30 avril 2010

Note avant congés

Quelques mésaventures m’imposent, hélas, de ne pas partir en congés comme je le souhaiterais. Toutefois, les deux prochaines semaines étant réservées au repos, je ne suis pas convaincu que je ferai des apparitions régulières ici même… voire pas du tout. Dans ces conditions, à vous de voir s’il est, ou non, pertinent de passer ici chaque jour, à moins de vouloir lire (ou relire) d’anciens articles !

Mais passons à autre chose.

Il m’arrive parfois de regarder avec un certain agacement la prolifération des jeux vidéos, et ce non parce que j’aurais la moindre appréhension ou quoi que ce soit contre eux, mais simplement parce que je suis bien souvent déçus par les sorties les plus récentes. Au contraire d’une tranche de fanatisés à outrance, je n’éprouve aucun plaisir à être abreuvé à coups d’images psychédéliques, de 3D toujours plus précises, d’effets pyrotechniques propres à ridiculiser les meilleurs feux d’artifice. J’aime plutôt la créativité, l’imagination, le rêve, l’improbable rencontre entre le romancier et le développeur, une sorte de fusion entre ce qui pourrait sortir de nos crânes féconds et le média. En l’espèce, je n’éprouve aucune sympathie pour tous ces jeux où le but est d’être le plus rapide, de tirer le plus précisément, ceci hors de tout scénario construit ou même simplement intéressant. Etre un sniper est un fantasme, mais l’être des heures durant, derrière un clavier…

Bref, pour moi le jeu se doit d’être distrayant, ludique, pas juste un défi pour la vue et les réflexes. Et ce n’est pas peine d’avoir joué à énormément de choses différentes ! Cette idée ne remet pas en doute la possibilité de créer des jeux distrayants et « bourrins » comme les jeux de tirs, d’autres où il faut aller d’un point A à un point B (voir la série des Mario sur console Nintendo pour comprendre de quoi je parle), mais plus la créativité générale. On en est arrivé à parler de « Quake like », ce qui signifie « qui ressemble tellement au jeu Quake qu’il est impossible de ne pas y penser en y jouant ». Et c’est un drame à mon sens ! Le coût de développement de ces jeux a littéralement explosé durant la dernière décennie, et c’est en dizaines de millions d’Euros que se chiffrent les budgets… Alors qu’à une époque, certains développaient ces bidules dans un garage à trois ou quatre, voire tout seul, et y mettaient la touche personnelle, le petit plus qui prouvait que c’était le rêve qui dictait les choix, et non pas la bourse.

Je n’ai pas envie de faire de sarcasmes gratuits sur les jeux d’aujourd’hui, car tous ont atteints l’excellence graphique, l’ergonomie très majoritairement bien pensée, et ils offrent un impact visuel digne du cinéma. Ce que je regrette amèrement, c’est qu’ils semblent terriblement plats. On ne s’attache pas au personnage principal, on ne lui trouve pas quoi que ce soit d’agréable ou d’attirant, tout juste est-on fasciné par son aspect caricatural. Et puis, j’ai une question assez cynique : pourquoi s’entêter à faire des choses autour de la guerre, de la haine, ou de restituer des situations hyper réalistes ? N’a-t-on pas assez d’horreurs au quotidien pour, en plus, s’en coller plein les neurones via une séance de jeu supposée nous détendre ? D’ailleurs, c’en est même malsain quand les jeux prônent la violence gratuite pour obtenir des avantages, quand les jeux vous amènent à confondre réalité guerrière et environnement virtuel ? Nous avons bien assez des malheurs du monde pour devoir les reproduire sous la forme de pixels…

Le bilan est, pour ma part, assez mitigé. Le public a vieilli, et ma génération est devenue celle des parents. Nous avons connu la genèse des jeux, leur croissance, et aussi été confrontés aux choix à faire pour nos enfants. De fait, nombre de jeux s’adressent spécifiquement aux adultes, à travers une violence plus crue, des dialogues plus durs, ainsi que des atmosphères pesantes voire horrifiques. C’est difficile de dire qu’il n’est pas intéressant ou ludique de se plonger dans une expérience pareille, par contre je mets en doute l’idée que cela soit disponible pour les joueurs (trop) jeunes. Bien entendu, c’est du rôle des parents de faire les bons choix, et de censurer, si nécessaire, ces titres pour éviter des incompréhensions ou des dérives. Cependant, combien de parents sont désemparés face au choix ? Il faut reconnaître que nombre de personnes de ma génération ne jouaient pas (pour des questions d’intérêt et surtout de budget), et donc ne se sont pas mis au jeu pour autant une fois devenus adultes. Comment leur demander de faire les bons choix ?

