24 novembre 2015

Rabibochés

Si les évènements actuels prêtent à pleurer, il est clair qu'il faut les regarder d'un œil critique pour y apercevoir une autre mutation intéressante en termes de communication. Autant les gens se préoccupent avant tout de ne plus avoir aussi peur grâce à la présence des forces de l'ordre, autant celles-ci bénéficient d'une action de communication aussi intéressante que bien construite. On pourrait me taxer de cynique, mais le fait est là, l'armée, tout comme la police communique désormais bien plus correctement sur tous les médias, et ce à plusieurs niveaux distincts.

Jusqu'à récemment, le kaki était une couleur considérée comme débilitante, et plus encore comme le concentré de tout ce qui peut être détestable dans un état: force potentiellement dictatoriale, recyclage de volontaires peu éduqués ou dépourvus d'intelligence, bref l'uniforme faisait dire "encore un crétin en kaki". Or, après les avoir conspués et même haïs, les citoyens retrouvent un peu de clémence pour les femmes et les hommes qui les protègent au quotidien. De ce point de vue, je me félicite, parce que cela rappelle à tout citoyen qu'un monde idéal serait un monde sans armée, et que notre monde est tout sauf idéal. Cet électrochoc n'est pas anodin, notamment dans la jeunesse qui afflue à nouveau pour s'engager, avec l'espoir louable d'agir pour la nation. Patriotisme? On peut voir cela de cette manière. Je vois ce nouvel engagement plus comme la renaissance d'une confiance envers l'armée, et les retrouvailles entre un peuple et des troupes présentes avant tout pour en défendre la sécurité et les intérêts. De fait, cela change notoirement le comportement des civils face à ceux en uniforme, surtout dans les lieux où leur présence est dorénavant non seulement utile, mais plus encore désirée par la foule qui se sent menacée.

Cependant, allons plus loin. Derrière l'imagerie protectrice de nos soldats se révèle aussi deux pôles fondamentaux de la communication: la puissance militaire et l'aspect commercial. Dans un premier temps, faire se mouvoir des milliers de soldats en tenues de combat, mais également arborer un porte-avions en combat, c'est une manière très efficace de faire passer le message "l'armée n'est pas morte, elle est équipée, entraînée, efficace, et elle se fera fort de le montrer sur le terrain". Dans les faits, la population va donc avoir sous les yeux des soldats "idéaux", fiers d'arborer le drapeau, avec en perspective le civil qui sentira cette puissance armée à proximité. On décriait énormément la présence de soldats dans les rues et les lieux publics, aujourd'hui celle-ci n'est pas qu'ordinaire, elle est dorénavant exigée par une population terrifiée à l'idée d'être la cible du terrorisme. Dans ces conditions, cela ne peut que redorer un blason terni par des décennies de désamour et de moqueries illégitimes.

Au-delà de ce premier volet, le second est encore plus flagrant. Quoi de mieux qu'une véritable opération militaire pour rappeler au monde la force de notre nation, mais aussi de représenter à qui cela intéresse la gamme de nous outils guerriers? Si les médias affichent ostensiblement les modèles d'avions utilisés, c'est tant pour dire aux contribuables que nos Rafale sont en action et pas uniquement en démonstration, mais aussi aux acheteurs potentiels de faire la preuve que nos bombes, nos roquettes et nos machines de guerre fonctionnent hors d'un bureau d'études. On peut se dire que j'exagère, mais lisez bien les images, analysez les par le filtre du commerce et non celui de la propagande guerrière, et vous verrez le discours sous-jacent. Quand on filme une bombe percuter une cible au sol, nous voyons un ennemi prendre des représailles. Le militaire, lui, va pouvoir analyser la force d'impact, la précision réelle, le degré de destruction supposé, ainsi que la capacité, ou non, à voir l'ogive être interceptée par l'adversaire. Dans le cas des bombes guidées au laser, on a donc une grande mise en exergue de la redoutable efficacité opérationnelle, la capacité d'emport des bombardiers, et au final des images choisies donnant des précisions "indirectes" sur la possibilité d'utiliser ces armes dans des conditions de sécurité relative pour les pilotes.

Ce show est donc mené avec précision, et il s'adresse donc à trois cibles: les médias pour qu'ils mettent en avant notre puissance de feu (et donc que nos adversaires en voient l'étendue), la population pour qu'elle ait ce sentiment de puissance et de protection tant réclamé, et enfin des nations étrangères qui, finalement, auront une mise à disposition de dépliants publicitaires sans que cela ne coûte un cent de plus que nécessaire. Jusqu'à présent, les fabricants d'armes et l'état se devaient de créer des mises en scène, de faire sauter des cibles, et donc de dépenser en pure perte des sommes pharaoniques pour convaincre. Aujourd'hui, autant que ces explosions soient mises à profit pour frapper de vraies cibles, qu'elles soient dépensées avec un véritable objectif, et ne plus faire de cartons sur des carcasses mille fois mitraillées, pilonnées et trouées par nos soldats.

Cynique? Pas tant que cela. Les réalités politiques, économiques, stratégiques et sociales se mêlent intimement. Le peuple Français a besoin de se rassurer, parce qu'il ne veut pas avoir peur, parce qu'il veut que le kaki retrouve non pas des lettres de noblesse, mais bien un rôle dans la défense du territoire. Avoir une place dans le cœur des citoyens, c'est aussi à cela que servent cette médiatisation. Pendant plus de trois décennies, l'armée française se gardait bien d'afficher au grand jour ses actions, ou tout au plus de mettre quelques images et photos anodines, ceci afin que le citoyen lambda n'ait pas à reprocher à nos troupes "de trop en faire". Les frontières entre apologie militariste, démonstration de force, et propagande malsaine sont souvent difficiles à dessiner tant chaque domaine empiète sur l'autre. Dans le cas présent, l'action militaire se révèle indispensable, et le peuple entend dorénavant plus aisément certaines explications pourtant fondamentales. Pendant les premières heures de l'action de l'armée au Mali, bien des voix se sont élevées contre cette projection de forces dans un pays "dont tout le monde se foutait". Aujourd'hui le drame de l'hôtel de Bamako rappelle à l'ordre ces critiques, en leur expliquant clairement "le Mali a demandé notre aide. Nous avons lutté contre ces terroristes. Aujourd'hui, ils remettent cela et notre présence fait partie des rares garanties de préservation de l'état légitime Malien".

On peut évidemment être critique, estimer que la surmédiatisation ne fait qu'intensifier la haine que nous vouent ces groupes extrémistes. Soit. Le discours se tient, à un seul bémol fondamental près, à savoir l'interrogation première qui est "Doit-on alors se faire tout petit, refuser l'aide militaire réclamée par les républiques légitimes menacées par ces mêmes terroristes?". On ne peut pas dire tout et son contraire, à savoir vouloir un rayonnement diplomatique fort dans le monde, tout en jouant la carte de l'attentisme. A titre d'exemple flagrant, la Chine évitait le sujet au titre du choix de la non-ingérence. Ce discours, logique et pragmatique, était tenu de par la politique très rigide dans le territoire (censure, justice expéditive…), mais également de par la volonté de faire du business avant de faire de la politique. Désormais, la Chine change, parce qu'elle doit réagir face à la mort de ses citoyens, mais également parce que l'état Chinois craint pour une expansion de ces radicalisations sur son propre territoire. On parle de 21 millions de musulmans. A l'échelle de la Chine, c'est "peu", à l'échelle d'une possible diffusion d'idées dangereuses, cela représente beaucoup trop pour que le pays puisse fermer les yeux. C'est la réaction de ce pays qui va être intéressante, que ce soit sur la communication diplomatique, que sur les actions qui seront forcément menées en interne.
Cependant, le fait est que notre armée retrouve enfin un peu de compassion et même d'amour de la part de nos concitoyens. Est-ce une bonne nouvelle? A mon sens, si l'on s'en tient à voir les relations entre le civil et le serviteur en kaki, c'est une excellente chose. En revanche, est-ce pour les bonnes raisons? C'est un autre débat qui n'est pas le but de ce texte.

Enfin, cette guerre raconte aussi une autre vérité moins glorieuse, mais bien plus importante, à savoir celle d'une diplomatie dépassée par les évènements, et qui finit par changer de cap. Tout comme pour Cuba où les Américains se sont enfin décidés à lâcher le mors et laisser l'île se développer, la gestion des nations du golfe, des pays de confession musulmane change enfin d'une relation "dominant dominé, à une relation d'égal à égal. Si le choix de normaliser les relations du monde avec l'Iran a été mis en avant, c'est probablement pour avoir un partenaire stable pour du commerce de pétrole, mais également un allié potentiel contre les groupes guerriers que ce pays affronte depuis pas mal de temps. C'est ainsi: le cynisme et le pragmatisme reprennent leurs droits, et l'ennemi d'hier, diabolisé et mis en avant, se révèle à présent être un partenaire de choix.

19 novembre 2015

Proclamation


Comme tous les Français, j'ai été touché par les évènements du 13 novembre. J'ai pris le temps de la réflexion, de la pondération avant de réagir... et voici mes opinions.

