11 juin 2010

Et une autre bien fun!

Quand les adultes redeviennent des gosses!

Une vidéo de Moby

Si juste et si triste...

10 juin 2010

Comment ne pas avoir à se taper votre famille en quelques leçons très simples

Comme promis dans le message précédent, je vous annonce une sorte de petit livret à utiliser en cas de problèmes réguliers dans la gestion de votre entourage familial, notamment quand celui-ci vous encombre plus que de raison. En effet, comme le dit la petite phrase assassine « On choisit ses amis, on ne choisit pas sa famille ». Cette phrase peut être élevée en règle de vie tant la notion de famille est volatile : un cousin pénible et qui aime jouer les invités surprise, un demi-frère moralisateur, ou encore une belle-sœur qui ne débarque que pour vous taper de cent balles, les exemples sont nombreux. Il faut donc savoir se prémunir contre ces parasites sociaux, tout en jouant d’une forme particulière de diplomatie. Notez qu’au même titre que les repas interminables et souvent pénibles, il faut parfois faire preuve de tact, et donc éviter les crises.

Tout d’abord, un fondamental : ne perdez jamais votre sourire. Qu’il soit teinté d’ironie, ou qu’il soit crispé comme celui d’une statue de cire, ne faites jamais la gueule. C’est une évidence : plus vous bouderez, plus vous serez la cible de celles et ceux qui n’ont d’autre activité dans l’existence que de se mêler de ce qui ne les regardent pas. A eux, présentez donc un faciès avenant, n’hésitez pas à entrer dans les discussions pour sembler affable, voire même bavard. Un bavard agace, et on aime à l’isoler… Alors parlez plus que de raison ! Enlisez les discussions, pourrissez l’ambiance avec un air si angélique qu’on pensera à de la candeur ; Feinte, bien entendu. Dans les cas où vous ne pourrez pas provoquer la crise comme dans mes exemples de la veille, soyez plus malin que votre pénible cousin, jouez de la charité intellectuelle en lui tendant des perches qu’il aimera saisir, à son grand dam puisqu’il aura attrapé la perche supposée salvatrice, alors qu’elle sera la trique pour le battre.

Maintenant que le décor est planté, fourbissez vos armes en fonction des situations. Il faut dans un premier temps définir qui est votre boulet du jour, et donc spécifier en quoi il vous encombre. Les sujets les plus communs sont ceux qui se plaignent à tout va de l’existence, ceux qui sont fauchés et qui vous empruntent du fric, et ceux qui aiment à critiquer tout ce qui bouge. Il y a d’autres espèces, comme les piques assiettes, les « bonne conscience » et les pires de tous, les candides. Alors, maintenant que vous avez ces critères en tête, utilisons les pour les virer sans que cela soit une déclaration ouverte de guerre… Car ces gonfleurs de rate sont ceux qui savent aussi se faire aimer de tous. « Mais non, le cousin bidule n’est pas un glandeur qui emprunte sans jamais rembourser, c’est un type qui traverse une mauvaise passe ! » … mouais, une mauvaise passe d’une décennie, c’est long. Enfin bref, prenons les un à un et ouvrons les hostilités secrètes.

Alors… commençons par les geignards. Cette espèce est connue de tous, nous les avons tant comme familiers que comme « Merde, c’est le copain d’un pote ». Celui-là, s’il débarque, c’est la larme à l’œil pour se plaindre pêle-mêle de sa copine qui s’est barrée (tu m’étonnes), des impôts qui ne lâchent pas le morceau (10.000 Euros de dettes, ça ne s’enterre pas mon pote), de sa bagnole pourrie (dont il omet de préciser qu’il ne l’entretient jamais), ou encore de sa maladie (imaginaire). Comment le faire taire, comme réussir à le détourner de sa plainte lancinante et casse bonbons ? Facile, contrairement à ce que vous pensez ! Laissez le dans un premier temps vous faire son cirque, mais sans commenter ou abonder dans son sens. Laissez le s’enfoncer péniblement dans ses explications, tout en refusant toujours de prendre parti. « Mais oui, je comprends, mais comprends la aussi » pour sa copine partie, « Tu leur dois ce fric, non ? » concernant les impôts, « Passe au garage pour faire les travaux » pour la voiture, et fin du fin « Tiens, voilà mon médecin traitant, il est excellent » concernant son mal inconnu et intolérable. Bien entendu, cela va pousser le couineur du vendredi soir à se récrier, à vous traiter de sans cœur et j’en passe… Laissez dire ! Ne le brusquez pas, il serait foutu de vous pomper l’air deux heures durant pour vous faire comprendre que vous êtes dans l’erreur. Une fois qu’il se plaint plus brutalement, lancez LA phrase qui solde le contentieux : « Oh après tout, fais comme tu l’entends, c’est ta vie pas la mienne ». Hop ! Vous êtes un sans cœur ! Oui ! Un sans cœur, mais un sans cœur peinard qui va pouvoir aller se reposer au lieu de se coltiner les sanglots long du crétin qui vient tout le temps, même en automne.

Le fauché. Ah, le fauché, l’investisseur malheureux, le ruiné par Eurotunnel (soi-disant), celui qui a fait une mauvaise affaire… Cet énergumène ressemblant plus à un démarcheur d’aspirateurs foireux et vendeur de poudre de perlimpinpin vient toujours vous taper d’un billet (plus ou moins gros selon votre cœur et votre crédulité) pour se retaper (encore soi-disant). Le coller à la porte, ou plutôt le pousser à partir de lui-même ? C’est généralement très simple, encore faut il accepter de mentir comme un arracheur de dents, et y aller franchement au culot. Premier pas vers la délivrance : lui parler de VOS problèmes financiers (imaginaires j’espère). Parlez lui longuement, avec force larmes et gémissements de plainte de votre crédit à taux variable, de la bagnole qui justement commence à battre de l’aile, ou pire encore, de la mutuelle qui refuse de payer les lunettes de la petite dernière. Parlez aussi avec les mêmes jérémiades du pognon que vous versez pour financer une arrière grand tante malade (et imaginaire), ou encore de votre mauvais placement en bourse. Tiens, il a autre chose à faire, il est en retard… chouette, il s’en va ! Efficace, cruel, et surtout… vicieux, parce que le personnage ira colporter tout ceci au tout venant, ceci vous garantissant, à terme, le soutien de votre famille (la partie honnête en tout cas), ainsi qu’une étrange disparition des quémandeurs habituels.

