dans l'autre, nous supposons qu'un annuaire permet d'accéder à la liste complète des abonnés (numéros de téléphone, ou adresses de sites web), or c'est tout sauf le cas: le réseau téléphonique est centré, le réseau internet est sans véritable "centre", où chacun peut devenir client et serveur d'informations. Le résultat? Autant, tenir une liste de numéros de téléphones est particulièrement simple, puisque l'opérateur détient naturellement la liste des abonnés, autant créer un annuaire sur internet tient du miracle, puisque chacun peut, quand il le désire, offrir du contenu à chacun de nous.

En quoi est-ce si différent? Ca l'est pour trois aspects.
Un: les annuaires, ou ce que nous supposons à tort en être, doivent soit prendre des informations par les tiers en s'y inscrivant, soit le système de l'annuaire scanne la toile pour ajouter, mettre à jour, ou supprimer les références des sites dont il dispose déjà. Google en est l'exemple concret: les milliers de machines du géant Américain scrute constamment le réseau afin d'identifier le plus souvent possible les changements, et les répercuter aux utilisateurs quand ils interrogent ce listing mondial. Donc, le résultat est particulièrement impressionnant: non seulement l'annuaire ne peut être qu'incomplet, car le moteur de recherche ne peut pas accéder à tous les sites, mais en plus le fournisseur (Google dans notre exemple) peut tout à fait filtrer les résultats, exclure des informations, donc censurer l'annuaire! Est-ce de la donnée libre et complète? Assurément pas étant donné ce premier point.
Deux: les lois sur le droit d'affichage de l'information, les règles locales sur le droit à l'image, le copyright, ou encore la protection des mineurs sont particulièrement variables. Typiquement, les USA comme la France donnent la chasse aux contenus indésirables (selon des critères souvent douteux), tandis que d'autres pays sont particulièrement permissifs... Quand ça les arrange (propagande notamment). De ce fait, les dits annuaires ne restituent alors plus les mêmes contenus d'un pays à l'autre, voire même vont jusqu'à censurer automatiquement partout par défaut, afin de ne pas être en conflit avec une nation précise. Résultat des courses, encore une fois ce que vous affichez n'a rien à voir avec la réalité du réseau!
Trois: les propriétaires de droits (éditeurs, majors de la musique/cinéma...) sont des structures qui pèsent, en tant que clients de Google, des milliards chaque année. Clients? Oui, tout à fait! Sachez que Google se finance essentiellement grâce à ces sociétés, car le classement des sociétés et des sites sur "l'annuaire" est surtout tributaire des sommes versées par ces sociétés pour les faire progresser dans le classement. Quand vous cherchez des mots clés qui ne sont pas liés à ces structures, vous obtenez un classement à peu près légitime, lié au nombre de visites, ainsi qu' à la pertinence de la réponse. Par contre, dès que vous abordez la notion de média ou de produits manufacturés, là la chanson change complètement, car le classement n'a plus rien à voir avec une réalité en terme de restitution du classement. Quoi de plus énervant de voir en premières lignes des sites marchands, et non pas le site d'un fabricant? Quoi de plus gonflant que de passer des pages et des pages pour aller enfin trouver la bonne information? Encore une fois, ce qu'on vous affiche n'a plus rien à voir avec la réalité.

Là où tout devient particulièrement grave, c'est que ce dernier point est le plus important à retenir. Certains pensent que la censure est l'outil le mieux utilisé par les dictatures. Il n'en est rien. Le véritable maître de la censure est en fait le propriétaire des droits sur l'information: ayants-droits (musique, cinéma, livres, articles...), car lui et lui seul peut obtenir une censure mondiale de toute page ayant le culot de distribuer l'information sans son accord... ou sans lui reverser une dîme. Prenons un cas très concret: toutes les majors courent après les sites de diffusion en ligne pour faire censurer les musiques, extraits de films, ou encore traductions sous titrées de leurs oeuvres. C'est comme ça que Youtube (encore du Google) voit du contenu apparaître, puis disparaître... pour réapparaître plus tard via un autre compte quelconque. Cette chasse permanente pourrait sembler légitime, sauf qu'elle ne se cantonne pas à la musique et au cinéma! Est-ce normal qu'on puisse encore parler de droits d'auteurs sur des oeuvres de Hemingway? Oui, puisque la traduction en elle-même est une forme de droits d'auteurs. Est-ce logique de voir que le requiem de Mozart subit le même droit? Oui, puisque c'est l'interprétation qui a la notion. Est-ce normal de voir des droits sur le discours de M.Luther King? Oui, puisque les héritiers les ont réclamés!