Le sang a coulé. Le monde entier a vu l'horreur dans notre capitale. J'ai été sur place au mauvais moment, j'ai vu le défilé infernal des véhicules de secours, la peur dans les regards, et le silence terrifiant des rues se vidant des badauds. Je me suis demandé si tout ceci n'était pas un cauchemar, une situation surréaliste fantasmée par mon esprit. Malheureusement, il s'est révélé que c'était au-delà de toute proportion, au-delà de mes pires appréhensions. Que dire? Je ne suis pas un rescapé, je suis un badaud parmi les autres, qui n'était pas précisément sur place, je n'ai pas eu le malheur d'avoir des proches touchés par ces attentats. Je ne me considère pas même comme un témoin, mon regard ayant été obnubilé par le désir de fuir, de trouver refuge loin de ces carnages. Pour celles et ceux ayant été réellement touchés, j'ai une pensée amère, la gorge étreinte par la frustration et la colère, et le cœur serré à l'idée même d'avoir lâchement fui. Qu'aurais-je pu faire? Pas plus qu'un autre je présume, je n'aurais été qu'un encombrement supplémentaire, un inutile parmi les gens formés, et une gêne plus qu'une aide précieuse.

Nous nous devons tous, en tant que citoyens du monde, résidents de France, d'avoir une pensée et une larme pour nos victimes. Je dis nos victimes, car ce n'est ni la nationalité, ni le lieu de résidence qui détermine qui l'on doit ou non pleurer. Il y a au nombre des victimes des touristes, des immigrés, des passants de toutes les confessions, des gens dits ordinaires, et qui sont à mon sens toutes des personnes extraordinaires. Qu'on se souvienne de leurs noms, qu'on se souvienne de qui ils étaient, afin que la mémoire ne s'étiole pas, afin qu'ils soient honorés à jamais. Quand je vois un visage en larmes, un parent effondré, je me moque de savoir d'où il vient, je me préoccupe uniquement de sa peine et de sa douleur. Soyons unis dans le partage de ce deuil, soyons dignes de nos idéaux et de nos convictions. La peur est l'arme du lâche, ne leur offrons pas cette victoire. Chacun de nous doit aujourd'hui être ferme, résolu et déterminer à être fier de ce qu'il est, d'arborer avec fierté une attitude digne, et de défendre haut et fort tant les trois couleurs, que ce qu'elles signifient pour chacun de nous.

Des années durant, l'attitude générale a été de mettre en doute la nécessité de la sécurité tant à l'international qu'à l'intérieur de nos frontières; Des années durant, nous avons amalgamé nos services de sécurité avec des réflexions menant à les dénigrer et les prendre pour des imbéciles. Etrangement, ces mêmes forces sont encensées par la foule, on les montre en exemple, peut-être parce que nous réalisons enfin qu'il y a malheureusement autre chose qu'un idiot sous le képi, et que celui en kaki n'est pas là pour avoir l'air arrogant avec son fusil à la main. Nous pouvons disserter et tergiverser concernant les choix politiques menés tant par la France que par nos alliés, mais cela ne doit pas exclure le fait que notre sécurité passe également par l'acceptation des réalités de ce monde. L'idéal serait que les libertés individuelles ne soient pas mises en doute, le rêve serait que nous n'ayons pas besoin que nos forces de police soient armées pour se défendre. Malheureusement, la réalité nous rattrape avec une brutalité sans précédent. Il y a un temps pour préserver nos acquis, un autre pour s'interroger aussi sur le fait que d'autres en usent et abusent contre nous.

L'abomination du terrorisme n'est pas tournée contre nos politiques. L'atrocité de ces actes n'est pas une charge virulente contre les actions de la France à l'international. Ces actes sont perpétrés pour signifier à toute personne sur le territoire qu'ils peuvent agir où ils veulent, et qu'ils désirent étendre leur influence partout où ils le pourront. Nous ne sommes pas face à une armée au sens conventionnel du terme, mais bien face à une structure menant une guérilla culturelle, au même titre que les croisades de sinistre mémoire. L'esprit de cette guerre n'est pas de lutter contre une idéologie, mais bien d'en imposer une partout, et de soumettre ceux qui osent s'y opposer. Toutes les nations en guerre contre ces groupes se battent non pas pour défendre un système politique, mais bel et bien pour tenter de survivre face à ce qu'il convient d'appeler une colonisation par le sang. Ce modèle idéologique est en train de s'exporter, et ceux qui sont réceptifs à cette façon de penser agissent à présent sur leur propre territoire. Il faut que la France admette qu'on ne peut plus parler de violence importée, d'assassins venant d'ailleurs. France, ce sont tes propres enfants qui dispersent ton sang.

Le défi à venir est de savoir ce que nous désirons pour notre nation. Cette interrogation semblait jusqu'à présent diffuse, voire même inexistante parce que chacun de nous pensait pouvoir se reposer sur des acquis confortables, sur des certitudes immuables, et au final nul n'avait à l'esprit la possibilité de voir toutes ces évidences détruites dans la violence. En massacrant ainsi des civils, la France a été mise face à une décision impossible: se venger? Faire payer le prix du sang? Changer fondamentalement notre attitude tant dans et hors de nos frontières? Nombre de réactions ont été de prétendre tempérer, de ne pas faire d'amalgame, et d'insister sur le fait de refuser des lois plus strictes, et même liberticides. On se trompe de sujet, et cette candeur n'est plus de circonstance. Il est dorénavant indispensable d'agir, de se donner des moyens en regard de la menace, car celle-ci n'est plus extérieure, mais bien intérieure. Est-ce un résultat d'un laxisme, ou d'une volonté politique décalée avec la réalité? Non. Nous ne pouvons décemment pas incriminer quiconque à ce propos, car la violence aveugle est impossible à anticiper, et il y aura toujours des personnes capables de se radicaliser, d'agir avec barbarie, le tout si discrètement que leur apparition semblera toujours spontanée et imprévisible. Cependant, cela doit également nous inciter à oser se regarder en face, s'interroger sur ce que nous devons ou non tolérer, à cesser toute lâcheté sous couvert de bienséance morale.

La défense absolue des libertés individuelles ne doit en aucun cas passer par une forme de laxisme, d'autant plus quand celui-ci devient alors un terreau fertile pour les radicalisations. Le laisser-faire n'est pas une posture envisageable, d'autant plus quand elle permet, sur le territoire national, de pousser des citoyens à devenir des criminels fanatisés. On ne peut plus parler de tolérance et de droit quand en face la méthode est de traumatiser durablement la société. La plume est plus forte que l'épée uniquement si celui qui la tient peut s'en servir pour signer une sanction. Face à une arme à feu, le citoyen est démuni, et il compte donc sur les services de sécurité pour le protéger des menaces, qu'elles soient intérieures ou extérieures. De ce fait, il m'est incompréhensible d'entendre des voix s'élever contre des lois d'exception, d'autant plus quand celles-ci sont proposées dans le cadre d'une situation d'exception, pour une durée restreinte et encadrée. Pourquoi refuser de voir la vérité en face? A ceux qui clament que la sécurité et son renforcement ne servent à rien, je vous invite à vous tenir au courant sur les réalités de ce qu'est gérer la sûreté, de ce que représente comme travail de traquer le terrorisme sur le sol français, et surtout d'aller dire aux victimes qu'il n'y a nul besoin de se lancer dans une cabale contre ces groupes terroristes dorénavant implantés et actifs en France.

La réponse d'un état tout entier face à l'horreur se doit d'être non pas mesurée, mais à la hauteur du défi lancé. Dans tous les cas, la France devra porter le deuil de nos victimes, mais également se faire fort de ne pas se laisser abattre. Refuser d'intervenir, refuser d'agir, ce serait là avouer une défaite face à l'obscurantisme, et cela, je ne pourrai pas le tolérer. Nombre de personnes s'offusquent de voir les bombardiers français frapper le sol syrien, tout comme ils s'offusquent également que l'on puisse envisager de durcir certaines lois. A ces personnes j'ai envie de poser plusieurs questions directes.
Première question: peut-on, sous couvert de tolérance religieuse et culturelle, laisser des gens menacer ouvertement la sécurité des citoyens? Peut-on décemment se réfugier derrière une paix sociale achetée à prix d'or pour prétendre ne pas voir la montée des extrémismes?
Seconde question: quelles sont les limites entre droit à l'expression, et nécessité absolue d'intervenir? Il est que trop facile de brandir la menace de l'état totalitaire, tout en refusant obstinément de prendre des mesures qui s'imposent à nous. On veut circuler en sécurité sans avoir à se méfier du passant, mais sans pour autant se doter des outils indispensables à cette même sécurité. J'ajoute également que ces mêmes chroniqueurs n'ont aucune idée de ce que peut représenter le travail de fond des services de renseignement, pas plus qu'ils ne se rendent compte de ce que peut être une enquête approfondie, ni même du coût financier et humain pour la mener à son terme.
Troisième question: quelle posture allez-vous prendre? Celle de ne pas riposter, et donc tacitement accepter que des criminels aient pris l'ascendant sur votre nation, ou bien exiger une riposte ferme et directe? Tendre l'autre joue? Pour ensuite donc voir la France être un fief pour les radicalisés, devoir se taire et supporter la montée des extrémismes sous notre nez? La réponse me concernant est simple, hors de question.
Quatrième question: si vous pensez qu'il faut sanctionner, qu'est-ce qui vous semble adapté? J'invite ces "penseurs" à nous faire des propositions concrètes et potentiellement efficaces, afin que chacun puisse juger de l'aveuglement chronique qui touche une part de la population.