Les critiques sont une espèce réellement protéiforme. Généralement, cet aspect insupportable de leur personnalité fusionne avec d’autres, comme par exemple le piqueur de fric et le critique s’emboîtent bien pour donner « Société de merde qui ne me donne pas toutes les possibilités de m’épanouir ». De ce fait, l’emmerdeur qui critique tout, et vous avec, a le don d’exacerber vos envies d’homicide. N’en faites rien (à moins d’être sûr de votre fait, mais ce ne sera pas l’objet d’un cours sur le meurtre prémédité…) ! Jouez au contraire avec ses nerfs à lui ! Hé oui : le critique cherche soit l’affrontement pour légitimer ses opinions, et c’est là qu’il faut faire preuve de stratégie. S’il sourit de ravissement en vous insultant, jouez les flagorneurs, reconnaissez tous les torts et pire encore, quitte à vous accuser vous-même de légitimer l’usage d’esclaves humains dans les mines de sel de dieu seul sait quelle république ex Soviétique à l’orthographe incompréhensible. Cela l’agacera au plus haut point, et pourtant il ne pourra alors pas vous blâmer, vu que vous lui donnez entièrement raison. Jouez les masochistes ! Il fuira l’absence de résistance, et vous taxera d’être « que des dingues ». Ca tombe bien : les dingues n’aiment apparemment pas les cons.

Le pique-assiette est l’espèce la plus facile à virer : déclarer d’emblée qu’il n’y a rien à bouffer, et que le buffet est payant, et paf il s’envolera en maugréant contre votre pingrerie. Insistez pour qu’il reste en annonçant un tarif exorbitant auquel vous aurez « la générosité » de faire un rabais fort intéressant. Dites « 85 Euros par personne, je te le fais à 50 parce que c’est toi… payable d’avance » ; Tiens, il a fui le pourri ! Chouette, il n’essayera plus de s’incruster à l’heure du repas celui-là !

Les « bonne conscience » n’apparaissent que plus rarement. Ce sont ceux qui se font mousser d’être venus vous soutenir dans les moments pénibles, d’être là quand vous avez besoin d’eux, qui ne se priveront jamais de vous le rappeler. Là, pas de pitié : virez les ouvertement en disant que vous n’avez pas besoin d’une pleureuse dans vos pattes. Radical, méchant, mais excusable puisque vous êtes dans une mauvaise passe. Allez y franco, tirez dessus, soyez cruels en lançant des « tu n’as pas assez de tes ennuis, alors tu viens regarder ceux des autres pour te rassurer ?! » Criez si nécessaire, pour créer un malaise dans l’assemblée, pour qu’il ait une telle honte qu’il n’y revienne plus.

Et enfin, le champion du monde, l’insupportable, l’impardonnable crétin, le candide, celui à qui il n’arrive que des emmerdes parce qu’il est trop candide et con pour les éviter. Ce phénomène social, ce parasite involontaire, c’est le pire des pire, parce qu’il est très difficile de lui reprocher autre chose que son manque chronique de tempérament. L’engueuler ? Inutile, il pleurera comme une madeleine. Le soutenir ? Il vous tiendra alors la jambe pour quémander des conseils. L’aider financièrement ou moralement ? Vous en ferez un assisté qui vous fera les poches, et s’habituera à la situation. Alors, que faire ? Tout dépend. Pour ma part, j’use de la stratégie inversée, qui consiste à lui demander des conseils alors qu’il est déjà largué. J’use et abuse de ses avis éclairés, pour ensuite lui dire « ben tu vois, tu peux me conseiller et m’aider, ça veut dire que tu peux te dépatouiller »… et donc de lui donner temporairement de la confiance et de la contenance, juste le temps qu’il lui faudra pour rejoindre la rue, et qu’il comprenne alors qu’il s’est fait rouler. Ne chargez pas trop la mule, posez des questions sur des sujets qu’il prétend (à tort) maîtriser, emmenez le jusqu’à l’extase de la satisfaction, et vous en serez débarrassé… jusqu’à son prochain gadin. Enfin bon, on ne peut pas non plus tout lui reprocher : c’est un candide après tout… C’est presque excusable !

Quoique…

Allez, vous me les brisez ! Les casses burnes, dehors ! Oui tata machin, je m’en cogne que tu aies de la tension, moi j’ai ma rate qui se dilate. Non cousin bidule, pas un kopeck, je ne suis pas l’armée du salut. Oui Chose, je comprends que cela te fasse du mal… mais tu me les brise à ne pas te bouger le cul ! NON ! Oncle Truc, tu ne boufferas pas dans MA gamelle, sauf si tu aimes les croquettes pour clébard. Non ? Alors dégage.

TOUT LE MONDE DEHORS !

Fais chier, j’ai perdu mon sang froid…

09 juin 2010

Faites grincer des dents votre entourage

Certaines attitudes sociales sont plus recommandées que d’autres. En effet, on conseille fortement au beau-fils de fermer sa gueule face à la belle-mère envahissante, au salarié de s’écraser face à son chef, ou encore de ne pas avoir de propos désobligeants avec un type en uniforme. Somme toute logiques, ces attitudes sont pourtant bien souvent empruntes d’un désir immodéré de beugler un « merde ! » salvateur, d’autant plus quand l’intéressé est obligé de faire des courbettes et des ronds de jambes. Qui n’a pas eu envie d’étrangler un parent insupportablement prétentieux et pédant ? Qui n’a pas ressenti l’intense désir d’accrocher à son véhicule la carcasse décharnée d’un agent assermenté, affecté à votre insécurité ? Admettez que se mordre la lèvre et se taire relève parfois du challenge, ou du supplice de Tantale. Dans le meilleur des cas, on arbore un sourire de circonstance, on se tait, on fulmine intérieurement, et l’on plie bagages aussi vite que possible, ceci pour réduire au maximum la durée de la torture mentale.