Si l’aspect artistique est souvent discutable, ce n’est pas forcément la nostalgie qui parle. J’espère voir apparaître des OVNIS comme « The nomad Soul ». Ce jeu a plus d’une décennie, et il garde un impact ahurissant sur moi. Outre un environnement étrange où l’on était dans un monde parallèle assez glauque, ce jeu avait des qualités qui me surprennent, aujourd’hui encore : une qualité graphique indéniable, un monde cohérent et riche de ses symboles, si étranges soient-ils, et une interactivité très complète. Sans oublier une chose qui manque énormément : une musique hypnotique. David Bowie, ayant participé, avec son épouse, à la composition de la bande originale, le jeu était vendu avec l’album de David Bowie associé ! C’était quelque chose que j’aimerais revoir un jour, parce que la musique est une chose qui nous est quotidienne, parce que la musique véhicule autant une atmosphère que des idées. Pendant le jeu, le joueur pouvait assister à deux concerts virtuels du groupe de David Bowie, avec l’identité visuelle du jeu. Stupéfiant, envoûtant, je me suis surpris à recharger la sauvegarde juste pour revoir le concert, de manière complètement non interactive, planté derrière mon écran. CA, c’est de l’impact, ça, c’est une expérience ludique unique.

Mesdames et messieurs les businessmen, pensez à nous, pensez à notre plaisir de jouer. Admettez enfin que culture et jeu vidéo peuvent très bien fusionner. L’expérience ludique n’est pas cantonnée au tir en rafales, elle peut être emprunte de poésie, d’intelligence, de sensations diverses et variées. Le jour où vous mêlerez émotion et interactivité à vos productions, alors oui, les joueurs auront plaisir à vous dire non pas « votre jeu est pourri », mais au contraire « votre jeu est une expérience unique ».

Je mets quelques vidéos symbolisant ce à quoi je pense, dont le concert de David Bowie dans « The nomad Soul ».

The Nomad Soul: Something in the Air, le concert virtuel de David Bowie


The nomad Soul: New angel of promises, la chanson d'introduction du jeu par David Bowie


ICO: Un jeu OVNI...


Shadow of the colossus: Magnifique... tout simplement

29 avril 2010

Plaisanterie de mauvais goût

N’étant pas un amateur des journées à vertus comiques comme le premier Avril, je prends généralement les plaisanteries de mauvais goût avec très peu d’humour. Non que je sois de ceux qui n’aiment pas rire, mais quitte à rire, autant le faire correctement. Je ne trouve pas drôles les vidéos où les gens s’explosent la face contre une façade, pas plus que l’idée que ce gens se soient volontairement mutilés, fracturés les membres, tout ça pour apparaître quelques instants à la télévision ou sur la toile. Pourtant, certains s’échinent à plaisanter lourdement, poussant les blagues pseudo potaches jusqu’au paroxysme de la bêtise, comme si cela pouvait représenter un accomplissement personnel. De la finesse que diable, le talent de faire rire n’est pas donné à tout le monde, et nombre de gags sont travaillés, retravaillés, cent fois revus pour accentuer le côté faussement impromptu. C’est l’art consommé du comique, du saltimbanque qui fait tout.

Mais il y a aussi une autre catégorie de plaisanteries de mauvais goût, les involontaires, celles qui vous laissent perplexes concernant la santé mentale de votre interlocuteur. Vous avez beau tourner la question dans tous les sens, avoir essayé de comprendre le fond de la « pensée » de la personne qui vous assène son humour involontaire, vous ne parvenez qu’au néant le plus total. La force de la conviction est quelque chose d’énorme, d’utile la plupart du temps… Mais quand il s’agit ensuite de perpétuer des inepties, de la bêtise en containers marine, on est dans un autre univers, une galaxie d’inculture où les planètes tournent autour de la terre, où l’on crucifierait volontiers le voisin, et où les notions élémentaires de liberté et d’égalité n’ont jamais été envisagées. Tenez, j’aime beaucoup le cliché mondialement répété de la démocratie et la liberté individuelle à l’Américaine. Ah, qu’elle est belle cette Amérique, ces USA où l’on peut librement entreprendre, s’enrichir, rouler en Cadillac flamboyante, où les filles sont systématiquement des mannequins, et où les journalistes font tomber les gouvernements…

Mais, pourtant, si le pays est si démocratique, comment diable une opposition à la guerre n’a-t-elle pas pesée de tout son poids pour empêcher les désastres en Irak et en Afghanistan ? Pourquoi n’entend-on jamais parler (ici du moins) de mouvements citoyens contre la guerre, soutenant les soldats, mais invitant les gouvernements à cesser des guerres aussi vaines que dangereuses ? Probablement parce que la liberté d’opinion est contrite et soumise à celle, plus essentielle aux USA, de prospérer et de faire des affaires. La preuve en est : qui se préoccupe concrètement de la vie sociale des USA ? Nous ?! Quelle plaisanterie ! La pauvreté est un fait monstrueux, abominable pour une nation réputée riche et puissante. Ils ont le tiers monde en ville, l’insécurité sociale règne, et pourtant, on continue à nous bourrer le crâne de l’idée saugrenue que c’est la seule issue. Je suis bien plus affolé par l’idée qu’on puisse dériver au point de rejoindre une ligne de conduite aussi désastreuse, que par l’idée tout de même inquiétante de privatiser, peu à peu, les services publics. USA, tout sauf un paradis.

