Féminité
De Femme désirable, étrange et secrète dont la complexité a eu le don d’exaspérer les philosophes, poètes et analystes de tout poils, la voici réduite à femme objet, femme servile et femme potiche. Qu’on ne me rebatte plus les oreilles avec l’émancipation, c’est la pire des inepties et la plus grande illusion qui soit ! (Je sens que là je vais être taxé de sexisme machiste saupoudré de revanchardisme aigu). Mesdames, Mères, Femmes, Demoiselles, est-ce la liberté que de ployer sous des faisceaux d’obligations tant esthétiques que morales ? la « mode » (que je conchie joyeusement chaque matin à l’heure du réveil et que je vomis tout au long de ma journée) n’est-elle pas un pénitencier où se croisent camisoles de tissus divers, chaussures et bottes de contention aux formes les plus invraisemblables et probablement douloureuses à porter ? je le revendique haut et fort, la Femme n’a PAS à contenter son monde car comme toute personne ayant un rien de bon sens je considère que les Femmes paient un trop lourd tribu à la dictature du beau.
Prenons la plupart des rencontres féminines dans la rue : toutes se plient (ou presque) au rituel du badigeonnage cosmétique bariolé (les rares épargnées étant soit déprimées par leur propre apparence ou bien au teint si parfait que nul camouflage n’est nécessaire), chacune se doit de porter le soutien gorge qui ressemble à mon sens à rien d’autre qu’à une ceinture pour ôter tout naturel à la ligne. Bien sûr qu’en tant qu’homme (minuscule nécessaire) j’aime admirer les jolies femmes (bien que mon choix se soit porté sur une violette), mais bon sang cessez d’être des ressassés de réclames, d’affichages vulgaires (et presque vulvaires) et du modus tempu fugit !
En guise de réclamation j’exige donc qu’on vous donne la liberté de choix, l’autorisation d’être (et non juste de paraître) et surtout de VIVRE. Au diable les règles, soyez vous-même et pas ce que la société et les hommes (misérables et toujours en minuscules) attendent de vous. La beauté ne sied mieux qu’à la Femme qui se sent belle, pas à celle qui voudrait l’être.
On va me dire encore et encore qu’il y a des critères dans la beauté, des mensurations, des formes, des tailles idéales… imbéciles, fats et venimeux imbéciles : la beauté c’est la chose la moins facile à capter car l’objectif impitoyable de l’appareil optique ne perçoit que la surface des choses. Quoi de plus beau qu’une mère pleurant le bonheur de la naissance ? n’est-elle pas la plus belle cette mariée qui dit oui avec une voix étranglée par la joie sans borne ? n’est-on pas l’Homme (majuscule de fierté légitime) béni du ciel quand on peut pour la première fois enlacer et aimer celle que l’on voudrait avoir près de soi à vie ? c’est tout cela la beauté. « Est belle celle qu’on aime pour ce qu’elle est » correspond pleinement à ma vision de cette chose fragile qu’est la féminité.
De grâce, soyez vous, soyez belles POUR vous, car pour moi un sourire radieux réjouit bien plus qu’une plastique idéale défigurée par des traits crispés…