Cessez donc d’agir de la sorte ! Le remède est pourtant aussi simple et identifiable que le mal, parce que finalement, quel est le mal, si ce n’est le fait qu’on accepte tacitement de ne pas réagir ? Agissez, exprimez vous, dites ouvertement ce que vous pensez, n’ayez plus peur de froisser. Déjà, vous ne sentirez plus la tension intérieure d’avoir été tenu au silence, ce qui en soi est une grande victoire sur l’adversité. Ensuite, respirez, prenez une bonne bouffée d’oxygène, car il vous faudra gérer le pogrom à venir. Hé oui : envoyer balader la belle-mère, c’est prêter le flanc à la colère de la compagne (ou du compagnon), mais également donner une chance inespérée à celle-ci de se plaindre de vous. Pas de panique, il y a également des méthodes efficaces pour faire grincer des dents la vioque aussi chiantes que du chiendent, les crises d’urticaire en bonus. Pour cela, agissez avec intelligence, ne jouez pas les bulldozers aveugles de la bande de Gaza, soyez plus pernicieux !

Il ne faut jamais, ô grand jamais soulager votre ego flétri par des colères rouges agrémentées de noms d’oiseaux. Déjà parce que l’élégance prône que les insultes soient réservées aux classes inférieures, et parce que se mettre à postillonner a quelque chose d’inélégant. Servez vous des arguments et idées de l’adversaire, et surtout mettez le en défaut aussi souvent que possible. Je vous avertis par avance, il faut le faire avec un argumentaire aussi solide que complet, sous peine de passer pour un « fouteur de merde », bien que cela puisse servir à ne plus avoir à supporter le sempiternel cassoulet familial aussi bourratif que trop cuit. J’aborderai peut-être la question dans un autre texte, sous l’étiquette probable du « comment ne pas avoir à se taper votre famille en quelques leçons très simples ».
Revenons à nos moutons, ou plutôt à nos punaises ; tout d’abord, identifiez le sujet qui passionne la cible. Généralement, vous avez tous remarqués un certain radotage concernant des thèmes tels que l’immigration, la prostate du grand oncle Machin, ou encore sur la politique économique du président. Là, engagez la cartouche et tirez le chien, simplement en lançant des piques bien senties. Si c’est un cancer, et que le « pauvre tonton » était un alcoolique, n’hésite pas : « Il aurait pu apprendre à se modérer ». Si c’est l’économie ? « Que proposez vous ? Une réforme des systèmes de taxation de la richesse boursière ? ». Si c’est l’immigration, faites preuve d’imagination… tout est possible !

Toutefois, faites le, je le répète encore, avec intelligence. Si l’insupportable compagnon de tablée connaît le sujet, traînez le sur des terrains boueux où vous savez qu’il s’enlisera à loisir. Un fervent partisan du capitalisme aura du mal à défendre le pourquoi des fermetures d’usines rentables, et la création d’un chômage au profit du capital (donc au détriment de la nation). Un amateur des méthodes expéditives sera sûrement mal à l’aise à la suggestion de l’instauration de brigades dignes des voltigeurs de triste mémoire. Le fin du fin, le caviar du fouteur de merde des repas familiaux, c’est la gauchiste de salon ! Là, sortez l’artillerie, visez juste, et videz la culasse ! En effet, ce sont les mêmes qui se plaignent que « le petit Nico, il ne trouve pas de boulot, c’est terrible quand même, ce chômage » et qui ajoutera dans la foulée au détour d’une melba infecte « on devrait régulariser les sans papiers ». Là, faites votre fasciste qui se cache, piquez au vif avec un « Et ces régularisés, ils vont avoir du boulot ? Et pour Nico alors ? ». Oui je sais, c’est dégueulasse, mais ça marche.

Jouez aussi les antagonismes. Prenez un couple que vous avez en grippe, et jetez les l’un contre l’autre sur des sujets où ils ne s’entendront jamais. Lui est adhérent CGT à la SNCF, elle est cadre dans une société de service où son salaire est mirobolant. Balancez leur un sujet sur du social… Et comptez les points. De temps en temps, abondez dans le sens de l’un ou de l’autre, parce que cela fait grand seigneur de ne pas soutenir une idée, et parce que cela leur fera croire que vous êtes quelqu’un d’intelligent et posé. C’est un régal, surtout si tout le monde se détourne de vous pour se mettre sur la gueule.

Et là, ce sera le moment de prendre la tangente, satisfait de ce forfait verbal, vous assurant quelques mois de quiétude, parce qu’on ne réinvite que rarement les fouteurs de bordel ambiant. Bien sûr, l’obligation morale et généalogique aidant, vous devrez sacrifier une autre soirée, mais aussi lointaine que possible ! Ahhh… que ça fait du bien de dire merde à celles et ceux qui vous prenaient pour un idiot fini… Que c’est bon de savourer un moment où vous n’êtes plus au centre des préoccupations !

08 juin 2010

Culture électronique

Je crois que nous sommes entrés dans une ère culturelle jamais connue jusqu’alors : celle de l’omniscience. En effet, la culture était auparavant au mieux peu accessible aux masses, au pire totalement réservée à une élite lettrée, formée à la seule fin de maintenir et contrôler les foules. A présent que le numérique est devenu quelque chose d’ordinaire, chacun peut (en principe) apprendre, découvrir, et s’informer, ceci sans pour autant être obligé de compter sur le système scolaire, ou sur des médias fortement politisés et censurés. Dans ces conditions, nous sommes devenus « omniscients », au titre que le réseau devient peu à peu capable de répondre à toute interrogation de l’être humain, à condition, bien entendu, que quelqu’un ait daigné prendre le temps de laisser la réponse dessus !

Que ce soit pour se renseigner sur une période historique à travers des encyclopédies en ligne, ou des sites plus spécialisés, ou pour connaître l’avis d’acheteurs pour un produit particulier, nous pouvons nous reposer sur le réseau pour ne plus être dans l’ignorance. Vous voulez changer de machine à laver ? Des comparatifs techniques argumentés sont disponibles. Votre fils veut le dernier jeu à la mode que vous ne connaissez pas ? Pas de panique, des vidéos, des extraits et des tests sont visibles partout sur la toile, ceci vous apportant la certitude qu’il n’est pas trop jeune pour y jouer. Ajoutez à cela les démarches philanthropes comme la numérisation des livres (et leur potentielle mise à disposition gratuite), la diffusion de musique et de contenus additionnels pour les films, et vous obtenez le web tel qu’il devrait être, c'est-à-dire une énorme base de connaissances, un univers d’échanges rapides et surtout le socle des futures discussions.

