18 octobre 2011

Pour les râleurs.

Alors bon… Effectivement, je ne suis plus aussi présent ces derniers temps sur la toile. N’allez pas croire que je n’aime plus écrire, ou quoi que ce soit ce genre, c’est tout simplement que je n’ai pas vraiment le temps de laisser aller ma verve par l’écrit, à tel point que je viens à me demander si, d’aventure, je ne serais pas tenu de faire une pause. Pourtant, je n’ai aucune envie de ralentir mes coups de gueule ou mes analyses, d’autant plus quand l’actualité s’y prête ! Hé oui : ce n’est pas parce que je suis absent et muet ici, que je n’ai plus rien à dire ou contre quoi râler ! Ne rêvez pas, me bâillonner n’est pas une chose aisée, d’autant plus quand j’ai quelque chose à dire.

Commençons bête et méchants, voulez-vous ? Les primaires socialistes semblent être un excellent terrain de commentaires acides, à tel point que j’en viens même à me demander si, d’aventure, cette expérience électorale ne serait pas aussi profitable à la droite qu’à la gauche. En effet, derrière la victoire de Hollande par une majorité incontestable, il y a tout de même des gens, des ambitieux, bref tout une foule de personnes prêtes à tout pour accéder au pouvoir. Celles qui soutenaient Aubry, que vont-elles faire ? Scléroser le parti, ou bien participer activement à « l’union sacrée » revendiquée par les deux candidats du second tour ? La question me semble pertinente, car il ne faut surtout pas oublier ce qui est déjà arrivé dans le passé : crasses des uns pour se venger d’une absence de soutien lors d’une élection, petites vacheries entres amis au « bon moment » et j’en passe. A droite comme à gauche, on a la rancœur tenace, et m’est avis que l’on n’a pas fini d’entendre parler des soutiens des uns et des autres qui refuseront de collaborer. Ca va sentir le roussi dans les couloirs de la rue de Solferino… non ?

Après tout, l’ambition est une constituante obligatoire de la politique, sauf à vouloir être un véritable serviteur de l’état, et donc du peuple. De là, ce n’est pas contradictoire, sauf quand nous sommes dans un système comme celui que nous connaissons actuellement. Sans ambition pas de légitimité, donc pas de reconnaissance, et encore moins de pouvoir ! Toute l’ironie est là : il faut avoir les dents longues pour prendre une place, et c’est donc les vautours, les requins et autres animaux à mâchoires dangereuses qui prennent des places, ceci au détriment de celles et ceux qui auraient (on l’espère) à l’esprit le bien-être du peuple, et non pas celui des entreprises/militaires/despotes (inutile de rayer des mentions, ils vont généralement très bien ensemble ceux là !). Au surplus, dans un système capitaliste, l’argent est roi, cela suffit globalement à gangréner les politiciens qui, avouons le, n’avaient pas besoin de cette tare supplémentaire sur leurs CV.

En parlant de fric, de pépètes, j’ai une question à la con. Puisque le résultat des primaires a dépassé les prévisions et les espérances les plus folles, le surplus d’argent versé par les votants, qui va le palper, et à quoi va-t-il servir ? Qu’on finance clairement les primaires, je le comprends sans rechigner ni même faire de commentaire méchant à ce propos, mais là, franchement que vont-ils en faire ? Financer la campagne de Hollande ? Et s’il en reste encore ? Répartir les sommes dans le parti lui-même ? J’espère que le PS aura la politesse de publier quelques résultats à ce propos, sous peine de passer pour des escrocs, chose qui serait terriblement préjudiciable pour un parti qui n’est pas encore sorti de son marasme. A mon sens, le PS se targue d’avoir utilisé la démocratie pour trouver SON candidat… certes, mais de là à pavoiser, cela me semble exagéré. Comme d’autres l’ont déjà dit, gérer une pré-élection ne génère pas pour autant un gagnant, loin de là même ! J’ai quelques doutes sur la capacité d’union du parti, mais surtout le poids qu’aura Hollande face aux autres. Oui, Sarkozy n’est pas aimé par une bonne partie du peuple, oui, le FN fait peur, mais j’ignore si, malheureusement, le scénario de 2002 ne va pas se reproduire !

