13 août 2013

Des cordes sur les volets

Le ciel s'est décidé à nous offrir un peu d'eau. Elle perle, insouciante et déterminée, elle coule littéralement le long des volets qui se rafraichissent. Il n'y a pas pratiquement pas de vent, et les feuilles dansent à cause des gouttes qui s'écrasent mollement sur elles. Le ciel a pris une teinte grise, les nuages se sont emmêlés pour former une sorte de patchwork monochrome où le soleil n'a plus à s'exprimer. Et pourtant, pourtant la vallée ne semble ni morne, ni triste, elle semble juste se laisser inonder, comme un corps qui prendrait le temps de savourer une douche lors d'un été trop chaleureux.

Quand je scrute le creux des reins de la vallée, il y a ces routes qui ondulent et défient le sol dans leur rectitude. Des feux se sont allumés, les voitures défilent en silence, trop lointaines pour être perçues par mon oreille. Mais là-bas, au loin, des gens filent, suivent l'asphalte. Où vont-ils? Sont-ils pressés d'aller quelque-part, ou font-ils simplement la route sans la moindre bonne raison, comme le fait l'eau qui tombe encore et encore? La pluie se moque des bonnes raisons, elle ne réfléchit pas, elle est. Tout simplement. Elle se permet de danser quand le vent se lève, elle se fait artiste en faisant apparaître un arc-en-ciel, elle est poétique et légère à la fois, douce et sensible comme le baiser d'une femme après une longue absence.

Les flaques sont autant de miroirs, reflétant le ciel, des visages, des objets, et elles lavent calmement le bitume ou la terre pour montrer à quel point tout est périssable et temporaire. On y perçoit des ondes, les gouttes venant s'y écraser avec délice. Le bruit même de cette pluie est relaxant, il est une chanson infinie, toujours nouvelle et pourtant si connue. On l'écoute, on s'apaise, on laisse le coeur s'en charger, tandis que le ciel continue à souffler quelques râles étranges, bruissements d'un tonnerre qui se prépare. La voix d'un Dieu? Ou juste le chant d'une Mère Nature heureuse de nous offrir la renaissance? Peu importe, l'un comme l'autre serait ravi de nous faire ce présent apparemment ordinaire, mais pour moi tellement magique.

Alors j'écoute, attentivement, je me laisse emporter par le minuscule ruisseau qui se forme sur la route de terre. Il dévale, sûr de lui, déterminé, il roule encore et encore, charriant autant de sable et de cailloux, qu'il a pu un jour charrier des feuilles, ou encore des bateaux en papier. Et moi, je l'observe, ce serpent d'eau, cette couleuvre inoffensive et délicate, qui se fait transparente par endroits, colorée à d'autre, changeante et toujours identique à la fois. Il pleut, le ruisseau est le fils de la pluie, et la flaque est sa soeur. D'une seule goutte ne nait qu'un bruissement, d'une infinité renaissent les océans. C'est une mer à fourmis, un fleuve pour insectes, un minuscule flux d'eau à mon échelle.

Et puis, pour une gosse à cheveux longs, vêtue d'un k-way, de bottes violettes, c'est une source d'émerveillement. Elle court, elle saute dans les flaques, elle fait trembler la terre et le ciel, et le ciel lui rend bien en ajoutant une nouvelle ondée. Elle rit, elle sourit, elle est espiègle et sincère, elle s'amuse d'un rien pour adulte, d'un tout pour enfant. Je la vois, elle est enchantée, elle est magique, petite sorcière rieuse qui donne des coups de pieds pour faire gicler les océans du caniveau. Elle sent, elle sait, elle se moque, elle joue, c'est une perle, une reine des eaux et des cieux, c'est une enfant comme tant d'autres, mais si belle... Si belle...

Nous autres adultes, on la regarde, on lui demande de se calmer, de ne pas se détremper. Pourquoi? Après tout, l'eau est là pour mouiller, comme l'air est là pour être respiré. On devrait la rejoindre, courir, sauter, rire, apprécier chaque instant de l'existence, car ces flaques, si temporaires, si fugaces symboles du ciel qui nous offre la renaissance, nous devrions nous en réjouir au lieu de nous en plaindre. Et elle, elle remercie un Dieu, ou Mère Nature, parce que l'un ou l'autre lui a offert un moment unique de jeu, l'occasion de sortir ses bottes violettes, d'enfiler un k-way fripé d'avoir passé trop de temps dans sa pochette, l'opportunité de sentir sur ses joues roses la pluie fraîche d'un bel été. Regardez la donc, écoutez la rire, elle a raison, nous sommes stupides, égocentriques, trop inquiets pour si peu, trop concentrés sur rien du tout. C'est cette enfant, cette fillette si mignonne, simple et espiègle qui détient la Vérité. Le monde est si beau, que ce soit sous le soleil, la pluie ou même la neige! Ecoutez sa chanson, écrite avec des rires, composée d'éclats de voix, harmonieuse mélodie brodée autour d'un seul souhait: aimer. Elle aime ce monde, elle nous aime, je l'aime aussi. Vivez, parce que la pluie, comme la Vie, va et vient, arrive et repart, et le monde, lui, ne fait que nous faire d'immenses cadeaux que nous regardons avec dédain.

J'aime cette pluie, j'aime cette enfant devenue adulte, je l'adore, cette fille amoureuse de la couleur violette, cette môme qui saute encore et encore d'une flaque à une autre, cette femme, cette amie... Adulte ou pas, elle sautera toujours dans les flaques, grande ou petite elle sera toujours espiègle, rieuse, amusée d'un rien, épatée par tout, heureuse de vivre, tout simplement. Faites comme elle... Riez, jouez, aimez!