Il ne s'agit pas de cautionner une dictature, mais bel et bien de donner la traque à ceux qui menacent notre sécurité à tous, et également de faire en sorte de neutraliser définitivement toute possibilité de résurgence de ces menaces. La constitution n'est plus adaptée, car celle-ci a été rédigée dans un cadre très différent, où la notion de terrorisme n'avait pas de véritable consistance. Aujourd'hui, il est vital pour notre pays que nous ayons à disposition des outils forts, le tout très encadré afin que le président seul ne soit pas détenteur d'un pouvoir absolu et définitif. Sur le fond, je refuse tout autant la dictature policière que n'importe quel citoyen, mais je ne vois pas en chaque policier un messager du despotisme. Il est maintenant clair qu'il n'est plus tolérable de voir nos policiers comme des idiots, des benêts enivrés, comme trente ans de "comique" ont su imposer à l'esprit des masses.

Je me félicite, et ce malgré mes grandes divergences d'opinions avec lui, que notre président ait eu la posture convenant à la suite des attentats. Certains veulent aller trop loin en envisageant clairement de faire rouler les blindés sur les banlieues, et je suis de ceux qui s'interrogent fortement sur les actions à mener. L'expulsion des imams aux discours radicaux ne me suffit pas. J'estime qu'ils sont tout aussi coupables que les terroristes, si ce n'est plus car c'est par eux que passent le recrutement, la formation intellectuelle et la logistique, et donc je les vois comme les cerveaux de ces horreurs. A ce titre, je considère donc qu'une détention en isolement serait la meilleure méthode, notamment parce que faire sortir quelqu'un d'un pays ne suffira pas à le faire taire, et encore moins à s'assurer qu'il ne revienne pas. On va entendre des voix brailler contre les perquisitions, contre l'action policière, les fouilles, mais encore une fois je pose encore la même question, brutale et cruelle: est-il normal que ces perquisitions aient autant tardées? Et surtout, est-ce normal de trouver de véritables arsenaux, comme des explosifs, voire même un lance-roquette? Arrêtons de s'accrocher à l'image d'une France unie, dépourvue de danger, les attentats nous rappellent à l'ordre, alors soyons dignes de nos victimes!

Enfin, la France ne doit en aucun cas céder à la panique. Tout citoyen doit se montrer digne, fier, et chacun de nous doit aider son prochain à supporter le deuil et la douleur. Que nos morts ne soient jamais oubliés, qu'on ne pardonne jamais à ceux qui ont fait couler le sang, et qu'on grave dans les esprits que toute agression à l'encontre de notre société sera suivie de représailles, dans les proportions requises. On va parler de violence inutile, de loi du talion, et qu'on ne saurait régler le conflit de la sorte. Alors, qu'on me suggère quoi faire. Doit-on alors accepter l'idée de vivre dans la terreur, trembler en se disant qu'on n'aura rien fait pour contrer la menace? Chers proches, amis, citoyens du monde, je refuse fermement cette éventualité. Je refuse de vivre dans la peur. Je refuse de vivre dans le soupçon. Je veux que nous ayons la main ferme, capable de rendre coup pour coup, pour que chacun sache qu'on ne se laissera jamais battre, que jamais nous ne cèderons sur nos fondamentaux.

Que vive la France, unie, indivisible, derrière l'étendard tricolore, que nos pas soient un seul, et que notre pied écrase la menace. Montrons leur que nous sommes fiers et courageux, et que chaque coup reçu sera rendu au centuple.

Vive la République, vive la France.

30 septembre 2015

Et une réponse une!


Je vais faire plus simple, puisqu'il me semble que j'ai laissé ouverts les commentaires, je trouve cavalier de faire la critique d'un texte sans même daigner en alerter l'auteur.

En l'occurence, sans Sebsauvage, je n'aurais pas même eu connaissance ce que qui va suivre. L'attitude est cavalière de s'octroyer un droit de réponse, sans pour autant offrir à celui qu'on critique la possibilité de se défendre. Enfin bon passons, j'y reviendrai plus tard dans ma réponse.
Mais il est que j'oublie toujours LA chose fondamentale: le droit de réponse sur le net semble être réservé à celui qui se croit doté d'une conscience et/ou d'une compétence supérieure...

la critique initiale

Décortiquons:
Je mets en italique et en gras la phrase de l'auteur sans la moindre modification. Je place le lien ci-dessous pour vous permettre de le vérifier.
Mes réponses seront donc écrites "naturellement".

Commencer par citer du Jean Sevilla, soit. Disons que ça donne le ton.
Et? Ce jugement de valeur est inacceptable. Jean Sevilla n'est peut-être pas un homme pour qui je voue un culte, et encore moins à qui je donnerais un soutien moral, mais son ouvrage décrit et surtout décrie très exactement cette vindicte du "Si tu n'es pas de mon bord, tu es l'ennemi".
N'en déplaise à ses détracteurs, si l'on sort cette idée fondamentale, cela remet bien en place un fait qui est que le net se plait à colporter l'idée que le monde est bipôlaire. Non: il n'est pas bipôlaire et le droit à l'opinion et à l'expression n'est pas réservée à une élite. Ce mode de fonctionnement n'existe que dans les systèmes politiques tels que les dictatures où une "élite" domine les débats sans droit de réponse.
Et ça vois-tu, il en est hors de question

Le reste de l'article n'ayant donc rien d'étonnant, avec un gros côté Salomon, qui présuppose les deux partis d'une controverse équitablement coupable sans prendre en compte le moindre contexte.
Allons bon, parce que défendre la liberté d'expression et estimer que se faire violence soi-même est contraire à tout progrès est un suicide social est idiot? Qui de nous deux est le plus condescendant?

Le deuxième élément, lié au premier, est l'absence totale de vision des mécaniques d'oppression et de privilèges à l'œuvre, couplé à une recherche de la "vérité" plutôt qu'à une recherche de justice. Ainsi donc un homophobe et un défenseur des droits des couples de même sexe sont posés sur un pied d'égalité dès le départ, par le simple fait de s'envoyer des noms d'oiseaux tous les deux. Cet aveuglement sur le contexte est une condition de perpétuation des oppressions.
La seule justice est basée sur l'équité et non sur celui qui gueulera le plus fort. L'oppression débute par le refus même d'écouter ou de tenir compte des idées d'autrui. La preuve en est, en cherchant à rabaisser mes idées, tu te fais le chantre même du despotisme intellectuel. Désolé, tu ne vaux guère mieux que ceux que je dénonce, parce que justement tu ne débats pas, tu dénigres, et c'est un tout autre mode de penser.

Dire "les deux partis ont tous les deux torts", c'est pas de la justice, c'est pas de la vérité, c'est se voiler la face pour ne pas se remettre en question. Parce que les remises en question, ça pique.

Appliquons ce raisonnement à d'autres situations :

Et pourtant, décortiquons tes exemples! Allez, rigolons un peu de ces clichés, prenons les pour ce qu'ils sont, à savoir de la provocation facile.

- un SDF qui donne des coups à des flics qui le maltraitent : les deux ont donc tort équitablement ;
Non: il s'agit de légitime défense et certainement d'une intention de se rendre justice soi-même. Il ne s'agit certainement pas de la même problématique. Personne ne dit, pas moi en tout cas, que celui qui se fait frapper n'a pas le droit de répondre. Ce que je dis, c'est qu'il est absurde d'espérer se faire justice, sauf à croire dans le mouvement vigilante à l'américaine où les gens deviennent paranoïaques et portent une arme sur soi par peur de l'agression.
- une femme qui frappe son conjoint qui la roue de coups fréquemment : les deux ont donc tort équitablement
Encore une fois mauvais exemple: Légitime défense lors de l'agression, avec la question également fondamentale de savoir où est son entourage pour lui accorder gîte et sécurité, ainsi que les institutions pour sanctionner sévèrement l'époux violent. En quoi la défense de sa propre vie a un quelconque rapport avec l'idée de défendre ses idées, ainsi que le droit de les exprimer?! Remets les pieds sur terre et parlons des choses dont JE parlais.
- un maghrébin qui démonte son agresseur dans la rue qui voulait le tabasser en hurlant "retourne chez toi" : les deux ont donc tort équitablement ;Alors là, le cliché confortable. Pour ton information, je suis fils d'immigré, et pour avoir mangé des commentaires racistes sur l'accent de mes parents, sur le prénom de mon père et j'en passe, ce que tu cites est à hurler de rire (ironiquement). Non: que le type se défende et rende les coups est une chose, qu'il en vienne à devenir raciste dans ses propos en est une autre.
En quoi tenir un propos raciste est lié à la situation? Ca n'est ni excusable ni justifiable. C'est si facile de se réfugier derrière la fausse morale du "je rends les coups". Encore une fois non et je le soutiendrai mordicus: on ne peut pas tout excuser sous prétexte qu'on se doit de se protéger.
- une femme qui donne une gifle à son patron après 6 mois de harcèlement moral au travail : les deux ont donc tort équitablement ;
Oui C'est une "conne" finie. Il y a trois choses. Un, lui coller la tarte dès la première fois. Deux, si la baffe ne vient pas porter plainte, et trois démissionner. Et surtout remballe-moi les "Elle ne peut pas elle a un crédit" ou "elle a des gosses à nourrir". A un moment ou à un autre, la baffe ne changera rien... si ce n'est qu'elle sera virée sans rien, qu'elle sera responsable de sa déchéance, et au final qu'elle n'aura le droit qu'à un jugement de valeur de la société, à savoir qu'elle a été violente en réponse de l'agression d'un pourri. La justice expéditive, je la laisse à celles et ceux qui pensent que sortir le fusil et descendre un cambrioleur est une bonne façon de fonctionner. Je laisse à chacun le soin de méditer sur l'idée suivante: oui c'était un voleur, mais méritait-il la peine capitale pour autant? C'est ce monde que tu désires? Je te le laisse volontiers.