Au final, l’UMP a de quoi rire (même si c’est jaune). Les primaires reflètent non pas la capacité d’un parti à se trouver un bon candidat, mais plutôt l’incapacité de celui-ci à désigner un candidat sans avoir à passer par les urnes. Me concernant, j’ai tendance à ne pas en rire, parce que les perdants sont dans une situation terrible : Royal est pour ainsi dire « morte » dans le parti (comme d’autres avant elle, demandez à Rocard ce que cela donne d’être grillé par les patrons du parti…), et Aubry risque de se traîner des rancœurs contre Hollande. J’espère qu’en cas de victoire, que ces deux là sauront s’accorder pour mener le pays et le parti dans la bonne direction, et non pas comme Sarkozy et l’UMP qui, finalement, en arrivent à se tirer dans les pattes. Fillon avec ses ambitions, les déclarations concernant le fait que « Ce serait pas mal, des primaires à l’UMP », voire même des désaveux ouverts, ce n’est pas là un présidentiable crédible qui est face à nous, mais un président sortant sur la sellette
On verra bien, n’est-ce pas ? J’attends de voir avec intérêt si l’on va se faire peur avec le FN, se moquer de Sarkozy s’il est éliminé au premier tour, ou si le pays va pleurer avec un parti divisé au pouvoir… Rendez-vous en 2012 pour voir le bilan !

10 octobre 2011

Une bonne intention

Après avoir été absent toute une semaine, je me dois, bien évidemment, de revenir pousser quelques gueulantes et commentaires sur notre cher (et triste) monde. L’actualité a, pour une fois, de quoi me faire suffisamment parler pour que vous preniez le temps de me dire « Tu vas arrêter, oui ?! », ou même de me bâillonner afin de vous assurer un peu de paix. Ceci dit, raté, difficile de museler un type qui vous cause par écran interposé ! (Là, généralement, dans les films de série Z, c’est le moment de balancer un rire démoniaque de savant fou, et de faire apparaître, en ombre chinoise, deux cerbères d’une police quelconque).

Revenons à nos moutons, je voulais dire citoyens. Comme on dit souvent « C’est l’intention qui compte », j’aimerais que nous regardions en quoi l’intention peut être aussi importante et utile, d’autant plus quand le résultat est des plus décevant. Prenons les primaires socialistes comme exemple de cette idée. On s’entête à me faire avaler qu’il s’agit là d’un acte démocratique, d’une avancée majeure dans la politique française, et que ce serait même là l’exemple à suivre pour les élections après 2012. Ah bon ? Faire voter le quidam pour choisir LE candidat central d’un seul parti, c’est un comportement réellement démocratique ? En apparence, bien entendu, je ne peux nier le fait qu’une bonne élection vaut bien mieux qu’un mauvais putsch, mais de là à revendiquer qu’une primaire est une chose nécessaire… Un peu de sérieux je vous prie ! Le concept de la primaire, c’est simplement de trouver qui sera le seul candidat d’un parti, ceci en partant du principe que chaque électeur sache pour qui il vote. Déjà qu’il n’est pas spécialement foutu de comprendre pour quel président il se prononce, alors dans une primaire hein… Bref, dire qu’il s’agit là d’un choix démocratique, j’aurais plus tendance à dire un choix « technocratique » tant le résultat mènera non pas forcément le meilleur candidat, mais celui qui aura su le mieux jouer sa carte dans le parti.

Au-delà de cette seule considération purement technique, il est vraiment navrant de se dire qu’un parti comme le PS soit réduit à se choisir un candidat par les urnes, au lieu de compter sur celui ou celle qui serait simplement sorti du lot. En gros, le discours sous-jacent pourrait être « On n’a pas vraiment quelqu’un de suffisamment balaise pour faire la décision, choisissez à notre place ». Or, il me semble qu’on se prend des élus justement pour qu’ils décident en notre nom (puis pour les déboulonner à l’élection suivante, soit par déception, soit parce qu’on aime le changement). De là, difficile de me faire dire que les primaires soient une bonne chose, vu que je les perçois presque comme étant l’élection du plus populaire, ou bien du moins mauvais du lot. Peu avenant comme descriptif, non ? Au surplus, je me demande ce que donnera l’après primaire : l’électorat va-t-il suivre son choix unique, ou bien peut-on craindre un éclatement de la carte politique ? Il ne faut jamais perdre de vue que L.Jospin a, justement, été éliminé du premier tour de 2002 suite à un excès de confiance de ses électeurs ! Ce serait réellement un naufrage si, d’aventure, le candidat unique du PS était amené à ne pas passer le premier tour.

