14 avril 2010

Amalgamer

Grande spécialité humaine qu’est amalgamer des choses qui semblent aller ensemble, mais qui n’ont aucun rapport ! C’est d’ailleurs une des facilités intellectuelles que nous nous octroyons pour créer de la propagande, revendiquer des choses insensées, et même légitimer des atrocités. Typiquement, le rapprochement « désastre économique » et « juifs » fut fait par les nazis, tout comme l’on rapproche avec énormément de facilité la prostitution ou l’homosexualité du SIDA. Pratique : on crée une population qu’on décrète comme nuisible, et l’on s’en sert comme cible pour la vindicte publique. Cela démontre aussi que l’ère des arènes et des jeux du cirque n’est pas si révolue que cela.

Avec les acrobaties intellectuelles, on peut très aisément pointer du doigt des choses qui n’existent pas : un terroriste est musulman… on dit donc que tous les musulmans sont des terroristes. Un noir tue un blanc, forcément tous les noirs sont des assassins en puissance. Laissez moi vous dire quelque chose fonctionnant sur le même principe : si l’on admet qu’un âne à trois pattes est rare, et que tout ce qui est rare est forcément cher, alors un âne à trois pattes est forcément cher ? Qui serait assez idiot pour aller faire de tels rapprochements ? Nous ! Nous tous, en assimilant l’individu à toute une population, nous, en amalgamant des choses sans lien apparent pour notre confort. C’est aussi vieux que l’humanité, mais cela perdure avec tout ce que cela implique : xénophobie, idées reçues, contresens et j’en passe.

C’est criminel d’agir de la sorte, notamment lorsqu’on est une autorité intellectuelle, suivie par des millions de personnes (qui a dit moutons ?), et que chaque phrase est lourde de sens. Est-ce bien prudent de tout mélanger, quitte à servir une soupe dangereuse et chargée de raccourcis. Je peux comprendre que des débats s’installent, que l’on s’interroge de certains rapprochements pas nécessairement si idiots que ça, mais tout de même… Tenez, ce qui me fait râler, c’est typiquement l’attitude on ne peut plus désinvolte du Vatican face aux propos de son propre numéro 2, le cardinal-secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, qui a fait un amalgame malsain entre l’homosexualité et la pédophilie ! Ca sent tout de même la xénophobie, non ?

Restons calme, et citons le plutôt que de le crucifier sans jugement. Je ne suis pas l’inquisition, octroyons lui le droit de parole :

« Nombre de psychologues, de psychiatres, ont démontré qu’il n’y a pas de relation entre célibat et pédophilie, mais beaucoup d’autres ont démontré, et m’ont dit récemment, qu’il y a une relation entre homosexualité et pédophilie, a affirmé Mgr Bertone. C’est la vérité, c’est le problème ».

Pardon ? Là, on peut donc juger sur pièce et dire à ce cher cardinal : « Sauf votre respect, mais vos experts sont des cons finis, et qu’au surplus vous êtes un imbécile de vous être montré aussi catégorique face aux médias ». C’est insultant ? Mais n’est-ce pas insultant de classer les homosexuels comme des pédophiles potentiels ? Et les curés pédophiles, ils étaient tous homos ? Quel torchon ! J’aurais été homosexuel que je me serais fait un malin plaisir d’attaquer l’homme en diffamation, simplement pour le principe du respect d’autrui. L’église est supposée prôner la compréhension, la tolérance, et le pardon, or là, c’est de l’intolérance en affirmant ce genre d’inepties, c’est refuser de pratiquer la compréhension de la situation en la caricaturant, et pardessus le marché c’est impardonnable qu’une telle voix soit aussi maladroite et idiote.

Méchant ? Anti catholique ? Je suis convaincu que la foi n’a rien à voir là-dedans, c’est uniquement une problématique de clichés où l’homosexuel est un détraqué sexuel, une bête sauvage qui ne mérite que le bûcher. Et je suis encore plus furieux concernant les réactions postérieures du Vatican. Je cite (avec la gerbe aux lèvres) :

« Les autorités ecclésiastiques ne jugent pas de leur compétence de faire des affirmations générales de caractère spécifiquement psychologique ou médical, lesquelles relèvent naturellement des études des spécialistes et des recherches en cours sur le sujet »

Tiens, on prend ses distances sans même prendre la peine de s’excuser pour les propos tenus par cette personne ! Excellent ! Donc, personne ne contredit de telles affirmations, on laisse le loisir aux « scientifiques » de prendre ce risque ? en sachant qu’aucun psychologue ne le fera (dans un sens ou dans l’autre, car il s’agit plus d’une problématique politique que médicale), la question restera à jamais suspendue. Grandiose d’hypocrisie. Mais bon sang, c’est quand même affreux ! Des pédophiles forcément homosexuels, donc les homosexuels sont des pédophiles. Et les curés pédophiles, cela doit faire que tous les pédophiles sont des curés, et réciproquement !?

Bravo pour cette « leçon » de communication...
L'article initial des propos du Vatican
La pseudo défense du Vatican

13 avril 2010

800 !!

Aurais je un jour envisagé d’atteindre 800 messages sur ce blog ? Honnêtement, non, d’autant plus que l’amoncellement qui s’y trouve va depuis mes pensées les plus profondes, jusqu’aux inepties les plus totales. Qu’importe, c’est en quelque sorte un cliché, ou plutôt une cartographie patiemment complétée de ce que je pense, et donc, de ce que je suis supposé être. Bien entendu, j’ai souvent exacerbé le propos au point d’agacer, mais ce n’est que par malice et non par méchanceté que je me suis attelé à interpeller le lecteur. Après tout, mon plaisir, c’est de faire réfléchir, pas de faire fuir (quoique…)

800, c’est aussi bientôt quatre ans de messages, puisque le plus ancien date du 29 juin 2006. Quatre ans, quelle folie, non ? Tant en volume qu’en thèmes abordés, je pense avoir été suffisamment ouvert et vaste, de sorte à offrir à chacun un sujet sur lequel disserter. Pourtant, comme toutes les plumes acharnées, n’en n’être qu’à 800 messages, c’est à la limite du frustrant tant cela semble peu à l’échelle des sujets du monde qui nous entoure : ai-je abordé des thèmes de société comme l’homosexualité ? Sûrement qu’en surface. Ai-je regardé en face les réalités quotidiennes de la maladie, ou du SIDA ? Oh, j’ai certainement gratté en surface, mais rien de bien concluant. Alors quoi ? Dépité ? Non : juste convaincu que ce n’est qu’une petite étape, une ébauche, quelque chose à regarder dans dix, vingt voire cinquante ans, histoire de se dire « tiens, il pensait ça à l’époque ! »…

En espérant que mes réflexions ne seront plus, pour nombre d’entres elles, d’actualité.