On a une chose de formidable dans l'existence, c'est de pouvoir faire des choix. Chaque choix nous mène à l'échéance suivante, chaque décision crée de nouvelles voies. Prétendre que la violence, le dénigrement ou le harcèlement peuvent être tolérés parce qu'on se pense "mieux placés pour comprendre", c'est du fascisme et rien d'autre.

- etc.
Prenons des "etc" pour te répondre:
- Ton pays bombarde le mien, ton gouvernement a fait brûler des villages chez moi. Je me dois donc de plastiquer un bus et de t'y voir partir en morceaux en représailles. Après tout, tes civils valent bien les miens non?
- Tu es banquier. A cause de tes magouilles dans mes placements alors que je te faisais confiance, je suis ruiné et j'ai perdu ma maison. En conséquence, je me dois de te bousiller pour te faire comprendre quel effet ça fait de tout perdre.
- Tu n'es pas d'accord avec mes idées, tu manifestes dans la rue en gueulant des slogans. Je suis en opposition, j'ai donc le droit de faire usage de la matraque pour te faire taire.

Ce sont des exemples aussi caricaturaux que stupides, parce que la loi du thalion, tout comme l'idée saugrenue que de juger les autres coupables d'avoir des idées différentes me sont intolérables.

Par quelle magie les relations de causalité disparaissent-elles dès lors qu'il s'agit d'oppression ? Dans quel monde les rapports sont-ils miraculeusement aplanis à partir du moment où on s'envoie des fions ?
Correction: débattre n'est pas agresser celui avec qui l'on est pas d'accord. Si tu me dis une chose sur laquelle je suis en opposition me donne, selon tes mécaniques, le droit de t'insulter et même de te passer à tabac? Où est l'orifice où je peux te carrer ma matraque histoire de voir si ton raisonnement te convient?

Il n'est pas et n'a jamais été question de savoir qui détient une quelconque "Vérité" ou de "convertir" qui que ce soit. Mais si répondre pied à pied par des arguments c'est se fourvoyer, alors, oui, on est mal barré.
Réponse pied à pied, ce n'est pas se croire supérieur, ce n'est pas traiter les autres de haut en les jugeant inaptes à comprendre quoi que ce soit, c'est justement discuter, faire preuve de discernement.
Tu te fourvoies effectivement en posant sur autrui ton regard supérieur, parce que ce regard te rend justement intolérant, dogmatique et par conséquent aussi mauvais que celui à qui tu reproches d'être dans le faux.
Etre dans le vrai, ce n'est pas dire que les autres ont tort.
Ce n'est pas parce qu'une majorité dit une chose que c'est pour autant la vérité.

Après, j'ai peut-être mal vu les propos publiques (les seuls que je peux voir), mais il me semble qu'il y a eu pléthore d'arguments, et que les "insultes et attaques" sont marginales (mais inévitables, on va pas démouler un cake pour ça). Et on devrait se concentrer sur ces dernières. Parce que heu... Ah oui, c'est plus confortable.
En effet, "nous nous fourvoyons".
Relis les bien en effet: quand on en arrive à une vision où l'on taxe l'autre de "con" parce qu'il ne pense pas à l'identique, c'est effectivement une errance dramatique pour la liberté d'expression.

Pour ma phrase sur ce qu'est Internet, etc. vous pouvez la retrouver dans la vidéo "Apprendre à débattre" disponible là.
Nous en sommes donc à des cours à présent? Si vous voulez les liens, allez sur le site initial, je ne me ferai pas le chantre de ces "apprenez donc à vous exprimer, au lieu de le faire par vous-même bande d'incapables".

Désolé: Je me devais de répondre, car comme je l'ai dit dès le départ, il est particulièrement "amusant" d'avoir le droit à un jugement et des critiques qui me sont destinées, sans pour autant daigner m'en informer. N'y-a-t-il donc pas dès le départ un contresens monstrueux, et une hypocrisie puante?

Bon vent, je sais où je n'irai pas pêcher mes lectures ni mes discussions.

C'est relativement fondamental. Il me semble. C'est un tout petit peu oublié dans ce lien. Il me semble.
Tout comme respecter les opinions d'autrui dans le tien. Et ça aussi, étonnamment, ça me semble fondamental.

Le terrorisme intellectuel

J'en reviens toujours à ce titre, à cet ouvrage de Jean Sevilla. Qu'on n'aime ou pas sa ligne politique, l'ouvrage éponyme résume bien ce qu'il se passe dorénavant sur la toile: avoir une opinion, ce n'est plus seulement l'exprimer, c'est risquer d'être lynché sous le prétexte de la divergence d'idée. Vous trouvez le propos très fort quand je dis lyncher? Quand vous êtes agressé verbalement, qu'on vous insulte plus ou moins directement, qu'on tente de rabaisser vos compétences avec comme seul argument "Tu es mauvais tu n'y connais rien", n'est-ce pas là une lapidation en place publique? A mon sens, c'est du même niveau de violence, parce qu'à force d'être insulté, étiqueté, on finit par se sentir petit, mauvais, alors qu'au départ l'on ne voulait qu'une chose: partager des idées.

Avoir des idées aujourd'hui, c'est quelque-part une chose utopique. Dans un monde où la bienséance et le propre sur soi font office de lois tacites, impossible de s'exprimer sans passer pour un déviant, un danger pour les autres, et donc d'être immédiatement agressé. Notez une chose: les gens pensent en lisant ce propos qu'il s'agit uniquement des discours nationalistes, racistes, xénophobes ou sectaires, mais il n'en est rien! Se dire alter mondialiste, c'est aujourd'hui être propre sur soi; revendiquer un petit côté anar ou écolo, c'est être smart; affirmer sans rougir voter Mélenchon, c'est prendre part à la mouvance bien-pensante. Désolé, mais il n'est pas moins malsain de revendiquer une idéologie en injuriant ceux qui pensent différemment sous prétexte qu'elle n'est pas à droite. Dans tous les cas, refuser la différence d'idée, s'en servir comme support à l'agression verbale et/ou physique, cela demeure du fascisme.

Le mot est lâché. Il ne s'agit pas d'atteindre un point Godwin, mais bien d'en prendre la mesure: Quand on censure, quand on se sert du délit d'opinion comme arme de communication, ce sont des méthodes dictatoriales, et ce n'est pas parce que cela se cantonne à un écran que cela en devient moins violent. Je ne suis pas sensible à ce genre d'insulte, parce que je suis peut-être plus dur ou simplement plus méchant que la moyenne. D'autres subissent en revanche de plein fouet cette violence par l'écrit, parce que leur candeur et leur générosité les empêche de voir l'humain comme je le vois moi, à savoir un animal égocentrique, prétentieux et mégalomane qui reproche constamment à ses congénères de ne pas penser comme lui il pense.

Ce que je lis souvent sur la toile, c'est "on veut la liberté d'expression", ou encore "le web est un univers libre"… Libre, vaste blague hypocrite, d'autant plus quand la même vox populi se met en branle pour lyncher quelqu'un qui n'entre pas dans le moule du mouvement. En quoi se dire révolutionnaire est quelque-chose de crédible, quand le propos est tenu par un nanti qui jamais n'osera lever le poing en dehors de son salon? En quoi s'estimer mieux informé que son voisin fait de soi une référence? Comme s'il n'y avait qu'une seule voie, qu'une seule idée, une seule solution à divers problèmes.

La plus grande insulte que font les internautes à la liberté, c'est de s'en servir comme étendard, tout en ayant une attitude de despote. NON: insulter un inconnu qui n'a pas vos idées n'est pas remettre en cause ses idées. Quand quelqu'un tient des propos inacceptables, ce n'est pas en tenant soi-même des propos symétriques qu'on en devient meilleur! C'est l'argumentaire, l'explication, ce que j'appelle tout simplement l'éducation et le partage de l'information qui donnent un droit de s'exprimer. Quand un raciste est insulté par un soi-disant non raciste, je ne vois que deux personnes tout aussi bornées qui se jettent au visage des insultes, et rien d'autre. A partir de là, je ne vois plus le fond mais que la forme… Et ça, c'est si commun sur la toile que c'en est pathétique.