Ah ça, pour nous bourrer les tympans des échecs à la Française, depuis les prêts aux banques, en passant par les vaccins achetés en trop grosses quantités, jusqu’à l’implication des gouvernants dans nombre d’affaires louches et puantes, nous savons nous cracher seul à la gueule. Et doit-on pour autant oublier de montrer ce que les autres font ? J’ai l’impression que notre acte de contrition n’est lié qu’au fait que nous n’avons pas la bonne façon d’aborder l’enrichissement personnel. En France, être riche, c’est devoir vivre caché, car l’ostentatoire insulte le prolétaire. Aux USA, le riche se doit de montrer qu’on peut réussir, et qu’être riche n’est pas sale. Et pourtant, quand j’entends parler des lois dont les USA se sont dotées ces dernières années, je frémis d’angoisse : patriot act II, et la directive 51. Ca ne vous parle pas, je suppose… Bien entendu, personne ne va nous rappeler que les USA ont aujourd’hui un arsenal juridique digne des pires moments de l’Europe d’occupation !

Allez, pour la fine bouche :
Patriot act 1 et 2 :
Autorise les mandats de perquisition en dehors de la présence de la personne perquisitionnée. Littéralement, cette partie est surnommée (entrer discrètement et fouiller : « sneak and peek »).
La mise à disposition d’un couteau suisse dictatorial, nommé « Enlèvement des obstacles sur l'investigation dans le terrorisme ». Que dire… tout est dit !

Directive 51 (du 9 Mai 2007) :
Cette directive permettrait (je cite) « d'instaurer la loi martiale, d'invalider les élections présidentielles, de démettre le congrès de son rôle de contre-pouvoir, de remplacer la police par l'armée et les tribunaux civils par des tribunaux militaires, et d'emprisonner sans procès toute personne contrevenant à l'ordre public et à la sécurité nationale. ».
Ca laisse songeur, non ?

Et là, j’entends l’autre ahuri me sortir « Ah, les USA, j’en rêve ! Terrer de liberté, de progrès… »

Toi, tu as un sens de l’humour qui me dépasse!

une vidéo édifiante et poétique

Mon inscription à Blogonet

Bon...

Résumons la situation : Je suis un râleur chronique, et j'essaye, à travers ce blog, de faire entendre mes propos. Bien entendu, l'égocentrisme de la démarche nécessite une forte audition. C'est pourquoi je me suis dit qu'il serait intéressant de voir si je pouvais accéder, à travers des systèmes d'agrégation de blogs, d'être plus visible sur le web.

C'est donc ainsi que j'ai pris le parti d'essayer le modèle blogonet. J'ignore s'il fonctionne bien, et encore moins si cela va, ou non, ramener du lectorat ici bas, mais après tout, c'est en essayant qu'on découvre si l'on est capable, ou non, de faire quelque chose.

De ce fait, deux choses :
1) Blogonet
Allez voir le site, il y a, sur la page d'accueil, la liste des articles plébiscités par les votants. (cliquez sur l'image ci-dessous pour accéder à blogonet.fr)


2) Le vote
J'ai ajouté (discrètement, merci à eux de faire un bouton discret et non pas envahissant) un bouton de vote pour vous permettre de revendiquer votre plaisir à me lire au presque quotidien. Faites en usage, si vous pensez que cela en vaut la peine.

Bref... Essayons!

Votre obligé,
Frédéric/JeFaisPeurALaFoule

28 avril 2010

Modernisme et réinvention du passé

Sous couvert de nous vendre de la modernité, les entreprises sont prêtes à inventer n’importe quoi, au point même d’en devenir ridicules. Dans un monde en perpétuel progrès scientifique, technique, et donc industriel, force est de constater qu’il existe énormément de références qui sont devenues des monolithes dans notre société. Entre transformation d’une marque en nom commun (Kleenex, Frigidaire… ça ne vous dit rien ?!), et revisite du passé par les designers, il y a franchement de quoi se demander si, finalement, notre délire consumériste ne nous amène pas à être les gogos, les pigeons permanents, qui achètent n’importe quoi sous prétexte d’une mode sitôt apparue, sitôt disparue.

