09 mai 2012

Merci

Je sais, je ne m’exprime pas assez ces derniers temps, et certains pourraient même penser que mon blog se désertifie au rythme de l’avancée du désert en Afrique. Bien sûr que vous auriez alors raison de ronchonner, en vous disant qu’il y a plein de gens qui écrivent, et ce malgré bien des contraintes. De fait, je reprends la plume dès que j’en ai l’occasion, et là les changements survenus en France sont propices, à mon sens, pour que je m’exprime un peu. Au-delà de toute considération purement politique et morale, je me dois donc de lancer quelques mercis indispensables, selon moi, en ces temps complexes et peu propices à la cohésion. Déjà, merci aux Français d’avoir faits la démarche d’aller voter. Je n’ai pas voulu m’exprimer durant les scrutins, ceci au titre que j’aurais pu dire des choses somme toute désagréables, ou tout du moins me mettant en position délicate. Chacun a fait son geste citoyen, et je ne dénigrerai donc pas plus les électeurs de gauche que de droite, pas plus que je ne jetterai l’opprobre sur les électeurs du FN. Là, certains ont les yeux qui roulent dans leurs orbites, gémissent des mots comme « tu soutiens donc le vote fasciste ?! ». Du calme les mouettes ! Le vote fasciste, c’est ce que les Grecs viennent de faire en donnant des sièges au parlement à de vrais « nazis », qui sont eux incomparablement plus brutaux et dangereux que ne le sera jamais l’électorat du FN. De fait, merci aux électeurs, merci à la démocratie qui a fonctionné à plein. Suis-je satisfait du résultat avec un M. Hollande comme président ? Je joue franc jeu : j’aurais préféré Bayrou, mais les urnes ne lui ont pas donné l’opportunité d’affronter l’échéance du second tour. Soyons beau joueur, il a soutenu le candidat qui, justement, a été élu. Certains parlent de trahison, moi je parle de démarche personnelle et légitime. Il a estimé que le président sortant n’était plus à la hauteur de ses espérances, il a donc cautionné un vote qui, de prime abord, pourrait paraître contradictoire. Donc, merci M. Bayrou pour cette honnêteté morale que bien des politiques devraient s’empresser d’imiter. Au surplus, il n’a pas mentionné le moindre accord, la moindre tergiversation. C’est donc une décision qui l’élève dans le débat, alors que d’autres jouent la carte des législatives… Inutile de dire qui, vous aurez entendu parler de ces négociations en même temps que moi.

Qui remercier ensuite ? N. Sarkozy. Hé oui : je l’ai vilipendé, j’ai mis en doute certaines de ses idées, mais pour autant que je sache, il s’est démené pour tenter d’assumer pleinement son rôle de président. Cela a irrité, puisqu’on la vu comme un quasi monarque, il a également été considéré comme pénible du fait de son omniprésence médiatique, mais pourtant merci monsieur le Président d’avoir été actif… quitte à vous être lourdement fourvoyé sur de nombreux points. Maintenant, qu’on apprécie ou pas le personnage, force est d’admettre qu’il aura agi selon ses convictions, qu’il aura tenu nombre de ses promesses électorales. En parlant de ça, je m’interroge encore sur le raisonnement des Français : ils l’ont élu sur son programme ou son populisme ? Parce que, mine de rien, il a annoncé des choses, qu’on a cautionné par les urnes, et qu’on a ensuite critiqué au moment de la mise en œuvre du programme ! Donc « oui, on fait » pendant les élections, et finalement « non, pas question de le faire » une fois la réforme en route. Je ne comprendrai donc jamais la versatilité des Français…

D’autres remerciements ? Oui, à M. Hollande. Ce n’était pas mon favori, cependant son attitude finale et pondérée, tout comme celle de son adversaire sont à saluer. Autant VGE (de triste mémoire) a quitté son poste de manière honteuse et incongrue, autant ces deux hommes, pourtant opposés le couteau entre les dents, ont mis de côté leurs rancoeurs pour que la transition se fasse de la manière la plus élégante et respectueuse possible. Les cérémonies du 8 mai sont marquantes à ce titre, car elles furent très solennelles, dénuées de la moindre animosité, et on a pu sentir que les deux politiques furent là pour servir avant tout une cause qui est celle de la république. Leurs objectifs, leurs idées, leurs styles, tout les opposent, mais ils ont un même objectif : servir la France. Et ça, c’est pour moi quelque-chose d’indispensable. C’est même la première qualité que je demande à tout élu, à savoir d’être un serviteur de l’état avant d’être un serviteur de ses propres ambitions.

Pour finir, qui remercier ? Ceux qui ont su faire preuve de modération et de tempérance. J’ai entendu et vu plusieurs représentants des partis en présence soit exulter, soit se comporter de manière indigne et agressive. Désolé : la victoire ne donne pas tous les droits, et la défaite ne légitime pas l’indignité. De toute façon, j’espère que les Français comprendront suffisamment tôt que le choix de l’alternance impose un vote orienté pour les législatives. Hé oui : un changement de bord politique nécessitera forcément une majorité à l’assemblée. N’ayez pas la folie de jouer la cohabitation, sous peine d’avoir des blocages incessants lors des décisions douloureuses à prendre par nos députés. Au surplus, observez donc la Grèce : faute de se trouver une majorité, le pays est virtuellement ingouvernable. A qui la faute ? Aux élus ? Non : aux électeurs. Nous choisissons, en notre âme et conscience, d’élire le candidat qui nous correspond le mieux. Je ne suis pas un gauchiste, ni un frontiste, je suis un pragmatique qui pose sa voix là où il me semble être le mieux pour tous. De fait, c’est mon idée, et elle risque de choquer… Mais tant pis ! Votons à gauche, affirmons la légitimé du président Hollande, et ce pour deux raisons. La première, pour qu’il ait le pouvoir d’agir selon ses idées, la seconde, pour qu’il ne puisse pas coller un éventuel échec sur le dos d’un autre parti. La gauche a le pouvoir, donnons lui ce pouvoir de manière pleine et entière.