Le monde n'est ni binaire, ni même à cheminement unique. Le progrès ne passe pas par la dictature intellectuelle, pas plus qu'il ne passe par l'annihilation les déviances selon une grille de critères. Il est aujourd'hui en principe normal de considérer l'homosexualité comme une sexualité "normale", mais cela n'empêche pas que lorsqu'il y a un débat sur la question de l'adoption par un couple homosexuel que chacun brandit les fourches et menace le camp d'en face des pires sévices. Qui a raison? Qui a tort? LES DEUX! Celui qui ne sait pas poser le débat contradictoire, celui qui légitime l'injure en lieu et place de l'argument mérite tout autant le bûcher que celui à qui il voue ce sort funeste. Etre pour ou contre n'a plus de sens, puisque la vision n'est plus que monolithique et dogmatique.

Les sujets de discorde sont aussi nombreux qu'il y a de gens dans le monde. La religion, l'économie, la politique, la philosophie, tout est bon pour se disputer, voire même se tirer dessus au fusil. Il est devenu de bon ton d'être méprisant avec les religieux, parce qu'ils tiennent des discours qui semblent rétrogrades et plus en phase avec leur temps. Est-ce indispensable de mépriser, alors qu'il faut ouvrir au contraire le dialogue pour faire en sorte que chacun trouve sa place dans le monde? "Aimez-vous les uns les autres", c'est rétrograde et pas moderne? "La famille, c'est important", c'est stupide et suranné? Il ne s'agit donc pas de dire "ils ont des mauvaises idées", mais bel et bien de dire "ce sont des cons parce que je ne suis pas d'accord avec eux". Et c'est ça, votre internet de tolérance et d'équité? C'est ça, ce monde virtuel où chacun a le droit de s'exprimer sans crainte d'être agressé pour ça? Votre monde, vous pouvez alors vous le garder et vous y enfermer joyeusement.

Le réseau ne se résume pas à une mouvance, à une seule ligne de conduite ou d'opinion. Quand je vois "Facebook", je vois "réseau asocial" et non "réseau social". Pourquoi? Parce que c'est le lieu de prédilection pour se sentir appartenir à un groupe aussi contrefait qu'inexistant. Avoir des idées, ce n'est pas forcément devoir les voir critiquées et mêle insultées. Avoir des idées, c'est simplement être en vie, exister, et ne pas se contenter de copier et singer les idées du plus grand nombre. Et tout le paradoxe de la toile est là, juste sous notre nez: on revendique le droit de s'exprimer, mais avec un "Oui mais" non écrit complètement accepté et tacite, une obligation d'autocensure sous peine d'être pris pour cible. A ces censeurs, ces critiques bas de plafond je dis joyeusement "MERDE" comme je l'ai toujours fait.

Oui, le mot vulgaire : "MERDE". Sans fard, sans réflexion autre que "MERDE". Je vous emmerde profondément, vous autres qui vous pensez être les détenteurs de la Vérité. La Vérité ne s'impose pas par les armes ou par la violence, elle s'impose d'elle-même dans les esprits. C'est toute la différence entre conversion religieuse à marche forcée, et éducation morale et spirituelle. Dès lors que la notion de choix n'a plus de raison d'être, c'est que nous nous fourvoyons.

Ce billet de colère retenez ceci: je suis un intolérant notoire, parce que je me contrefous des idées des autres. "Oui… t'es un sale con quoi" me répondra le critique acerbe. Non abruti: je suis un sale con parce que je sais me défendre, parce que je ne me laisserai pas bâillonner, et parce que je mordrai tout aussi brutalement que celui qui essaiera de me mordre. En revanche, je n'irai pas mordre parce que je ne suis pas d'accord avec quelqu'un, c'est là ce qui nous différencie, c'est là toute la nuance entre celui qui croit détenir la vérité, et celui qui veut la connaître. Je ne suis ni omniscient ni parfait, mais en retour vous ne pouvez pas non plus prétendre l'être de quelque manière que ce soit. Notre imperfection est supposée faire de nous des êtres meilleurs à chaque fois que nous apprenons de nos erreurs. Or, aujourd'hui, l'orgueil démesuré de l'Homme, lié à la sécurité d'être derrière un écran fait de nous des êtres vils, petits, auto satisfaits, jouissant littéralement à l'idée d'attaquer de front quelqu'un sur le réseau.

Un lot de petites phrases à retenir selon moi:
"Ils hurlent et se prennent pour des loups parce qu'ils pensent en avoir le devoir. Pourtant, après avoir hurlé, seul le mâle alpha saura pourquoi il a poussé son hurlement, les autres n'ayant fait que l'imiter. Et quand l'alpha disparaîtra, la meute continuera à hurler vainement sans même s'interroger sur la raison les ayant fait hurler dans la nuit".

PS: Timo... n'en démords pas, ce sera une victoire à chaque nouveau message, même quand je serai totalement à l'opposé de tes opinions!

14 septembre 2015

A écouter et à méditer

C'est une chanson qui mène à énormément de réflexions...

Pour l'instant, je me contente de la déposer ici, charge à chacun d'en comprendre le sens et le pourquoi.

A bientôt ici (j'espère)


31 août 2015

Pour toi mon pote

C'est un besoin égocentrique, pas même une nécessité morale ou quoi que ce soit qui légitimerait la démarche. Si j'écris ce billet, c'est uniquement parce que j'ai besoin de le faire, de penser à lui, de ne surtout pas oublier ce qu'il a été, et plus encore de maintenir en moi sa mémoire.

Les gens se lamentent non sur les gens qui partent, mais sur eux-mêmes. On ne pleure pas tant le défunt que le vide qu'il va laisser, et en cela il est souvent intolérable d'entendre les jérémiades et autres comédies que font certains quand le moment se révèle normalement opportun. Ah, toi mon pote, tu ne t'es jamais lamenté sur ton sort peu enviable, jamais tu ne t'es plaint de quoi que ce soit. Nous autres, nous avons pu savourer ce que toi tu as pu vivre que par procuration… Alors pleurer sur nous, ce serait te faire insulte. Toi mon pote, tu as vécu douze années soit alité, soit dans un fauteuil, avec pour seule possibilité de vivre que de compter sur les autres. Et pourtant, tu as été plus actif que l'immense majorité des valides, ce qui démontre bien que le cœur est un moteur particulièrement puissant.

Déterminé, grande gueule, intransigeant, comique de l'absurde, toi mon pote tu as su me faire chialer, rire, et au final tu es parti, là, sans véritable bonne raison, parce qu'au fond il n'y a jamais de bonne raison. Je ne veux pas garder l'image de mon pote allongé dans une caisse de sapin, mais celle de l'abruti fini, le comique de l'absurde, qui s'acharnait à tous nous faire nous marrer, afin peut-être de détourner notre attention de ce que tu pouvais vivre au quotidien. Tout était pénible pour toi, chaque geste du quotidien était tributaire de quelqu'un. Les gens qui peuvent pisser seuls ne se rendent pas compte de la chance que cela représente… et dire que tu ironisais là-dessus! On ne se rend vraiment compte de ce qu'on a que quand on le perd.

Tu as construit des amitiés inusables, et ceci en quelques secondes. Dix secondes pour se présenter, autant pour devenir des potes, et une éternité à le rester. Je ne dis pas "tu étais", mais tu es et resteras mon pote, mon ami, parce que c'était toi, parce qu'il ne faut pas parler au passé mais bel et bien au présent.

Je ne veux pas chialer. J'ai juste envie de rigoler un coup en me remémorant nos moments aussi débiles que touchants, nos instants de pure folie, où l'on savait qu'il y avait une tendresse réciproque, une confiance inaltérable et une amitié indéfectible. Douze ans, ça semble long, pourtant c'était hier. Toi mon pote, celui que j'ai surnommé le palmier à cause d'une coupe de cheveux improbable, tu es encore là, sûrement assis soit sur un nuage, soit à la droite d'un type tout rouge, et tu nous regardes l'œil pétillant, te disant "mais quelle bande de cons!".

Tu t'es moqué de tout, du destin, des gens, des choses, de toi-même, de ta situation, et c'est comme ça que tu as fait que les gens t'aiment pour ce que tu es, et pas pour ce qu'ils voulaient que tu sois. Authentique, direct et abrupt, tu es encore là, quelque-part dans ma tête, à me chuchoter que "Le costard te va… si tu veux faire vigile chez Carrefour", ou encore "Viens te boire un bon rhum vieux, on va refaire le monde!".

Est-ce que je pleure mon pote? Non. Je ne veux pas le pleurer, il se foutrait de moi en râlant à qui veut l'entendre que "la vie est une connasse à qui il faut envoyer des tartes dans la gueule". Elle t'a collé une torgnole cruelle, et toi tu t'es marré. Oui, tu as ri quand d'autres s'écroulaient. C'est toi qui as soutenu tes proches tandis que tu étais à l'hôpital, et non l'inverse. Est-ce là ce qu'on appelle le caractère? Je crois que tu es l'exemple même du caractère, de la volonté farouche et inusable de vivre, au jour le jour, advienne que pourra.