Les scientifiques sont les premiers à avoir identifiés le besoin, ceci de manière à accélérer les échanges d’informations pour leurs recherches. Plus de papier à envoyer, plus de patience à avoir avec le courrier, le réseau leur permit d’optimiser la communication. De la même manière que le pigeon voyageur fit partie de l’arsenal du renseignement allié en France, le web est aujourd’hui un outil indissociable de la guerre de l’information des champs de bataille modernes. Même les grands médias sont aujourd’hui présents en masse, ceci en rendant interactifs l’information, les schémas, les animations, en complétant leurs offres par des commentaires des internautes… Et c’est là que la dérive commence réellement. Qu’est-ce qu’un internaute, si ce n’est vous, moi, en fait toute personne connectée ?

J’ai nommé cet article « culture électronique » parce qu’il est spectaculaire de constater à quel point l’informatique et l’électronique sont devenus des domaines où la foi complète l’information. Quand on parle de « keynote » chez Apple (réunion annuelle de présentation des nouveaux produits à venir), on parle souvent de « messe ». Cela prend donc une dimension mystique, et qui dit mysticisme dit aussi potentiellement ostracisme, avec le rejet des autres, isolement volontaire d’une communauté, et une forme insidieuse d’évangélisation des masses. Apple n’est pas le seul à agir de la sorte, mais il représente tout ce qu’une culture électronique peut être : des produits élevés au rang d’icônes, des attitudes pourtant commerciales traitées comme des réflexions philosophiques, et un leader charismatique systématiquement encensé par les masses passionnées. On note également une forme d’acharnement à refuser la discussion, et en retour une attitude hostile des non convertis, ceci pouvant mener à l’affrontement verbal.

A force de croire que la culture est électronique, nous finissons par oublier que la culture est quelque chose d’intangible : celui qui lit se cultive, celui qui fait de la musique ou en écoute aussi, tout comme celui qui dessine crée de la richesse culturelle. Le fait que le web permette la diffusion rapide et globale des données n’est qu’un support, pas une entité pensante, et encore moins une autorité morale. Nombre d’observateurs avertis martèlent que le réseau doit être neutre, c'est-à-dire exempt de contrôle étatique (comprendre censure gouvernementale comme en Turquie/Chine avec Google), fonctionnant sans que les opérateurs soient des juges de paix, et que l’utilisateur peut y avoir le droit à la vie privée, tout comme à l’anonymat (dans les limites légales bien entendu).

Le net n’est pas du tout une référence intellectuelle, il n’est qu’une vaste bibliothèque où se mêlent le vrai, le faux, le précis, l’incohérent, le tolérable, l’atroce, et que c’est à chacun d’y trouver son plaisir ou son besoin. C’est une notion vitale, car, plus d’une fois, des personnes s’appuient sur des « vérités » virtuelles, ceci pour finir ensuite ridiculisés de par la nature même de l’information : absurde et fausse (demandez à BHL l’effet que cela fait de passer pour un imbécile en citant des références qui n’existent pas…). Il est clairement difficile de penser que nous sommes capables de tout vérifier, de tout valider, et donc de créer une véritable culture omnisciente virtuelle. Après tout, qui est le contrôleur, si ce n’est nous même… Et les cas de problèmes liés à la véracité de l’information sont légions, et les tribunaux n’ont pas fini de devoir traiter des affaires liées à cela. Neutre, le réseau l’est par son essence sans conscience. En revanche, nous ne savons clairement pas être neutres, encore plus si les sujets abordés sont sensibles. Politique, économie, morale, religion, guerres… que des sujets épineux toujours sujets à controverses.

En admettant qu’il y a nécessité de contrôler, nous admettons donc, par dépit et non par véritable acceptation morale, de devoir censurer et faire valider des propos et des contenus. Mais qui contrôle les contrôleurs ? La question se pose au quotidien avec les environnements tels que les forums ; espaces ouverts (soumis à une simple inscription), l’immense majorité de ceux-ci fonctionnent sur l’autorégulation, comprendre par la gestion faite par des bénévoles, dont les responsabilités sont, mine de rien, très limitées. Que de despotes, de petits acharnés fiers d’un pouvoir aussi vain que virtuel ! Trouver un consensus sur l’élection d’un opérateur (en gros, d’un censeur) n’est pas chose aisée, car les conflits d’intérêts et d’opinions ne peuvent que s’exacerber. Alors, quelle solution viable ? Une charte ? Des lois ? L’appareil juridique n’est pas impuissant vis-à-vis du net, il est simplement nécessaire que ceux qui s’en servent soient formés à la problématique, pas de laisser libre court aux interprétations les plus saugrenues.

Enfin, une question demeure, et c’est la pire de toutes : jusqu’à quel point va-t-on laisser le web devenir omniscient nous concernant ? Les réseaux sociaux (que je déteste cordialement) vont jusqu’à localiser leurs utilisateurs, et leur accorder des bonus ! Des équipements de plus en plus compacts permettent une diffusion en temps réel du son et de l’image (webcams, téléphones mobiles ultra riches…), et des mairies mettent à disposition des réseaux sans fil… Jusqu’où pourra-t-on envisager de rester tranquilles, quand tout sera interconnecté, disponible, et visible ? Ce droit à la liberté d’opinion pourrait devenir un véritable piège pour les citoyens, tant il est déjà relativement facile de pister quelqu’un. La Chine démontre chaque jour que la traque aux opposants n’est pas dénuée de résultats ; la Turquie montre depuis quelques jours son véritable visage de censeur. Et puis, qui ne tremble pas à l’idée d’être juste étiqueté grâce au web ? Les réseaux sociaux sont renseignés volontairement par ceux qui, en théorie, tiennent à leurs libertés fondamentales. Renseigner volontairement un fichier digne des pires fichiers policiers, cela a un aspect quand même assez hallucinant, non ?

J’estime qu’il est de notre devoir individuel de ne pas laisser des traces sur le réseau, sauf à vouloir les revendiquer haut et fort.

Et c’est ce que je fais.

Votre obligé.

07 juin 2010

Cloner n’est pas jouer

Ca craint. Ca craint vraiment ! Avec l’incroyable évolution de nos connaissances dans nombre de domaines scientifiques, il est aujourd’hui possible de parler de manipulations génétique, et même de clonage. Bien entendu, l’éthique, derrière pourfendeuse des hérétiques à la seringue, est supposée freiner et bloquer l’expérimentation de telles techniques sur l’être humain. Donc, on ne saurait voir, en principe, de clones humains avant bien longtemps. Fut une époque, ce qui rassurait les législateurs, c’est que la technologie mise en œuvre dans le clonage semblait inutilisable pour l’homme. Or, nombre de sociétés se sont lancées sur ce marché avec nos animaux de compagnie, et plus notablement avec les chiens !