12 août 2013

Ce qui est beau

Il était typographe (créateur de polices d'écritures). Il a 97 ans, et il y a quinze ans, il a découvert l'informatique et le logiciel de dessin Paint. Atteint d'une dégénérescence de la vue, il utilise le logiciel pour son art parce qu'il lui permet de faire un zoom suffisamment profond pour pouvoir travailler l'image à sa guise... Grand-père, on l'appelle comme ça. C'est simplement une belle histoire... et ce qu'il fait est simplement beau.

Admirez, et appréciez la jovialité du personnage.

(via Le Shaarli de JeromeJ)

11 août 2013

Chute moderne

Ne me demandez pas pourquoi, mais je regarde au dehors et je m'interroge sur le sens même de l'écriture. En effet, les mots sont des choses qu'on arrive plus ou moins à saisir et à fixer les uns avec les autres, le tout pour construire des idées intelligibles pour autrui. Et pourtant, rien n'est plus volatile que les mots, et ce "blog" en est une terrible démonstration. Son nom même en est le signe le plus marquant: les paroles s'envolent... Mais vers où? Vers le néant? Vers l'oubli? Non, ce sont les pensées qui s'envolent en fait, plus que les mots eux-mêmes. On laisse la volatilité de la pensée nous mener la vie dure, et bien souvent l'on ne se souvient même plus la raison d'une dispute, la dernière pensée qu'on a eu pour quelqu'un, pas plus qu'on ne retient ses pensées au fur et à mesure qu'elles se constituent.

Alors, plutôt que de les voir s'évaporer, je les couche sur l'écran, je les partage, comme s'il fallait absolument que je m'assure que chacune de ces idées ne puisse pas s'évader. Prisonnières de ce site, mes opinions sont prises dans la pierre, gravées pour un bon moment, ceci afin que chacun puisse, au détour d'une lecture, se dire "tiens, il pense ainsi". Et pourtant... Et pourtant, les opinions évoluent, les gens peuvent changer, tout comme certaines idées peuvent être brisées par la simple apparition d'une nouvelle idée, ou d'une personne. La Foi peut se déliter parce qu'un évènement a réussi à la briser; la Vie, elle-même, n'est faite que d'un courant perpétuel, un souffle incessant, construit par la brise de nos envies, et le changement en est l'essence. On sent ces mouvements, on les ressent, on vibre parfois en harmonie, parfois en totale dissonance, mais on ne peut pas les éviter.

Toutes les tours que nous bâtissons par le verbe s'effondrent constamment. On bâtit des partis, des lignes de conduite, tout cela pour arriver finalement à des ruines, à des cendres, sur lesquelles vont repousser de nouvelles structures instables. Ainsi sommes-nous faits de préjugés, de formats temporaires, de choses dont on ne peut se départir, et qu'on abandonne pourtant facilement à la première bonne occasion. Instables? Versatiles? Non, juste voués à devoir prendre les choses comme elles viennent, à ne pas pouvoir anticiper quoi que ce soit. Celui qui prétend contrôler son monde ne sera que plus douloureusement blessé quand, lui aussi, verra son environnement s'écrouler.

Je vois les vignes qui poussent. Elles ont pris une belle couleur, celle de l'été qui décline, celle qui prétend aux vendanges, de cette teinte étrange et indéfinissable qui vous invite à vous servir un bon verre de vin. Elles sont comme nous, car au printemps de leur existence elles donnent un fruit acide, peu digeste, mais bourré de promesses. A l'été, le grain se gorge de lumière et de sucre, il se gonfle de fierté, et vous donne envie de le dévorer. Puis, l'automne approchant, on le ramasse, on le presse, il prend le chemin du pressoir, comme s'il devait accomplir son travail, celui de s'apprêter à mûrir, à s'intensifier. Puis, durant l'hiver et les années qui vont suivre, le vin va prendre de l'âge, du corps, de l'esprit, pour finalement s'offrir à chacun de nous. Entretemps, sa descendance, elle aussi, va suivre ce même chemin, depuis le pied jusqu'à la bouteille, depuis sa naissance jusqu'à sa mort.

A travers le raisin, nous nous moquons du passé, du présent, et même du futur. Mais ici, entre les murs virtuels d'un site alimenté de mes pensées volatiles, je ne vois pas mes propos se bonifier ou changer. S'ils sont figés, c'est pour être telles des photographies d'un temps qui n'est plus, ou plutôt d'un temps de souvenirs, de réflexions diverses et variées. J'ai offert à ce site ma plume la plus vivace, autant que mes idées les plus sombres. Tel un déversoir, il est le réceptacle du tout venant intérieur, décharge privée de mes torchons personnels. Ai-je la sensation d'avoir changé? Ai-je même l'opinion d'un homme qui se relit et qui rit de lui-même? Non. Je me relis, je m'interroge, et je constate que je suis relativement constant. Le changement est là, j'affine, j'affûte même, mais les dessins sont les mêmes, les images perdurent, et je continue encore à prendre du plaisir à coller de nouvelles photographies dans cet album aussi personnel qu'improbable. Des centaines de textes après la première lettre posée dans cette urne à idées, je n'ai pas encore décidé d'écrire une chute, comme pourrait vouloir le faire l'auteur d'une comédie.