Quelques exemples concrets ? Prenons le plus flagrant, celui de l’automobile. Au quotidien ou presque, nous pouvons croiser des Mini (produites aujourd’hui par BMW), des Fiat 500, deux icônes de l’industrie automobile des années soixante, et que les entreprises ont revisitées pour en faire de « nouveaux » produits. Quelle ineptie ! Déjà, outre le fait que les dits engins n’ont plus techniquement à voir avec leurs inspiratrices, ces voitures sont d’un gabarit et d’un prix sans aucun rapport avec l’idée initiale. La 500 ? Elle a motorisé l’Italie. La Mini ? Elle a créé le concept de véhicule compact urbain. Les deux étaient abordables, à l’entretien simplifié au possible, et qui plus est, via des sorciers comme Cooper et Abarth, de potentielles voitures de course. Aujourd’hui, la Mini comme la 500 sont des voitures chères, sans charme à mon goût, et n’ayant pas le je-ne-sais-quoi de charmant. Hé oui : on nous vend du vieux, on en fait du pseudo neuf, et ça à prix d’or. D’ailleurs, Volkswagen a échoué dans la démarché en réinventant la coccinelle, qui, non contente d’être tout sauf dans la philosophie de sa devancière, s’est avérée « moche », et affreusement chère. Une voiture de bourgeois prétentieux en somme.

Ah le vintage, qu’est-ce qu’on ne va pas nous vendre sous cette étiquette ridicule ! Les godasses reprenant les modèles d’il y a quarante ans, les jeans à la coupe « comme à l’époque », les chemises aux motifs très datés, et je ne parle même pas des aspects kitsch et flashy utilisés jusqu’à la saturation dans la publicité et les clips ! A croire que revenir dans les années 70 avec les chaises orange, les pantalons à pattes d’éléphant, ou encore les cols pelle à tarte peuvent séduire quelqu’un ! C’est hideux, visuellement agressif, et ne m’incite certainement pas à marcher dans la mode. Je n’ai guère eu le loisir de traîner mes guêtres dans les boutiques à la mode, mais la seule idée de prendre un pull à col en fourrure synthétique me hérisse littéralement le poil. Pas question ! Et bien entendu, à la caisse, c’est le hold-up légal, le braquage à sabot de carte bleue armé…

Avez-vous remarqués que les boutiques d’aménagement intérieur se font une joie de remettre en avant les horreurs dont nos parents ont lamentablement tentés de se débarrasser pendant les années 80 ? Chaises en plastique translucide, mobilier formica à motifs, étagères « déstructurées » et autres abominations esthétiques ? J’ai été littéralement soufflé de voir un lustre, enfin une sorte de boule en paille tressée, comme celle qui ornait ma chambre étant gosse, vendue au prix du platine en magasin ! Que ma mère fut ravie de mettre ce ramasse poussière à la benne ! Et dire qu’il y en a qui paient pour avoir ça chez eux ! Sont-ils masochistes ? Ou juste marchent-ils dans cette mode des revivals ?

Même l’informatique et les jeux s’y sont mis : émulateurs pour faire revivre les antiquités ludiques, remise au (dé)goût du jour de références absolues, et émergence du marché de la collection. J’ai entendu parler d’une cartouche de jeu vendue … 15.000 Dollars (sic) parce qu’elle était assez rare (et probablement mauvaise). Je peux tout à fait apprécier la démarche de retrouver ses jeux d’antan, mais de là à aller pondre des machines pouvant relire nos vieilles cartouches de console, avec évidemment un prix d’achat indécent, c’est nous prendre pour des imbéciles.

Et ça se vend ! Bon sang, que je suis content de ne pas errer dans ce délire du passé ! Hé, j’ai une idée de business : conservez vos vieux portables, vos très vieux téléphones à cadrans. D’ici dix ans, ça sera des pièces de collection !

27 avril 2010

Dans la série des haines gratuites

Avez-vous déjà maudit quelque chose ou bien quelqu’un ? Avez-vous éprouvé le désir ardent de rétablir, par vous-même, la peine de mort ? Bien entendu, j’espère qu’il ne s’agit là que d’envies et de non de mises en pratique, au titre bien évidemment lâche que je ne saurais légalement soutenir l’homicide (bien que je sois moi-même parfois tenté d’agir de la sorte), et puis parce que les tueurs, eux, ne pensent jamais à ceux qui se tapent le ménage derrière eux ! Donc, par respect pour la caste du personnel de ménage, je dis non au meurtre.