La tête pleine de projets, je ne regrette qu'une chose, que tu n'aies pas eu le temps de tous les mener à bien.

Mon projet à moi c'est de vivre, de te montrer, où que tu sois, que tu n'auras jamais à regretter de m'avoir montré qu'il faut vivre à tout prix, qu'il faut se battre pour ce qu'on désire.

Merci mon pote, à bientôt si le destin a de l'humour… et le connaissant ironique, on se croisera tôt ou tard, et tu m'offriras un pot en me disant "t'en auras mis du temps mec!"

Aujourd'hui,
On t'a mis dans une boîte.
On t'a incinéré.
Et pourtant tu seras toujours là.

Ton pote, ton ami,

FRED

28 juin 2015

Beau et poétique

C'est... Grandiose!

02 juin 2015

Eugénisme

Suis-je paranoïaque? Suis-je de ceux qui crient au loup parce que je me méfie de l'être humain? N'étant pas spécialement amateur de la théorie du complot, et encore moins des élucubrations de la toile sur les "Chinois du FBI qui mettent des GPS dans les alimentations de PC pour surveiller nos faits et gestes", je reste plus que perplexe quand on me parle de nouvel ordre mondial, de complot judéo maçonnique, ou de toute autre ineptie visant à créer un climat de méfiance généralisé. Qu'on se le dise une fois pour toutes: il y a effectivement des opérations secrètes, des tractations, voire même des choses inavouables qui sont faites soit au nom du saint patron Capital, soit au nom de la raison d'état. Dans un cas comme dans l'autre, l'épouvantail n'est alors pas mis en avant, et nous restons dans le brouillard, n'effleurant que vaguement les sujets importants. Quoi qu'on en pense, le grand public ne peut ni ne veut réellement comprendre ce qu'il se passe dans les arcanes du pouvoir. Il ne peut pas comprendre, car les intérêts supérieurs ne sont jamais ceux des peuples, et ne veut surtout pas en avoir connaissance, de crainte de voir notre petit confort mis en doute. Nous sommes assis sur le mensonge, parce qu'il est notoirement plus confortable de croire que de savoir.

Cependant, rien qu'en regardant autour de nous, nous pouvons faire quelques projections assez simples. Ce nouveau siècle est celui des technologies. Le précédent a vu énormément de choses apparaître, depuis le téléphone en passant par les biotechnologies, mais celui que nous vivons est celui de l'âge mûr pour ces concepts. Il est loin le temps du petit laborantin découvrant par hasard quoi que ce soit. Les nouvelles technologies, qu'elles soient du domaine de l'électronique, ou bien celui des biotechnologies poussent dorénavant l'Homme dans une nouvelle dimension: celle où celui-ci peut se prendre pour un Créateur (entendre par là un sens religieux et non scientifique). Songeons-y sereinement: nous pouvons manipuler le génome des plantes, procéder à des sélections pointues dans les races animales, faire de l'hybridation, et même décoder notre propre cartographie génétique afin d'y déceler des critères discriminants. Je pense donc que nous avons franchi un cap où la seule excuse du "nous voulions tester" n'est plus recevable. Nos connaissances, bien qu'encore balbutiantes dans bien des domaines, nous rendent nécessairement responsables de nos actes, et par voie de conséquence susceptibles d'agir sciemment contre notre propre existence.

Ce que je vois aujourd'hui émerger dans l'immense océan des connaissances, c'est que nous poussons nos recherches dans une direction dangereuse, à savoir l'eugénisme. Le terme est sale, connoté, et il mène immanquablement à des comparaisons difficiles à admettre.
En voici une définition (issue de Wikipedia)
L’eugénisme peut être défini comme l’ensemble des méthodes et pratiques visant à intervenir sur le patrimoine génétique de l’espèce humaine, dans le but de le faire tendre vers un idéal déterminé. Il peut être le fruit d’une politique délibérément menée par un État. Il peut aussi être le résultat collectif d’une somme de décisions individuelles convergentes prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’"enfant parfait".

L'idée est atroce, mais elle est bel et bien en cours de mise en exploitation. En élargissant la démarche à d'autres domaines que l'Homme, l'eugénisme est le nouveau terrain de chasse des scientifiques. Les contradicteurs iront me dire qu'il s'agit là d'une crise de paranoïa, d'une élucubration issue d'un esprit inquiet et donc potentiellement sensible à des raisonnements erronés. Je ne contesterai pas cette analyse, car somme toute moi-même je me demande si je ne pousse pas trop loin la réflexion. Cependant, en mettant un fil dénoué après l'autre, j'ai l'impression que l'écheveau est directement lié à une "perfection" génétique, à une sorte d'idéalisation des sciences au détriment de notre propre existence. La première et évidente direction serait de regarder du côté du vivant dans notre alimentation. Nous créons des OGM, nous les vendons, voire même nous les mangeons, tout en sachant qu'il s'agit là de manipulations potentiellement dangereuses, et que notre absence de recul sur plusieurs décennies ne peut que nous mettre en danger. Evidemment, on me dira que je suis trop sombre, que la manipulation effectuée permet d'augmenter les rendements, de protéger les plantes… Mais quid des hybrides involontaires? Quid des dégâts sur notre écosystème? Nous ne sommes pas des Créateurs, mais probablement notre propre adversaire. On recense déjà des cas graves de plantes OGM ayant donné des espèces hybridées avec des plantes locales, où le résultat se révélait résistant au désherbage, vivace quelque soient les conditions climatiques, proliférant à foison du fait de la programmation génétique initiale… et parfaitement inexploitable pour l'industrie agroalimentaire. De quoi faire frémir. Mais là, ce n'est qu'une première étape.
Quand les labels industriels prétendent vous tenir au courant sur l'état de santé des animaux présents dans votre assiette, vous escomptez que la norme permette de ne pas voir apparaître d'OGM dedans, puisqu'ils sont théoriquement quasi interdits en Europe, et en France en particulier. Erreur fondamentale: BASF a tenté de faire admettre la production de pommes de terre OGM pour l'alimentation animale, et que cette spécificité ne soit pas répercutée sur l'étiquetage des viandes ainsi mises en contact avec. Surprenant? Cela sous-entend donc qu'un porc nourri aux pommes de terre OGM pourra tout à fait vous être vendu sans que vous ayez eu connaissance de ce "détail". L'UE, et surtout quelques états, ont fait barrage et BASF a fini par céder et retirer la demande d'agrément. Mais pour combien de temps encore? Combien de temps les états pourront résister à la pression des industriels?
BASF veut faire passer sa pomme de terre OGM en Europe
BASF retire sa pomme de terre OGM

Il s'agit là d'une simple pomme de terre. D'une goutte d'eau, d'un simple détail technique. Mais il y a bien plus impressionnant: une chèvre produisant de la toile d'araignée … dans son lait!
Un article sur la chèvre araignée
Un autre article sur le même sujet

Là, on touche tout de même à l'apprenti sorcier, sauf que la manipulation n'a rien de fortuite, et que la méthode est clairement déterminée par une idée simple: "améliorer" le vivant. On veut donc aller au-delà de la simple protection et amélioration des espèces. Il s'agit clairement de vouloir créer de nouvelles espèces, et donc devenir des "Créateurs". En quoi est-ce que cela consiste? Tenter de trouver une perfection dans le génome, trouver des débouchés aussi bien économiques que stratégiques. Quand on invente de nouvelles espèces, il ne s'agit pas seulement de se contenter de faire des bénéfices, mais aussi d'avoir un contrôle sur les populations. Quand Monsanto crée des semis qui donnent des graines stériles, c'est pour capter et retenir définitivement les agriculteurs. Quand cette même société fait en sorte que ses graines soient protégées par un brevet, c'est pour pouvoir maîtriser sa clientèle. Quand on détermine ce qu'on a le droit d'exploiter, quand on peut faire mourir un pays en cessant la fourniture des semis, on n'est plus dans le commerce mais bien dans la politique. Et cette politique, elle sent fortement la sélection, le tri entre les "bons" et les "mauvais" clients.

L'instauration d'un monde tout génétique n'a rien d'une simple lubie, et encore moins d'une étape normale dans le progrès industriel. Quand des états riches disposent de médicaments accessibles, peu chers, mais qu'ils n'aident en rien d'autres à se soigner, on n'est plus dans une problématique économique. Quand les pays riches disposent de soins adaptés pour le paludisme ou bien la lèpre, on ne verra pas ces traitements être distribués en Afrique. Faute de moyens? A cause des guerres? Si ce prétexte peut sembler suffisant, il me semble tout aussi probable qu'on ne veut surtout pas aider ces pays à se développer. Il est autrement plus efficace de laisser les "sous-hommes" s'entretuer avec nos armes, nous vendre à vil prix leurs ressources "dont on a plus besoin qu'eux", et surtout les laisser mourir "pour un meilleur contrôle de la population". Etrangement, quand une maladie dangereuse et virulente vient à apparaître (tel que le virus Ebola) et qu'il menace nos contrées, là le monde se bouge pour éviter que la cochonnerie biologique vienne jusqu'à nos portes. Il est alors ironique de voir l'ONU et l'OMS s'agiter frénétiquement pour mettre un terme à la pandémie, tandis que d'autres continuent, car elles ne menacent pas directement notre existence.