Prendre un instantané du monde, c’est comme envisager d’empêcher la course du temps. On vieillit, le monde change, en bien et en mal, et l’homme reste la seule constante. D’une certaine façon, nous sommes des jalons sur la terre, marquant les changements de notre empreinte (qu’elle soit sur la lune, ou bien carbone). Moi, j’essaye vainement d’enficher dans l’esprit humain que c’est la réflexion qui pousse au progrès, et que ce n’est certainement ni la guerre, ni la xénophobie qui feront faire le moindre pas en avant à l’humanité. Est-ce vaniteux de ma part de vouloir laisser quelque chose aux générations futures ? Très certainement, puisque les doux rêveurs viendront me tanner les oreilles d’un « le monde progresse, donc tu passeras pour un réactionnaire qui n’a rien vu venir ». Et pourtant, à les écouter, tout irait bien dans le meilleur des mondes… Mais alors, qu’aurais-je donc à vilipender, si nous étions si bons, si doués, si réussis que ça ?

Je crois que l’accomplissement final sera de se dire, en me relisant un de ces jours, que je n’ai pas écrit tout ceci en vain. Si un seul peut me lire, et que cet unique lecteur mène des combats légitimes, simplement parce que je lui aurais suggéré une autre façon de voir les choses, alors je me sentirai fier, content d’avoir apporté quelque chose à autrui. Oh, bien entendu, cela pourrait être aussi en mal, tant il est facile d’interpréter les textes. Le monde est ainsi : écrivez, et on vous comprendra de la plus mauvaise manière possible. N’écrivez pas, vous serez le néant absolu. Ce n’est que parce qu’il reste des traces que nous connaissons les civilisations antiques. Alors, qui sait, peut-être deviendrai-je un jour une antiquité lue, et étudiée en faculté ? Mais pas avant un horizon de quinze siècles (si tout va bien, si les Russes ne passent pas l’Oural, et si les Iraniens ne font pas tout péter. Enfin bref… que d’hypothèses)

Je pense qu’on peut me taxer d’orgueilleux, de prétentieux, voire de pédant. La seule chose qu’on ne puisse pas me reprocher en fait, c’est de ne pas défendre mes opinions. Quoi qu’il puisse être pensé de mes écrits, donc de moi-même, c’est avec à l’esprit l’unique envie de partager mes réflexions que ce blog est né, et qu’il grandit chaque jour un peu plus. Tel un album photo, je l’alimente avec mes envies, mes tranches de vies, pas celles qui conviendraient au tout venant. Comme dit le dicton « T’es pas content, casse toi » (oui je sais, il y a sûrement une version plus polie ou élégante, mais qu’importe).

Je me suis amusé des élections, moqué des non électeurs, ouvertement critiqué des institutions ou des élus, en sachant que cela pourrait être pris pour du militantisme de base. Et c’en est ! Je revendique ouvertement mes opinions, la liberté de penser, et de passer des messages est un des fondamentaux de notre société « démocratique ». Alors, comptez sur moi pour tenter d’ajouter, aussi régulièrement que possible, des briques à cette tour de Babel personnelle, MA tour, la mienne, celle où je mettrai des fenêtres et des escaliers comme je l’entends, quitte à me prendre une belle gamelle en oubliant que le premier et le second étage ne sont reliés que par une échelle de cordes.

Merci à ceux qui suivent ce blog depuis quatre ans, bienvenue pour les autres !

Votre obligé
JeFaisPeurALaFoule / Frédéric

12 avril 2010

Expérience d'écriture méditative

Pour commencer : je ne réagirai que plus tard, s’il y a lieu, à l’accident d’avion qui a emporté 95 personnes, dont le président Polonais en fonction. D’une part, parce que j’ignore les conditions de « l’accident », et que, d’autre part, je ne serais pas pertinent si je n’attendais pas un peu les réactions locales. Dans ces conditions, soyez patients, j’aurai à redire par la suite (si nécessaire bien entendu).

Avertissement : la vidéo associée à ce message est d’un style des plus particulier. La musique est inclassable, et certains risquent sérieusement de ne pas du tout apprécier. Personnellement, j’adore la musique électronique quand elle est aussi innovante et étrange, alors que d’autres y sont réfractaires. Sachez toutefois que l’article qui suit a été rédigé avec cette vidéo en fond sonore. Vous êtes avertis…

Etre allongé.

Expérimenter le silence intérieur, et se laisser envahir des vibrations extérieures. Respirer profondément, s’imprégner de la nature, y être attentif, et sentir que tout son corps absorbe les particules de l’univers, tel un réceptacle temporaire pour une âme éternelle. Se connecter, s’offrir au mouvement du monde, et ainsi n’être plus qu’un atome parmi un schéma nous dépassant totalement. Ainsi commence la méditation, ainsi renaît en soi l’univers. Nous sommes l’univers, une parcelle d’existence consciente au milieu d’un vaste système obscur, froid et pourtant accueillant. J’écoute alors mes propres désirs, mes propres vibrations, celles qui deviennent plus fortes à mesure que je me concentre sur ce qui est hors de moi. Je suis tout, je ne suis rien, je suis humain, je pense, je vis, ou du moins j’en suis convaincu.

Ouvrir les yeux, l’épreuve étrange de percevoir la lumière, de la voir déferler en nous, prendre sa place dans notre esprit et notre cœur. Je me laisse noyer de la lumière d’une infinité d’astres qui ne vivent pour nous que la nuit venue, je me réchauffe à la lueur pointue qui dessine les galaxies dans le ciel. Tout n’est que motifs, mouvements, balanciers universels où nous ne sommes que des particules accrochées à la géométrie délirante de notre perception. Je laisse reposer mon cœur, apaisé par ce moment de communion, et je perçois la lune, le soleil, la terre, sa texture, les senteurs si multiples, si diffuses, et si complexes que je n’en effleure que la surface. Fait-il beau, pleut-il ? Quelle importance, ce ne sont que des étapes au milieu de la perpétuité de l’instant, cette infime particule de temps suspendue par le jeu de notre pensée. Le temps n’existe que parce que nous le percevons, nous le mesurons. Et une seconde est une éternité, et une éternité devient une seconde.