22 avril 2012

Chère grand-mère

Cela fait bien longtemps que je songe à t’écrire, mais à chaque fois je me dis que mes mots sont vains. En effet, tu sais lire en moi comme personne ou presque, et tu as en tes yeux la capacité de voir mes sentiments. Sans mot dire, tu trouves les phrases pour me réconforter, me faire comprendre que la Vie est un présent, même s’il est souvent douloureux à préserver. Tu en sais tellement sur l’existence, que t’écrire me semble ridicule et juste égocentrique. Pourtant, j’en éprouve le besoin, ce désir de te dire à quel point je pense à toi, et à quel point mon cœur et le tien sont proches.

Loin des yeux, loin du cœur ? N’importe quoi. Si loin que tu sois, si lointaine que soit notre pays, tu es toujours présente, tel un ange qui flotterait en permanence au-dessus de ma folie. Tu as toujours la tendresse de m’offrir ton sourire et tes baisers, et ce bien que la Vie ne t’ait jamais épargnée. Que de douleurs, que de soucis et de tristesses tu as pu accumuler durant cette existence terrestre ! Tu es veuve depuis plus de deux décennies, tu as vu ton fils partir au front, revenir traumatisé, tu as failli le perdre à cause d’un accident cérébral, et toi-même tu souffres de problèmes de santé très lourds. Plus d’une fois tu m’as dit que tu te sentais comme un poids mort sur ta famille, alors que nous tous, oui tous autant que nous sommes, t’avoir près de nous est en soi un bonheur et une fierté. Quelle joie de pouvoir te parler du passé, te raconter le présent, et même envisager le futur ! Je me sens tout petit, comme je l’étais, assis près du poêle à bois, à regarder la télévision en noir et blanc, tout en sachant que tu étais assise sur ton lit, épluchant les pommes de terre ou triant les légumes pour une soupe. Alors, rien que pour ces souvenirs, j’estime que tu ne seras jamais un poids sur nos vies, tu es essentielle à la mienne en tout cas.

J’ai parfois des mots très durs pour les gens, je leur reproche leur folie, leur bêtise, mais pour toi je n’ai que gentillesse et compassion. Jamais tu n’as eu de mot pour te plaindre, jamais je n’ai vu la lassitude envahir ton âme. Courage, abnégation, tu es une femme exceptionnelle, tu le seras à tout jamais, car même la maladie n’a pas diminué ton courage et ton amour pour ton prochain. Tu partages tout, même quand tu n’as plus rien, que ce soit un simple fruit, une parole tendre, ou même un regard caressant. Tu as une belle âme, un beau cœur, de la chaleur dans l’esprit et de la passion dans la voix. T’écouter parler du passé, des difficultés du quotidien, c’est écouter la voix de la terre, dure, mais franche et honnête, celle qui parle de dignité, de se tenir droit quoi qu’il se passe autour de soi. Tu as dû connaître la faim, le froid, la peur de mourir, mais tu n’en parles jamais pour toi-même. Tu plains ceux qui souffrent, alors que souvent ils souffrent moins que toi tu as souffert. C’est ça, l’humanisme, le vrai, le sincère, pas celui des livres où un donneur de leçons s’empêtre dans ses phrases complexes, et se perd dans un tissu de mensonges dont il aimerait se convaincre lui-même. Je n’ai pas cette charité immense dont tu fais toujours preuve, mais Seigneur, que j’aimerais être aussi fort et droit qu’elle !

Je ne pleure plus depuis des années. Je me suis forgé une muraille pour me préserver de tout, des déceptions, des difficultés, de la lassitude de me battre pour ne pas m’agenouiller. Ce fortin intérieur, il m’a souvent valu d’être bien seul, d’avoir un aspect terrifiant pour bien des gens. Toi, au contraire, tu es accessible, tu sais encore pleurer de joie ou de peine, et je t’ai vu pleurer avec sincérité et simplicité, parce que tu étais heureuse de voir tes arrières petits enfants. Qui peut prétendre à une telle bonhommie ? Celui qui se vantera d’être aussi ouvert ne sera qu’un prétentieux, parce qu’elle n’a jamais eu à se targuer d’être ainsi. Elle est. Tout simplement ; elle Est, comme tout le monde devrait être finalement.

Dommage que ces mots arrivent bien tard, et ce bien que tu saches à quel point je t’aime. Je ne peux pas parler de toi au passé. Tu es toujours vivante dans nos cœurs, dans le mien tu es vivace, comme ces plantes qui entourent encore ta maison. Tu es vivante, parce que tu nous aimes, et en retour nous te donnons nos sentiments. Tout cela, toutes ces joies et ces peines, elles sont à toi, elles sont à nous, et tu es donc vivante pour toujours… Même si la Vie a décidé que tu devais mourir le 11 Avril 2012.

Je t’aime grand-mère.

05 avril 2012

Une belle chanson

Pour ceux connaissent, c'est la bande son de la série "Maison Ikkoku" plus connue chez nous sous le nom "Juliette, je t'aime". Oui, c'est mièvre pour certains, c'est fait soi-disant pour les filles, mais laissez vous porter par la chanson, je la trouve superbe.

30 mars 2012

C‘est qu’ils en font un de ces bruits !

Les oreilles qui sifflent suite à un boucan atroce, on connaît tous. C’est une sensation désagréable, l’impression d’avoir quelque chose dans les esgourdes qui se trémousse sans arrêt, alors que le silence s’est déjà fait depuis bien longtemps. On s’en accommode un peu, on supporte, puis l’on peut finir par devenir dingue, faut à un sommeil perturbé, une vie insupportable à force d’insomnies et de stress… Bref, le bruit qui vous démolit les tympans est dangereux pour votre santé tant physique que mentale.

