09 juin 2008

Pour un néant plein de billets

Pour information: je mets STEAM en sommeil quelques temps, j'ai de quoi faire par ailleurs... désolé pour mes lecteurs assidus (s'il y en a eu!)

Passons à la chronique.

Rien ne me motive réellement aujourd’hui, en tout cas certainement pas la marée d’informations déprimantes qui coule sauvagement à travers le cadre de ma télévision. Tout y est pour les bons scénarios catastrophe : morts en pagaille, crise mondiale tant dans l’alimentaire que les ressources en énergie, valse des dirigeants prompts à se tirer dans les pattes, bref rien qui ne fasse réellement écho à mon ego ou à ma passion pour la critique non constructive et prétentieuse. Si j’allais plus loin j’irais jusqu’à prétendre que le monde n’a que se faire … bon d’accord je vais trop loin, je risquerais alors d’annihiler quelques personnes que je porte dans mon cœur (espérons qu’elles se reconnaîtront). Comme quoi, à vouloir devenir Dieu on prend conscience que ce n’est pas un poste enviable.

Alors, que raconter si la politique, la guerre ou les frasques de la dernière morue, pardon vedette à la mode ne m’intéressent pas ? Et si l’on parlait de moi, enfin juste un petit peu histoire de meubler et de faire comme nombre d’artistes avec des albums fleurant le « facilement composé, aisément vendu, estampillé 100% moindre effort » ? Je ne suis pas narcissique, je n’éprouve pas le besoin de me regarder dans une glace, pas plus que je n’ai de tendresse pour mon image, encore qu’il m’arrive d’en apprécier le côté écorché me permettant de temps en temps d’agacer le tout venant se croyant hors de portée de la plèbe. C’est si difficile de se reconnaître quand on se relit, c’en est terrifiant quand on constate avec horreur les abominations que le temps s’est chargé de nous ôter de la tête. Seigneur, plus de trois cents chroniques acides, plus de trois cents fois j’ai vomi ma colère envers le tout et le n’importe quoi qui compose notre monde, et dire que là-dedans certains vont jusqu’à prétendre y trouver des perles ! Certes, c’est flatteur de recevoir des commentaires élogieux, mais pour autant l’ego, encore lui, se fourvoie en se laissant bercer de la sorte. Non, prétentieux petit être de chair biodégradable tu ne seras pas là suffisamment longtemps pour te vanter d’avoir vécu en vrac la fin du pétrole, la fin du conflit en Israël, pas plus que tu n’auras la « joie » d’être aux premières loges d’un conflit thermonucléaire… encore que ce dernier point reste à discuter. Somme toute, je suis comme tout le monde, de la viande bonne pour l’abattoir et dont les abats se corrompent volontiers au contact de la gnaule et de la nicotine.

Que trouverais-je si j’avais l’occasion de me lire le citron, ou plutôt le marc de café noir me tenant lieu d’esprit ? Sans être plus voyant qu’un aveugle, je puis affirmer avec détermination que j’y verrais quelqu’un de foncièrement amoureux de la nature humaine, amour franchement camouflé sous des tonnes et des tonnes de cynisme de bon aloi. Il est en effet de bon ton de ne pas revendiquer son amour inconditionnel pour l’Homme, ne serait-ce que pour des questions de salubrité. Comment ça je me fourvoie ? Et les saints, les martyrs, les dévoués aux causes les plus pures, n’ont-ils pas subi le joug, le fouet et le bûcher ? Oh je sais, les grandes causes humanitaires avaient la cote et ce … de Crozemarie a trouvé le moyen de tout saboter. Peccadilles, c’est une saine pétoche de l’accrochage par clous à la croix qui me poussent à ne pas évangéliser le monde à ma manière. Soit, je concède également qu’un discours nihiliste comme le mien ne serait pas trop en accord avec la politique commerciale de quelque église que ce soit, mais pour autant que je sache toutes les religions disposent d’écrits sur l’apocalypse. Laissez moi le temps d’en faire un, histoire que je passe tout de même à la postérité !