Je me redresse, et je retrouve peu à peu les sensations d’un corps que j’habite temporairement, l’espace d’un éclair à l’échelle de ce ciel qui rougit au levant. Il fait bon en moi, mon corps est un habitat confortable d’où je ramasse, paisiblement, chaque élément de la vie. J’avance en moi, j’ajoute peu à peu des morceaux d’existence, j’emballe mon cœur à coups de sentiments incompréhensibles, multiples et intimement liés. Amour, haine, torpeur, colère, amitié, fureur, douceur, tout se mêle, s’entrechoque au point que je suis aspiré. Les souvenirs se rejoignent et forment une trame étrange, la mienne, unique, celle que j’ai moi-même tracé au fur et à mesure du temps qui s’écoule dans mes veines. Finement, je vois le motif des visages du passé et du présent qui s’y découpent. C’est une tenture historique, c’est ma tapisserie de Bayeux, ma conquête de mon monde, là où j’y relaterai, jusqu’à ma mort, ce que j’ai été, ce que je suis, et ce que j’aurais pu être. Toutes les combinaisons y sont décrites, et je la regarde se tisser par devers moi, comme si elle était brodée par des mains invisibles.

Et puis finalement je suis debout, je souris, je prends à pleins poumons l’air ambiant. Mes yeux s’affûtent, ils découpent le monde à mon gré, segmentant lieux et objets pour en définir la réalité dans mon environnement. Je suis perception, je suis tactile, je saisis, je regarde, j’observe, je vis. Le premier pas est le plus complexe, l’instant où je dois alors sortir de ma méditation pour briser le temps que j’ai intérieurement bloqué pour l’éternité d’une seconde. Je brise le lien, vieillissant d’une éternité, me lançant dans l’univers pour m’y noyer, pour toujours, pour quelques heures, pour une fraction ridicule du temps.

Je perçois, donc je vis.

10 avril 2010

Message d'un ami... à lire!

Bonjour,

En général, je n'aime pas faire d'appel à l'attention et de demander, mais, parfois, il y a des choses qui m'horripilent. Et que prendre un peu de mon temps peut aider... Alors, j'aimerais que tu lises ceci et si tu le juges digne d'intérêt, que tu le diffuses à tes connaissances et sur ton blog, comme un encart.

"En 2008, pour le marché 2007, les primes de nos chers traders étaient en moyenne de 753 000 €. Ces pauvres bouts-de-chous se voyaient spolier de 40% de ces primes de 2008, en l'année 2009. Il leur reste donc environ 452 000 € de prime. Le tout corsé sur des valeurs de salaires de bases annuelles allant de 74 000 € bruts pour un junior à 126 000 € bruts pour un senior. Constante évolution de salaire de 27 % depuis 2002.

Les chiffres pour 2009 ne sont pas encore fermes et définitifs et non communiqués en 2010, à ma connaissance.

Et à la rigueur, pourquoi pas? Bien que les gens qui se retrouvent dans la merde à cause de cette gente doivent apprécier que modérément la valeur de leurs emmerdes à celle de la caste des traders.

Mais, si ces chiffres affolent un peu, il faut savoir que la prime ne réprésente qu 5 à 12 % de l'argent rapporté aux banques. Donc un trader qui touche 753 000 € de prime a rapporté au bas mot 7 530 000 € à sa banque. Multiplié par le nombre de traders et leurs catégories (4000 traders pour BNP-Paribas, par exemple). J'ai pris mes chiffres sur la Place parisienne et sur plusieurs sources.

Ces banques qui ont touché de l'argent de l'Etat, donc de nous, pour survivre, et qui ont affiché leurs bénéfices de 2008.

2008?... Mais la France n'était pas en crise? La France, si, vous, moi, pas eux.

Pourquoi je vous parle de cela? Parce qu'en bas, chez les vous, moi, les gens du peuple, les péquenots de base, ceux qui doivent se démerder seuls, bien qu'ils payent pour des aides qu'ils n'ont pas, il y a un type, un anonyme pour vous, une personne connue et appréciée pour moi, un père de famille, qui se bat pour ses enfants, qui a envie de s'en sortir. Qui a un projet pour s'en sortir. Il veut monter son entreprise pour ne pas être un poids pour la Société, donc pour vous, moi... Il ne demande qu'à saisir une chance. Nous sommes cette chance, si nous ne sommes pas les mêmes salopards que ceux que nous vilipendons!

Cet inconnu s'appelle Jean-Claude Valenza, il habite dans mon quartier à Marseille. Il a monté son projet, il l'a chiffré et il est allé voir une banque, puis une autre,... Et ces banques lui ont refusé un prêt de 15 000 €, pour monter sa boite. Alors que ces banques ont reçu de l'argent sous condition de nous aider, nous gens de ce peuple, à créer, à engendrer notre économie! Souvenez-vous, en août 2009, le gouvernement avait rappelé à l'ordre ces pauvres peuchères de la Finance, pour leur rappeler leurs devoirs, suite aux prêts reçus de 21,3 milliards d'euros.

Paru en janvier 2010, le dernier baromètre KPMG-CGPME sur le financement et l’accès au crédit des PME indiquait qu’il n’y a toujours pas d'amélioration sur le front du crédit: 44% des dirigeants déclarent se restreindre dans leurs investissements.

21 300 000 000 € d'un côté. 15 000 € de l'autre...

D'un côté, des actionnaires, des chiffres, des malheurs et drames humains qui n'interviennent que lorsque les banques se plantent ou sacrifient l'humain au bénéfice du tiroir-caisse, mais ne pensent pas à l'humain dans le cadre de ses bénéfices. Les banques partagent les emmerdes, pas les bénéfices!
De l'autre, un homme, avec ses rêves, sa force convaincue de ne pas baisser les bras, de marcher debout, envers et contre tout s'il le faut. Un de notre espèce, un vous, un moi. Un homme persuadé qu'il faut toujours avoir de l'espoir, toujours y croire, ne jamais renoncer à chercher d'avancer, de donner le meilleur aux siens et aux autres.