Mais alors, bordel de bordel, pourquoi des abrutis de journaleux n’arrêtent-ils donc pas de se prendre pour des mouches autour d’un pot de miel mal fermé ? Ils sont d’un pénibles ! Le bruit de fond qu’ils provoquent est assourdissant, à tel point que ce frétillement finit par couvrir le bruit que pourrait faire n’importe quelle information importante hélas noyée dans la masse. Regardez donc : on n’en finit pas de remuer les poubelles avec les horreurs de Toulouse, mais pour autant on n’accorde pas plus de dix secondes à la fin de la trêve hivernale des expulsions. On se moque des gouvernants et du RAID concernant l’assaut sur l’assassin, mais l’on se moque littéralement de savoir ce qu’il peut se passer dans bien des pays du monde. (Tiens, un coup d’état par ci, tiens un despote qui tombe par là…)

Sans rire, je m’interroge sur la nécessité à nous retourner la cafetière avec des imbécillités : que voulez-vous qu’on fasse, en tant que citoyens, du lieu d’inhumation d’un criminel ? A tout choisir, je me serais délesté du problème en balançant la dépouille lestée dans la Méditerranée, comme ça pas de sépulture, pas de lieu de culte ou de vengeance, et surtout pas d’humiliante obligation de devoir garder à l’œil la dépouille du criminel. Mais non, le droit, la loi, la morale, tout cela, les journalistes en font fi et font leurs choux gras du « L’Algérie ne veut pas du corps ». Evidemment qu’ils n’en veulent pas ! Qui voudrait d’un paquet aussi encombrant ? Pour que le problème soit reporté chez eux ? Et puis quoi encore, ils ont bien assez à faire que de se trouver mêlés à ce cirque médiatique et politique.

Ah, autre chose aussi. J’ai l’impression que les gens découvrent que l’horreur est humaine. Bizarre, j’en suis pourtant convaincu depuis bien assez longtemps. Suis-je donc trop cynique ? Pourtant, les meurtres, les viols, les actes de barbarie, les bombardements, toutes ces atrocités supposées « inhumaines » (alors qu’elles sont perpétrées par des êtres humains justement) n’ont rien de bien nouvelles. Cependant, on continue à s’ébahir quand quatre adolescents en tue un cinquième, quand un violeur récidive une énième fois, quand un pays s’effondre à coups de bombes, bref quand l’homme se comporte de manière atrocement ordinaire. Mais merde les gars, il faut se regarder en face deux minutes ! L’homme est un boucher, un sauvage, une bête qui ne demande qu’à dévier de sa route morale. Et ça n’est pas faute d’instaurer des lois pour essayer d’encadrer nos penchants ! Nous sommes parmi les rares bestioles de ce monde qui n’hésitent pas : à tuer gratuitement, à tuer par plaisir, à détruire sans raison, à gaspiller volontairement, à créer des systèmes qui jaugent la valeur d’une vie, et ainsi de suite. Et la morale voudrait qu’on soit sereins, propres, exempts de corruption ? Fumisterie morale, quand tu nous tiens.

Le monde a toujours été, et sera probablement toujours un cirque à ciel ouvert. Notre besoin de « savoir » ne s’arrête pas à des aspects purement intellectuels. Nous voulons « tout » savoir, les travers des autres par les tabloïds, la vie fantastique et enviée des puissants, ou encore les futilités des engueulades de nos voisins. Voyeurs, colporteurs de rumeurs et de fausses nouvelles, nous sommes clients et friands des cochonneries dont les dits journaleux font leur beurre. C’est ainsi, les scribouillards existent parce qu’il y a une demande, tout comme les intellectuels existent parce qu’il y a un besoin naturel de se trouver des références. De là, où est le juste milieu ? Probablement au même endroit où notre vestige de repas finit, bien au centre… Comprenne qui pourra.

Nous avons les médias et les politiques que nous méritons. Nous avons le niveau de culture et d’information dont nous sommes capables de tenir compte. Alors, demandez vous : qui, de votre entourage, se pourrit le cortex à coups d’émissions débiles, se gave d’articles sur les stars, qui en sait plus sur les goûts vestimentaires d’une starlette quelconque, que sur les goûts alimentaires de leur conjoint (e) ? Là, vous frémissez ! Tremblez, lecteurs, vous êtes cernés par les cons, par l’ignorance ; par la folie furieuse ! C’est donc un monde tout aussi nauséabond qu’il y a 60 ans, qu’il y a dix siècles, que dans un futur lointain.

Vive l’Homme !

27 mars 2012

Surfer sur la mauvaise vague

J’aurais pu faire comme tout le monde. J’aurais pu réagir intensément après l’horreur de ces derniers jours, et surtout faire la polémique autour des thématiques que trop souvent entendues. « Encore des juifs qui se font tuer ! », « Encore un arabe qui tue aveuglément » et j’en passe. Stop ! Qu’on arrête immédiatement le carnage, les amalgames, qu’on interrompe sur le champ toute intervention mal venue. Vous oubliez tous la première des réactions qui se devrait d’être pour toute personne, à savoir la dignité ! Ca ne vous touche pas, mais vous récupérez les thèmes qui vous conviennent, vous instrumentalisez la mort de gosses sans vergogne, et vous poussez tous le vice jusqu’à en faire des prétextes pour la haine sectaire et raciale. Dans quel monde sommes-nous donc pour encore tolérer de telles inepties ? N’avez-vous donc rien appris ?

J’aurais pu faire l’effort de tenter de comprendre les arguments des uns et des autres, surtout quand il s’agit de débattre sur la sécurité des citoyens, sur la surveillance des extrémistes, et donc sur l’intervention en sous-marin des services secrets. J’adore le double discours des gens qui, d’un côté veulent un monde sécuritaire et rassurant, et de l’autre qui refusent obstinément de comprendre que la sécurité extrême se fait systématiquement au prix des libertés individuelles de chacun de nous. C’est que trop facile de mettre en accusation les compétences et les lois, mais avant tout, n’est-ce pas nous qui revendiquons que nous voulons de l’anonymat, de la démocratie, du droit à l’opinion personnelle, même si celle-ci peut se révéler nauséabonde ? Quelle est la frontière entre religion et sectarisme ? Quelle est la ligne qui sépare opinion politique et danger pour autrui ? Chacun doit se regarder dans le miroir et se demander quelle est sa frontière personnelle. Je me refuse de classer facilement, comme beaucoup le fond, les musulmans dans le bac des dangers. Qui est dangereux ? Le catholique qui met le feu à un cinéma parce que le film parle du Christ ? Un athée qui vandalise une mosquée parce que l’islam est, selon lui, l’ennemi, ou bien le juif qui expulse des gens pour faire sa résidence dans un kibboutz ? Tous sont des terroristes, tous sont des racistes, des pourvoyeurs d’horreur, et je ne crois pas que nous puissions dire « Je suis hors de cette mécanique ».