Et pourtant, s’il y a des sélections naturelles à faire, ce serait avec une sereine facilité que je pourrais procéder à des exterminations de masse avec les imbéciles, les cons, les demeurés chroniques, les abrutis, bref, toute cette population grouillante d’humains aussi ignares qu’insupportablement convaincus de détenir LA vérité. A les écouter, il n’existe nul autre firmament intellectuel qu’eux-mêmes. Pire : ils sont prêts à tout pour vous évangéliser, quitte à raconter n’importe quoi, mêlant théories fumeuses et parallèles improbables, s’enfonçant dans la bêtise pour vous prouver, chiffres à l’appui, qu’ils ont raison. Tenez, ces derniers temps, ce sont les statistiques qui sont à l’honneur. Il paraîtrait que se faire pardonner souvent de sa compagne (en s’excusant, pas en multipliant les conneries donnant lieu aux dites excuses !) permettrait de lui accorder une plus grande espérance de vie… Ah ben c’est sûr, il est évident qu’une personne stressée, avec la boule au ventre après une violente dispute, aura statistiquement plus de chance de faire un infarctus que la personne calme, sereine et détendue. Alors, on en fait quoi, de ce scientifique à la noix ? On le cloue à la porte de son labo, avec posé sur sa poitrine un petit billet déclarant « A mettre au container classique : déchet recyclable » ?

Prenez donc le web… Non pas sous le coude, prenez le « mentalement » : c’est le plus grand capharnaüm de l’histoire de l’humanité. Nulle bibliothèque, nul amoncellement d’archives ne peut aujourd’hui prétendre à l’étendue et au volume des connaissances disponibles sur la toile. Pourtant, il y a encore toute une population de débiles profonds qui vous pondent des pages ressemblant à des sapins de Noël, bourrés d’animations aussi agressives que disgracieuses, et dont le contenu n’est pas sans rappeler la richesse des paroles du dernier chanteur à la mode. Y a-t-il des choses à garder ? Oh, oui, je pense… L’espace disque utilisé et libéré lors de la suppression de ces horreurs ? Sans déconner, sont-ils convaincus qu’on les lit ? A moins que je sois le seul à frémir d’horreur quand le ton sur ton façon « j’ai vomi sur le papier peint 70’s » soit à la mode. Et on leur fait quoi, à eux ? On les suspend par les pieds au-dessous d’un pont où les péniches passent à fond ?

Je ne parle même plus des analphabètes et autres illettrés qui hantent le réseau, ce serait enfoncer des portes ouvertes. Non, contentons nous de celles et ceux qui s’exposent à longueur de journées, qui racontent leur existence de gens ordinaires, qui vous montrent les photos du petit dernier, les clichés du chat qui miaule, ou qui vous mettent en ligne la petite dernière qui braille sa première chanson (inaudible, mais ce n’est guère sa faute… la pauvre…). Pour autant que je sache, la vie privée, ce n’est pas de la confiture : contrairement au produit sucré susnommé, en étaler en quantité est totalement indigeste. Et puis, qu’est ce que c’est agréable de vivre les choses par procuration (ironie, quand tu nous tiens). Sans déconner : pourquoi vous adresser au monde entier qui s’en fout ? Pourquoi ne pas fournir les accès à vos informations qu’à vos proches et amis ? Pardonnons leur la méconnaissance des outils… donc pas d’exécution sommaire.

Et puis enfin, il y a les imbéciles comme moi. Les jamais contents, les grognons, les mal lunés qui vous font tout un plat d’une broutille, qui noircissent des hectomètres de papier sous prétexte d’expression écrite. Que peut-on leur faire ? Les censurer, les bâillonner ? Tout système se doit, en principe, de faire le ménage avec ses opposants, mais là, il s’agirait d’une mesure de salubrité publique en faisant taire les grandes gueules non progressistes et qui hantent vainement la toile. Que diriez-vous d’un petit stage à la lanterne mes amis ? Si l’on met un tabouret sous mes pieds, cela voudra dire que j’ai été lu, écouté… et que j’ai fait peur !

Et si c’était ça, le but du rédacteur indépendant sur la toile ? Passer pour un con aux yeux d’imbéciles, revendiquer, ceci jusqu’à temps qu’on vous dise « allez, c’est à ton tour, mec ». Chouette ! Pas trop serré le nœud monsieur le bourreau, j’ai la peau sensible…

Tout d'abord une vidéo

Etrange... surprenante... mais intéressante.

26 avril 2010

Je vous l’ai déjà dit !

On ne se moque pas des Russes, et encore moins de leur technologie. Certes, nous les regardons avec condescendance depuis l’effondrement de l’Union Soviétique, mais c’est une erreur fondamentale de notre part. Je ne saurais reprocher à la foule une certaine ignorance de la part de nos citoyens plus inquiets de leur cholestérol galopant, que de la situation internationale, mais je ne peux pas laisser dire tout un tas d’idioties à propos de la technologie Russe.