Chouette ! La voisine hystérique et casse bonbons va faire revivre son foutu corniaud avec la génétique ! On va devoir lui rouler à nouveau dessus, lui faire un look façon sandwich SNCF au Yorkshire à sa mémère. Plaisanterie d’un goût douteux mis à part, je trouve fascinant l’envie qu’ont ces maîtres fortunés (une centaine de milliers de dollars le clone, tout de même) de voir « revenir à la vie » leur défunt clébard. Rex est mort, vive Rex ! Et ça ne semble pas trop choquer les médias, vu la certaine complaisance qui est mise dans l’œil de la caméra. Bah oui, ce sont des originaux fortunés, des tordus qui ne voient rien de mal à cloner un animal de compagnie, et qui, sous couvert de moralité, certifient qu’ils ne veulent pas entendre parler de clonage humain. Qui y croit ? Moi le premier, j’affirme qu’ils financent sciemment ces sociétés (douteuses à n’en point douter), de manière à s’assurer la primauté des procédés, si les lois venaient à s’assouplir à ce sujet. Ah, le rêve de renaissance ou d’immortalité, que ne feras tu faire aux hommes !

Bien qu’il soit concevable que le clonage puisse avoir certaines applications utiles, comme par exemple la reconstruction d’organes vitaux pour les malades, ou encore les soins via thérapie génique, j’ai énormément de mal à sourire à l’idée que des particuliers puissent financer de tels projets dignes de Frankenstein. « Et que je prenne une cellule X dont j’ôte le génome, et que je le fourre comme un donut avec le nouvel ADN, et que je mette le tout à cuire un petit moment, et paf, un chien tout neuf ! ». Affolant, d’autant plus qu’il s’agit là de pratiques apparemment tout à fait légales, puisque ne blessant aucun animal, et manipulant du patrimoine génétique non humain, donc non soumis à des moratoires et autres gardes fous. Et demain ? Ben le youki il avait les yeux marrons, et qu’on lui bidouillera un successeur avec les yeux bleus, parce que le bleu c’est plus classe sur cette race de toutou à sa mémère.

Jouer les apprentis sorciers n’est pas une solution pérenne : je ne crois absolument pas à la vertu de l’expérimentation en aveugle, surtout quand les dites manipulations peuvent nous mener à la catastrophe. Aujourd’hui on clone des chiens, demain des humains. Dans quel but ? Offrir un libre-service pour des organes de premier choix ? Constituer des armées dévouées et formatées pour l’exploration spatiale, ou les guerres du futur ? Créer une sélection de clones pour tester des médicaments ou des thérapies nouvelles ? Les horizons sont sans limite, tout comme ils sont aussi terrifiants. Après tout, si l’on extrait un ADN, on peut envisager de le bricoler à loisir. Je vois d’ici les gros titres des tabloïds : « Nouvel exploit chez Genoplex Inc. La fusion de la mouche et du chat, donnant naissance au nouvel animal hybride à la mode : le flycat ! ». Seigneur, j’en frémis d’avance, et n’ose même pas imaginer ma facture en baygon et en tapettes géantes…

Qu’il me soit permis de dire que j’aime le progrès, que j’estime que la génétique est un domaine à étudier, simplement pour l’idée qu’on puisse sauver des vies avec de nouveaux procédés de soins. Qu’on se dise aussi qu’il n’est pas question que l’on sélectionne notre descendance comme l’on choisirait des chaussettes dans un catalogue La Redoute. Et qu’on arrête de croire que se cloner soi-même, c’est s’offrir l’immortalité. En effet, mourir, c’est démontrer que la vie a un sens (même s’il est pénible de se dire qu’il y a une fin), et donc par voie de conséquence, vieillir fait partie des obligations de la nature. Au premier immortel qui aura le malheur de vivre sans jamais craindre, je dis bonne chance, car il perdre goût à toute chose, car toute chose n’a de goût que parce qu’elle est temporaire et volatile.

Sur ce, je vais de ce pas passer commande pour un bataillon de clones. D’ici à ce que les petits soient grands, entraînés et équipés, j’ai une petite vingtaine d’années à patienter. Espérons que le SAV sera à la hauteur, parce que je ne paierai pas pour une armée de bipèdes décérébrés ou mal formés… Allez hop, m’sieur Mengele, on s’fait une toile ?

PS: Amusant, la société Bioarts, responsable de ce marché du corniaud cloné, a décidé d'arrêter le business... C'est édifiant.
Les six raisons de l'arrêt du clonage des chiens?
1) Un marché trop réduit (ben oui, 100.000$ pour un clebs...)
2) Une compétition et un marché noir "sans éthique". A mourir de rire! Ils pensaient rester seuls sur le marché du clonage?
3) Le manque de possibilité de breveter la chose (donc de toucher des royalties sur qui se lancerait sur ce marché). La vie ne se brevète pas, bordel!
4) De la bioéthique peu maîtrisée. Dites, vous n'auriez pas pu y songer AVANT de commencer?!
5) Des résultats imprévisibles. Ben voyons, on joue les apprentis sorciers, puis l'on s'étonne de sortir des horreurs dans les laboratoires.
6) Le facteur distraction. Le plus risible de tous je crois: à se mettre en avant sur un marché aussi sensible et médiatisé, difficile de croire que la société BioArts ne s'attendait pas à une telle affluence de journalistes et autres enquêteurs à la recherches de réponses....
Bioarts arrête la production de clones... pour des raisons éminemment éthiques... donc financières (en anglais)

04 juin 2010

Sectarisme scolaire

Ah, cette école publique, ce lycée technique et public, cette formation au gauchisme estudiantin de bon ton, et ce nivellement de la pensée par le bas ! Que de souvenirs j’ai en tête quand je songe à celles et ceux qui se chargeaient, bon gré mal gré, de nous enseigner quelques rudiments de penser. Qu’il me soit permis d’évoquer cette façon si particulière d’en coller une bonne couche dans les esprits malléables des adolescents : c’était la grande rengaine du « la gauche est mieux que la droite », et du « la droite est facho, la gauche socialo ». Mouais. Rien que le souvenir édifiant des avortons abordant l’étoile rouge sans en connaître ni la symbolique, ni même l’impact sur les nations derrière le rideau de fer me donnait la nausée. Après tout, mes origines slaves s’offusquaient d’entendre un abruti, pardon un camarade, siffloter sans vergogne l’internationale qui, pendant des décennies, a conduit des millions de personnes derrière les barreaux. Mais là je m’éloigne du sujet.