On met en accusation les forces d’intervention du Raid face à l’assassin. On dit çà et là « c’est un échec ». Ben voyons, tant que vous n’avez pas la décision entre les mains, ou sans porter l’arme pour donner l’assaut, qui êtes-vous pour dire de telles choses ? C’est dingue de se rendre compte à quel point l’incompétence et la méconnaissance permet au tout à chacun de réagir et de se placer en expert. Personnellement, je ne peux pas critiquer l’assaut, puisque je n’ai pas l’expérience de ces hommes là, mais un peu de bon sens s’impose. On le voulait vivant pour l’interroger, il ne s’est pas rendu ; on ne savait pas ce qu’il y avait dans l’appartement, il était donc dangereux de donner l’assaut aveuglément. On ne pouvait pas envoyer à l’abattoir des hommes d’élite sans avoir un minimum essayé de trouver une solution négociée. Oui, cela a duré, peut-être trop longtemps, peut-être aurait-on dû tenter quelque chose dans l’heure qui suivait la découverte de son dernier refuge, mais de là à traiter ces hommes courageux d’incompétents, je hurle au scandale ! Tentez donc de déloger quelqu’un de retranché dans un appartement, armé et potentiellement nihiliste, et nous en reparlerons plus longuement.

Je suis intraitable aujourd’hui. J’ai honte pour les gens qui se mettent à tout récupérer. Politiques, journalistes, homme de la rue, tous sont dans le même panier de pommes pourries. Chacun va de sa petite phrase profondément connotée, jusqu’au point d’aller oser faire des ignominies comme cette institutrice qui a eu le culot de demander à ses gamins une minute de silence pour le tueur ! Mais bordel, qui est-elle pour oser cela ? Ce n’est pas une mise à pied que cela mérite, mais un licenciement sans indemnité, voire même une plainte pour son comportement. L’école n’est pas un lieu de prosélytisme pour les enseignants engagés, pas plus que c’est un lieu de recrutement pour y embrigader des gosses dans des idéologies débiles. Si un enseignant s’autorise cela, où sont nos limites ? Quels sont vos critères de décence ? L’école n’est pas un lieu à politiser, mais visiblement nombre de professeurs perdent cela de vue. Le cercle privé n’est pas le cercle des élèves, loin s’en faut. Et je n’ose même pas imaginer ma réaction si un de mes enfants était l’élève de cette femme. Je pense qu’il y aurait rapidement eu « explication ». Si la République forme ses esprits de la sorte, ne nous étonnons pas d’avoir des dérives sectaires, des extrémismes à gauche comme à droite, et surtout une culture de l’intolérance.

Je suis profondément atterré de voir qu’on ose me dire « pourquoi protéger les mosquées autant que les écoles juives ? » Parce que l’envoi de bombes incendiaires dans les mosquées, le vandalisme de ces lieux de culte, ça ne vous semble pas mériter une sécurité au même titre que pour les lieux de culte juifs ? Quelle est cette mentalité scandaleuse ? J’en ai plus que ras le bol de cette victimisation systématique, cette manipulation morale où l’on se devrait de dire « les juifs avant les autres ». Non ! Encore trois fois, mille fois non ! Juif, musulman, orthodoxe, tous ont le droit à la même sécurité, à la même tolérance, mais aussi aux mêmes devoirs de réserve et de tolérance. Et j’attends non sans plaisir qu’on me traite d’antisémite. Cela ne fera que me confirmer que, tant en religion qu’en politique, quand on veut le droit à s’exprimer, cela revient toujours à être taxé de « fasciste », ou bien de « antisémite ». Le fascisme, c’est censurer quand on ne pense pas comme les autres. Le fascisme, c’est de se penser supérieur aux autres. Le fascisme, c’est de prétendre à écraser les autres en se faisant passer pour des victimes ou des maîtres.

Je ne reculerai pas : Pas question de dire « Tous les arabes sont mauvais ». Pas question de dire « Les juifs sont des victimes partout, protégeons les ». Toutes les communautés ont des victimes. Toutes les religions peuvent être maltraitées. Je ne distingue pas les victimes, parce qu’une victime n’a plus de religion ou d’identité, elle devient une statistique pour tous ces gens. Ils se foutent du malheur des familles, ils se foutent complètement de mettre tout le monde dans le mauvais sac. Je ne surferai jamais sur cette mauvaise vague ! Ici, je suis supposé exprimer ma colère avec acidité, mais là les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont des insultes. Marre d’entendre ces gens aux propos étriqués, marre d’entendre seriner les mêmes idées viciées ! J’en ai du mal à garder mon calme tant cela me fait enrager… Et pourtant, je me le dois parce que sinon je vais succomber aux mêmes extrêmes qui me font justement horreur. Le démon de la violence me hante, il me taraude l’esprit presque aussi sûrement que la haine raciale taraude celui des racistes. La xénophobie ? Elle est en moi : je suis xénophobe aves les cons, les rétrogrades, les attardés de l’évolution sociale, avec les despotes moraux, avec les fascistes bien pensants, avec les escrocs, avec les falsificateurs d’histoire. Oui, je vous hais, tous, en bloc, sans tri, sans distinction. Tous, vous créez la haine, vous provoquez la violence, vous faites naître des rancoeurs, puis vous vous dites innocents des carnages. Que ne donnerais-je pas pour qu’on fasse payer le prix de vos actions !