C'est un livre sans début ni fin, c'est un recueil plus qu'une bibliothèque. Il n'y a ici que moi, rien d'autre que moi, le fond de mon être, qu'il soit beau ou laid, qu'il soit brillant ou sale. Je n'ai pas envie d'offrir à mon blog une fin, parce qu'elles signifierait alors que je n'ai plus de plaisir à écrire, que je n'éprouve plus le besoin maladif de coucher sur l'écran mes pensées. Les écrits restent, parce que j'ai toujours eu peur de voir mes pensées s'envoler. Si un jour je suis condamné au supplice de la perte de mémoire, ou pire de la perte de mon identité à travers la maladie, alors j'aurai encore cette bouée de sauvetage intellectuelle, cet endroit si ordinaire sur la toile, et pourtant si spécial pour moi et quelques personnes particulières. Je crois que seule la Mort pourra m'empêcher de passer mes doigts sur le clavier, que seule la faucheuse saura m'intimer l'ordre de ne plus libérer mes rêves sous la forme de lignes brouillonnes et entêtantes.

Certains vouent leur existence à des tâches grandioses, d'autres à exister, tout simplement. Je ne sais pas à quoi vouer ma propre vie, si ce n'est de me dire qu'une fois l'étape passée, l'oubli ne sera pas mon destin. Non que je désire une quelconque renommée, ni même des millions de lecteurs pour rire, pleurer, se moquer, grogner contre moi. Ce que je désire? C'est laisser une trace, comme quand on plante un arbre pour les générations futures, comme quand on aime regarder un bac fleuri, comme quand on partage un repas avec ceux qu'on aime. Si j'écris, c'est que je veux me souvenir, autant que je veux exprimer. Il est difficile de décrire ce sentiment bizarre, ce besoin, cet opium profond qui vous enivre une fois les mots alignés.

J'ai écrit et j'écris encore. J'ai écrit un livre qu'il faut que je me décide à publier. Il ne relèvera pas de moi de décider de son destin, mais toujours est-il que l'écrire fut à la fois une naissance, une vie, et une mort. Des personnages y sont nés, certains y meurent, mais ils expriment tous à travers moi, ils sont "vivants", bien vivants en moi en tout cas. Bizarrement, je n'ai pas eu la sensation d'être leur créateur, mais un porte-parole assidu, un observateur tendre et cruel à la fois, et je leur ai laissé la possibilité de s'épanouir jusqu'au dénouement, jusqu'au point final du manuscrit. Je n'arrive pas trop à comprendre comment ni pourquoi, mais j'étais sur place, j'étais avec eux pour chacune des situations que j'ai pu décrire. Je me serais voulu éloigné, avoir du recul comme pourrait l'avoir un journaliste, mais je n'ai pas réussi à prendre cette marge, et c'est aussi une mort que de devoir les quitter. Je crois que j'ai fait une chute moderne, pas comme quand on tombe d'une chaise ou d'un cheval, mais plus comme quand on raccroche le téléphone après une longue discussion avec quelqu'un qu'on aime profondément.

Je me suis fait le porte-étendard de gens qu'on regarde de biais. J'ai écrit pour qu'on n'oublie pas, pour que surtout on ne juge pas mes personnages à travers des prismes trop faciles à mettre en place. Je ne sais pas si les gens aimeront la vie de mes personnages, ni même si ils s'identifieront en eux, parce qu'ils racontent des horreurs, des situations douloureuses, des choses que nous autres, chanceux, nous n'avons pas eu à vivre. Ils sont des fantômes, ils sont tout le monde et personne à la fois, des gens ordinaires qui ont vécu un passé qu'on voudrait tous oublier. Mais ils étaient en moi, attendant l'heure propice pour prendre la parole. Et c'est à travers leurs bouches et à travers ma plume témoin qu'ils disent ce qu'ils ressentent. C'est avec violence et tendresse qu'ils disent le fond de leurs pensées, qu'ils revendiquent ce qu'ils sont, parce que les personnages des livres ne sont pas que des idées, ils sont des pensées, des sentiments, des témoins qui figent l'identité même de l'auteur. Certains ouvrages sont voués à l'oubli, parce que leur écrivain n'a pas daigné soutenir le propos et les choses qu'ils décrivent. L'exercice de l'écriture est, pour certains, une simple façon de faire de l'argent, de lancer des banalités, des clichés éhontés, parce qu'ils savent ce qui va plaire. Moi, quand j'écris, je ne me moque ni de moi-même, ni de mes lecteurs; J'écris, parce que je le dois, parce que je dois dire ce que je ressens, que ce soit clairement, ou à travers des images, à travers des situations inventées ou, malheureusement, que trop réelles.

On ne sort jamais indemne du véritable épanchement de l'écrit. On ne peut pas passer outre le fait que c'est le "soi" profond qui parle, pas plus qu'on ne peut éviter le fait être émotionnellement accroché à ses personnages. Quand on écrit sincèrement, cela peut devenir une véritable douleur, une passion brûlante, ou, au contraire, une félicité d'avoir réussi à mettre en forme quelque-chose de clair, précis, réel pour soi, et, je l'espère, réel pour les autres. Ce n'est pas tant un art qu'une besogne longue et périlleuse, car les mots, une fois brodés ensemble, prennent un sens et une forme qu'il nous faut assumer. J'assume ainsi chacun de mes propos, chacune de mes opinions. J'ai mis énormément de moi dans mon livre, bien plus que quelques idées jetées au gré du temps et de l'instant.

Ainsi, chers lecteurs, si peu nombreux que vous soyez, j'espère pouvoir un jour vous faire lire ce livre, vous l'offrir en pâture, car c'est aussi ça, finalement, écrire: être dévoré par les autres, digéré, compris, interprété en bien ou en mal, mais toujours d'une manière ressentie. Un écrit se doit d'être ressenti par autrui, sinon cela veut dire que l'auteur n'a rien mis de lui dedans. Et ça, voyez vous... Ce serait la plus pénible des douleurs. Mieux vaut la haine que l'indifférence, car l'indifférence, et elle seule, nous pousse à passer notre chemin avec dédain. Quand aime, ou quand on n'aime pas, on a au moins le mérite d'être ressenti.