Nous tendons à chercher la perfection technologique, mais nous allons dorénavant au-delà: nous voulons une perfection humaine. Entre les tests prénataux poussés (ADN notamment), les thérapies géniques, et même des traitements médicamenteux "préventifs".

La pilule de jouvante? sur topsante.com

Le risque est flagrant: créer une sorte de "nouvelle race" humaine, où l'on va distinguer clairement ceux qui peuvent profiter des progrès, et ceux qui devront vivre sur un ancien modèle. Que va-t-on pouvoir voir? Difficile à dire: nous n'en sommes qu'au début, aux premières heures d'une folie où l'Homme pourrait bien se modifier sciemment, quitte à y laisser bien plus qu'il n'y gagne. Le plus grave, c'est que tant les industriels que les états sont impliqués, et si en façade il n'y a pas de véritable attitude favorable à l'eugénisme, l'arrière-plan est autrement plus flou. On a autorisé le fait que des entreprises déposent des brevets sur la Vie, et donc de détenir des droits sur tout être vivant. Dans le même temps, des états font traîner les choses concernant les débats éthiques, afin que les failles de lois dépassées par les sciences profitent à certains. Ca semble impossible? En interdisant certaines manipulations, en bloquant toute méthode spécifiquement mises en application non pour soigner, mais bien pour améliorer le vivant, nous pourrions éviter des dérives. Mais à aujourd'hui, nombre de pays riches se refuse à agir. Pourquoi? Parce qu'il est économiquement plus viable de laisser faire, ou bien parce que ces études seront favorables à ceux qui ont l'argent? Ce n'est pas l'argent le nerf de la guerre, mais celui qui va profiter du pouvoir obtenu avec.

Je mettais en avant les sociétés. Je vous invite à lire les articles ci-dessous:
Google investit dans les biotechnologies
Le projet Calico de Google
Les investisseurs affluent sur le marché de la biotechnologie

Toutes les méga entreprises visent les sociétés de biotechnologie, car elles semblent receler un potentiel d'évolution monstrueux. Nous sommes encore loin de mesurer l'ampleur du phénomène, et encore plus de saisir les enjeux de cet avenir sous le signe du génome modifié. Médecine, alimentation, armement, natalité, contrôle des populations, tout est un potentiel génétique, et pire que tout un potentiel d'eugénisme massif. L'éthique est un bien grand mot si nous sommes lucides. L'éthique, refuge annoncé pour nous éviter le pire n'est plus un critère de choix.

Je pourrais lister des centaines, voire des milliers d'affaires liées à cette folie, mais il y a sur la forme une chose à ajouter, et celle-ci est encore plus marquante que les autres. Les plus grosses sociétés du monde sont des entreprises directement liées aux technologies tant de l'information, que dans un futur proche à bien d'autres choses. Google comme Facebook se diversifient, et il ne s'agit pas simplement d'une politique d'expansion économique. Le risque d'un glissement vers des ploutocraties n'a plus rien d'une chimère communiste, et son image d'Epinal avec des populations qui se révoltent pour abattre la Machine n'a plus lieu d'être. Quand J.London a écrit "le talon de fer", celui-ci confrontait des ouvriers à des patrons exploitant les masses avec des machines broyeuses de membres et de vies. Aujourd'hui, les industriels ont choisi la méthode douce, à savoir le contrôle par le confort et surtout la peur de le perdre. On est passé du chantage et menace, au contrôle pacifique et discret. Quand une seule et même entreprise détient déjà votre vie privée (Google), et que demain elle pourrait détenir des droits sur votre ADN, pensez-vous que l'état aura encore du pouvoir pour freiner les ambitions de ce géant? Il me semble évident que le risque sanitaire est majeur, et que nous devons, à tout prix, éviter qu'un tel pouvoir soit détenu par une seule firme. Seulement voilà, bloquer le commerce, ce serait alors ne plus être des capitalistes, ce ne serait pas commercialement ni politiquement acceptable.

Nous devons rendre le pouvoir au bon sens. Nous devons absolument légiférer et maîtriser cette expansion des biotechnologies, sous peine de devoir dire un jour quelques phrases aujourd'hui terrifiantes, mais qui sait demain banales
"Dis papi, à quoi ça ressemblait une abeille?"
"Dis papi, pourquoi on ne peut pas semer des graines nous-mêmes dans le jardin?"
"Dis papi, pourquoi papa et maman ils m'ont choisi blond avec des yeux bleus? Moi j'aurais aimé des yeux marron!"
"Dis papi, c'est quoi une pomme?"
"Dis papi, pourquoi il y a partout de la publicité pour les médicaments?"
"Dis papi, c'est quoi un surhomme?"
"Dis papi, pourquoi à la télé ils montrent rien que des gens super forts?"

Ignoble? Caricatural? Regardez vos médias dans le fond des yeux, lisez donc ce qu'ils essayent de vous annoncer: une ère où l'on cherchera l'uniformisation, une forme de perfection, et où l'on voudra gommer la différence, effacer l'individualité, et où l'on se cherchera tôt ou tard des excuses quand nous aurons dépassé les bornes.

29 mai 2015

Défendons Timo

Là, je sens que certains vont me regarder de travers, comme si j'étais un traitre à mes propres opinions. J'ai effectivement été virulent concernant le hollandais volant, mais les échanges que j'ai pu avoir avec lui ont toujours été intelligents et cordiaux. Nos divergences d'opinions n'ont en ce qui me concerne pas changé le fait que je respecte ses idées, et plus encore qu'il est quelqu'un qui me semble agréable et intelligent. Pourquoi je parle de défense? Parce qu'une fois de plus, le net démontre sa plus grande faiblesse, à savoir le besoin maladif d'agresser les gens sous couvert d'anonymat.

De quoi je parle?
Commentaires sur son propre article
Les commentaires et l'article en question
Alors, reprenons les faits tels qu'ils sont. Timo a rédigé un article pseudo scientifique, avec pour seul plaisir celui de partager quelques opinions personnelles. De fait, c'est un article de BLOG, et non une référence scientifique absolue, et encore moins une démonstration magistrale d'expertise. Si l'on se devait de rédiger des articles plus complexes, m'est avis qu'un blog serait strictement insuffisant, car un ouvrage serait le format le plus approprié. Dans le cas cité (à savoir l'armure d'iron man), l'évidence est qu'il y a tellement à dire, et qu'il y a tant de technologies en jeu qu'il se révèle impossible, sur un article aussi court, d'être parfaitement exhaustif. Alors, espérer trouver "l'article" absolu, "la référence" parfaite qui fera autorité, c'est comme espérer trouver de l'or en tamisant le bac à sable d'un jardin public.

Sérieusement les gens, avez-vous deux doigts de jugeote, ou est-ce le besoin maladif de reconnaissance qui vous pousse à râler, agresser et insulter gratuitement les autres? La science n'est infuse pour personne, pas plus qu'être omniscient est possible. J'estime qu'il y a toujours à apprendre, et que seule (je cite) "le croche-pied rigolard de la mort imbécile" qui nous interrompt dans la quête du savoir. Quand Timo lance un article, c'est par jeu, par plaisir de voir ce qu'il peut extraire de ses propres connaissances, et l'espace dévolu aux commentaires n'est là que pour échanger, pas pour se poser en tant qu'autorité, et encore moins en accusateur. Les tribunaux staliniens n'existent heureusement pas en France, mais la toile semble visiblement propice aux sessions extraordinaires de ces tribunaux. Tout ça pour quoi? Critiquer un texte s'adossant à un film fantastique, donc à une œuvre de fiction? Qu'on aille mettre en doute des compétences, ce n'est pas illégitime en soi. Qu'on les complète en précisant quelques erreurs, ou en citant des sources, admettons, mais de là à se faire insultant et hautain, il y a là une frontière qui me semble à ne pas franchir.

Comme je l'ai déjà maintes fois répété, rabâché et même ânonné, le savoir est une chose que l'on doit partager, parce que c'est par le partage et l'échange qu'il y a progrès. Se supposer expert, c'est en soi une bêtise, car il s'agit avant tout de prétention et non de constat. Quel est cet orgueil qui pousse celui qui dispose d'un peu de confiture de l'étaler du sol au plafond? Quelle est cette manie de vouloir traiter celui qui se trompe d'imbécile, alors que tous nous le sommes tôt ou tard? La certitude, c'est ce qui rend sectaire. Imposer cette certitude, c'est devenir un dictateur. Dire que l'autre se trompe sous le seul argument de ne pas être d'accord avec lui, c'est du fascisme. Me concernant, les articles de Timo ne méritent pas qu'il y ait autant de bruit. Ils sont ce qu'ils sont, intéressants ou non selon l'opinion de chacun, probablement incomplets et/ou erronés, mais ils ne donnent en rien le droit d'être insultant.

Vous pensez que l'autre a tort, qu'il se trompe? Argumentez, défendez vos idées. La plume est là, elle est libre, elle vous est mise à disposition afin que vous puissiez, le cas échéant, aider l'autre à mieux saisir son erreur. Ce qui m'est insupportable, c'est que par défaut la leçon est aujourd'hui faite non par le menu, mais par la menace. Non: se tromper ne mérite aucun acte de contrition ou de soumission, et se croire important en se faisant plus gros que l'on est n'est à mon sens que pur narcissisme.