Malgré ces critiques virulentes, je reste malgré tout agréablement surpris et déçu à la fois. Surpris parce qu’il y a eu pas mal de votants (le million a été dépassé d’après ce que j’ai entendu), et qu’en plus premiers résultats semblent suivre ce que les sondages donnaient comme tendances. Mieux encore, j’ai été satisfait que Aubry et Hollande soient en tête, car ce sont deux personnages de l’appareil du parti, compétents, et qui, enfin, peuvent présenter un visage compatible avec la fonction de président de la république. Toutefois, là où je suis déçu, c’est qu’il ne faut pas pavoiser face tant au vote en quantité qu’en qualité. Pourquoi ? Un million sur plusieurs dizaines de millions de votants, c’est peu, bien peu, trop peu même pour démontrer une véritable détermination des citoyens à « virer à gauche ». Pire encore, l’électorat de droite, coincé entre un Sarkozy déclinant, et une Le Pen en cours d’ascension, j’ai crainte que ce soit non pas le PS et l’UMP qui se retrouvent à se disputer le fauteuil, mais le FN qui jouerait les arbitres, voire même le juge de paix en prenant la place d’un des deux partis. Voyons comment sortira le PS de ces primaires. Grandi ? Sûr de son candidat unique ? Ou bien divisé et inquiet sur l’avenir ?

Enfin, pour celles et ceux qui aiment le concept de primaires, je vous rappelle que les USA fonctionnent sur ce principe, et que cela donne des élections présidentielles bipolaires, à savoir soit les démocrates, soit les républicains. Où sont les autres « petits » partis ? Noyés dans la masse, invisible, sans véritable poids. Voulez-vous du même sort pour la France ? PS/UMP ? J’en doute. La démocratie se fait dans sa multiplicité, et non dans son hyper unicité. Déjà que nos institutions se sclérosent à force de maintenir les mêmes personnes au pouvoir, difficile d’avaler que réduire encore la carte politique pourrait la rendre meilleure.

03 octobre 2011

Soyez avertis que...

Cette semaine, je ne serai pour ainsi dire pas présent, étant donné que j'apprends une nouvelle façon de faire faire de l'argent à mon employeur...

Et le tout dans une langue barbare et insupportable qu'on appelle l'anglais!

De fait, à la semaine prochaine, sauf si je trouve un instant pour écrire quelque chose.

Votre obligé,
Jefaispeuralafoule/Frédéric

02 octobre 2011

Imprimez donc ce blog que je ne saurais voir!

Depuis le temps qu'on me tanne la couenne avec des propos du genre "et si on pouvait imprimer tes articles?"

Maintenant, c'est chose faite grâce à ce petit bouton magique:


En cliquant dessus vous accèderez à une visionneuse au format PDF imprimable, et vous pourrez même, si vous en avez envie, l'enregistrer sur votre disque! Pas mal non?

Sur ce, je file me boire un café, réfléchir et bosser un dimanche matin...

29 septembre 2011

Tout part d’une plaisanterie

On peut parfois se demander si la réalité et la fiction, pour ne pas dire la légende urbaine ne se rejoignent pas pour former notre monde. Loin de moi l’idée de croire tout ce que peuvent prétendre les rumeurs, mais parfois, dans certaines conditions, le doute peut s’immiscer à tel point qu’on peut se dire « Tiens, et pourquoi pas ? L’homme est tellement stupide que cela pourrait fort bien tenir la route cette histoire ! »

Un exemple passablement drôle - pour moi -, qui est supposée s’être passée à proximité des côtes Canadiennes. Le radar retourne au bâtiment de US NAVY qu’il y a quelque chose sur sa trajectoire.
- Ici l’USS [Le nom est censuré, faute de prouver l’authenticité de l’échange], navire inconnu, veuillez vous détourner !
- Je pense qu’il n’y a aucune chance que nous nous détournions de votre route, c’est à vous de vous détourner.
- Je suis le commandant [à nouveau censuré, faute de preuve], et je vous ordonne de changer votre route, sous peine d’avoir des problèmes avec la marine des Etats-Unis !
- Hé, commandant... on n’est pas un bateau, on est un phare, je pense donc que c’est à vous de vous détourner, sous peine de venir vous échouer sur nos côtes.

Allez savoir si cette blague fameuse n’est pas partiellement, voire même totalement authentique ! Sachant que l’armée Américaine n’a guère de honte à se croire toute puissante, m’est avis que l’incident mentionné pourrait tout à fait être vrai, surtout pour peu que le commandant en question fut quelqu’un d’orgueilleux ou prétentieux. Le plus amusant dans cette petite comptine, c’est que dans le fond, cela démontrerait à quel point le pouvoir peut rendre imbécile au possible. Ah ça, dès qu’un homme a une once de pouvoir, celui-ci s’en sert sans vergogne, quitte à passer pour un con dénué de la moindre réflexion. Prenez un douanier (non, pas celui qui fait son boulot, le prétentieux, l’arrogant, le crétin de base quoi), et confrontez le face à la bêtise de ses raisonnements, et éprouvez alors la joie de visiter, gratuitement, au mieux les geôles de la gendarmerie la plus proche, ou alors de vous acquitter d’une bonne amende bien sentie. C’est ainsi : si « le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument » (Lord Acton).