Merci de me lire, et ce malgré le temps qui passe. Merci d'être encore là, pour les rares qui prendront la peine d'aller jusqu'au bout de cette longue réflexion.

A vous tous, merci.

A toi, ma fleur, merci. (Elle se reconnaîtra et comprendra)

24 juillet 2013

vulgarité de la naissance

Bordel de merde, on m'aura gonflé les noix avec la naissance du petit dernier de la lignée au sang royal! Mais qu'est-ce que j'en ai à cirer du rejeton au sang bleu? Qu'est-ce que ça va changer dans mon existence que ce soit une à couettes ou un à moustache? Sans rire, c'est comme si ce non-évènement allait transformer une royauté complètement obsolète en quelque-chose de nouveau, d'humain, de crédible tant politiquement que diplomatiquement.

Bon, je me suis lâché là, mais reprenons notre ton plus austère pour bien se convaincre d'une chose: la naissance d'un héritier a autant d'importance dans notre quotidien qu'en a eu le décès de Diana. Oui, c'est cruel de dire cela, mais sorti des gens venus pleurer une starlette auréolée d'un titre sans valeur, qui s'est soucié de l'impact historique de sa mort? Personne. Un roi sans pouvoir, c'est un symbole et rien d'autre. Et moi, les symboles, quand ils viennent me saturer les ondes et les unes de journaux, j'en ai vite ras le bol, pour ne pas dire carrément que ça me fait chier.

Et allez, je redeviens vulgaire. Evidemment qu'un ton vulgaire ne colle pas aux circonstances! On est supposés être toujours émus à la naissance d'un enfant, et doublement émus quand c'est une future tête couronnée.... Ah, parce que la naissance d'un enfant dans les bidonvilles au Bengladesh, c'est moins émouvant? Oui, c'est tout de suite moins glamour, on ne ronronne pas autant devant les layettes d'un gosse de pauvres, que face aux couches d'un môme de riche. Ca en jette moins, la pauvreté, la promiscuité des rues malpropres et livrées aux maladies. On est bien plus intéressés par le fait que le fils royal conduise une jolie bagnole que les trois-quarts de l'humanité ne peut pas s'offrir, que par la poussette de récupération qui va trimballer le marmot Bangladais. Hé oui, la merde, c'est moins photogénique quand c'est dans une couche de grande marque et dans des fringues à un SMIC le bavoir...

Stop, ça me reprend, je gueule, je peste, j'y vais de ma tirade pour exhorter la foule à changer de chaîne, que dis-je à boycotter littéralement ce genre de non-information. Mais on s'en branle merde! On s'en contrefout, on veut savoir ce que le monde à nous offrir, pas de connaître le nom du tailleur du père, ou encore la marque des chaussettes de la mère! Sans déconner, depuis quand le monde va-t-il si mal qu'il a besoin d'aller chercher chez les riches et les pseudos-puissants quoi que ce soit de vraiment intéressant? Je ne me suis jamais intéressé au "qui couche avec qui", et encore moins au "qui va hériter du titre de roi de rien du tout". Je m'en fous, qu'ils mettent il, elle, le voisin, l'éboueur du 10 Downing Street, ou même la nurse du mouflet, ça me laisse de marbre. Allez, soyons fous, je postule pour prendre le rôle de roi, je fais quelques sorties infâmes pour la morale de la bonne société Anglaise, puis j'abdique et je file le tout au gosse Bangladais... Comme ça au moins, il aura l'opportunité d'avoir une éducation, et les moyens de ses ambitions.

Le monde n'a pas besoin de s'émouvoir de la vie ordinaire des supposés extraordinaires. Ce que je trouve en revanche extraordinaire, c'est que l'ordinaire des autres semblent être extraordinaires pour soi. En quoi une naissance est-elle plus belle chez les rois que chez soi? Pourquoi célébrer la naissance d'un futur péteur dans la soie, quand on pourrait célébrer n'importe quel gosse agissant tout aussi grotesquement au début de sa vie, qui sera tout aussi con et rebelle à son adolescence, et qui finira idiot comme n'importe quel être humain sur cette planète? La royauté ne garantit pas l'intelligence... L'extraction sociale ne fait que donner accès à des choses inaccessibles au commun des mortels, mais certainement pas à un patrimoine cérébral.

Donc, petit moutard, je m'en cogne que tu sois né dans de bonnes conditions, je me fous de savoir ton futur blase. Mieux encore, si l'on pouvait m'éviter le battage médiatique autour de tout ça, je pourrais avoir un peu plus d'informations "utiles" dans mes médias. Je n'ai rien contre toi... mais je sens que tu vas me les briser pour quelques temps encore!

FONT CHIER LES COURONNES!

22 juillet 2013

Qui a vu comme moi la déchéance de la république?

Alors là, on touche le fond. Non, mieux encore, on creuse littéralement la tombe de la nation. Qu'on n'aille plus me rabâcher des notions aussi mielleuses que la tolérance et l'intégration, car là la coupe est pleine. Correction même, elle n'est plus pleine, elle déborde littéralement, et elle va joyeusement arroser les plantes grasses et envahissantes des idées fascisantes et xénophobes. Trappes, ville de banlieue, ville de misère sociale, est dorénavant le symbole d'une dérive que je n'appelle pas religieuse, mais littéralement sectaire. Par pitié, ne mélangeons plus ceux qui croient, et ceux qui instrumentalisent la Foi pour en faire une arme. Et là, à Trappes, les évènements ne font que me confirmer que la république est en grand danger, au-delà même des analyses supposées alarmistes. Je ne suis pas alarmiste, je constate avec terreur que la notion de droit n'a plus cours, et qu'au surplus même nos dirigeants s'assoient dessus.