Alors, cet homme-là, Jean-Claude Valenza, j'ai décidé de l'aider. Si j'avais 15 000 €, je lui prêterai sans hésitation, parce que je le connais, parce que je connais son projet et la réalité de celui-ci. Parce que je sais qu'il aurait besoin de plus, mais que cela lui suffit, parce que la bonne volonté et l'huile de coude remplacent beaucoup de besoins de plus.

Mais, je ne les ai pas. En revanche, j'ai un ordinateur. Je bosse avec cet outil et je me suis dit que si un virus pouvait faire le tour du monde en trois jours, ce message pouvait bien toucher le coeur et la raison de quinze ou vingt mille personnes en France, même en un mois, qui verseraient 1 €, 2 € ou plus sur un compte paypal, ouvert à cet effet, à son nom. Je l'ai informé de ma démarche. Et je l'ai convaincu de me laisser la tenter.

J'ai envie de l'aider, parce que je le connais, lui, ses enfants, sa situation!

Mais vous, pourquoi aideriez-vous Jean-Claude Valenza?

Par colère, parce que vous en avez assez d'être pris pour des pions et de subir les affres de gens d'en-haut qui s'amusent avec les fils de votre destinée. Parce que vous en avez assez des gens qui travaillent, mais qui ne peuvent pas avoir de logement! Parce que vous en avez assez de promesses que l'on vous fait et qui se traduisent par une baisse de votre qualité de vie! Parce que vous en avez assez que les médias vous disent ce qu'il est bon de penser, de dire, de regarder et vous aveuglent du reste! Par colère de choisir que vous n'allez pas aider anonymement une cause très générale, mais que vous allez agir sur un destin précis et efficacement. Ce que vous allez donner à cet homme, tombera directement dans l'escarcelle de son projet. Et ne sera pas bloquer par une banque...

Par coeur. Parce que vous comme moi ne voulons pas d'un monde où nous ne serions plus que des ombres, mais des êtres humains qui se reconnaissent comme tels!

Par rebellion contre l'avachissement général, contre ce "On y peut rien, c'est comme ça...". Non, nous y pouvons quelque chose, là, maintenant!

Dans mon enthousiasme, j'espère que cette somme sera atteinte. J'espère pouvoir afficher sur mon site la liste des donatrices et donateurs, afin de les remercier et de montrer aux plus sceptiques que tout est possible.

D'où l'importance, Mesdames et Messieurs, lors de votre don-soutien, de m'envoyer un mail pour me dire qui vous êtes et votre courriel, afin de vous inclure dans cette liste des soutiens. Mon adresse mail est: Thoraval@breizhbihan.com

Dernière chose: Merci de communiquer ce mail à des proches ou des personnes allant dans l'esprit de cette cause, mais, de grâce, faites-le personnalisé, joignez-y un mot, faites que ceci reste une chaine humaine et non un de ces messages virtuels qui circulent sur la Toile. Merci de m'avoir lu, merci de votre compréhension, merci pour Jean-Claude Valenza.

Je mets sur la Toile 20 000 bons-soutiens d'une valeur de 1 €. A vous de montrer quel monde vous voulez!!

Je participe à l'aide: cliquez sur ce lien:
Aidez le via Paypal
Thoraval."

09 avril 2010

Beuuuuah !

Ah, le cri primaire, celui qui est poussé par la colère intérieure qui se transforme en son extérieur ! Ah, les gouttes de sueur sur le front rougi par l’énervement ! Qui ne s’est pas régalé à rire des comportements désinhibés par la frustration ou la rage ? Personnellement, je suis souvent hilare voir l’autre pousser une hurlante aussi vaine que ridicule, notamment pour affronter des moulins à vent. Tenez, quoi de plus amusant que d’observer un client insatisfait d’un produit, qui crie, à qui veut bien l’entendre, que c’est de la merde ? Tout le monde le sait, sauf toi apparemment… et non, la caissière n’est pas responsable de tes choix stupides, pas plus que le chef de rayon qui ne fait que répondre à ton besoin de dépenser ton pognon dans des conneries !

Ah, ça fait du bien de se moquer de ce genre d’idiots ! La communication passe plus par les mots que par les éclats de voix. La preuve, les politiques nous assomment et endorment notre vigilance par les abus de langage verbeux, plus que par les vociférations anarchiques. Certes, certains usent de l’esthétique de la colère, le pantomime de l’énervement, mais tous ces pantins savent jouer de ces effets théâtraux pour nous faire gober qu’ils ont raison. Tenez, Hitler par exemple, était un type qui travaillait ses discours et sa gestuelle pendant des heures, puis servait le tout bien chaud, sans papier, histoire de faire croire à une réaction instinctive. Alors, le cri pour communiquer ? Aucune efficacité, si ce n’est pour apparaître comme une brute dénuée d’intelligence.

Oh, moi, vous savez, je suis probablement le pire vindicatif qui soit : je gueule, je critique, je fustige, quitte à exposer mes flancs à la lance meurtrière de la critique constructive. Et pourtant, je n’en démords pas : j’exprime mes opinions, j’interloque, j’invoque le principe d’expression, et ceci au nom de l’obligation de réflexion, et non pour affirmer que j’ai raison. Après tout, sans discussion, point de progrès, non ? Et si l’on y pense bien, c’est d’ailleurs quand la communication avance que le monde évolue. On a inventé l’écriture ? Paf, une civilisation. On a inventé l’imprimerie ? Repaf, nouvelle civilisation toujours plus moderne. On invente le téléphone ? Hop les sciences mondiales progressent. On crée Internet ? Boum, explosion de la quantité d’écrits, d’échanges entre les laboratoires de recherche, et découvertes en pagaille. Alors gueuler, hurler, aboyer, ça ne sert qu’à perdre du temps et de l’énergie.

Notez quand même que ceux qui obtiennent gain de cause dans tous les domaines, sont ceux qui savent préciser le pourquoi de la justesse de leurs exigences, aussi hypocrites soient-elles. Le droit, ce n’est pas tant avoir raison que de savoir prouver sa légitimité. Ainsi, il y a l’avocat qui sait plaider, et il y a celui qui se loupe, faute d’avoir subjugué son auditoire. Pour ma part, je n’aurais pas pu faire le métier de bavard. Pourquoi ? J’ai beau avoir le bagout, l’amour des mots et de la rhétorique, je ne me suis jamais vu au barreau, peut-être parce que je n’aime pas déguiser ou manipuler la vérité pour mon bénéfice. Mais j’avoue que le statut social du juriste est plus valorisant (financièrement parlant en tout cas), que celui de vague développeur informatique…Mais je m’en fous ! Je suis au moins libre de dire ce que je pense, d’affirmer ma condition d’acariâtre misanthrope, et finalement d’assumer ma personnalité dans toute son authentique humanité d’emmerdeur fini.