Hé oui : l’école véhicule souvent l’idéologie des professeurs qui y enseignent, avant même de fourrer dans nos têtes blondes des fondamentaux en histoire et en économie. Tenez : vous aurez plus de chance d’entendre un adolescent affirmer sans frémir que « la gauche, c’est mieux », et qui sera infoutu, en même temps, de vous expliquer la différence entre l’assemblée nationale et le sénat. Edifiant, d’autant plus que notre cher inculte chronique aura, sous peu, le droit de voter pour son président, son maire, donc pour choisir sans la moindre compétence un pourri de gauche, ou un escroc de droite. Dans ces conditions, c’est à croire que nous fondons notre avenir sur des jeunes endoctrinés à l’idéal socialiste… ou plutôt, crypto socialiste, car, dans les faits, les gauchos d’hier sont ceux qui votent à droite, non ? C’est logique : si tous ceux embarqués dans l’idée du petit livre rouge, ou bien dans l’espoir vain et rêveur de voir une société plus juste à travers une politique sociale, se tenaient à voter à gauche, comment la droite serait parvenue au pouvoir, ceci depuis 1995 ?

On ne forme pas une élite dans les écoles, pas plus que l’on forme des stratèges dans les casernes à troufions sans éducation. On forme une masse besogneuse (si possible), corvéable (puisque soumise), et disciplinée (avec un peu de chance). De là, on compte donc sur le secret dessein qu’ils restent fermement accrochés à leurs idéaux pour toujours… Or, la réalité se rappelle à eux rapidement. Prenez un étudiant X fortement influencés par les idées marxisto ordurières que lui vend son professeur (sans précision de la matière) ; expliquez lui qu’il va gagner un salaire quelconque, et qu’il en perdra la moitié pour financer ceux qui, contrairement à lui, ne travaillent pas. Enfin, rappelez lui qu’il sera tenu de payer, sous peine d’être pris pour un délinquant, un traître à la nation qui ne paie pas ses impôts… et écoutez le geindre ! « Vais pas payer pour les autres ! » dira-t-il avec empressement. Tiens, parce que le socialisme, ce n’est pas partager ses richesses avec les démunis et les moins biens lotis ? Maintenant, faites lui le topo d’une ponction moins grande, mais d’une hégémonie des grandes entreprises, d’un travail raréfié et mal payé, parce que les ploutocrates auront créés une société de consommation, et non de production. Expliquez lui qu’en cas de pépin, la sécurité sociale ne lui versera que le minimum qu’il aura pu cotiser, et que la solidarité est un fantasme. Il couinera alors aussi fortement, exprimant son dégoût pour le dieu pognon.

A force de faire avaler n’importe quoi aux gosses, nous en faisons des êtres qui rêvent d’une vie facile, d’un salaire élevé pour un travail pas trop dur. Nous lui faisons miroiter les RTT, les congés payés, la sécurité sociale… mais sans lui expliquer la contrepartie des horaires variables, des salaires qui n’augmentent pas en regard du coût de la vie, et des situations où l’employé reste malgré tout, de peur de ne plus trouver du travail ailleurs. Belle connerie que d’endoctriner les gosses de la sorte, non ?

La société Française s’est empressée de juxtaposer doctrine et islam, parce que c’est plus facile d’appréhender un barbu cliché avec un terroriste au cerveau lessivé par la propagande. Il est plus évident de dire « Ils sont formés à tuer. Ils ne respectent rien. Les salauds ! », que d’aller regarder devant chez soi si tout va bien. Une école « Catholique » est actuellement sur la sellette pour ses méthodes d’enseignement déficientes, la pratique apparemment courante de coupes vives et négationnistes dans l’histoire, ainsi que l’embrigadement à une xénophobie assez brutale. Surpris ? Pas le moins du monde ! Pourquoi être surpris, quand notre propre système scolaire n’est pas foutu d’aborder les plaies de la collaboration, ou des guerres de décolonisation. Il est pour le moins incroyable que les gens puissent encore croire que l’enseignement puisse être fait sans une couleur politique, notamment quand il s’agit d’expliquer les grandes erreurs et drames de notre temps. Le cas le plus flagrant est la mise en exergue des crimes nazis, et le silence tout sauf relatif concernant les crimes du communisme. Ah, expliquer que Staline était un dictateur… mais aller faire le bilan des massacres programmés, des déportations massives de ce despote, on met de côté. Pourtant, Staline a fait plus de victimes qu’Hitler, et ce avec son propre peuple ! Quoi penser d’une telle censure ?

J’estime qu’il est du devoir des parents, s’ils en ont la connaissance et surtout la capacité, d’informer et d’aider leurs enfants à ne pas se laisser embarquer dans des clichés et des voies nauséabondes. Je trouve tout aussi mauvais d’obtenir des votants gauchistes, que des chemises noires, que des gosses voués à une cause pseudo religieuse. Je ne mets pas en doute toutes les écoles religieuses, je mets en doute la capacité de ces mêmes écoles à expurger le contenu de l’enseignement de la couleur forcément politique d’une éducation stricte dans la foi. La laïcité n’a pas été mise en œuvre pour censurer les fois, mais pour empêcher de telles dérives. Et puis, chapeau bas : pour une fois que le rectorat se bouge pour faire disparaître un sectarisme puant… Jusqu’au jour béni où les recteurs feront le même ménage dans leur propre chapelle, en rappelant à l’ordre les enseignants. Enseigner, ce n’est pas faire apprendre une idéologie unique, mais au contraire faire comprendre et analyser les différentes formes de perspectives. Mais là, c’est un fantasme tout personnel...

L'école catholique en question, à Bordeaux (lepoint.fr)

03 juin 2010

Anniversaire

Tout d’abord, désolé pour hier, j’étais en pleine découverte de ce qu’est la plongée sous-marine, avec tout l’équipement qui va bien : bouteille, détendeur… Bref, une baleine apprenant à respirer avec un tuyau ! Mais passons.