Dites, les politiques, n'est-ce pas de votre rôle de revendiquer le droit, de défendre celles et ceux qui risquent leurs vies pour que le droit soit partout? Si? Apparemment, je fonde de gros doutes sur le soutien moral, car quand on parle "d'apaiser la situation" au lieu de dire clairement "il faut frapper fort pour que tout communautarisme ayant pour but de déstabiliser l'état craigne la sanction", c'est qu'on pratique la politique du pantalon sur les chevilles. Non: aucune tolérance, aucun apaisement acceptable. Quand on agit contre le droit commun, quand on estime que ses croyances sont au-delà du droit, alors on s'expose à des sanctions. Au surplus, quand on pense légitimer des émeutes sous prétexte que la police agit dans un cadre précis et légal, alors aucune pitié, aucune charité. Le fait d'être un citoyen c'est aussi un ensemble de devoirs, et le premier est de respecter les lois, car elles sont là pour nous permettre de vivre en communauté... Pas en ilots communautaires fermés et dépourvus de la moindre légitimité.

Allez, j'attends déjà de pied ferme celui qui va me taxer de racisme. Il ne s'agit pas de dire "L'islam est en cause", mais "Ceux qui instrumentalisent l'islam pour en faire une arme". Il ne s'agit pas de critiquer celles et ceux qui ont une Foi, mais de sanctionner celles et ceux qui s'estiment au-dessus des autres à travers celle-ci. De fait, je ne distingue pas les mouvements d'extrême droite et leurs ratonades, des mouvements islamiques qui pensent pouvoir instaurer "leur" loi sur le territoire Français. Il n'y a pas de tolérance, de tri, ou quoi que ce soit permettant de douter de ce raisonnement. Nous devons vivre les uns avec les autres, pas les uns contre les autres, et tout groupe estimant sa place comme supérieure ne vaut pas mieux que les pires propos tenus par les monstres xénophobes au bras tendu. Il n'y a qu'une façon de marcher, c'est droit, droit devant, avec les autres, pas en dépit des autres. Et ça, nos politiques semblent préférer l'ignorer.

Maintenant j'attends avec le sourire l'anarchiste de mes deux. Oui, lui aussi, je l'attends quand il va venir me seriner sa mélodie sur les libertés individuelles, quand il va me balancer le couplet du "état policier"... Mais ouvre les yeux bordel, regarde un peu comment fonctionne l'Homme avant d'espérer quoi que ce soit de tel! L'anarchie, c'est le pire fantasme politique qu'ait pu balancer l'Homme pour légitimer sa propre incurie! Non, sans ordre, nous ne savons pas fonctionner. Non, sans règle, nous ne sommes bons qu'à nous mettre sur la tronche pour tel ou tel prétexte. Et surtout, croire que la liberté peut se passer de règles et de lois, c'est rêver d'un monde avec des gens dépourvus d'ambition. Or, l'Homme est ambitieux, prétentieux, avide, et rien ne peut le tempérer si ce n'est la crainte d'aller au-delà des limites. Exiger que la nation ait des lois et qu'on les fasse respecter, ce n'est pas pour autant prétendre qu'il faut des brigades de la mort dans les rues, et encore moins autoriser notre police à faire n'importe quoi.

Je ne veux pas d'une France où l'on va venir m'expliquer que je dois me plier aux rites et aux cultes des autres. La culture, ça ne s'impose pas, sauf à jouer les conquérants. La culture, c'est une chose à respecter, ce n'est pas supposé être une arme pour écraser la différence; quand on vient me marteler avec des opinions puantes concernant l'antisémitisme, quand on vient me parler de tolérance concernant l'attitude rétrogrades des plus extrémistes musulmans, quand on vient me tanner avec des propos cocardiers, j'ai strictement la même réaction: vous me faites chier! Nous sommes en France, pays de libertés, de métissages... Mais certainement pas dans une nation qu'on doit écraser, mater, manipuler. Pour moi, cette histoire de Trappes est le symptôme d'une maladie profonde qui est le communautarisme sous toutes ses formes. Le vote fasciste n'est pas plus sain que l'attitude de ce type qui impose à sa femme d'être intégralement voilée. J'éprouve une affreuse colère contre cet état qui, en lieu et place de soutenir ses forces de police et de procéder à un véritable nettoyage, choisit de tempérer, de négocier... Négocier, avec qui? Avec des types qui importent une dictature par la Foi? Qui vous vomit dessus à la première occasion? Qui estime sa place plus grande que toutes les autres? Pas question.

Choisis ta façon de vivre: soit tu respectes la nation qui t'accueille, soit va chercher un refuge dans une nation qui fonctionne comme tu le voudrais. Mais surtout, oui surtout, ne viens pas tenter d'imposer tes vues à un pays qui a déjà bien assez à faire avec sa propre histoire. Je suis particulièrement révolté contre ces attitudes d'apaisement, car elles ne font que conforter celles et ceux qui pensent qu'on peut tout faire et tout dire sous couvert de liberté. La liberté, ce n'est certainement pas de venir m'imposer votre façon de vivre, la liberté, c'est plutôt d'apprendre à vivre ensemble. Seulement voilà... On ferme sa gueule, on se tait, on abandonne peu à peu le territoire à des types qui pensent faire revenir le monde au moyen-âge. Et que dit-on? Apaisement. Et puis quoi encore?