19 mars 2012

Je regarde les gens tomber

Il paraîtrait que nous sommes entourés de gens capables d’aller bien au-delà de leurs limites, d’être des exemples, donc en gros des représentants de ce qu’il y a de mieux dans l’humanité. Soit. Admettons. Je ne vais pas faire preuve de méchanceté gratuite, d’autant qu’il y a effectivement de véritables héros, qu’ils soient anonymes ou bien reconnus par chacun de nous. Ainsi, le pompier qui sauvera une vie au mépris de la sienne, comme Armstrong faisant l’andouille sur la lune méritent d’avoir le même piédestal, et, selon mes échelles de valeurs, j’irais même dire que celui dont on ne connaît pas le nom a finalement plus de mérites, puisqu’il s’agit d’un quotidien au service des autres.


Malgré cela, et bien que j’ai tenté une ouverture dans mon esprit borné, je n’arrive toujours pas à appréhender comme notre chère plèbe arrive encore à trouver des politiques séduisants, à les idolâtrer, au point d’aller gueuler à qui veut l’entendre «Un tel sauvera la France ! », ou encore « Votez X ! ». Désolé, mais quand ont tente de faire du prosélytisme sur du vent, quand on veut me faire avaler des couleuvres de la taille d’un câble de téléphérique, je renâcle. Déjà, mon estomac rechigne à digérer tout et n’importe quoi, ensuite mon esprit se veut un minimum critique, parce que je le vaux bien, et enfin et surtout, parce que je ne pense pas qu’on puisse me faire croire que la parole d’un politicien puisse devenir celle d’un évangile. Je veux bien croire que certains se sentent investis d’une mission, que les convictions sont profondes, mais de là à ce que j’admette qu’ils sont « touchés par la grâce »… Je n’ai pas plus confiance dans cette idée, que j’en ai dans les radicalismes pour réformer le monde.

Oh, je sais que je me fais des ennemis en lançant ce genre d’invectives. En effet, avec le « bien pensant » qui se faufile dans toutes les discussions, penser du mal d’un sauveur, c’est forcément être un fasciste, un malsain, un déviant, bref celui qui doit être embastillé d’urgence ! Dites, les bas de plafonds et autres restreints de la boîte à gamberge, vouloir censurer les opinions qui ne vous conviennent pas, ce n’est pas du fascisme justement ? De quelle autorité s’imposent-ils dans mes idées ? C’est beau la démocratie, surtout quand on la pratique à coups de censure dans la gueule ! En d’autres temps, on aurait parlé de matraque, maintenant on parle de manchettes de journaux et autres interviews menées par des serviteurs zélés. Autres médias, autres mœurs je suppose. Bref, je sais que plus proche sera la date buttoir des présidentielles, pire sera les tentatives lamentables de ramassage de voix et autres opinions favorables.

Tenez, les sondages sont particulièrement criants… de connerie. Les uns montent, les autres descendent, on s’entend (quand on n’a pas le ticket d’entrée des 500 signatures) pour refourguer son cheptel d’électeurs potentiels, ceci en échange de quelques faveurs en cas de victoires, et on se jette des briques ou des fleurs pour se dire tout l’amour qu’on se porte. Amusant, tant qu’on se contente de compter les points, mais bien moins quand on en arrive à s’interroger sur les thèmes de campagne. Hé, les guignols en costard, ça vous arrive de vous pencher non sur votre petit sort, mais sur le grand sort de la nation qui est supposée vous élire ? Déjà, au lieu de sortir des squelettes du placard, commencez par balayer devant vos portes ! Chaque politicien a nécessairement des dossiers sales, des poubelles pas vidées, et concrètement c’est la fonction même qui appelle à se salir les mains. Tous, nous en convenons et l’acceptons, du fait que l’humanité est aussi corrompue qu’elle peut se prétendre vertueuse. Par contre, abaisser le débat au niveau des fosses (qui me rendent sceptiques), c’est aller bien au-delà des seules batailles politiciennes, non ? Ceci dit, les sondages donnent raison à cet étalage de saleté, parce que les gens semblent être attirés plus par la démagogie que par le fond. Rien à cirer des problèmes, tant qu’un des types nous vend du bonheur et du progrès…

Ils me font tous penser à des représentants en aspirateurs, vendant de la puissance, du silence (social), tout en oubliant de préciser que l’engin se révèlera inefficace, nauséabond à force de pourrir dans un placard, et qu’il sera impossible ou presque de le remettre en marche en cas de panne. Gauche ou droite ? Radical, extrémiste, centriste ? Chacun aura un choix à faire. Là, ce qui m’ennuie, c’est que je connais déjà l’aspirateur, mais qu’en fait de nouvel engin, c’est juste le sac à poussière qu’on va changer. Hé oui : dans la situation où nous sommes, ne comptez pas sur le moindre candidat pour révolutionner la politique ou l’économie. Tout bon président se doit de profiter de la vague du progrès, ou d’éviter de couler avec le naufrage mondial. A force de lier le destin d’une nation à celui d’un monde visiblement lancé dans une course folle, nous ne pouvons plus compter sur eux pour refaire notre réputation ou notre économie. Pourquoi sac à poussière ? Parce qu’ils ne feront que ramasser les miettes de la réussite, ou bien tenter d’ingurgiter les débris d’une société pendant son effondrement.

A l’issue des élections, un seul élu sera à la tête de notre pays. Les autres dégringoleront temporairement les escaliers, et je les regarderai tomber avec amusement. Méchant ? Oui, je le suis parfois. Cruel ? Pas du tout, tant ces gens là sont habitués à se relever. L’orgueil est un excellent moteur pour ne jamais céder, et je crois qu’un politicien se doit d’être bouffi à force d’excès d’orgueil.