Une fois ce tableau brossé, on comprend donc que si l'information écrite, filmée, ou enregistrée sur magnétophone peut être étiquetée avec un label, rien n'empêche ce même label de procéder à une censure systématique dans les médias de la toile. Concrètement, on a donc des organes qui peuvent décréter que tel discours historique doit quitter la scène, avec pour prétexte pourri qu'il n'y a pas de droit à le diffuser. Vous en voulez une preuve lamentable? (je vais atteindre ce foutu point Godwin, mais qu'importe): tous les discours filmés durant la seconde guerre mondiale. Chaque société équivalente à l'INA détient des droits sur les bandes de ces discours... Et réclament des droits pour les diffuser ou pour les exploiter. Cela veut dire quoi? Que vous ne disposez même pas d'images d'actualité sans qu'il y ait quelque-chose de versé à ces propriétaires. Hé, dites, l'Histoire n'est pas à vous, elle est aux citoyens! Pour moi, toute émission à but informatif (débat, discours, reportages) devraient être exclus du droit à l'image, parce que JUSTEMENT le rôle de l'information c'est de passer à tout le monde, de donner à chacun la possibilité d'en savoir plus; pas de vous gaver à chaque visionnage supplémentaire sur la toile!

La façon de régler ce problème? Trois étapes!
Un: plus de droits sur les documents à valeur historique. Plus question qu'un discours comme celui du pasteur King puisse être l'objet d'une gestion de droits.
Deux: revoir complètement le modèle économique sur la gestion des droits. Qu'on n'autorise plus ces renouvellements iniques de droits sur les traductions!
Trois: Réfléchir avec ces industriels une façon d'accéder librement aux contenus, sans avoir à pirater/contourner les lois. Pourquoi pas des abonnements inclus dans notre Internet? Pourquoi ne pas raisonner autrement? Le vol, ce n'est pas la copie. La copie, c'est la duplication. Je ne vole ni ne falsifie une donnée quand je la duplique... Donc qu'on arrête de dire qu'on vole. Qu'on lèse les auteurs, ça oui c'est réel, c'est malhonnête, mais ça n'est ni un vol ni même un hold-up. Et surtout, chères majors, rappelez moi combien vous versez aux ayants-droits "réels" face à vos rémunérations, et ensuite nous parlerons d'honnêteté intellectuelle.

Je suis gavé par ce mensonge global où l'on fait passer les Chinois pour les pires, alors que sous notre nez des Google, des Columbia, des cabinets obscurs d'avocats vous transforment l'information à votre insu, le tout en prétendant que "c'est pour votre bien". Maintenant, interrogez-vous, ne vous arrêtez surtout pas à la première page de quelque moteur de recherche que ce soit. Creusez, piochez, comparez, recoupez. Plus vous fouillerez, plus vous serez écoeurés par l'attitude de ces structures... Et plus vous les combattrez "passivement" en évitant leurs services, en boycottant ceux qui utilisent vos données pour s'enrichir, bref en faisant un usage citoyen du net.

21 mai 2013

C'est bon d'être con parfois, hein le Duc!

Ah, mais je crois qu'il y a quelques lecteurs qui se languissaient de mes coups de sang, de ma gouaille (parfois maladive), et de mes grognements. Et pourtant, ce n'est pas peine d'avoir eu envie d'écrire, mais certaines obligations se font plus impérieuses que nourrir votre vorace passion pour les plumes décalées (bande d'affamés!). Bref, désolé du retard, me revoilà pour placer un excellent souvenir personnel, à savoir un film que j'adore, non mieux encore que j'adule, tant il est décalé, profondément bizarre, mais hautement intéressant.

The big Lebowski.

Comment décrire cet OVNI cinématographique? Comment même vous préciser à quel point tant les auteurs que les réalisateurs et les acteurs sont perchés bien haut dans le ciel, comment ils sont hors de tout contact avec le sol, et que nous, pauvres spectateurs bien pris au dépourvu? Les mots peuvent vraiment manquer, je dirais qu'à ce point de "C'est quoi ce truc", on en est rendu à la spéculation et aux phénomènes hallucinatoires... Et le tout dans une jubilation plus que profonde.