Jamais je ne démordrai de cela. La France n'a pas besoin d'avoir peur de ses citoyens pour des questions de religion. La France n'a pas à craindre la religion musulmane, et encore moins ceux qui s'en font des étendards malsains et rétrogrades. Je vous plains, vous musulmans honnêtes et tolérants. Je vous plains, parce qu'on vous mettra dans le même panier que ces dingues, parce qu'il est plus confortable de tout mettre dans un panier, que de s'interroger sur ce que sont les extrêmes. Mais en France... on se tait ou on gueule à tort et à travers. Car oui, on gueule parfois, on critique, on fustige même, mais dans quel sens? En allant au-delà du raisonnable, en soutenant l'insoutenable, et tout ça pour quel résultat? En faisant de eux qu'on doit combattre des pseudos victimes. Qui sait, d'ici quelques jours, ceux là même qui ont brûlé des bagnoles vont venir pleurer d'avoir pris des coups de matraque sur la tronche...

Bienvenu en France, terre de tolérance hein...

17 juillet 2013

Du pourquoi je ne crois plus en la démocratie

Je vais me faire vilipender, c'est certain, je vais me faire copieusement insulter avec un tel titre aussi racoleur que désagréable. Et pourtant, si l'on considère les faits, si l'on prend du recul sur le fonctionnement des institutions, et surtout concernant l'attitude de la plèbe, force est de constater que la démocratie s'est dévoyée, non parce qu'elle ne peut pas fonctionner, mais justement parce qu'elle fonctionne que trop bien! Bizarre comme raisonnement? Surprenant? Comment peut-on dire qu'une chose fonctionne, et qu'en contrepartie cela la bousille? Exceptées les munitions et autres explosifs, cela n'est pas supposé exister. Alors, pourquoi?

Tout d'abord, soyons honnêtes un instant. Qu'est-ce qu'une démocratie, si ce n'est qu'un fantasme vendu par les gens de pouvoir aux pauvres, afin qu'ils aient la conviction d'avoir le choix? Le pouvoir, même repris par le peuple, finit tôt ou tard dans les mains d'une élite, ceci qu'elle soit élue ou autoproclamée. Dictature, démocratie, idées différentes mais résultats similaires, à savoir une foule matée, souvent silencieuse, et qui se contentera de suivre les consignes plus ou moins ouvertes d'un cercle dirigeant finalement toujours très restreint. Est-ce un drame pour autant, est-ce si mal, à partir du moment où on a le droit de les choisir, ou tout du moins d'en choisir quelques uns parmi les cercles d'initiés à la vie politique? C'est avant tout un drame moral, car nombre d'électeurs n'agissent non plus en connaissance de cause, mais bel et bien en désespoir de cause. Le vote par dépit n'est pas rare, la preuve en est le vote contestataire, ou pire encore le non-vote de l'abstention ou du vote blanc. "Ne pas choisir, c'est déjà choisir", et ça, c'est une dérive inévitable d'un système qui, de base, est supposé nous donner ce choix justement. Dans ces conditions, la démocratie devient une mécanique huilée, fluide, mais absolument inadaptée pour refléter les désirs de la foule, tant ceux qui sont aux commandes s'entêtent à jouer le passage de témoin, au lieu de se renouveler pour correspondre à la société qu'ils sont supposés représenter.

Ensuite, voyons un peu pourquoi les gens se désintéressent totalement de la politique. Par dépit? Au tout départ, je dirais que le fondement même du désintérêt, c'est le fait même qu'il est particulièrement difficile d'intéresser une foule déjà abêtie et avide de possession à un sujet aussi aride que la politique. Faites une téléréalité, vous faites le plein d'audience. Faites un débat qui, pourtant, nous concernerait tous, m'est avis que le zappeur frénétique ira voir ailleurs s'il y a moins de costumes et de cravates à l'écran. La majorité des gens se foutent de la politique, faute de comprendre à quel point celle-ci est importante dans leur quotidien. Il n'y a que quand on parle impôts, taxes ou aides/dépenses que les gens daignent prendre un peu le temps d'écouter. Cela a pour conséquence première que chacun défendra non le mieux, mais avant tout ses acquis. Il est alors évident que tout état confronté à une telle situation ne pourra choisir que deux voies: le naufrage, ou bien la prise de décisions arbitraires et contestées. Démonstration par l'absurde, la Grèce: on contente d'abord les citoyens à travers un fonctionnement inepte, puis, le jour de serrer les boulons pour que l'état reprenne un peu de hauteur, et la rue vient gueuler. Alors quoi? Passer en dictature pour s'affranchir de ces imbéciles qui ne comprennent pas qu'ils sont en partie responsable de ce naufrage?

La démocratie telle que trop de gens la conçoivent s'adosse prioritairement sur le "J'ai le droit". Fondamentalement, c'est une erreur catastrophique. Le droit, ce n'est pas que pouvoir agir, c'est aussi devoir agir. Droits et devoirs sont les mamelles de la démocratie, or nous avons nourri la nôtre au seul pie des droits pour tous. La notion d'avantages est en soi une belle bêtise, tant sur la forme que sur le fond, et pourtant nous militons pour les conserver, quitte à se rendre ridicules. Où est-on alors? Dans un monde où l'arrangement personnel prend donc le pas sur le fonctionnement général, dans un environnement où l'exception se fait règle, à tel point qu'on fait carrément disparaître le terme "exception". Toute personne raisonnablement intelligente comprendrait aisément qu'il faut des compromis, des encadrements, bref des règles pour que chacun puisse y trouver un peu son compte, quitte à sacrifier quelques points pour que tout le monde puisse s'en sortir... Mais non, obstinément, on se cambre, on gueule et on râle pour préserver ce qui, de toute manière, est voué à mourir.