Mais côté plaisanteries idiotes, nous ne sommes pas en reste quand on prend l’actualité ou même l’histoire d’un point de vue tragi-comique. Un autre exemple célèbre sont les « fraises de Grouchy ». Cette histoire incroyable, et pourtant relativement méconnue, a eu pour effet de décrédibiliser un maréchal d’empire, et de soi-disant faire perdre à Napoléon la bataille de Waterloo. Pourquoi diable parle-t-on de fraises ? Parce que le bonhomme aurait, d’après certaines histoires (j’ignore la véracité de la chose, des histoires divergentes sont présentes sur la toile), exigé des fraises pour son dessert, tandis qu’il attendait les ordres de Napoléon. Faute de trouver les fruits en question, celui-ci aurait fait perdre du temps à ses troupes pour son plaisir personnel… Et donc provoqué un retard dans son arrivée sur le champ de bataille, entraînant de fait un naufrage stratégique et militaire pour l’empire. Si telle est l’histoire, alors Grouchy, si compétent qu’il fusse durant sa carrière d’officier, a fini réellement comme un grand imbécile, du genre qui va se trimballer des casseroles sur son nom pour des siècles et des siècles ! Je n’aimerais franchement pas avoir un tel héritage sur les épaules, tant celui-ci semble ridicule.

Et enfin, il y a cette masse d’anonymes, de demeurés profonds qui, au quotidien, emplissent les services d’urgence, appellent le SAMU ou les pompiers, parce que leur maladresse et leur bêtise les ont mis en péril. N’a-t-on pas constaté un décès stupide pour Claude François qui, selon la légende, serait mort électrocuté dans sa baignoire ? Changer une ampoule en étant dans une baignoire… Si ça, ce n’est pas une idée à la con, je ne sais pas ce que c’est ! Quoiqu’il faut pondérer, car, tous les ans, il y a des morts suite à des accidents similaires : une femme se séchant les cheveux dans son bain, un homme se rasant à l’électrique, les faits sont là, bien ancrés dans l’imaginaire des légendes urbaines, tout en étant des réalités. Quelle meilleure preuve que celles-ci pour démontrer que l’homme est un imbécile, non ?

28 septembre 2011

Evanescent

Si vous fermez les yeux, que vous laissez votre esprit d’emplir de souvenirs et d’émotions, vous pouvez revivre, d’une certaine façon, certains évènements de votre existence. Le souvenir, moment magique où l’on s’autorise au rêve éveillé, a ce pouvoir étrange de nous permettre de ressentir à nouveau certaines émotions qu’on a souvent en soi, et qu’on fait taire, sous prétexte qu’elles peuvent être gênantes, ou qu’elles peuvent même infléchir le cours de nos vies. Prenez ces souvenirs d’amours passés, ces situations où vous enlaciez quelqu’un d’autre que l’être qui fait dorénavant partie de votre vie, et interrogez vous, comme moi, sur la valeur de ces évènements. Sont-ils ce miel délicieux et fin qui font qu’on devient nostalgiques, ou bien sont-ils un poison âpre, une sorte de dégradation lente et inexorable de nos sentiments ?

On a beau dire et faire, le présent, tout comme le futur, se construit non seulement sur les faits du moment, mais aussi et surtout sur un passé, qu’il soit bon ou mauvais. Telle une plante s’enracinant dans une terre meuble, la vie, elle aussi, se nourrit des choses aujourd’hui décomposées, et qui servent de terreau aux feuilles, aux fleurs, au tronc qui sont sensés s’élancer vers l’avenir. Cependant, l’aigreur et l’amertume font jaunir nos plus belles intentions, comme si ces deux sentiments n’avaient pour seul pouvoir que d’anéantir les plus beaux espoirs, les plus belles choses que nous portons en chacun de nous. Et ce n’est pas peine de faire des efforts, de vouloir étouffer les pires errances, de vouloir « oublier » tout ce qui a pu, un jour, nous être néfaste. Les mauvaises expériences rendent méfiant, les mauvaises personnes deviennent souvent ce que nous craignons le plus, à savoir une sorte de miroir déformant où tout le monde serait tout aussi fondamentalement mauvais ou cruel. Or, il n’en est rien. Ce n’est pas une seule personne qui fonde l’humanité, c’est l’ensemble des différences qui font une unité, et non l’inverse.