Et quand le jour viendra où tout le monde exprimera librement ses opinions, c’est dans une joyeuse cacophonie d’inepties jetées à la face du monde que je nagerai, ravi de pouvoir m’opposer librement à certains idéaux totalitaires, que je vomirai ma vindicte à la face des imbécillités récurrentes de l’être humain… et que je me coucherai plus satisfait chaque jour d’avoir été authentique !

08 avril 2010

Pleure l'humanité, mon frère

Que celui qui n’a pas pleuré sa patrie meurtrie se taise. Que celui-ci qui a défendu avec courage et fierté ses convictions se lève. Que celui qui a payé de sa vie ses idéaux soit honoré. Que celui qui a fui le combat soit maudit à jamais.

C’est par ces quelques mots que j’aimerais rappeler au monde ce qu’est une nation. Nous débattons comme des imbéciles autour de la question de connaître notre identité nationale, nous nous insultons parce que nous ne sommes pas « pareils ». Tous différents, de religions, de couleurs, de façon de vivre, de culture, de musique, mais tous identiques dans la même nation humaine. Nous vomissons notre haine ou, pire encore, notre indifférence à la face des autres, car nous supposons que nous n’avons pas besoin des autres pour exister. De quel droit jugeons nous les autres, sur quel critère nous pouvons nous autoriser à dire quoi que ce soit sur autrui ? Nous ne sommes même pas capables de nous regarder en face, de lever le voile sur nos propres erreurs et nos errements quotidiens. Est-ce cela, la destinée de l’humanité ?

Je l’ai déjà dit plus d’une fois, sous plusieurs formes, mais je ne cesserai de le répéter que le jour où nous vivrons tous pour un seul but : l’humanité. Je veux dire au monde entier que nous devons respecter le sacrifice, honorer la mémoire des victimes, maintenir les tombes propres, et ne jamais perdre les noms de celles et ceux tombés au champ d’honneur. Notre mémoire est si volatile que nous déshonorons ces sacrifices en ne marchant plus droit, en ne respectant même plus les idées qui furent les leurs. J’ai honte pour ceux qui ne comprennent pas l’importance de participer au quotidien, je maudis ouvertement les lâches qui se réfugient derrière des prétextes pour ne pas agir. Qui sommes nous, des humains, ou des machines aseptisées dénuées de tout sentiment ?

Chaque minute, chaque seconde qui passe est le théâtre, quelque part, d’un homicide, d’une violence ordinaire, d’un échange de coups de feu d’une guerre quelconque. A chaque minute, chaque seconde qui s’égraine, quelqu’un tombe, foudroyé trop tôt, payant de son sang le tribu fait à l’idée même de liberté. Et nous osons cracher là-dessus ? Je trouve déshonorant de n’avoir pas pris la mesure de l’essence de notre existence. Nous sommes condamnés, tôt ou tard, à devoir lutter contre quelque chose : la maladie, la guerre, la perte des personnes qui nous sont chères, mais ainsi va la Vie, et nous sommes impuissants à interrompre cette spirale. Pourtant, pourquoi faire plus de morts de nos mains, pourquoi ajouter notre barbarie à notre destin qui est de mourir ? Est-on donc que de simples prédateurs qui ne connaissent que la doctrine de la vie coûte que coûte ?

La sécurité du présent, le souvenir qui s’étiole faute de témoins direct, et ces pages qui n’ont de sens que pour ceux qui les ont vécues, est-ce là la seule leçon à tirer du passé ? Rares sont ceux qui se retournent, regardent, et pleurent les horreurs pour ne pas les reproduire. On vote encore pour les partis extrémistes, on tolère encore la famine sous nos yeux, on ne réagit pas quand la haine et la violence prennent le pas sur l’entente et la discussion. Et cela nous semble être si ordinaire que cette violence en devient normalité. Quelle normalité, celle de craindre les autres, celle de fuir le contact humain de peur de l’agression ? Qui sommes nous alors, des individualistes incapables d’aimer, de partager, de ressentir, d’aider les autres ? Ce n’est pas la société dont je rêve, et ce n’est certainement pas celle que je veux donner à mes enfants.

On fabrique des monstres : terrorisme, intégrisme, nationalisme exacerbé. On découpe le monde au scalpel, et l’on explique aux peuples outragés qu’ils doivent se soumettre à la règle des puissants. Et ensuite, on se demande pourquoi les opprimés, les déportés, les apatrides rêvent de vengeance ! La haine, c’est un mal qu’on fait naître chez celui qui est brimé. La haine, c’est la gangrène du cœur, qui progresse quand l’espoir est écrasé par l’envahisseur, ou les collaborateurs. La haine, enfin, c’est le poison qui coule sans arrêt dans les veines de l’humanité. Lutter, c’est avant tout le faire pour des idées, une amélioration de l’avenir, pas la mise en prison des penseurs, l’exécution sommaire de ceux qui ne pensent pas comme nous. Quelle tolérance offre-t-on aux originaux, aux poètes un peu anarchistes ? On les traite avec condescendance, sans se préoccuper du fond de ces pensées, celui qui met en doute notre mode de vie. Ca non plus, je ne veux pas la le laisser en héritage à ma descendance.

Je vous salue tous, victimes d’hier, celles d’aujourd’hui, et ceux qui tomberont demain. Tous, vous représentez tant le meilleur que le pire de ce que nous sommes. Le meilleur, parce que vous méritez les honneurs dus à votre sens du sacrifice. Le pire, parce que vous serez tombés pour l’espoir de lendemains meilleurs. Regardez nous dans les yeux, vous n’avez pas à rougir de ce que vous êtes. Nous sommes tous différents, avec nos passés, nos erreurs, mais aussi nos réussites, nos bienfaits pour notre entourage. Si je dois mourir demain, je veux qu’on se souvienne de moi comme quelqu’un de bien, rien de plus, rien de moins. Est-ce que mon nom sera porté par les vents et la mémoire ? Après tout, quelle importance : c’est ici, et maintenant, que je veux donner de moi pour que tous, autant que nous sommes, ayons une chance d’être ensemble, en paix, sans violence ni haine gratuite, sans jugement ou différence sociale. Que le patron serre avec fierté la main de son ouvrier, que l’enfant puisse tenir la main d’un autre enfant d’une couleur différente, et que nous puissions, un jour, regarder le soleil qui se lève sur un monde qui a oublié de se faire la guerre en vain.