Peuple, foule, rêve de liberté... Qui s'en préoccupe encore? Quand on vit dans le confort, on vit forcément dans le déni de l'inconfort. Quand on ne manque de rien, on ne connaît pas la sensation de faim. Quand on arrive au point où l'on veut sauver le caviar, au lieu de s'inquiéter du pain qui ne sera plus sur la table, c'est qu'on a complètement perdu de vue le sens profond de la démocratie. J'ai trop entendu ici et là des idées de bricolages concernant le vote blanc, du tirage au sort, des idées "progressistes"... Dites voir, revenons à la base: pourquoi la démocratie fonctionne trop bien, donc trop mal? Parce que nous ne faisons plus rien pour être présents verticalement, à savoir depuis la base militante, jusqu'en au de l'appareil d'état. Qui va voter? Qui se donne la peine de réfléchir en poussant le bulletin dans l'urne? Trop peu sont concernés, voire pire encore de plus en plus de personnes revendiquent le non-vote, comme s'il y avait une fierté à ne plus participer à la vie politique. Foutaises, débilité, lâcheté idéologique, et surtout escroquerie morale. Qu'on ne vienne surtout pas me parler du "Je ne vote que blanc parce que je refuse de voter pour les éligibles qui sont là". Où étiez-vous pendant les meetings? Participez-vous aux primaires des partis? Apparemment, pas vraiment. On veut le beurre, l'argent du beurre, la crémière, la crémerie, mais surtout pas en payer le prix et encore moins gérer tout ça. Comment pouvoir prétendre "les élus ne sont pas les bons", tout en ne faisant pas en sorte de changer les choses? Cela revient à dire: choisissez pour moi, mais surtout choisissez ce que je veux. Intenable et stupide.

Finalement, je me dis que la démocratie est morte parce que les gens ne savent pas la rendre vivante. On ne peut pas parler de sclérose pour la machine démocratique, mais simplement de cancer. L'homme est le cancer de la démocratie, car à chaque fois qu'il ne daigne pas y participer, la tumeur du fascisme se développe. A chaque fois qu'un vote se termine par une élection par dépit, c'est le spectre du radicalisme qui renait. Quand le dépit se nourrit de l'échec démocratique, et que l'échec démocratique se produit par le dépit, ce cercle vicieux ne mène que trop rarement à un progrès, mais plutôt à une paralysie politique, voire à une prise de pouvoir dictatoriale. Et les démocrates, les vrais, les convaincus, pleureront les morts, les révolutionnaires, convaincus de pouvoir améliorer les choses, encenseront des leaders qui ne seront que des despotes moraux, et enfin les autres, les sans idée, les sans conviction, viendront se plaindre de l'absence d'une démocratie qu'ils auront tous assassinés à coup de fainéantise intellectuelle, de lâcheté morale, et surtout de bêtise crasse.

Pauvre démocratie, je cloue le couvercle du cercueil, en espérant qu'il y aura du monde pour comprendre ce message, ainsi que des gens pour m'aider à t'exhumer le moment venu. Faites que ces gens là ne soient pas ceux qui aiment plus le droit démocratique pour accéder au pouvoir, mais les autres, les rêveurs, ceux qui veulent encore croire que la foule peut devenir efficace via les urnes. Mais ça... 1927 et 1933 aiment me démentir.

10 juillet 2013

C'est ironique

Qu'on se le dise, l'Histoire ne cessera jamais de nous rappeler à quel point nous ne sommes que des victimes de notre propre manque de mémoire, à tel point qu'observer le monde devrait se faire forcément à travers le prisme du passé. Seulement voilà, l'enthousiasme, grande maladie nerveuse qui touche les agitateurs, révolutionnaires et autres candides de la politique, se révèle être un terrible poison pour les espoirs pourtant brandis bien hauts. Ne rêvons pas, la réussite d'une révolution ne vient qu'après une phase de naufrage absolu, à tel point que tout dictateur démis de ses fonctions se voit très majoritairement remplacé par une dictature au moins aussi stricte... si ce n'est plus.

Le printemps arabe. Ah, ce message d'espoir, cette volonté farouche des peuples de s'affranchir des despotes, ces mouvements "populaires" supposés défendre l'idée de la démocratie! Magnifique, splendide même, avec un petit goût intéressant de "Nous y étions" à travers l'interventionnisme des européens. Prenons tous ces états qui ont menés leurs dictateurs hors de leurs palais, et observons le résultat. N'est-ce pas affligeant, d'une lamentable banalité tant il semblait évident qu'il y aurait quelqu'un de plus retors que les candides pour prendre le pouvoir? Qui a guidé les foules contre la police et/ou l'armée? Qui a organisé un secours humanitaire de façade pour s'accorder les faveurs des plus démunis? Qui, enfin, a pu accéder au pouvoir à l'aide de cette manipulation des masses? Toujours les mêmes, à savoir non pas les rêveurs, mais bel et bien les ambitieux, ceux qui ont su attendre le bon moment pour s'approprier le pouvoir!

L'Egypte en est une démonstration, mais n'oubliez pas que la Lybie a vécu strictement le même cycle: on fait tomber le dictateur, on prend le pouvoir, et dans la foulée on révise la constitution de sorte à ce que l'état devienne une république islamiste. Une arnaque? Non. Une chose inévitable? Encore moins. La seule chose qui était inévitable en fait, c'est que, de l'intérieur, les forces mêlant religion et politique allaient tout faire pour revendiquer une légitimité jusqu'alors étouffée par le pouvoir en place. De fait, en aidant la révolution, les nations européennes n'ont donc que porté une assistance indirecte et dangereuse aux mouvement que, justement, l'Europe s'échine à combattre sur son territoire. A croire qu'ils ne retiennent jamais la leçon.