Je m’égare. Je n’ai aucune envie de devenir réellement célèbre, d’autant plus qu’il s’agit là d’un statut à assumer. Bah oui, réfléchissez donc un instant au lieu de vous gargariser avec mes élucubrations les plus sordides : être célèbre, c’est devoir tenir sa place, accepter de serrer la main à des vedettes, des parasites gravitant autour, ainsi qu’à des gens dont on a absolument pas envie de faire le moindre honneur. Bien heureusement, étant simple chantre de mes opinions et pas porte parole d’un étendard improbable je ne risque pas trop de convenir pour la récupération multipartite de rigueur ces temps derniers. Ceci dit, avoir le succès (même d’estime) vaut la peine d’un point de vue pécuniaire : et vas y que le dernier bouquin me paie ma bagnole, et que je te gratte un article histoire de casquer les charges, et hop une interview pour s’offrir un week-end ailleurs qu’à Paris… non franchement, je n’arrive vraiment pas à envisager la chose autrement que sous l’aspect d’un rentier arrogant.

Finalement, en restant anonyme ou presque, je vous épargne le triste sort de me supporter pendant le dessert sur la une, ou pire encore de devoir vous farcir mes phrases pédantes et toutes faites durant l’insupportable défilé de guignols brailleurs qu’est une émission de variétés. C’est ainsi, je ne jouerai donc pas mon Levy (Marc ! Pas Primo !), je ne serai pas dans une collection « grand public » (que l’on pourrait un peu hâtivement qualifier de décérébration massive), et je ne vous offusquerai pas le regard en m’étalant en première page des journaux torche miches comme on en publie tant.

Réflexion faite… y a-t-il un éditeur dans la salle ? Je prends les chèques, les CB….

06 juin 2008

Y parait que j’ai gagné !

En effet, j’ai ouvert ma messagerie, et voilà que me saute au visage un bandeau rutilant, couvert de paillettes virtuelles et m’annonçant fièrement que je suis celui qui a été sélectionné pour gagner en vrac : un aspirateur sans sac, une machine à laver, la somme de 10.000 dollars, des réductions sur des médicaments nécessitant une ordonnance en France et j’en passe et des pires. A vouloir croire au père noël et à être un tantinet crédule, j’allais cliquer sur le dit bandeau quand soudain mes restes de bon sens ressortirent en hurlant à la mort (mes restes, pas moi, du reste je doute que mes collègues auraient appréciés) « Grand crétin ! C’est une arnaque ! ». Bon effectivement, cela aurait été un tantinet osé de croire à la providence, d’autant plus que j’ai peine à croire au cadeau désintéressé… Excepté peut-être celui fait par dame nature de croiser l’être aimé, mais c’est une autre histoire.

Les gens sont quand même profondément crédule, et qui plus est s’en vantent à tour de bras. Regardez le succès des jeux institutionnalisés sous la forme de la Française des Jeux, du PMU ou encore des casinos : les adeptes seront toujours prêts à en glorifier l’angoisse, le gain facile ou encore l’aspect ludique de la chose. N’étant pas moi-même accroc à ce type de divertissements, j’ai par conséquent un regard extérieur autrement plus acide et décolorant que celui de l’amateur envenimé par l’appât du gain qui ne perçoit que les strass et paillettes des décorations tapageuses. Bougre de pigeon, ne vois-tu pas que la statistique, la scoumoune mathématique se joue de toi ? Pourtant ça paraît évident : trouver six bons numéros parmi 49, réussir le miracle d’avoir le nez creux, c’est quand même de l’ordre de l’improbable ! J’aime aussi le hippisme (non, pas les anciens débiles profond prônant l’amour sans protection et l’usage des stupéfiants comme hygiène de vie) qui a son lot de passionnés aussi ridicules de convaincus d’être des oracles. « Le 8, il a une grosse cote mais aujourd’hui son jockey va lui lâcher la bride et il va dépoter ». Tiens, il a des tuyaux sûrs notre gogo ? Il se renseigne par le biais de la cousine du voisin de la tante par alliance de l’ex du jockey en question ? Splendide, lyrique, mais somme toute parfaitement inutile et bien trop souvent désastreux. Et puis la poésie s’en mêle (avec jeu de mots) concernant les noms de bourrins qui sont autant d’odes au n’importe quoi… je vous passe la liste, ouvrez un canard et marrez vous un bon coup.