L’improbable chance d’aimer à nouveau est bien souvent douloureuse, car la crainte de réitérer les mêmes souffrances, de revoir le même passé se font plus présentes. On peut aller jusqu’à repousser la main tendue, refuser la chance, de crainte d’être à nouveau déçu, blessé, mutilé par les remords et les regrets. Est-ce là une attitude normale ? On ne s’affranchit jamais réellement de la douleur, on ne fait que la soigner jusqu’à ce qu’elle devienne anodine, ordinaire, un peu comme un accroc à un pantalon qu’on apprécie pourtant plus que les autres. Ce n’est alors pas une raison suffisante pour repousser l’espoir avec virulence, quitte à le regretter ultérieurement. Fuir, c’est une lâcheté courante, à tel point que nombre de destinées sont brisées à cause de la peur, et non de l’échec lui-même. On a peur d’échouer, et paradoxalement on choisit alors l’échec… Comme si assumer volontairement l’échec pouvait nous épargner les larmes et les déceptions !

L’homme est un être tourmenté, souvent perdu dans les limbes de ses propres doutes. Les émotions, comme autant de nuages et de nébuleuses de brouillard, ont cette faculté atroce de déformer, voire même occulter toutes les lumières qui peuvent se présenter sur la courte route de la vie. Alors, nous errons, nous avançons sans visibilité, sans courage, simplement la main tendue devant soi, le cœur chargé de craintes et d’inquiétudes, au lieu de faire simplement un pas devant l’autre, avec la seule détermination nécessaire, à savoir celle qu’il faut vivre, malgré tout, pardessus tout, avec la seule certitude que notre existence a une fin, et qu’on se doit donc de faire pour le mieux avant de passer à trépas. Ce n’est pas au crépuscule qu’on apprécie la chaleur du soleil, pas plus que c’est sous la neige qu’on découvre l’été. C’est chaque seconde, chaque instant qui doit compter, même si des fantômes dansent devant nous, même si les visages familiers d’hier sont aujourd’hui des spectres qui hantent notre quotidien. Pas à pas, jour après jour. Les certitudes ne sont que temporaires, elles naissent dans la facilité, et elles meurent dans l’indifférence. Ce que nous croyions vrai hier n’est plus aujourd’hui, et demain sera source d’autres convictions. La seule chose indispensable alors, c’est de se souvenir de ce qui nous fait avancer… Et de s’y tenir, en serrant parfois les dents, en mordant sans relâche le mors amer, pour qu’un jour on puisse le recracher en se sentant fier d’avoir finalement tiré le poids de notre existence.

Vivre. Ce n’est qu’un mot, une conviction personnelle pour s’assurer de notre propre existence. « Je pense, donc je suis », n’est qu’une forme d’autosatisfaction, ou alors de placebo contre la peur de n’être rien. Nous ne sommes pas que des formes évanescentes, des spectres qui se croisent sans jamais se toucher. Nous sommes cette douce solidité de la Vérité, la Vérité fondamentale : nous vivons, et c’est déjà pas si mal. Alors, si l’on vous reproche d’être, de vivre, reprochez à l’autre de ne pas être Vérité, car c’est mentir à soi et aux autres que de vouloir donner des leçons. Tous, faillibles, frêles, images temporaires et souffrant du passage de l’éternité, nous devrions apprendre que c’est à nous même que nous devrions donner des cours, et non aux autres. La prétention du savoir, l’impérieux désir d’être moralisateur n’amène que déception et solitude. Partagez, apprenez des autres, tout comme vous pouvez leur apprendre de vous. C’est ça… Vivre. Alors, vivez, sans relâche, sans doute, sans peur, car même si la Mort vous rattrape, comme elle me rattrapera un jour, vous pourrez lui sourire en lui annonçant « Je pars, mais le cœur empli de souvenirs, de Vies, d’existences, de Vérités. »

26 septembre 2011

Maton

Ils sont là, debout, les uns à côté des autres, observant face à eux dans une posture stoïque et ferme. Comme prêts à prendre un élan final, la tension est à son paroxysme. Tous, ils sont ressorts humains, tendus, cambrés dans l’effort pour ne pas échouer dans leur poussée. Pourtant, ce ne sont pas des coureurs dans un stade, loin de là, parce que l’échec, le moindre faux pas, et ce n’est pas une mauvaise place qui les attend, mais bel et bien l’élimination. Que faire ? Ne pas réagir, stagner, ou bien tenter sa chance jusqu’au point final, celui qui, en principe, accorde la victoire et la liberté ?