L'Histoire se répète, inlassable, inusable cycle de prise de pouvoirs, de chutes de monstres à fanfreluches, puis au final de la chute de types en costume pour en mettre d'autres. Il m'avait semblé illusoire de croire que l'Egypte, la Lybie, la Tunisie, ou encore la Syrie pourrait s'offrir un gouvernement légitime et démocratique. Je tiens tout particulièrement à la présence du "et", au titre que la légitimité est naturellement allée à ceux qui ont organisé la lutte -donc, dans les faits, aux mouvements extrémistes et autres détenteurs d'une loi passant non plus par la politique mais par la foi-, et que le côté démocratique n'est alors qu'une addition, une sorte de cadeau bonus qu'hélas aucun de ces pays n'a réellement gagné. Cruelle désillusion pour certains, logique implacable de la dégradation de la région pour d'autres, quoi qu'on en pense la seule chose qui aurait rendu évitable ces gouvernances religieuse aurait été de ne surtout pas assister la révolution! Ironique, non?

Maintenant, l'Egypte s'est soulevée, l'armée agit... mais pour arriver à quoi? Est-ce que la rue pourra prétendre obtenir ce qu'elle espérait avoir dès le départ? J'en doute. Quelque soit la façon dont va tourner cette nouvelle série de manifestations et d'affrontements, le pays ne pourra pas composer sans la présence des partis religieux, et donc de devoir créer au mieux une gouvernance d'union nationale, au pire de devoir se laisser mener par ces partis là. Où sera la démocratie? Sacrifiée? Mise en morceaux? Elle ne sera que ce qu'elle a toujours été, à savoir la première victime du peuple quand celui-ci a des objectifs trop différents. Comment concilier politique et religion, quand une part de la nation veut une politique sans Foi, et une autre partie du peuple une Loi par la Foi? Ca n'a selon moi aucune chance de fonctionner dans un système à l'image des vieilles démocraties, et, triste constat, la seule solution viable pour empêcher des affrontements perpétuels sera sûrement de mettre un despote areligieux au pouvoir.

Créer de l'équité sociale en créant une dictature. Triste ironie...

05 juillet 2013

Opération de comm'? Réalité?

Allez savoir... Mais le message est clair: JE décide.

(via Olissea.com)

30 juin 2013

Un peu de piano

04 juin 2013

Girafe

Non, les ivrognes, je ne parlerai pas de ces équipements de bistrot qui ont pour but de vous rapprocher encore un peu plus de l'ivresse. Quoi? Certains ne connaissent pas la "girafe" de taverne? Pourtant, c'est un tube! Oui bon, ceux qui connaissent ce truc se marrent bêtement en voyant mon jeu de mots vaseux sur le "tube". Bref, la girafe est une sorte de long tube contenant plusieurs litres d'un breuvage mousseux et à la couleur douteuse, qu'on pose sur les tables des soiffards afin d'éviter à la serveuse de faire de multiples allers et retours.

Je parlerai donc de l'animal, la girafe, cette grande chose au cou démesuré, à la robe si improbable qu'elle en devient superbe, bref la bestiole que tout le monde visualise mais que personne ne connaît réellement. Je ne me pose pas en expert du dit animal, déjà parce que vétérinaire ne m'a jamais attiré comme métier, et puis parce que ce blog n'a pas vertu à devenir une référence académique en la matière. Et puis quoi encore d'ailleurs, pourquoi devrais-je élever la foule à un niveau supérieur, alors que la toile dispose d'encyclopédies en ligne que la majorité des surfeurs ne consulte pas? Et allez, je m'égare à nouveau. Donc, j'ai envie de parler de la girafe non à cause de son anatomie étrange, mais simplement parce que j'ai été interpelé par une photographie du dit animal.

Cliquez sur le lien pour la voir dans son contexte initial.
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Comment la trouvez-vous, cette bestiole au regard si étrange? Je crois qu'elle a réussi d'un battement de cil à m'interpeler profondément, non sur sa nature d'animal, mais sur ma nature de mammifère se croyant intelligent. Rien qu'au premier croisement de nos pupilles respectives, j'ai saisi une chose grandiose sur mon "moi" profond, à savoir qu'avoir la prétention d'être un humaniste n'est bon que pour les pédants et les suffisants. L'animal lui, se contente d'être, alors que nous nous acharnons à paraître. La girafe de la photographie, elle, est douce, elle nous regarde non avec la condescendance dont nous faisons preuve à l'égard de notre environnement, elle nous scrute avec la douceur et la curiosité inhérente à sa condition. elle "sait" que nous sommes différents, mais cela ne la blesse ni ne la dérange. Après tout, la curiosité est une chose vitale!

Alors, forcément, se dire qu'une girafe a plus d'humanité en elle que nous en avons nous-mêmes, il y a quand même quelque-chose qui cloche profondément. Mais, n'est-ce pas là le souci principal de l'Homme? Il s'octroie des titres, se félicite d'être "humain", tandis que derrière ce discours d'onaniste se cache un monstre destructeur, cynique et souvent paranoïaque, et qu'il agit toujours au nom "de la raison" dont bien souvent il ne dispose pas réellement. Cette girafe nous interroge, elle nous vise délicatement, sans méchanceté, elle nous demande "Pourquoi". Pourquoi ne pas vivre paisiblement, pourquoi ne pas laisser courir les choses au lieu de courir après, pourquoi ne pas simplement savourer le temps qui passe au lieu de croire qu'il file? Elle a raison, tristement raison de nous observer ainsi, animaux stupides bouffis d'orgueil mal placé, mammifères crétins préférant haïr que comprendre, bestiole ingrate torturant sa planète quand il faudrait peut-être juste la respecter.

Girafe, merci de ton regard, il est à la fois le plus doux et le plus dur à supporter. Sa douceur nous ramène à notre bêtise, et ça, c'est dur à encaisser...