Ce qui m’inspire aujourd’hui, c’est quelque chose de bien plus intime qu’à l’accoutumée. La plupart du temps, je préfère taire ce que je suis, et encore plus ce que je ressens. Je suis probablement un rien pudique, parce que j’estime que mes proches n’ont pas à être exposés à la « vindicte » virtuelle, d’autant plus sans qu’ils soient au courant de quoi que ce soit. Toutefois, j’ai eu l’esprit pris par une seule pensée, celle de l’anniversaire de mon géniteur, celui que j’appelle affectueusement « mon vieux ». Du haut de ses 62 printemps, mon vieux est une personne que je respecte profondément, et qui, à mon sens, mérite quelques mots de ma part.

La plupart des gosses sont fiers de leurs parents, ils revendiquent le « mon père va te casser la gueule » comme argument définitif lors d’une dispute, et se ruent dans ces bras attentifs et forts dès que l’occasion se présente. Est-ce que je garde de tels souvenirs de mon passé ? Peut-être bien qu’il m’arrive de déterrer les bons moments pour effacer les mauvais, qu’il m’arrive aussi de songer à la candeur trop vite détruite par les réalités. Etre immigré, avoir un accent slave, devoir apprendre la langue, se faire une place dans la société, c’est quelque chose que mes parents ont affrontés au quotidien. Faire des choix comme « Le lait du petit, ou les clopes », ça n’a rien d’anodin, c’est du vécu, aussi dur que fut ce choix. Quand j’entends certains se plaindre de ne pas pouvoir accéder à la dernière télévision grand écran, immédiatement je songe à la fierté de cet homme achetant sa voiture d’occasion avec l’argent difficilement épargné sou à sou, je pense aussi à ces heures passées à se détruire la santé pour nous nourrir, nous habiller, et faire de nous des « hommes ».

Vais-je lui reprocher le passé, les errements, les erreurs, les douleurs ? Je préfère les laisser au vent, les laisser aux autres. Trop de choses marquent les cœurs, et mon cœur, lui, préfère dorénavant laisser les plaies de côté pour vivre aussi longtemps que possible le bonheur de partager quelque chose de vrai, d’authentique. Dur, c’est indéniable. Fier, il peut se le permettre. Honnête, sans conteste. C’est un homme, de ceux que j’aimerais être un jour. Arrivé avec sa femme et cent francs en poche, il peut aujourd’hui prouver qu’il n’a ni volé sa situation, ni à avoir honte de la manière dont il a réussi. Je tiens énormément de lui à ce sujet, et, c’est avec lui que j’ai versé mes premières gouttes de sueur au labeur, que j’ai appris le prix du travail, de l’abrutissement physique avec pour seul objectif réussir, quoi qu’il en coûte.

Aujourd’hui, mes neveux l’appellent « papi », et ça m’arrive aussi, tant par tendresse que par taquinerie. Il sourit, se moque de lui-même en parlant de sa carcasse qui rouille sévèrement, de ce corps qu’il a sans cesse mis à rude épreuve pour nous. Ce n’est pas forcément un bavard quand c’est de lui qu’il s’agit. Ce n’est pas plus un revanchard concernant son propre passé. C’est juste quelqu’un qui tient à marcher droit, et qui souhaite pouvoir se raser sans honte.

La Vie ? J’ai reçu quelques enseignements qui me suivent chaque jour :
Fais ton boulot correctement, pour ne pas à en avoir honte
Tous les boulots sont bons, il n’y a pas plus de fierté à être bureaucrate qu’à lever des poubelles
Si tu choisis une voie, fais le avec intelligence, pour ne pas avoir à le regretter. Mais une fois ce choix fait, assume le jusqu’au bout
Aime. Aime vraiment. Ce n’est pas être faible que de le dire et de le revendiquer.
Sois fier de ce que tu es. Sois fier d’où tu viens. Mais ne l’impose pas aux autres.
Montre ta valeur

Il m’a montré qu’il faut du courage pour avancer. Il m’a appris à ne pas baisser la tête, à me tenir droit, vaille que vaille. Il m’a également appris à aimer ma terre, si pauvre soit-elle. Il m’a sans cesse martelé qu’avoir des opinions n’est pas une tare, mais une marque de courage.

Et enfin, il m’a enseigné qu’il faut respecter autrui si l’autre en fait autant.

Je t’aime papa, bon anniversaire.
Ton fils.
Oprosti me pape (Pardonne moi papa) : Oliver Dragojevic
Rekli su mi najgore o tebi
nisu nikad pricali o sebi
rekli su mi ono ca su tili
virova san, stariji su bili
Ils m'ont dit des horreurs sur toi
Ils n'ont jamais parlé de leurs erreurs
Ils ont pu dire ce qu'ils voulaient
Ils étaient plus vieux, je les croyais
Rekli su mi da si svugdi bija
rekli su mi da si puno pija
rekli su mi ono ca su znali
virova san jer san bija mali
Ils m'ont dit que tu battais ta femme
Ils m'ont dit que tu buvais beaucoup
Ils m'ont dit ce qu'ils savaient
Je les ai écoutés, j'ai si petit
Oprosti mi, pape
sve te grube rici
i moj zivot sada
na tvoj zivot slici
Oprosti mi, pape
sad razumin tebe
gledan tvoju sliku
gledajuci sebe
Pardonne moi papa,
Tous ces mots méchants
Parce que ma vie maintenant,
Ressemble à la tienne.
Pardonne moi papa,
Je te comprends maintenant,
Je regarde ta photo,
Et j'apprends de toi.
Rekli su mi da si zenske jubi
na kartama da si solde gubi
rekli su mi ono ca su znali
virova san jer san bija mali
Ils m'ont dit que tu as connu beaucoup de femme,
Ils m'ont dit que tu perdais tout aux cartes,
Ils m'ont dit ce qu'ils savaient
Je les ai écoutés, j'ai si petit
Rekli su mi da si 'sova Boga
rekli su mi prikovise toga
rekli su mi ono ca su znali
virova san jer san bija mali
Ils m'ont dit que tu as blasphémé,
Ils m'ont dit pire et plus que ça,
Ils m'ont dit ce qu'ils savaient
Je les ai écoutés, j'ai si petit.
Oprosti mi, pape
sve te grube rici
i moj zivot sada
na tvoj zivot slici
Oprosti mi, pape
ca san druge slusa
ja san, pape, isti
jer san zivot kusa
Pardonne moi papa,
Tous ces mots méchants
Parce que ma vie maintenant,
Ressemble à la tienne.
Pardonne moi papa,
Il m'est arrivé de les écouter
Maintenant je suis papa moi aussi
Parce que, comme toi, j'ai essayé la vie.