J'espère que Timo continuera à écrire ses articles. Ils ne me passionnent pas tous, certains ne m'intéressent carrément pas, mais je tiens à ce qu'il continue, rien que pour montrer aux plus obtus que l'agression ne peut qu'inciter à agir et à perpétuer ce droit à l'expression. Je me suis fait littéralement agresser pour avoir défendu des idées, et je n'en ai pas démordu pour autant. Timo, si tu me lis, fais en autant: leur laisser le plaisir d'avoir "vaincu", c'est déjà reconnaître qu'ils ont raison. Or, le simple fait d'être insultant leur donnent tort. Alors, accroche-toi au bastingage, mords si nécessaire, et montre que tu n'es pas une personne qui se laissera démonter par des anonymes de la toile.

27 mai 2015

Crédible sur la pellicule

J'aime le cinéma, mais d'un amour particulier, celui qu'on peut éprouver quand on regarde un animal particulièrement laid, au regard vitreux, qui tient plus de la serpillère mal essorée que du canon de sa race, mais qui vous rassure et qu'on adore malgré tout. C'est ainsi: j'ai cette tendresse pour le cinoche, ce cinéma soit de genre, soit tout simplement d'action, qu'on s'enquille avec le cerveau dans la poche et le popcorn encore collant de caramel entre les doigts. Il est là, s'étalant pleinement sur une toile gigantesque, vous agressant littéralement la rétine par ses effets et les tympans par ses détonations, mais sans pour autant solliciter votre intelligence ou votre bon sens. Le cinéma, c'est un divertissement, un art qui peut autant s'apparenter à un "sitôt vu, sitôt oublié" qu'à un "inoubliable moment de grâce". Entre les deux, il y a toute la diversité des œuvres, qu'elles soient prétentieuses ou juste ratées. Lesquels aimer alors? Difficile à dire pour faire une généralité, mais aisément définissables pour chacun d'entre nous.

Ce qui me fait systématiquement rire, c'est quand le film tente de me prendre par la main et de me filer des raccourcis stupides pour me faciliter la tâche. Ainsi, les films d'action ont le don de provoquer l'hilarité involontaire, car tant les situations que les ressorts scénaristiques prêtent aisément à rire. Les exemples sont si nombreux qu'il faudrait tout un livre (si ce n'est une encyclopédie) qu'on se doit d'éviter une énumération aussi fastidieuse que finalement inutile. Ceci dit, il y a les clichés classiques, les inévitables accessoires indispensables pour dédramatiser une situation, et surtout les abominations techniques qui tentent vainement de se camoufler dans le bordel ambiant d'une scène à gros budget.

Nombre de sites se sont déjà attaqués à cela, et je vous invite à chercher sur la toile pour vous faire une idée. Mais si l'on reste sur un pied technique, il y a déjà de quoi avoir quelques suées, voire même des moments de "Heu, là non les mecs, c'est un peu gros tout de même". Comme je l'ai dit précédemment, faire une liste serait bien trop fastidieux, mais en y repensant, quelques exemples sont toujours bons à prendre. Commençons par du très lourd, du visuel, bref du si énorme que n'importe quel être pourvu du minimum syndical de neurones peut faire sursauter: Die Hard 4.0. Ce film, à lui seul, est du pain béni pour l'esthète de la technique, car il pourra grogner à sa guise durant tout le déroulement du film. Pour qui n'a pas vu ce "nanar" succulent, je vous invite à vous envoyer cette chose avec des chips et des bières, puis de reprendre la lecture de ce texte avec à l'esprit ce que vous venez de visionner.

Allons-y cher public, amusons-nous!
Dès le départ, on voit qu'on tente d'assassiner des hackers en ayant posé des explosifs reliés à un clavier. Une touche particulière est supposée faire sauter la charge, et l'utilisateur avec. Alors, rien ne choque le spectateur? Pourtant, ça paraît être une évidence! Prenons un peu de quand, une pincée de pourquoi, avec une bonne dose de "Mais c'est stupide". Le quand se résume à "Quand ces cons ont-il pu matériellement poser la charge? Un hacker passe sa vie derrière un clavier, alors quand réussir à monter un piège aussi subtil?". Le pourquoi est encore pire "Pourquoi une touche, sachant que quasi toutes les touches sont utilisées quand on tape régulièrement sur un clavier". Absurde, sans intérêt, et donc juste bon pour le scénario et le côté esthétisé du piège. Un second bout de "pourquoi" peut s'en mêler: "Comment garantir que ce soit la cible qui sera assise derrière le clavier? Pourquoi ne pas le flinguer bêtement et méchamment?". Et pour le "C'est stupide: un hacker, c'est tout sauf un guerrier, un tireur d'exception ou juste un sportif. Un flingue et la question est entendue!".
Enchaînons un peu sur quelques scènes grandioses: il y a une poursuite assez grandiose dans un tunnel routier, où à son extrémité attend un hélicoptère. John, mon cher, NON on ne peut pas balancer un hélico contre un hélico, juste en le faisant prendre appui sur un bout de béton. J'attends de voir quiconque parvenir à faire cela, surtout dans le feu de l'action!". Bien sûr ça en jette, ça permet de lâcher la petite vanne bien sentie si chère aux héros amerloques, mais là, non, juste non et encore non. C'est con, stupide, visuellement léché mais parfaitement ridicule.
Une autre prise au hasard (désolé je ne respecte pas la temporalité du film, mais après tout on s'en fout): le jeune hacker que sauve puis protège notre John national tente un piratage et donc une connexion via un téléphone cellulaire… directement sur un satellite. Admettons que le téléphone soit réellement un appareil satellite (ce qui n'est hélas pas le cas), il est hautement improbable que quelques lignes tapées sur un appareil de ce genre puisse faire tomber les sécurités! Ridicule, mais encore une fois, ça en jette, c'est bien pour inquiéter Mme Michu qui va encore trembler concernant "l'internet des terroristes où l'on vous pique tout jusqu'à votre vie".
Ah oui, j'oubliais le principal: la liquidation. L'idée de fond du scénario est qu'une bande de pirates puisse faire tomber les infrastructures d'une nation en la piratant, et en sabotant donc les communications, le fonctionnement des réseaux téléphoniques, électriques, la signalisation dans les rues, ou encore mettre à genoux tous les systèmes bancaires. Soyons clairs: les réseaux sont certes interconnectés à outrance, mais il est techniquement impossible de tout prendre simultanément. Il n'est pas impossible de saboter les télécommunications, voire les paralyser, mais dans des pays aussi vastes que les USA, c'est de l'ordre de l'improbable. Au mieux cela pourrait mettre un peu de pagaille, mais pas une crise majeure sur tout l'état.
Dernier point, et là on est dans le domaine du comique tant la scène est ridicule: John, debout sur le dos d'un chasseur (oui oui, debout comme un surfeur sur sa planche en fibre de verre), et qui réussit à ne pas se vautrer et finir en steak tartare. Remarque importante: je suppose que le pilote est un abruti, car il lui suffirait de remonter en altitude, puis simplement de cabrer comme un bourrin pour voir son passager clandestin passer pardessus le bord. Meuh non, John est increvable, c'est connu!
Au final, il ne faut surtout pas prêter attention à de telles choses, sous peine de se gâcher l'expérience. Je suis plutôt bon public, voire même du genre à laisser glisser les énormités classiques de ce genre de cinéma: flingues à munitions illimitées, scènes esthétisées à outrance par les ralentis, duels finaux avec un chef increvable, explosions en pagaille, cris de guerre du héros… La liste s'allonge comme une queue devant un magasin d'état à Moscou en 1989. L'énormité de la chose passe parce qu'on a envie de se décérébrer. Mais, dites, faites un effort: on n'est plus à l'ère où les gens ne comprenaient rien. A force de fournir de l'information sur le net, d'avoir des sites qui relèvent les conneries de nos chers réalisateurs, tentez au moins de faire en sorte que cela reste un minimum crédible. Pour la SF, je suis encore plus patient, faute de connaissances en astronomie, ou plus prosaïquement parce qu'il faut des raccourcis techniques pour permettre à l'histoire d'avancer (voyages au-delà de la vitesse de la lumière, bruits dans le vide spatial…).

J'aime le cinéma, pas qu'on me prenne pour un con… sauf si le film est là pour avoir comme seule prétention de me distraire, ce qui est déjà un exploit en soi. Un bon film d'action, c'est marrant, son scénario tient sur un timbre-poste, c'est tout sauf crédible, mais on s'en fout puisqu'on s'amuse! Arrêtons de les vilipender sous prétexte que le cinéma est un art où l'intellect doit se développer. Foutaises: le cinéma est une industrie, qui peut livrer des produits bien finis, des œuvres complexes et nécessitant de réfléchir, comme des bons gros navets produits à grands frais et dont on ne retiendra que l'essence faisandée, celle où la caméra prend trop le spectateur pour un con. Alors, Hollywood, fais l'effort et produis donc des choses qui font rire, mais pas à tes dépens!