Le premier mort est déjà le mort de trop.

07 avril 2010

Souviens toi de ce que tu manges

Le quotidien d’une société comme la nôtre s’appuie essentiellement sur l’omnipotence des sciences : médecine de « pointe », télécommunications, informatisation à outrance, notre société croit, à tort, que la technologie saura résoudre tous les problèmes. Or, jusqu’à preuve du contraire, un ordinateur n’est pas comestible, et je n’ai jamais vu une orange pousser au bout d’une fibre optique. Il est vrai ce que ces progrès sont utiles pour le partage de la connaissance, mais, pour autant, est-ce que nous devons nous emprisonner dans une logique totalement appuyée sur la science devenue religion ?

L’agriculture est un domaine aussi vieux que l’humanité : dès que l’homme a voulu se sédentariser, celui-ci a dû se poser la question fondamentale qui est celle de se nourrir. Comment ? La cueillette ? Trop aléatoire et soumise au bon vouloir de la nature. Ainsi, la maîtrise de l’agriculture est devenue un besoin fondamental de nos sociétés. Depuis les routes tracées pour amener en ville les denrées alimentaires, jusqu’à la création de canaux pour véhiculer, sur des péniches, des volumes autrement plus importants de marchandises, les diverses civilisations se sont préoccupées de se nourrir, et avec donc un certain respect pour ceux qui travaillaient la terre. Force est de constater qu’aujourd’hui, un agriculteur n’est plus considéré comme un entrepreneur, mais comme un « bouseux », un de ces types arriérés qui ne servent qu’à bêcher pour planter des patates.

Et qui est l’idiot là-dedans ? Nous ! A force de croire dans un système économique trop orienté sur le bénéfice instantané, et non sur la viabilité des exploitations, nous obtenons donc des produits qualitativement bien moins bons qu’auparavant, à des prix qui ne sont pas aussi abordables ou intéressants qu’ils n’y paraissent. La vérité ? L’agriculteur vivait de sa terre, sa production lui donnait un salaire en retour de sa tâche quotidienne. Aujourd’hui ? Ce sont les banques qui possèdent les exploitations, ce sont les distributeurs qui récupèrent la marge sur la vente des denrées, et l’agriculteur, lui, est finalement réduit à payer pour travailler ! N’est-ce pas une folie ? Quoi qu’on en dise, ce modèle est de notre fait, tout autant que la pollution engendrée par l’usage des pesticides en pagaille.

J’entends déjà les gens gueuler bien haut « On n’a pas demandé qu’ils polluent avec leurs saloperies ! ». Ah bon ? Et qui demande des rendements délirants pour réduire le prix unitaire des produits, qui exige des fraises en hiver, alors qu’en principe la saison ne s’y prête pas du tout, qui veut un aspect calibré, parfait pour les pommes ? NOUS ! Nous portons la responsabilité d’avoir légitimé le modèle économique où la centrale d’achat d’un Carrefour, Système U et compagnie décrète un prix d’achat auprès des exploitants, et impose ensuite un prix de vente sans commune mesure… Puis, pardessus le marché, de faire payer (oui, vous allez halluciner) l’agriculteur une marge arrière, au titre de « participation publicitaire ». Résultat élémentaire : marge ridicule pour l’agriculteur, encore rognée par le paiement de ces « frais », parce que, concrètement, si l’exploitation ne paie pas, la centrale se fournira ailleurs, ceci signant l’arrêt de mort de l’entreprise. Ca semble délirant, mais c’est un fait : nous payons cher ce que nous croyons économique, nous tuons la qualité et le savoir faire, ceci parce que nous autres, clients, avons des exigences absurdes.

Certains se demandent pourquoi les agriculteurs s’endettent. C’est assez évident en fait. Si l’entreprise veut produire son quota à l’hectare, il doit s’équiper. L’équipement coûtant cher, et les prix étant tirés vers le bas, la seule solution pour survivre est de prendre des crédits, d’augmenter la productivité au détriment de la qualité, jusqu’à la noyade totale dans un système qui ne leur sera jamais favorable. Ajoutons à cela l’intervention des entreprises telles que Monsanto, ou plus récemment BASF, et vous obtenez un carnage écologique et économique. Ces entreprises déposent des brevets sur la vie, et cela ne choque personne ! Elles détiennent l’exploitation des semences, interdisent de réutiliser le grain pour le replantage, et pardessus le marché n’hésitent pas à attaquer en justice les exploitants, sous prétexte que « utiliser du Monsanto, c’est acheter chaque année les graines ». Magnifiquement inique, le système détruit donc des variétés de plantes séculaires, au profit d’OGM sans garantie sanitaire, avec pardessus le marché l’obligation d’user de produits chimiques associés. Si la graine est Monsanto, l’engrais proviendra du même périmètre. Planter des pommes de terre BASF, c’est s’assurer, à terme, la fin des pommes de terres originelles. Et personne ne semble s’en préoccuper.

Je suis furieux et écoeuré. L’agriculture n’est pas un terme péjoratif, c’est un métier noble, où, contrairement au cliché bien implanté chez les citadins, le tracteur ne fait pas tout. Debout aux aurores, couché tard dans la nuit, subissant les éléments, payant le tribut de l’usage intensif de produits nocifs, l’agriculteur d’aujourd’hui mérite autant de considération que celui d’il y a un siècle. Qu’espérez vous comme avenir ? Des produits sains, frais, de qualité, ou bien des produits douteux, provenant d’exploitations à l’étranger, où les normes sanitaires sont pour le moins aléatoires ? Voulez-vous voir des hectares en jachère, ou bien le maïs, le blé qui pousse en été ? Acceptez-vous qu’un jour, être agriculteur en France sera du passé ? Pour ma part, je hurle, parce qu’il n’est pas tolérable que la France, ou que quelque pays que ce soit, puisse un jour parler au passé de ses agriculteurs. Ils ont été l’essence de notre développement, nos villes mangent grâce à eux, et il est de notre devoir d’en préserver l’existence….