Je sais qu’il est facile de regarder des vidéos présentant des voitures au design aussi ancien que, avouons le, très laid, mais c’est aussi oublier pour quoi elles sont conçues. Nous autres, bourgeois gavés de malbouffe et de mauvaise bière, nous avons des exigences énormes concernant la qualité des routes, la présence d’une signalisation adaptée, et, en contrepartie, nos états demandent à ce que nos véhicules soient entretenus. Maintenant, comparons ces conditions idylliques avec celles de l’ex URSS : nous n’avons jamais un froid polaire de la Sibérie, pas plus que nous n’avons de chaleurs permanentes comme celles qu’on rencontre dans la steppe ardente du sud de l’Oural. Nous ne connaissons pas le dégel entraînant un état de délabrement total du réseau routier, tout comme nous n’avons pas des distances démesurées à faire pour simplement faire des courses. Alors, cumulez : un pays économiquement exsangue, des routes pourries, une population pauvre, et vous obtenez la Lada, la voiture pour rouler. Rouler oui, mais rouler longtemps, partout, sans maintenance, sur des terrains théoriquement impraticables. Tentez de faire survivre nos véhicules modernes là-bas, vous m’en direz des nouvelles.

Bon alors donc c’est juste archaïque, mais solide ? Pas seulement ! L’URSS, puis la Russie, a conçu et conçoit encore des avions d’une qualité remarquable. On se gargarise avec avions Américains ou Français, nous faisons les malins en pensant que les bureaux de conception Russes sont incapables de suivre le mouvement… Grossière erreur encore ! Observez donc cette vidéo, et restez tétanisé par la manoeuvrabilité du bestiau. En l’espèce, c’est le Sukhoï SU-37 de démonstration qui est à l’écran. Ce qu’il fait en vol est à la limite de l’improbable ! Vol stationnaire, vrilles et déplacements latéraux que l’aérodynamique est supposée interdire, le SU-37 dispose de la poussée vectorielle. Pour ceux qui ne comprennent rien à la technologie, je vais expliquer très succinctement la chose. Un avion « classique » a ses réacteurs qui ne poussent que dans une direction. Le SU-37, lui, a la faculté d’orienter cette poussée comme il l’entend. A ce jour, l’Europe est à la rue pour ce concept, les USA ont quelques prototypes, mais aucun (à ma connaissance) n’a démontré de telles capacités de vol. Alors, les Russes, à la ramasse ?

Bien entendu, on va alors me parler du délabrement des pays du pacte de Varsovie, me dire qu’ils sont ruinés, incapables de se redresser, qu’ils ne produisent rien et j’en passe et des pires. Tiens donc, vous oubliez Skoda ? Et Dacia ? Oui, les deux ont été modernisées par des capitaux Européens… Et alors ? Parce que France-Soir n’appartient pas à un Russe ? Quel rapport entre la compétence locale et l’origine des fonds injectés dans la société ? La dernière et non moins spectaculaire démonstration est celle de la vidéo finale de cet article. La société Tchèque Tatra est une belle preuve de compétence : conceptrice de voitures révolutionnaires à une époque, puis spécialiste des camions spécifiques pour l’armée ou les chantiers difficiles, Tatra est LE constructeur des camions qui passent où les autres renoncent. Et ce n’est pas les investissements étrangers qui ont fait leur compétence, c’est la compétence, justement, qui a été rachetée. Observez donc ce dont est capable ces camions, c’est incroyable et invraisemblable. Oui, ils sont moches, très typés « militaires », mais je mets au défi n’importe quel autre engin de faire la même chose !
Tatra, du camion qui impressionne (désolé, l'intégration Web est désactivée par défaut pour cette vidéo)

Alors… convaincus ? Moi, oui !

23 avril 2010

Horreur

Je l’ai déjà dit maintes fois, j’aime à jouer avec les ambiances, comme d’autres jouent avec les teintes pour leurs peintures. Manipuler les mots, c’est un plaisir que je perpétue chaque jour que je le peux, et, je l’espère, pour votre plaisir. Ainsi, imaginer des scènes de joies est aussi délicat que de mettre au point une atmosphère pesante, voire terrifiante. La compétence de l’auteur est alors de ne pas surcharger, de jeter les grandes lignes, de sorte à ce que le lecteur puisse construire par lui-même ses propres émotions. Contrairement au cinéma, qui nous impose un point de vue, l’écriture, elle, supporte facilement le jeu des non-dits. Ne montrez pas, suggérez, envisagez, et celui qui se noiera dans vos mots sera ému, inquiet, oppressé, ou alors ravi, enjoué, la larme à l’œil pour la scène de fin qui se doit d’être, paraît-il, douce et heureuse. Et la douce amertume ? Et la fin triste, affreuse et lourde de sens ? Pourquoi se cantonner d’être le colporteur des clichés littéraires tels que « le héros ne peut pas mourir », ou bien « l’idiot peut mourir, le génie peut souffrir, mais le simplet doit survivre » ?