Si j’étais un monstre

Si j’étais un monstre, je me serais fendu de faire de l’humour sur les évènements de ces derniers jours, d’autant plus que nombre d’humoristes ne se privent pas de faire des plaisanteries sur tout et n’importe quoi. Me concernant, je considère effectivement qu’il faut savoir rire de tout (et Pierre avait raison là-dessus, lui qui plaisantait sur son cancer !), mais je doute qu’il soit toujours de bon ton ou même de bonne intelligence de le faire avec n’importe qui. Pourquoi ? Est-ce parce que je considère que rire avec un imbécile, c’est gâcher du temps et de l’énergie ? Pas le moins du monde : c’est simplement parce qu’il y a des choses qui vont au-delà de la liberté d’expression et du droit de rire de « tout ».

Nous avons tous vu l’atroce accident de bus où de nombreux enfants viennent de mourir. Je ne mettrai ni image, ni lien vers quoi que ce soit sur le web à ce propos. Certains me diront que ce ne serait pas manquer de respect aux victimes, sauf qu’en fait, j’estime que le sensationnalisme ambiant m’écoeure. Les titres s’enchaînent, les hypothèses parfois insultantes pour le chauffeur (lui aussi décédé) s’empilent, et ce sans autre chose que des rumeurs, des suppositions, bref sans la moindre once de preuve ! En les lisant, ces pourfendeurs de baratin étalés à la truelle sur nos écrans pour nourrir nos esprits infertiles et mollassons, je ne vois plus de l’information, mais plus de l’humour dégueulasse, des mauvaises blagues indignes même des bas-fonds qu’ils remuent sans cesse pour nous abreuver d’horreurs. Je n’arrive pas à cautionner, je n’arrive plus à pardonner ce comportement scandaleux. Pourtant, oui, je crois que la presse se doit de parler, d’expliquer, d’aider les gens à comprendre le monde qui les entoure. Cependant, je n’arrive plus à tolérer cette course à l’information instantanée, d’autant plus quand elle porte atteinte à la mémoire des victimes.

Les journaux européens se sont très majoritairement comportés avec dignité, arborant des « unes » dignes, souvent dépourvues de photographie, ceci afin de montrer que beaucoup de monde pleure ce drame atroce. Des témoignages de sauveteurs parlent des conditions de leur arrivée sur le site de l’accident, et de la douleur de devoir porter secours à des enfants. Je ne lierai pas non plus ces propos, parce qu’ils sont durs, tristes, et que je ne crois pas au net spectacle. Encore une fois, cette presse internet se gave, se régale du malheur des autres, de la détresse de ces sauveteurs qui sont forcément traumatisés par ce qu’ils ont vécu. Qui ne le serait pas ? Les gestionnaires de ces sites « d’information » ne le sont pas apparemment, tant ils exposent sans complexe les clichés de l’autobus complètement démoli par le crash. Où est le respect, la dignité ? Messieurs les rédacteurs, je vous conchie, je vous vomis, vous et votre politique éditoriale de voyeurisme exacerbée !

Je me suis toujours plaint du net, de ses travers, de ses excès, mais jusqu’à présent je laissais le bénéfice du doute à la presse dématérialisée. Peut-être était-ce de la candeur, ou tout du moins une forme étrange de charité pour ce « nouveau » média qui prend le pas sur la presse papier. Malheureusement, je constate avec effarement que, non content d’être des voyeurs malsains, ces journaleux sont prêts à tout pour se faire une place dans les mass médias virtuels. Candeur, adieu, bonjour cynisme. Qu’on ne s’étonne pas de l’abêtissement global, car, dans le fond, si la presse est conne, c’est qu’elle s’adresse forcément à des cons, non ? Je veux bien admettre qu’il en faut pour tous les goûts, mais là on dépasse plus que largement les limites du raisonnable. D’ailleurs, j’aimerais bien que ces pourris soient mis au ban de leur propre profession, parce que ça fait mal au portefeuille, vu que de dignité ils n’ont plus que des lambeaux.

Evidemment que je pourrais, moi aussi, avec mon ton ordurier et malsain qui m’est coutumier, faire preuve de cynisme et profiter de l’accident pour faire de l’humour noir. Pas question. Je n’y arrive pas. Je ne peux pas, c’est au-delà de mes forces. Je ne les connais pas, ces pauvres gosses, je ne connais pas même leurs familles, mais je connais une chose qui me semble essentielle : le respect ; je me dois de respecter la douleur commune de toutes ces victimes, je me dois de respecter les larmes qui perleront longtemps encore sur bien des joues.

Le seul message que je puisse envoyer à tout le monde, sans ironie, sans hésitation, c’est laissez donc les gens pleurer leurs morts, ne vous gavez pas du malheur d’autrui. Offrez vous du respect, montrez que, tous, vous pouvez faire preuve de compassion.

Mes condoléances.

PS : j’aurais voulu rédiger un « joyeux anniversaire » pour une amie qui m’est chère… Mais finalement, je me suis dit qu’elle comprendra que je me devais de réagir. Elle me connaît.

24 février 2012

La ronde des politiques

Oh, je sais qu'il y a nombre de personnes qui me disent « mais, tu n'écris plus ! Qu'est-ce que tu glandes ?! ». Hé bien, c'est évident, je fais ce que toute personne à peu près normalement formatée par la société se doit de faire, à savoir travailler, passer mon temps à réfléchir et à trouver des solutions à des problèmes que je ne me serais jamais posé moi-même. De ce fait, mon emploi du temps de ministre m'impose de trop longues pauses éditoriales, à tel point que l'endroit semble être un pauvre désert ! Pourtant, détrompez-vous : j'aime écrire, et l'envie m'en prend aussi souvent que possible.

Donc, c'est en profitant d'une position crapuleuse où ma hiérarchie a l'excellente idée de perdre son temps en vaines tergiversations que je reprends la plume pour lâcher une chronique. D'ailleurs, l'actualité trouve, encore une fois, le moyen de me donner du blé à moudre pour faire de la farine d'idées. « Chouette ! », se dira alors l'affamé attendant ma becquée intellectuelle avec avidité, et « non… Merde… » celui qui honnira mon propos provocateur. Tant mieux, cela voudra simplement dire que j'interpelle, et c'est la raison même de l'existence de cette petite niche ô combien prétentieuse et souvent pédante.