06 avril 2010

Un vidéo qui en dit long

Beau... simple... souriant et plein d'espoir! Pour lutter contre le SIDA en Afrique, des anonymes de 156 nations ont chantés la chanson All you need is love des Beatles, et Starbuck a fait un montage du tout. Admirez, et appréciez cet appel à l'amour universel...

02 avril 2010

Intolérance sociale

Je ne peux pas rester silencieux face à des réactions inacceptables, surtout en cette période où l’emploi est devenu une chose précaire, et surtout rare. En effet, le ministre de l’industrie, Christian Estrosi, condamne l’occupation d’une usine par ses employés, par les mots suivants : « l’attitude inacceptable d'une minorité ». Est-il normal que le ministre réagisse de la sorte ? Est-il même légitime qu’il réagisse à la situation ?

Je ne saurais évidemment pas cautionner la course à la menace. En effet, les ouvriers de l’usine Sodimatex, à Crépy-en-Valois, menacent de faire exploser le site, si rien n’est tenté pour sauver les emplois, ou du moins compenser financièrement la perte des 98 emplois du site. La menace n’est pas anodine, et le vandalisme n’est pas une fin en soi, notamment quand il s’agit de dialoguer. Toutefois, que le ministre de l’industrie se mettre un instant à la place des employés ! N’est-ce pas là l’attitude de gens désespérés ? Quand on vit pour une entreprise, et que les solutions de repli sont inexistantes, comment ne pas se battre pour son emploi ? Les ouvriers de cette usine ne se battent pas pour des demandes illégitimes, ils défendent leur droit de vivre, leur outil de travail, la compétence d’une population sur le territoire Français. Et l’état permet de délocaliser sans broncher ? Nombre de régions en France sont sinistrées, suite à la disparition des activités industrielles. Pire encore, ces activités, pourtant rentables, ont été sabotées, puis transférées dans le tiers monde, ceci pour augmenter les marges opérationnelles, donc in fine les cadeaux faits aux actionnaires…

Je suis donc particulièrement scandalisé par l’attitude de monsieur Estrosi. Sur le fond juridique, je comprends, mais ce n’est pas à lui de décréter que c’est inacceptable, c’est à la justice de trancher ! Monsieur Estrosi a son rôle pour l’industrie, non pour l’emploi dans l’industrie. Oublie-t-il que réduire à néant la production en France, c’est créer des milliers de chômeurs ? A une époque où les caisses de l’état sont vides, la bonne attitude ne serait pas plutôt de préserver l’emploi, d’inciter les entreprises à rester en métropole, et donc de maintenir la richesse dans les foyers, au lieu de la déverser dans l’actionnariat et la bourse ? Je n’admets pas qu’on puisse passer outre ces considérations quand on regarde la situation de l’emploi, la vie des ouvriers.

Pourtant, les chiffres sont éloquents : la dernière étude INSEE parle de huit millions de personnes vivant dans une sorte de tiers-monde à la Française. Mal logés, mal payés, scolarisation des enfants chaotique, analphabétisme galopant, engendrant, à terme, de la violence et de la délinquance ! Cela me semble pourtant élémentaire : un ministre de l’industrie se doit d’avoir la double casquette : celle de celui qui incite à l’innovation, en aidant les entreprises, et celle de négociateurs avec ceux qui produisent, les petites mains, les employés de Sodimatex. Je ne saurais pas tolérer que tenir un rôle de ministre se borne à préserver le capital à tout prix. Il n’y a rien de déshonorant à avoir des usines en France, c’est même une fierté qu’on se devrait de revendiquer à l’international. La France a des compétences, des connaissances, de l’expérience, et nous la soldons à bas prix sur l’autel du capitalisme sauvage.

Ce qui m’ulcère encore un peu plus pardessus le marché, c’est que tenir de tels propos affranchit le patronat de toute considération pour l’emploi. « Quoi ? Des ouvriers se plaignent d’être virés ? Rien à cirer, ils ne rapportent plus assez ». Cautionner cela, c’est déjà tuer l’activité industrielle, c’est assassiner des couches complètes de la société, ceci sous couvert de bonne conscience juridique. Oui, une prise d’otages d’une usine n’est pas légale, mais elle se comprend comme un acte de résistance, de prise de maquis, pas de chantage éhonté de terroristes plus intéressés par l’argent que par la morale. Encore plus inepte encore : en quoi est-ce si difficile pour nos chers capitalistes, de mettre la main au portefeuille pour verser des indemnités ? Pour des raisons comptables et de bilan à présenter aux actionnaires ? En gros, si je suis le raisonnement, on se préoccupe plus de tenir des statistiques, plus que de connaître la véritable productivité de l’entreprise… Et ceci, peu importe son activité réelle. A ce titre, je suis convaincu qu’il y a un sacrifice tel de notre production, qu’à terme, nous pourrions devenir le nouveau tiers-monde, pressé à être payés moins, ceci à cause d’une concurrence bidon, uniquement basée sur des actions de délocalisation. Et puis quoi encore ? Pourquoi pas payer les employés Français au prix des pays émergeants ?

N’y voyez pas un point de vue raciste : je rêve d’une situation où le nivellement se ferait par le haut, faisant s’aligner les plus pauvres sur les plus riches, ceci offrant d’autres perspectives que le chômage, ou l’emploi précarisé à outrance. Les contrats CDD, l’intérim, les contrats « première embauche » sont des solutions certes souples, mais aussi facilitant des crises sociales monstrueuses. Qu’est-ce qu’un salarié aujourd’hui ? Une ressource jetable, un type tenu de cumuler les emplois, voire de s’orienter vers le statut d’auto entrepreneur…en sachant que cela offrira un nouveau type d’employé aux grandes entreprises : le salarié jetable. Pourquoi jetable ? Parce qu’il s’agira alors de contrats ponctuels de sous-traitance, réalisés sur des bases financières peu favorables à l’auto entrepreneur (eu égard à la concurrence farouche qu’il y aura), et qui plus est facilement dénoncé par la grosse structure, simplement en ne le renouvelant pas ! Est-ce vers ça que vous voulez mener la France, monsieur Estrosi ? Pas moi : l’ouvrier n’a pas à avoir honte de ce qu’il est, pas plus que l’entreprise doit abandonner son statut de productrice de biens… et d’argent.

J’espère sincèrement que nos gouvernants vont comprendre qu’il faut défendre l’emploi, pas le solder ni matraquer ceux qui veulent travailler.