A mon tour de m’essayer à un genre très particulier, celui de la peur. J’ai déjà fait quelques tentatives, plus ou moins réussies, plus ou moins intéressantes, mais globalement insuffisamment fortes pour que j’en sois satisfait. C’est pourquoi je remets le couvert.

Ps : A votre goût, vous pouvez, ou non, écouter en simultané la musique de la vidéo placée en bas de cet article. Pour ma part, je m’en suis servi comme support pour m’aider à construire ce petit texte.

Ils disent tous la même chose, ils fuient tous la réalité. Pourtant, elle est on ne peut plus simple à appréhender : c’est bientôt le néant. A vivre cloîtrés, armés, prêts à défendre ce qu’il reste de vivant dans notre humanité, nous ne sommes plus que des bêtes sauvages qui se battent pour un territoire. Les pires instincts nous guident, et nous ne prêtons même plus attention à celui ou celle qui tombe et qui meurt. C’est tout juste si nous daignons leur donner une sépulture décente, c’est dire à quel point nous sommes tombés bas. Vêtus plus souvent d’uniformes que de tenues décontractées, nous existons au rythme des sirènes qui mentionnent les roulements des quarts de garde. Ce qui fut une ville n’est plus que ruines, et notre habitat tient bien plus du camp retranché que de maisons paisibles où il fait bon vivre. Nous cohabitons dans des salles communes, avec la vermine et les rats que nous massacrons de peur de la contamination. Même les enfants, ou ceux qu’il reste sont habitués à dormir près d’armes à feu. Les plus jeunes sont déjà si marqués qu’ils ne sont plus effrayés par la mort et les cris des blessés. C’est si surréaliste de voir un enfant jouer avec une petite voiture, alors que juste à côté de lui, un adulte agonise en remuant atrocement. Le gosse se tenait là, à quelques centimètres de cette énième victime, juste à la bonne distance pour qu’il ne puisse pas être touché par le mourant.

Ce qui est acquis, c’est que nous vivons, tout le reste peut être détruit en un éclair. A présent, le ciel est constamment grisé par les fumées des quartiers en flammes, il n’y a pour ainsi dire plus de bruit animal. Les oiseaux ont disparu, les cours d’eau sont si pollués qu’y tomber vous mène à une mort lente, douloureuse, et certaine. Le simple fait de boire est devenu un luxe, et ce que nous buvons a systématiquement la saveur du chlore saturé, et du plomb dont on ne se débarrasse jamais vraiment. Brossez vous les dents, lavez vous quand vous le pouvez, et ce goût de plomb, cette pesanteur restera malgré tout. J’ai vu des gens se gratter jusqu’au sang en espérant enlever l’odeur de la mort, la puanteur extrême des humeurs mêlées. On en a attachés pour les empêcher de se mutiler, ou de blesser les autres. On en a même passés par les armes, car ils avaient passés la dernière barrière mentale possible. Et on dit que l’on survit ? Nous sommes des fauves, des monstres impitoyables qui luttent sans même plus comprendre pourquoi.

Les rôles et la notion de hiérarchie pour chacun ne sont plus qu’illusions. Chacun doit savoir se défendre, se servir d’une arme, connaître les premiers soins, se nourrir, se cacher, fuir, foncer et affronter. L’adolescent est déjà un soldat aguerri, la mère de famille est ici une guerrière prête à tout pour sauver ses enfants. J’ai déjà combattu à côté de ces gens, et croyez moi, adulte, enfant, aucune différence, une balle tue indifféremment, d’où qu’elle vienne, qui que ce soit qui la reçoit. Parfois, il arrive que des groupes errants fassent une halte chez « nous », demandant à troquer divers biens contre un peu de repos et de nourriture. Ils ont tous le même regard vide, ils sont tous marqués par la pollution, la peau brûlée, des cicatrices infâmes sur le corps, certains sont même en train de mourir sur pieds. Ils le savent, ils sont d’une lucidité effrayante, à croire que ce sont ceux qui arpentent la zone qui ont raison. Nous sommes lâches de croire à un futur meilleur, eux, ils sont là, au contact du présent, tellement au contact qu’ils en meurent. J’ai vu un type qui se marquait l’avant bras au fer rouge à chaque mort qu’il avait eu à faire. Il disait que c’était sa rédemption que de souffrir pour avoir donné la mort. Lui aussi est mort, il s’est affaissé, s’est mis à vomir, puis à saigner, jusqu’à s’étouffer. Cancer foudroyant… diagnostic à la con pour dire qu’il a été irradié jusqu’à l’os, et que ça l’a rongé de l’intérieur.