Pourquoi un nom de baptême comme foutoir ? Difficile de porter un tel nom, et je ne vous explique pas (par charité) le potentiel sketch face à un officier d'état civil un tant soit peu lucide. Alors, cher lecteurs et lectrices, j'estime que le mot foutoir est le seul à concentrer tant l'aspect bordélique du monde, que sa visible absence de contrôle de la part des bestioles humaines que nous sommes. Au demeurant, nous nous torturons les neurones, nous déblatérons sans cesse que nous sommes évolués, que nous voulons réfléchir, analyser, bref tourner autour du pot au lieu de mettre dans le mille. Et ce n'est pas l'approche des élections présidentielles qui vont me contredire. Loin d'être face à un débat d'idées, d'opinions, nous assistons à un maelström inepte où chacun va de sa petite phrase supposée assassine, où l'on s'invective comme à la cour de récré à coups de « T'es le méchant », « Nan, c'est toi qui sait pas faire ! » ou encore « Z'êtes que des méchants, j'peux même pas me présenter ! ». Reconnaissez tout de même que l'élévation du débat est loin, bien loin des débats actuels, à tel point qu'il serait plus judicieux d'embaucher des juges de catch que de laisser ces débats à des journalistes. (Soit dit en passant : journaleux, apprenez votre boulot qui n'est pas de flatter l'ego des politiques, mais de les mettre dans l'embarras en posant les bonnes questions… A bon entendeur.)

C'est amusant, du moins de mon point de vue, que de compter les accrochages navrants qui émaillent les médias. Chacun lance la pierre à l'autre, avec pour fond de pensée celui d'insister sur le manque de lucidité de l'autre. On ne dit pas « C'est une mauvaise idée, parce que… », on dit juste « C'est débile ! ». Et quand c'est argumenté, on constate qu'on tombe immédiatement dans le populisme et la démagogie. Chacun espérait que ce serait le FN qui tiendrait ce rôle de trublion populiste, mais hélas, même les grosses légumes se jettent dans la bataille de la même manière. J'adore, parce que cela ne fait que vérifier un vieil adage « Quand on fait de la démagogie, faut pas s'étonner de ne pas parler à des flèches ». Alors, avec la bataille des chiffres, les statistiques agrémentées d'analyses plus ou moins douteuses, on n'a même plus le droit à du concret. « Du pain et les jeux du cirque », c'est donc ainsi que nous voient nos présidentiables, comme des Romains prompts à aimer plus l'affrontement que la cause initiale de celui-ci. Et je ne peux que leur donner raison, puisque nous, pauvres ignares, nous regardons le doigt au lieu de regarder la lune qu'il montre !

Maintenant, tout le jeu est de faire des hypothèses. Qui sera élu ? Est-ce que la fille Le Pen aura ses signatures ? L'élection changera-t-elle quoi que ce soit à la conjoncture actuelle ? A mon avis, toutes ces questions n'ont qu'une réponse évidente : on s'en fout ! Que Marine ait, ou pas, ses signatures, cela n'aura qu'un effet pervers durant le premier tour, à savoir : si elle est présente, elle pèsera lourd sur la droite, et si elle est absente, elle sera un handicap pour la gauche. La seconde question n'est pas moins importante, car après tout, de gauche comme de droite, diriger un état, c'est avant tout absorber les problèmes déjà présents, tout en tentant de ne pas en créer de nouveaux ! Quiconque croit que la révolution se fait à travers un changement de couleur politique perd de vue que l'élu doit gérer un budget, des gens qui resteront en place, et que ce n'est pas en décrétant « la crise est finie », que cette affirmation devient vérité. D'ailleurs, si c'était si simple, m'est avis que tout politique s'empresserait d'agir en ce sens. Quoique : je me dis souvent que la France aurait bien besoin qu'on la gave d'euphorisants médiatiques, sous la forme de pseudo bonnes nouvelles, ceci afin de rassurer monsieur tout le monde, afin de relancer la confiance en soi du français moyen. A force de coller la peur au premier rang, on n'apporte que de l'inquiétude. C'est à se demander si, finalement, on n'aimerait pas plus nous faire peur que nous donner confiance en nous. Et puis, si le peuple est en confiance, n'est-il pas prompt à critiquer, alors qu'un peuple qui est dans la crainte est tout aussi vif à choisir les messies…

Moi ? Qui je vais choisir ? Bonne question ! Probablement celui ou celle qui m'apparaîtra comme le moins tenté par la démagogie et la psychologie de comptoir. Vous voulez un nom ? Allez, réfléchissez, vous trouverez peut-être !

19 février 2012

Apple...

C'est de l'humour, mais je n'en pense pas moins! Bonne rigolade à tous!

10 février 2012

Financdes à la noix

Dans ces temps troubles où les mots sombres fleurissent mieux que les roses (sans allusion sordide au PS, quoique !), les gens se parent de tristesse, d’inquiétudes plus ou moins fondées, et nombre de nations dans le monde paient le prix d’un excès de confiance dans un système bâti sur du vent. Aussi fou que cela puisse un jour paraître à nos descendants, nous nous sommes adossés à dispositifs conçus dans le seul but d’enrichir une proportion ridicule de la population, au détriment du plus grand nombre, le tout avec des risques incalculables. Par analogie, est-ce que quelqu’un aurait l’idée saugrenue de construire sa maison en bois à quelques mètres du cratère d’un volcan en éruption ? Non ? Pourtant, nous l’avons fait avec l’économie. Et il est donc légitime de se préoccuper du lendemain, quitte à enrichir les laboratoires pharmaceutiques à force de consommation de traitements pour l’ulcère, puis pour les inévitables dépressions nerveuses.