Ils se jaugent les uns les autres, ils scrutent les réactions du surveillant, attendant que son attention se focalise sur autre chose. Que fait-il ? Il se tourne, il regarde ailleurs, et chacun des détenus de ce jeu pervers s’élance frénétiquement vers un destin incertain. Attention ! Il se retourne ! Instant limite, seconde où la vie et la mort se décident… Ils s’arrêtent, feignant l’immobilité, l’inintérêt total pour le gardien qui, le regard noir, ne peut pas les accuser d’avoir désobéi aux ordres. Cela dure une éternité. Il ne veut pas surveiller autre chose, il les tient et les presse par la simple force du pouvoir qu’il détient entre ses mains. Cruel, conforté dans sa pleine et toute puissance, le personnage va leur faire subir l’enfer par sa simple scrutation de l’aire plane qui est sous ses yeux. Sourire en coin, joie d’être le maître face aux esclaves, ce n’est qu’à contre-cœur qu’il se retourne enfin, tenu qu’il est par son rôle à la fois jubilatoire et ingrat.

Alors, dans un élan désespéré, ils reprennent la course, ils se jettent individuellement dans un effort qu’aucun autre ne peut faire pour eux. C’est ainsi, il n’y a pas de solidarité, pas d’entraide, il faut survivre pour soi-même, quitte à ensuite devoir vivre avec des remords. Ils se jaugent, se saluent avec timidité et dépit, comme s’ils sentaient, tous autant qu’ils sont, l’absurdité de leur situation pourtant commune. La règle est pourtant simple : fuir, mais sans être vu. Celui qui est vu est éliminé. Il n’y a rien d’autre, rien de plus, rien de moins, une loi immuable et impitoyable qui ne souffre pas la moindre critique. Commenter ? C’est refuser la loi, refuser le jeu, et donc être éliminé avant les autres. On n’infléchit pas le système, on le subit, et seul le gardien, et bien lui seul, a pouvoir de vie et de mort sur ses victimes en puissance.

Nouveau coup de frein… Vain pour certains. Le gardien rit aux éclats, et désigne de l’index ceux qui sortent définitivement. Un par un, ils disparaissent à jamais de la partie, ils ne sont pas même une trace dans le sable de la cour. Ils étaient là, et maintenant, ils ne sont plus qu’un souvenir pour ceux qui sont encore là. Quelques pas, rien que quelques pas, une foulée, deux tout au plus, et la sortie, la liberté seront là. Le gardien est conscient de cela, et il ajoute alors de la théâtralité à ses regards détournés. Il veut les provoquer, créer une tension les poussant à la faute… Et certains cèdent. Ils foncent, sont pris sous son œil cerbère, et disparaissent, le tout accompagné par son gosier râlant une moquerie cruelle. Le gardien gagne, le coureur perd, telle est la loi immuable.

Enfin, ils ne sont plus que deux…

Plus qu’un seul…

Il lui reste quelques pas à faire ! C’est enfin la délivrance, s’il échappe au maton, il aura sa récompense, sa liberté, sa victoire malheureusement coûteuse à son cœur tant il aura laissé de camarades sur le carreau. Tant pis, il faut vivre, survivre, avancer, ne pas céder à ce pouvoir omnipotent…

Et là, la voix du gardien, toute proche, lance à tue-tête : « Un, deux, trois.. SOLEIL ! »

Victoire du gardien, et sonnerie de fin de récréation, le gardien redevient élève, et les victimes se relèvent pour rejoindre la salle du cours élémentaire.

23 septembre 2011

Lumières

Généralement, les adultes font la leçon aux enfants en leur expliquant tout un tas de choses qu’eux-mêmes ne mettent que trop rarement en application : sois poli, sois propre, respecte ton prochain, tends la main à l’autre avant d’attendre qu’autrui le fasse vers toi… Et ainsi, nous tentons de leur inculquer des évidences, de leur enseigner ce qu’est supposé être un homme, dans sa fragile et insoutenable beauté, alors que l’adulte, lui, sait au fond de son âme que ce ne sont que des rêves, des vœux pour un avenir si possible meilleur pour sa descendance. Mais n’est-ce pas là un mensonge ? N’est-ce pas une hypocrisie que de vouloir préserver de la cruauté, à tel point que cela peut devenir une forme de cruauté indirecte ? Nous espérons, nous soutenons même vouloir un avenir plus radieux, plus harmonieux, alors que nous ne faisons pas grand chose dans cette optique. On pollue, on détruit, on triche, on tue, on se donne bonne conscience en faisant parfois un don quelconque, alors qu’on affame sans vergogne de l’autre côté du monde. Où est notre humanité ? Quand meurt cet esprit candide, cette enfance qui trop vite s’évapore ?