C’est tout le paradoxe de l’âme humaine : plus c’est inaccessible plus ça branche tout le monde. Le magot, voilà la cible visée ! Le paumé qui a les poches vides fantasme sur l’euromillion et ses gains démesurés, alors que le bosseur pas trop crétin épargnera ses gains et fera fi de tout placement hasardeux. Deux écoles de conduite, l’une fondée sur le désespoir de sa propre cause, l’autre sur l’espoir patient de réussir une petite culbute, sans impôt bien entendu. Comme l’a dit un humoriste un rien trop vulgaire « Je suis sûr que si l’on faisait un jeu avec un gain sûr mais pas trop élevé, il n’y aurait pas de joueurs ». Je ne peux que soutenir cette affirmation : le jeu, c’est avant tout l’exaltation de trembler quand vos derniers deniers se voient engourdis par la machine à sous, machine ne restituant légalement et obligatoirement que 40% des gains. Dans ces conditions, le calcul est donc simple : en admettant un tordu s’acharnant sur la même machine pendant des années, il n’aurait pour gain que 40% de la mise initiale. A vos calculettes les mordus !

Dans un monde où tout s’accélère, on a inventé les jeux de grattage. Idée de génie que ces machins là car sitôt gratté, sitôt perdu (ou gagné, mais là il s’agit de LA chance…). Tous les concepts, tous les slogans, tous les prétextes sont bons : Le dernier film à la mode, le classique et inusable morpion, le millionnaire qui n’en a que le nom et j’en passe, tout est bon pour attirer le chaland. J’admire la constance des gens à s’offrir le petit « coup de stress » de la journée, tout ça pour mener à une banqueroute systématique ou presque de l’argent investi. Bon, j’admets aussi qu’il existe une espèce de joueur qui est contre toutes les règles établies, l’ordure qui débarque et qui ne joue jamais, et qui sur un coup de tête enfourne le gain maximal en achetant son premier et unique ticket à gratter. Il a de quoi rendre jaloux et énervé n’importe quel être vivant patient… Mais c’est une espèce du genre dont on entend parler mais que personne ou presque ne croise dans sa vie. Pour ma part je n’en ai encore jamais vu, et étant agnostique par nature…

Enfin, je reviens sur le terrain de l’informatique en songeant à la multiplication des jeux payants en ligne. Le casino virtuel est devenu une réalité avec sa roulette à bille de pixels, son poker à mise fixe, ses machines à sous tout aussi abrutissantes et bariolées qu’en vrai. Franchement, entre un financement obscur et un fonctionnement plus que douteux, il y a de quoi rester plutôt dubitatif face à ces cartes jamais tenues en main. N’allez pas me dire que vous avez gagné quelque chose dessus : moi aussi j’ai un petit magot de quelques dollars virtuels traînant sur un salon de poker en ligne, offert par la maison bien entendu. Tout ça pour quoi ? Pour que je prenne un abonnement et que j’aille alimenter ma caisse que je me ferai ensuite un devoir de solder lors de parties endiablées avec des partenaires… hum de confiance (qu’ils disent). Trop pragmatique moi ? Peut-être, mais le clinquant, l’odeur du tapis vert me laissent de marbre.

05 juin 2008

L'épisode 28 est publié

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Photographie

« Ah qu’est ce qu’on était beaux à l’époque ! » se souvient le vieillard trembleur en serrant de ses mains arthritiques des photographies de son adolescence. La mémoire défaillante, la langue pâteuse après l’ingestion d’un énième médicament, il vous regarde l’œil embué par les souvenirs et surtout par l’émotion non feinte d’être un des derniers, si ce n’est le dernier à ne pas avoir rejoint la tombe. Dis moi l’ancêtre, es-tu vraiment sûr que le cliché te rende réellement justice ? Le papier glacé, dans son infinie platitude physique n’est-il pas au contraire un cruel couperet t’avertissant que tes rhumatismes et ta tumeur auront raison de toi ?

La photo est cruelle, elle ne dénature ni ne dépeint réellement ce qu’elle saisit dans la gélatine (ou l’encre vu qu’on se modernise paraît-il), au contraire elle fige un instant avec un penchant tout à fait revendiqué pour l’authenticité. Hélas pour nous, victimes de l’objectif impartial, la pellicule scelle à jamais notre bedaine naissante, notre acné juvénile honnie ou bien les premières rides de la coquette rêvant d’étirement du faciès par quelque expert du bistouri. Je l’affirme : la photographie c’est un assassin des illusions, un bourreau des souvenirs dignes des assises de l’âme ! Qui n’a pas entendu le croulant vanter son physique avenant ou son endurance à la nage ? Qu’il montre les photos… pour être à jamais dépité de ses belles paroles pourtant sincères ! Ah tiens des poignées d’amour, un menton un rien trop proéminant et puis là, ce n’est pas le début de la calvitie ? Seigneur ! Voilà que notre aïeul se voit taillé en pièces par la marmaille pour qui demain est synonyme de « très loin ! ».