Mais concrètement, à quoi cela nous mène ? Le triple A est une fadaise, une mauvaise plaisanterie supposée noter les capacités de remboursement de la France. Hé, les cinglés de la calculette, les demeurés du tableur, vous semblez perdre de vue qu’un état en faillite, c’est un état qui disparaît corps et biens… et les banques nationales avec ! Depuis quand les banques sont-elles les tenancières des nations ? Depuis qu’on laisse aux banques le loisir de tenir le cordon de nos bourses à tous ! Pour ceux qui en douteraient, laissez moi vous rappeler quelques fondamentaux : les achats en espèce sont plafonnés, donc impossible (en théorie) de dépenser beaucoup d’argent liquide ; il est obligatoire d’avoir un compte bancaire pour percevoir un salaire ; il est impossible ou presque de se loger, faute de ne pas pouvoir payer les factures des charges et loyers en espèce. Sans compte bancaire, pas de vie dans le système donc. Et là, on laisse donc le pouvoir à des organismes privés, et au surplus on leur laisse le droit de nous dire, à nous autres citoyens qui se choisissent un gouvernement « Vous êtes des cons ». Ben oui : baisser une note, c’est inciter les investisseurs à se méfier de nous tous, grosses et petites entreprises comprises.

Là, j’entends déjà certains me dire que je raisonne comme F.Hollande lorsqu’il clame haut et fort que la finance est l’ennemi. FAUX ! Je suis totalement hors de ce discours démagogique, parce qu’il n’est pas du tout dans le débat. Le capitalisme est notre système, et les banques font partie du mécanisme économique. Sans crédit, point de développement ou d’investissement. Sans placement ni actionnariat, point de possibilité aux entreprises d’avoir de massives entrées d’argent. Alors, quel est donc mon idée ? Au lieu de cracher sur les banques, les traders, les financiers, faisons en sorte de les responsabiliser sur leurs actions ! Est-ce légitime qu’un type brassant des milliards d’un clic de souris soit complètement irresponsable ? Est-il normal qu’une banque trouve le moyen d’exiger des AJO à ses clients, alors qu’elle-même trouve le moyen de dépenser de l’argent… qui n’est pas le sien ?! C’est LA première des démarches à faire : rendre totalement responsable les banques, tout comme n’importe quel industriel est responsable de ses produits manufacturés. Rien que cela, ce tout petit principe fondamental pourrait faire peur aux banques, et ainsi donc les calmer dans leurs idées folles (comme vendre des parts de crédits véreux par exemple, ce qui est le principe des subprimes soit dit en passant). J’envisage également une autre idée « novatrice » : pourquoi doit-on payer des services et des frais divers à nos banques, alors qu’elles font des bénéfices… avec notre argent ! C’est quoi ce système où les clients deviennent paradoxalement des moutons, alors que la prestataire joue les loups ? La banque me doit ce service, au titre qu’elle s’enrichit sur MES économies, et ce sans même me reverser le moindre dividende. Mieux encore : pourquoi ne pas rémunérer obligatoirement les comptes courants ? Zéro frais, moyens de paiement gratuits, et une petite rémunération des comptes (admettons 1% par an sans impôt) ! Cela semble fou, mais j’estime que les banques sont tenues de nous rendre des comptes… et non l’inverse.

Tous les candidats présidentiables me font littéralement halluciner. On enchaîne les épreuves de force axées non sur des idées concrètes, mais que sur de la démagogie de comptoir. Moi aussi, je peux en balancer des idées comme ça. La preuve, je viens de le faire ! Ce que demandent les gens, c’est qu’on leur dise honnêtement et ouvertement quelles sont les vraies solutions, et pas spécialement des utopies. J’adore voir qu’à gauche on envisage de dépenser de l’argent qu’on n’a plus, et qu’à droite qu’on envisage de ramasser plus, quitte à enfoncer encore un peu plus les marchés dans le marasme le plus néfaste. Ce n’est pas en taxant à outrance qu’on se renfloue, et ce n’est pas en dépensant à outrance non plus qu’on relance une machine grippée par des décennies d’incurie économique. La crise mondiale n’est qu’un révélateur, une sorte de bain glacé où les vrais clichés de notre société nous mettent face à notre propre responsabilité. Les dépenses publiques, les déficits, ils se sont majoritairement creusés à cause de nos souhaits : santé, sécurité, confort, avantages sociaux, retraites… tous ces pôles de dépenses abyssaux, c’est au citoyen qu’on les doit (et je ne m’en exclue pas le moins du monde). Maintenant que le chômage explose, que les banques veulent récupérer leurs billes (après avoir perdu les nôtres, ne l’oublions surtout pas), la France est face à des dilemmes qu’il me semble extrêmement ardus à corriger : économiser et rembourser quitte à pressurer, ou bien emprunter en espérant des entrées fiscales plus élevées ?

Dans l’absolu, tous les candidats m’épuisent donc à coller la responsabilité unique et intégrale de la crise sur les épaules du parti au pouvoir. Nombre de leurs idées et interventions ne furent pas heureuses, mais je crois surtout qu’aucun gouvernant n’aurait fait mieux, faute de moyens de le faire. Soyons lucides : si le président sortant n’est pas réélu, il sera indispensable de comprendre que le nouveau président ne sera pas pour autant dans une situation soudainement assainie. La folie dépensière ne date pas de l’ère Sarkozy, et les gouffres creusés en notre nom sont loin d’être aisés à combler. J’espère que les Français comprendront cela, et qu’ils ne se mettront pas à dire, dans un an, qu’ils regrettent leur choix électoral. Tiens, c’est étrange : ce sont ces mêmes Français qui, une fois que N.Sarkozy s’est mis à appliquer son programme, se sont révoltés et criés au scandale ! Quel que sera le prochain gouvernement, mesdames, messieurs les ministres, je vous conseille de prévoir les bouchons auditifs, ainsi que les boucliers des CRS pour vous protéger des tomates et autres jets de légumes. Pourquoi ? Parce que le Français, une fois de plus, refusera (à mon avis) de voir plus loin que le bout de son nez.

La routine quoi !