« Certains naissent dans les choux, d’autres dans la merde », telle est l’expression d’une chanson que trop réaliste et dure à entendre. La plupart dans nantis entendent sans écouter, et ce genre de propos les survolent comme peuvent les survoler les pigeons qui hantent la ville sans que personne n’y prenne garde. « Ils reviendront, comme toujours » se dit alors celui qui ne peut ni voir ni entendre, celui qui enterre ses oreilles sous la paume de ses mains, et qui met un voile pudique sur ses yeux de peur que la clarté de l’obscure réalité vienne lui brûler les rétines. Lâches, inconscients, égocentriques, on ne daigne plus alors laisser passer la lumière qu’entre les phalanges légèrement disjointes, juste ce qu’il faut pour que l’éclairage de notre environnement vienne nous éviter la cécité. Un peu comme un nuage venant que trop obscurcir notre quotidien, on se laisse légèrement émouvoir par les images de la pauvreté ou de la souffrance, pour rapidement chasser ces idées noires au profit du désir d’être tranquille, loin de toute douleur, loin de la réalité, loin de tout. « Et le soleil brillera à nouveau sur nos têtes », parce que, au fond, il n’y a pas de saison de la lucidité, juste quelques orages sur un été égoïste, sur un printemps nombriliste, parce que l’automne humide nous dérange, parce que l’hiver glacial n’est bon que pour les autres, pas pour soi.

Perdre la lumière de la Vie, c’est perdre le fondamental de notre existence même, à savoir que l’humanité ne se construit pas seul, que le monde est justement fondé sur l’échange, le contact, la réflexion, l’acceptation de la différence. Pourtant, nous sommes xénophobes, nous hésitons à faire confiance, nous fuyons les autres de peur d’être blessés, comme si l’autre était une menace et non une bénédiction. A nos enfants, nous leur expliquons qu’ils doivent être ouverts, sincères, honnêtes, tandis que nous agissons strictement à l’inverse. Alors, nos enfants dessinent des soleils radieux, des maisons où nous sommes idéalisés, où nos défauts sont gommés par le trait enfantin du fusain sur la feuille de papier. Puis, peu à peu, les enfants comprennent ce que nous sommes vraiment, des êtres faillibles, sensibles, fêlés, parfois même brisés par nos rêves et nos illusions perdues. Nous rêvons tous, nous avons tous des espoirs secrets, et tous, malheureusement, nous portons en nous des regrets, des remords, des tristesses cachées sous les sourires de circonstance. De loin, nous paraissons alors heureux, joyeux, pétris de bonnes intentions, alors que derrière la façade il y a des galaxies de noirceur, de larmes, de ressentiments qu’on étouffe pour que les autres ne se doutent de rien. Puis, un jour, on ne sait jamais pourquoi, cela explose, on surprend, on blesse, parce que finalement nous avons gardés le silence trop longtemps.

Dans la paradoxale et intolérable nécessité d’être à la fois honnête et discret, chacun de nous se débat avec sa conscience, ses sentiments, à tel point que toutes les émotions s’entrechoquent dans nos esprits torturés. Le mot « pourquoi » revient sans cesse, ver pervers qui corrompt sans relâche chaque analyse, à tel point que nous perdons toute objectivité… Pour finalement céder à la morosité, à la noirceur confortable des lamentations, car rien n’est plus simple que de se laisser distancer par la Vie. Vivre, c’est errer, souffrir beaucoup pour être un peu heureux, et non le contraire. Cela attriste la plupart d’entres nous, cela en brise certains, cela en renforce d’autres, mais telle est l’existence humaine, forgée par la faute, le doute, puis, plus rarement, par le bonheur d’être aimé et d’aimer en retour.

Et puis, un jour, vient l’espoir. Maigre, malingre même, souffreteux, mais bien réel. Il est là, attendant qu’on s’en saisisse, qu’on le réchauffe contre soi, qu’on prenne le temps de le soigner. Il vous regarde, chétif chose prête à périr au premier esclandre, mais l’on se bat alors pour lui, coûte que coûte, vaille que vaille, parce que notre dignité est exacerbée, parce qu’on veut vivre et avancer.

22 septembre 2011

La barbe

Encore une fois, j’ai le sentiment qu’il y a eu quelques erreurs de sélection lors du choix des expressions ordinaires. Tenez, par exemple, ce titre vous a sûrement amené à songer à une pilosité masculine, au symbole même de l’existence des nains dans le médiéval fantastique, ou encore à celle blanche et encombrante de l’ancien représentant de commerce de Coca-Cola. Et là, je dis non : je songeais bel et bien à l’antique expression populaire supposée signifier, avec une forme surannée de politesse : « Tu vas la fermer ta grande gueule, oui !? ». Hé oui, la langue française est un florilège d’usage à contre-emploi de mots, de choses, car l’on aime jouer avec les conventions, et l’on va jusqu’à trouver trois voire quatre sens pour un seul et même terme ! On est bons, non ?