N’étant pas de nature cruelle avec mes prédécesseurs (d’autant plus qu’il est trop facile de taper sur un mort et que je lui préfère la chair fraîche de l’avorton pédant qui le rejoindra bien vite sous le marbre), je leur reconnais un trait commun avec moi, c'est-à-dire une certaine aisance à embellir le souvenir avec un certain talent. Non que l’homme soit de nature prétentieuse, c’est simplement que l’esprit et la mémoire ont la fâcheuse tendance à travailler de concert pour faire de l’anodin un évènement extraordinaire ou de faire de la vague copine à peine aperçue au lycée la femme de votre vie à jamais disparue de vos registres. L’appareil photo se charge donc de remettre les choses en place, de démystifier la parole et le souvenir au profit de l’anthropométrie limite judiciaire du barbecue chez la grand-mère défunte. Alors, la photo instrument du diable ? Des tribus prétendaient que la photo leur volait l’âme et qu’il était donc nécessaire de détruire l’accessoire démoniaque, et même éventuellement laver l’affront dans le sang du touriste prétendument explorateur. Je doute que le photographe ait ri à la réflexion, d’autant plus que d’être ficelé à un tronc d’arbre n’a rien d’une situation confortable, enfin là je m’égare…

Pourtant, on peut concéder au cliché quelques qualités qui sont aussi empiriques que techniques. Quand vous ressortez les albums de famille… mais si, vous savez, ces accumulations désordonnées de photomatons, polaroïd jaunis à l’extrême, ces noir et blanc mal cadrés, donc quand vous ressortez la boîte à chaussures reconvertie dans le souvenir, n’est-ce pas un voyage dans le temps ? C’est avec une véritable tendresse qu’on voit l’oncle aujourd’hui en maison de retraite fringuant dans son costume clair assis au volant de son cabriolet attrape minettes, c’est aussi avec amour qu’on se voit bébé, puis enfant, assis sur le vélo que l’on croyait capable de passer la vitesse du son, ou encore avec plaisir de se souvenir de la fête donnée pour un anniversaire et de tenter de se souvenir des prénoms des gens perdus de vue depuis longtemps. Telle une machine à remonter le temps la photographie est aussi mémoire perpétuelle d’endroits ayant ensuite subi la guerre, les bulldozers gourmands ou bien la voiture sûrement mille fois recyclée mais vivace dans le souvenir de la famille. C’est étrange, cette affiche pour une marque presque oubliée de tous, ces vêtements savoureusement démodés, cette coupe de cheveux aujourd’hui improbable, et puis ces rues parisiennes sans voitures… Grâce à ces archives des villages renaissent de la dépopulation rurale, des villes réapparaissent avec le lustre d’antan, des usines ressortent du néant avec le cortège d’ouvriers fiers de l’outil de travail.

En poussant encore un peu plus loin, c’est finalement non la photo qui est cruelle mais l’idée qu’on se fait du passé. Douleur d’un jour, devenue ensuite brûlure légère pour enfin finir souvenir doux à notre mémoire, c’est notre cœur qui parle et non la logique cartésienne de la trichromie chimique made in Kodak. La beauté supposée, c’est la subjectivité du regard de celui qui a vieilli, qui se rend compte que chacun change à son rythme et que l’ami de toujours lui ressemble encore à son portrait d’il y a dix ans déjà. Et oui ! Nous prenons de la bouteille, parfois comme un bordeaux, parfois comme du vinaigre…

Et puis, quel touriste n’est pas armé d’un appareil photo ? N’est-ce pas une façon d’emporter avec nous, à peu de frais, un petit bout de ce pays lointain vu qu’une fois et qu’on ne reverra sûrement jamais ?