Il y a toujours de ces cinglés, de ces prédicateurs qui parlent d’un renouveau de l’humanité, d’un sauvetage divin. Ils sont prêts à tout pour nous faire avaler des discours sur la fraternité et l’amour de son prochain. Et c’est l’amour du prochain qui a déclenché ces fléaux ? C’est la fraternité qui a déterminé les premiers incidents nucléaires ? C’est l’envie de paix qui a mené à user de bombes sales ? Tout est irradié, tout est si pollué que la nature produit des abominations. Les plantes sont bizarres, des animaux naissent tarés, et on préconise l’avortement aux femmes restées trop longtemps en zone. C’est immonde que de devoir préconiser la mort plutôt que la vie, c’est infâme que de devoir choisir entre faire vivre un enfant malformé, ou de le tuer avant qu’il n’arrive à terme. De toute façon, les femmes sont rarement enceintes, et nombre d’entres elles sont probablement stériles après le désastre. J’ai les mains qui tremblent, le cœur qui bat à l’idée que j’ai eu à aider des « médecins » pour pratiquer de tels actes. Il m’arrive de ne pas en dormir des nuits durant.

Regarder le ciel, c’est un peu regarder le fond d’une poubelle. Les explosions, les représailles, toutes ces détonations atomiques ont levées un tel nuage de poussière qu’il n’y a plus de soleil. Eté, hiver, il fait toujours froid, humide, qui amène son lot de calamités comme les pluies acides, la neige lourde qui s’est gorgée du plomb utilisé pour éteindre les incendies nucléaires. C’était une des idées pour tenter d’empêcher les réactions de fission : inonder de plombe et de métaux lourds pour circonscrire ces foyers infâmes. Foutues bombes sales : ces malades avaient réinventés Tchernobyl, mais à l’usage du terrorisme. Et nous voilà à nous déclarer la guerre, accusant l’autre de la responsabilité du début des hostilités. Ce fut réglé en quelques secondes, notre sort fut scellé sans qu’on n’eut connaissance de qui a commencé. Qu’importe, nous payons tous le prix fort. Parfois, je rêve du bleu du ciel, je le revois dans les livres ou les magazines sauvés des ruines.

On s’entretue pour survivre. L’autorité n’existe plus, les gouvernants ayant survécus étant les premières victimes des pogromes de vengeance. Ce fut terrible, tout ce sang sur le pavé pour rien, en pure perte. Aujourd’hui, ceux qui sont devenus fous à cause de la guerre sont des loups en liberté, des animaux dévorant les hommes. Des hommes mangeant des hommes, une ironie toute Shakespearienne. Et de temps en temps, c’est l’affrontement, le massacre entre ceux qui vivent de pillages, et ceux qui tentent de réorganiser un semblant de civilisation. On voit parfois des avions survoler les zones anéanties, mais bien vite ils filent sans laisser d’autres traces que celles des traînées derrière leurs réacteurs. Un jour un drapeau, le lendemain un autre, voire même des symboles inconnus de tous. Que se passe-t-il ailleurs ? Aucune idée, rien, pas de radio, pas de télévision, pas même de tentatives pour nous contacter. Tous les canaux sont muets. On a bien envisagé de fuir, mais vers où ? Les différentes directions mènent soit vers les sites des explosions, zones infranchissables de radiations telles que même les plus résistants y meurent en quelques heures, soit vers des régions où règnent des groupes de pillards puissamment armés. Traverser est du suicide, surtout avec des non combattants. Va-t-on laisser les enfants et les impotents derrière nous pour survivre ? Est-ce notre extrême désaveu de notre humanité ?

J’ai remarqué que ma peau est tachée. Je suppose que ces maladies irradiées commencent, elles aussi, à trouver amusant de n’être plus tout à fait ce qu’elles étaient. Certains disent qu’ils ont expérimentés des virus de combat, que nous ne sommes qu’un essai, et que nous mourrons soit des radiations, soit des maladies mutantes. Pour ma part, je dois cumuler les deux tant je me sens las et usé de l’intérieur. Pourtant, je tiens mon poste, respectant à la lettre les consignes. Assis derrière un monceau de débris, nous sommes deux, faisant le guet pour contrôler une route qui mène à notre quartier. Des heures de veille, de jour comme de nuit, observant les bâtiments vides et silencieux, dans l’attente d’un éventuel assaut, ou du passage d’une de ces bestioles bizarres qui commencent à sortir de la zone. La seule chose que je demande au destin, c’est de mourir vite. Je n’ai pas eu le courage de me supprimer, alors faites que je ne sois pas un supplicié, un de ces pauvres type qui souffrent, des heures durant, gueulant leur terreur, leur horreur de survivre, avant de crever, foudroyé par l’intensité de la douleur.

22 avril 2010

Rien ce soir... Encore!

Pas le temps pas le temps pas le temps...