Alors oui, déjà, vous vous doutez bien qu'après une telle dithyrambe il va y avoir nécessairement une description du scénario, quelques détails sur des scènes clé... Mais allons pour le contrepied total, essayons autre chose, à savoir vous donner envie de voir (ou revoir) ce film sans trop en éventer quoi que ce soit! Cela semble simple, du moins en général, surtout quand on est face à une bande annonce aguicheuse, pétrie à coup de musique "épique", d'images stroboscopiques et de plans rapides, et accessoirement assaisonnées de quelques nanas bien foutues à fortes poitrines... Mais là, non, c'est plus complexe, il faut que je couche sur le papier - sur mon clavier en l'espèce - de quoi vous faire saliver, vous stimuler le cortex, tout en restant plus que discret sur la forme, les personnages, bref sur ce qui fait le sel de "The big Lebowski".

Alors je m'y mets. Tout d'abord, ce film est l'essence même de la moquerie subtile des mauvais polars. Pamphlétaire, provocateur, l'oeuvre se paie ouvertement la tête de ces films qui se prennent au sérieux, tant sur le fond que sur la forme. Lebowski aurait pu être un énième film policier d'action, si le tout n'avait pas été volontairement perverti par des frères Coen probablement hilares à chaque moment du tournage. Ce film, c'est un cadeau aux amateurs de cinéma de genre, une sorte de cri d'amour profond pour les personnages torturés, les antihéros, bref tout ce qui fait l'essence des films de genre à l'américaine. Au lieu d'être stressés par des situations classiques de polars, vous y serez pris de fous rires, et même sûrement stimulés à l'idée de trouver des références à autre chose, à d'autres films, donc vous serez amenés à ne pas être passifs face à ce film. Et rien que ça, c'est déjà un exploit en soi. Loin du popcorn, restez très loin même du popcorn, sous peine de risque l'étouffement lors d'une crise d'hilarité sincère et bien venue.

Un bon film? Les gens en parlent, le critiquent, grognent et vocifèrent, opposant les amoureux de ce "truc", et ceux qui n'ont rien trouvé dedans. Aux deux je peux dire "Vous avez raison!". "The big Lebowski", en hymne au nanar policier, en mettant en place une intrigue aussi dingue qu'absurde, vous fera soit repousser le film en le jugeant comme un navet, ou au contraire l'aimer avec tendresse, parce que chaque bizarrerie, chaque tache sur le corps de ce film est voulue. Il n'y a rien à jeter, si ce n'est le tout quand on n'apprécie pas la chose. Pour faire un parallèle, c'est comme siroter un excellent Whisky: soit vous aimez ces saveurs boisées et ce parfum si caractéristique, soit vous fuyez la chose parce que vous ne lui trouvez rien d'autre qu'un retour en bouche et en gorge agressif et peu savoureux. Moi, je le goûte donc comme un 18 ans, une sorte d'apothéose du cinéma aimant le cinéma!

Les acteurs, qu'en dire? Tous sont au sommet! Cabotins, dans leurs rôles respectifs, comme disent les jeunes ils sont "au taquet". On sent que chacun s'est amusé, pour ne pas dire s'est éclaté à tenir des rôles aussi barrés, déjantés, décalés, bref des rôles qui vous collent ensuite à la peau comme la saveur d'un baiser après une nuit plus qu'agitée. The big Lebowski , c'est une aventure pétrie de drôleries, de grimaces, de mimiques, et de dialogues taillés sur mesure pour faire rire et réfléchir à la fois. Alors oui, on va me dire "c'est too much, ça dépasse les bornes, c'est con comme une paire de godasses usagées"... Mais c'est le but bordel! Cette oeuvre n'a pas d'autre but que d'être jubilatoire, une sorte de petit péché, comme la tablette de chocolat qu'une femme fière de sa ligne cache à ses copines mannequins. Plaisir coupable? Oui, assurément, car ce n'est ni une pointure dans les effets spéciaux (il y en a d'ailleurs... subtils mais complexes d'ailleurs!), ni même dans le rendu. Quoique. En y songeant bien, n'est-ce pas là du talent que de faire oublier la technique au profit du fond lui-même?

Offrez vous un moment de Lebowski, accrochez vos zygomatiques, préparez le Synthol pour les soulager après la séance, car pour moi nombre de répliques sont parfaitement cultes dans ce film. Et puis, pour finir et vous faire baver un peu plus (bande de gourmands), je vous mets la bande annonce ci-dessous!

BON FILM!

Ah PS: les anglais ont une expression pour décrire de style... c'est le WTF: What The F*ck... (en gros "C'est quoi ce bordel?")