L'article sur Yahoo.fr

01 avril 2010

La mort des médias

A une époque où le capitalisme fait régner la terreur dans les rédactions, et fait en sorte de maîtriser, voire museler les velléités d’information libre et honnête, il est difficile de concevoir qu’un média de grande diffusion puisse survivre sans les subsides du capital tout puissant. Entre les réalités économiques de la production, et les fantasmes de plume libre, l’équilibre n’existe guère, si ce n’est que pour fustiger le parti d’en face, celui qui ne correspond pas à la ligne éditoriale. Pire, on peut même pratiquer la méthode la plus efficace, mais aussi la plus malhonnête, qui consiste à cirer les pompes du parti en place. Rien de bien étonnant, mais certainement tout ce qu’il y a de plus malsain et puant.

C’est en me souvenant des dessins animés de mon enfance que j’ai songé à la question. Comment faire le rapprochement entre Candy, Albator et consoeurs, et la liberté d’expression des médias ? Tout simplement avec le cas de la chaîne la cinq. Loin d’être un modèle d’indépendance financière (puisque initiée par Berlusconi, puis reprise par Lagardère avant son naufrage total), la cinq représenta, pendant quelques années, une nouvelle façon d’aborder la télévision : plus percutante dans l’information, plus de séries américaines, plus de spectaculaire, la cinq représente l’embryon de la télévision d’aujourd’hui… avec ses qualités et ses travers. Alors, malgré cette différence notable, la chaîne n’a pas survécu à son propre endettement, et a fini par cesser d’émettre à tout jamais. Trop d’indépendance ? Trop novatrice ? Difficile de croire qu’il n’y a que le côté anticonformiste qui ait coûté à la chaîne, mais tout de même, n’est-elle pas le symptôme d’une société qui se préoccupe plus d’image que de fond ?

Dans le même ordre d’idée, le journal France-soir, véritable symbole du journal poussé sous le coude de l’ouvrier, a été récemment repris par un milliardaire Russe. L’idée ? Faire en France un journal à l’anglaise, donc moins cher, plus tabloïd avec des articles people, mais avec en contrepartie une perte éditoriale flagrante. Cela donne quoi ? Un naufrage : 500.000 journaux sortis des rotatives, à peine 20.000 de vendus ! Comme tout journal imprimé doit être payé, c’est le journal en entier qui est menacé par la désaffection du public français. Que penser de cela ? Que le Français moyen ne lit plus de journaux ? C’est avant tout que le modèle « journal vide, mais pas cher » ne plaît pas vraiment. A tout choisir, autant prendre un journal gratuit si c’est pour avoir la même qualité d’information. Les lecteurs des journaux cherchent un fond, pas uniquement une forme… Et cela pourrait, à terme, également coûter la vie à France-soir. Qu’on parle de concurrence des médias numériques, de la télévision, je le conçois, mais ces journaux jouent sur un autre terrain : celui d’une plume, celui d’informer en profondeur, d’approfondir la réflexion… Pas de faire de la brève de comptoir comme le font les Yahoo actualités et consoeurs.

D’autres exemples sont flagrants : les années 80 furent le paradis des radios libres, ou pirates pour beaucoup. Ouverture de nouveaux canaux FM, émissions plus ou moins produites sur le tas, apparition de médias au ton plus « jeune », voire décalé, des radios permirent de se libérer des carcans de la radio classique, quitte à passer pour des stations fonctionnant uniquement sur la provocation. Ainsi, c’est toute une jeunesse qui put écouter l’expression de leurs goûts musicaux totalement absents des grands groupes, découvrir la communication avec les radios à travers les antennes libres, puis enfin c’est avant tout l’idée qu’une radio pouvait être indépendante et libre vis-à-vis des réseaux trop bien établis. Seulement, pour survivre, il faut des financements… et donc s’abaisser à diffuser de la publicité, à caresser dans le sens du poil les entreprises qui détiennent tant la pub que les produits (voire le pouvoir, par le truchement des jeux d’influences dans les gouvernements). Ces radios ont donc subis le même sort que la cinq : pas assez formatés, pas assez classiques, trop décalés, toutes ces radios finirent soit par fusionner dans des groupes plus puissamment armés pour jouer la concurrence, soit elles cessèrent d’émettre, fermées par la saisie du matériel d’émission, au grand dam des fans en France.

Que penser des médias ? Qu’ils sont tributaires de l’économie, mais aussi de la politique. La Cinq, par exemple, aurait pu être sauvée par Berlusconi qui envisageait d’allonger l’argent nécessaire à son sauvetage… mais on ne touche pas aux sociétés Françaises, surtout quand on est un magna de la télévision en Italie. Nombre de radios auraient pu survivre, voire prospérer, si les gouvernants avaient faits preuve de moins d’acharnement à les fermer à cause de leur politique d’émission. France-soir pourrait bien sombrer, pour avoir sacrifié son identité sur l’autel de l’économie de marché. On peut évidemment accuser la concurrence déloyale d’internet, prétendre que le modèle papier, ou la télévision sont devenus désuets. Moi, je prétends ouvertement que c’est le nivellement par le bas de la qualité qui maintient les plus mauvais en place ! Qu’on n’aille pas me dire qu’il soit qualitativement acceptable de voir des émissions s’appuyant sur le voyeurisme, de tomber sur des pages entières de ragots et autres potins mondains, ou encore d’écouter des émissions pseudo provocatrices, alors qu’elles sont juste un peu irrévérencieuse. Le politiquement correct est de rigueur, les excuses d’un grand patron de presse aux politiques pour les propos d’un présentateur ayant « dépassé les bornes », est-ce acceptable ? Nous devons, et en urgence, nous poser des questions fondamentales sur la survivance des médias, et sur l’hyper concentration de ceux-ci au sein de groupes financiers tels que Lagardère ou Berlusconi.

Comment rêver d’une information ou d’un divertissement de qualité, si tous les médias sont détenus par les mêmes groupes, qui savent que produire de la merde en masse fait qu’elle finit toujours par se vendre ? Je n’ai pas de solution simple à proposer, mais je vous propose ouvertement de recenser, pour vous-même, et vos proches, les chaînes, les journaux, et les stations de radio, et de leur affecter de véritables notes pour définir si, oui ou non, elles sont de qualité ! N’hésitez pas à me remonter, par les commentaires, vos favoris (ou vos détestés), de sorte à ce que je puisse éventuellement produire un classement.