01 juin 2010

Ils me gonflent avec la 3D

Les nouvelles technologies sont une jungle pour les clients potentiels (celui qui a braillé « pigeon » au fond de la salle a gagné toute ma considération), et sont le support à tout un tas de baratin, d’arnaques diverses et variées. Tenez, que signifie donc ce « 3D » ? Fondamentalement, c’est le principe des trois dimensions que nous appréhendons tous au quotidien : hauteur, largeur et épaisseur. Ainsi, notre monde est, en tout cas pour notre perception spatiale, en 3D. Et là, tous ces chers technophiles nous lancent de la 3D au visage, comme s’il s’agissait là de quelque chose de fondamental ! Allons voir ce qui se cache derrière ces miracles de la technologie.

Tout d’abord, nous devons distinguer deux choses : la 3D par informatique, et la 3D en relief. Pourquoi ? Tout simplement parce que ce sont deux choses totalement différentes. La 3D par informatique, c’est de construire des « objets » pour qu’ils semblent être faits en volumes. Concrètement, c’est votre dernier jeu de tir à la troisième personne, ou un film comme ceux réalisés par Pixar ou Dreamworks. Pour ceux qui connaissent, il y a donc les films comme Wall-E ou Shrek, qui sont en 3D précalculées. Petit aparté : il existe deux sous divisions à la 3D informatique : la 3D dynamique, où vous, l’utilisateur, définit les mouvements visuels pour obtenir un rendu. C’est le cas des jeux par exemple, et la 3D précalculée, où l’on fait tourner de gros ordinateurs pour obtenir une scène proche du cinéma, mais où la visualisation et les mouvements de caméras virtuelles sont définies au préalable. Donc, on a de la 3D restituée au format plan (donc 2D) sur un écran !
La seconde partie est la 3D en relief. Elle est très différente de la première, même s’il est de plus en plus courant que les deux finissent par se rejoindre ; En gros, la 3D en relief, c’est émettre des images spéciales sur un écran, et de les regarder à l’aide de lunettes spéciales. Là, il y a deux dispositifs : les verres colorés et les verres polarisés. Je mets un lien en fin d’article pour y voir plus clair, mais pour faire simple, ces filtres sont placés sur chaque œil pour que le cerveau interprète une impression de relief. Ainsi, on peut donc faire croire à notre esprit que des choses apparaissent en avant de l’écran, que d’autres sortent littéralement de celui-ci, et j’en passe.

Seulement, l’innovation prétendue est une belle arnaque, du moins sur l’aspect « révolutionnaire » de la chose. Les premiers appareils photo à vue stéréoscopique datent des années 1850 ! Révolutionnaire vous dites ? De la même manière, les principes de l’usage de lunettes spécifiques sont employés au cinéma depuis les années 50… Enfin bref, je ne vois vraiment pas en quoi il y a révolution dans ce tintamarre. Bien sûr, de nouveaux procédés permettent d’améliorer le rendu, la perception, et d’arriver à quelque chose de plus en plus immersif. Mais de là à dire que l’on ne pourra plus s’en passer, j’ai bien du mal à y croire. Et puis, l’idée même de porter des lunettes complémentaires me semble tout de même handicapante, voire même saugrenue. Vous invitez des amis pour dîner, et puis vous proposez un film : aurez-vous le stock de lunettes adaptées, ou chacun devra apporter les siennes ? Pénible, non ?

Tout ceci n’a pour but que d’attiser une fièvre consumériste. Certes, les procédés sont attractifs, et les films adaptés offrent de nouvelles sensations… Mais combien de sorties au cinéma offrent ce luxe ? Combien de films plus anciens ne peuvent pas bénéficier du principe ? Et puis, est-ce franchement si utile ? Avant tout, j’aimerais que le cinéma ne se contente pas de grosses usines à argent sans scénario, que l’on puisse envisager des thèmes plus sensibles, quitte à provoquer la polémique. Typiquement, chaque nouveau film qui ne rentre pas dans le moule de la bienséance finit par attirer les foudres des « bonnes consciences », et voient même leur première être polluée par des manifestations. Même Cannes, festival ô combien pédant, prétentieux et nombriliste, s’est vu secoué par de telles œuvres (sans en juger la qualité toutefois).

La 3D ? Oui, pourquoi pas, mais pas au prix où elle est aujourd’hui vendue, et sûrement pas pour demain, si c’est alors passer par des objets chers (100 Euros la paire de lunettes !), et un contenu strictement insuffisant. Question de principe, et de bonne pratique économique. Rendez le tout abordable, et nous en reparlerons. Et messieurs les publicistes, arrêtez de tout amalgamer : le dernier film d’animation 3D peut être vu en 2D sans lunettes, tout comme en relief avec les lunettes. Enlevez ce foutu logo « 3D », car il n’a aucun sens !

Le cinéma en relief, sur Wikipedia
Les appareils stéréoscopiques, sur Wikipedia
La stéréoscopie, sur Wikipedia

hack et vie quotidienne

Pour les non initiés, l'informatique, ça n'est pas que la partie de solitaire, ou encore la vidéo sur youtube. Non, c'est aussi la possibilité de détourner des technologies à son profit. Et cela se nomme le "hack". Là, je vous mets un lien vers des vidéos très intéressante sur le sujet. Attention toutefois, le vocabulaire est parfois ésotérique pour le non averti, mais il y a de quoi apprendre!

Par exemple (dans le désordre):
- "hackable devices" : ou comment on peut "pirater" un produit pour en détourner l'usage, ou en débloquer les fonctionnalités verrouillées par le fabricant.
- "Chéri, j'ai rooté la télévision": Rooter, c'est devenir l'admininistrateur (nommé root sur linux/unix). Là, il s'agit donc de prendre le contrôle des fonctionnalités d'une télévision, afin d'en faire progresser ou le fonctionnement, ou bien d'y ajouter des choses non prévues à l'origine.

Le site des vidéos: Pas sage en Seine 2010

Source de l'information : Korben.info