Sortons du crin de bouc qui tient lieu de ramasse miettes de table, et songeons donc à toutes ces petites expressions aussi mignonnes que souvent ridicule : « C’est la porte ouverte », ou encore « Il n’y a pas le feu », ou bien l’inusable « On n’est pas aux pièces ». Tiens donc, mais d’où diable ces expressions peuvent-elles provenir ? L’imbécile qui a balancé « y a pas le feu » oublie probablement qu’il y a une sorte de graduation dans le désastre, et qu’il y a plein de subtiles marches à gravir entre le « tout va bien », et le « Foutons le camp, l’immeuble est en flammes ». Mais évidemment, quoi qu’on compare à un incendie, tout de suite, cela semble bien moins dramatique…
« Le on n’est pas aux pièces », on peut le supposer venir d’une chaîne de fabrication, où les ouvriers, robots humains tenus par les cadences du fordisme, pouvaient déclarer sans surprise « Hé, on n’est pas au nombre de pièces faites à l’heure ! ». Avec la sempiternelle flemme de tout conserver, nous avons donc, à mon avis, résumé le tout par cette phrase « on n’est pas aux pièces ». Les Soviétiques, eux, plus imaginatifs, instauraient le « temps pour cent » dans les goulags, à savoir « Combien de temps pour produire cent pièces ». Jusqu’ici, on peut songer à de la rentabilité, mais c’était plutôt « Produis en deux fois le quota, comme ça, si tu claques, j’aurai de la réserver à caser en attendant que ton remplaçant tienne la route ». Cynique, efficace, il ne faut donc pas plaisanter avec les quotas de production !

J’adore écouter ces expressions qui se renouvellent sans cesse. Entre les auteurs, les chanteurs, les acteurs, il y a de quoi pêcher une quantité invraisemblable de petits dictons, d’expressions prêtes à l’emploi, et le net, grand fournisseur de choses aussi inutiles qu’indispensables, ne se prive pas non plus pour présenter des sites dédiés à la gloire du bon mot. Par décence et charité tant pour mes lecteurs, que pour les auteurs de ces « choses », je me contenterai de dire qu’il y a le littré qui se révèle être d’une aide incomparable. Nul besoin de s’arracher le cœur et la rétine en scrutant des sites bariolés, un bon bouquin physique, et en voiture pour la culture !

Et merde, voilà que je case, moi aussi, une de ces expressions qu’il m’arrive d’honnir sans limite ceux qui s’expriment ainsi. Pourquoi ? Parce que la plupart le font dans un français approximatif, intolérablement malade de la vérole des « oublis et autres omissions que l’on tolère à l’oral ». Beurk ! Par pitié, achevez les, piquez les, faites quelque chose pour ces pauvres hères qui ne savent plus à quel dictionnaire se vouer ! Heureusement que la peine de mort ne s’applique pas aux crimes contre la langue, sinon je crains que nous serions privés des deux tiers de notre population. Ceci dit, cela aurait alors réglé bien des problèmes de surpopulation carcérale, de chômage, enfin bref, de bien des soucis de notre société actuelle… De là à coller la peine de mort pour les assassins de la langue dans un programme politique… Quoique : cela aurait bien fait rire Monsieur Desproges, pouffé Coluche, et grogné le reste de la classe politique et analphabète qui nous dirige.

Mais là, c’est un autre débat !

20 septembre 2011

Il y a des héros et des vilains

Et si les vilains et les supers héros n’étaient que des salariés de grandes entreprises dédiées soit à la préservation du monde, soit à son anéantissement ? Qu’est-ce que cela pourrait bien donner ? Hé bien, probablement un service de recrutement des plus original, des salariés improbables, et surtout des patrons qu’aucune autre société dans le monde ne saurait avoir !

Alors, cela vous interpelle ? Allons visiter la société « Flander’s company », dont le métier est de recruter des méchants, des génies du mal, puis d’en louer les services au plus offrant. En gros, leur fond de commerce, c’est le mercenariat à base de Joker (de Batman), de démons sortis tout droit des enfers, ou encore de types aux pouvoirs pour le moins étranges.

Trêve de blabla, allez voir les vidéos de cette société, avec ses salariés si attachants, ses futurs embauchés aussi curieux que déroutants, et laissez vous mener par l’ambiance inimitable de la série !

La Flander's Company!