04 juin 2008

L'épisode 27 est publié

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Victimes de la publicité

Autant le dire sans détour, nous sommes toutes de sacrées victimes du matraquage audiovisuel dans tous les domaines. Bien qu’il me soit difficile de l’admettre sans grogner contre ma propre photosensibilité, j’avoue avoir la faculté aussi inutile que surprenante de pouvoir reconnaître une quantité astronomique de slogans, musiques de publicités, génériques d’émissions et même, oh suprême don de dire dans certains cas qui en est l’auteur voire même le compositeur. Malgré le sourire moqueur que je détecte déjà sur vos faciès, admettez que, vous aussi, vous êtes tous capables de telles prouesses.

Après avoir laisse méditer vos chers esprits sur la question, j’en vois encore certains qui ne sont pas d’accord avec mon affirmation… D’accord, faisons un petit test :

Il est fou _____, il est fou !
Il faudrait être folle pour dépenser plus ! _____
La perfection au masculin. _____
Nous vous devons plus que la lumière - Donner au monde l'énergie d'être meilleur _____
Elle a tout d'une grande! _____
Nous n'avons pas les mêmes valeurs _____

Laissez vous quelques instants … et notez les réponses. Sidérant non ? Vous avez donc trouvés les marques représentées par ces différents slogans, et qui plus est il vous est donc pénible de vous considérer comme des victimes de la publicité. Considérant cet aspect pénible, enfonçons nous encore plus avant dans la téléphagie : Les musiques d’émission. Je suis certain que vous êtes tous plus ou moins capables de déterminer le nom d’une de ces émissions peu qualitative et surtout au contenu décérébrant rien qu’aux premières notes de son thème… Allez, ne minaudez pas, ne tournez pas autour du pot ! J’en suis moi aussi, tous nous sommes logés à la même enseigne, et les enfants, eux aussi peuvent facilement en faire autant !

Au fait voici les réponses: Afflelou, Eram, Gilette, EDF, Renault Clo et enfin les rillettes Bordeau Chesnel.

Nous avons donc abordés le son et l’image, mais qu’en est il du nom à proprement parler ? Vous souvenez-vous du jeu de collégien nommé le « Baccalauréat » ? La règle en est simple : une lettre, un certain nombre de thèmes, et l’obligation de remplir la liste en trouvant un nom ou un mot correspondant. Par exemple prenons la lettre J et trouvons un prénom, une marque quelconque, un pays, une plante et pour finir un objet. Julie, Jaguar, Japon, jasmin, jogging. Si vous vous sentez l’âme d’un joueur, tentez donc de refaire le même principe en tentant d’accoler une marque par lettre de l’alphabet. Le plus énervant c’est que globalement nous y parvenons quasi totalement ! Pourtant, l’immense majorité de ces références nous sont inutiles puisque jamais ne serait-ce qu’approchées de près ou de loin. Certains diront que les lettres « rares » comme le Y ou le Z sont épargnées… Ah parce que Yoplait, Yves Rocher ou bien Zara c’est inconnu à vos oreilles ? Inutile de hurler de frustration, c’est commun à toute personne vivant en pays dit urbanisé, nous n’échappons donc pas à la mémorisation des marques de manière nominative.

Dernier point qui sublime le reste, les logos. Ah, l’imagination de nos commerciaux et autres experts en communication pour nous coller des symboles colorés afin que nous retenions la marque vantée à corps et à cri. Ca vous tente un petit test, là comme ça, sur le pouce ? Personnellement je vous en mets un fichier dédié, et ne me dites pas que vous êtes incapables de tous les reconnaître, ils sont dans votre quotidien, que cela nous plaise ou non. Alors… jouons !

Cliquez ici pour télécharger le test (au format Excel)

03 juin 2008

L'épisode 26 est publié

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Ironie du paternalisme à outrance.

Le paternalisme semble être, d’après la population toujours vaillante pour prétendre défendre l’héritage de 68, quelque chose de superflu et même pénible dans la société dite « moderne ». Assimilant paternalisme à dogmatisme à outrance, le quidam exige donc que l’omnipotence du symbole du « supérieur » soit abandonnée. Soit. Admettons que subir un paternalisme étouffant est intolérable, que devoir se plier aux règles dictées par l’autorité supérieure et immuable mérite d’être démantelée, mais alors chers « cons » citoyens, pourquoi exiger des gouvernements de prendre part à vos frasques et de demander son arbitrage à tout bout de champ ? Il y a un truc qui cloche, non ?

Commençons une rétrospective du paternalisme à peine voilé qui est demandé par les citoyens à nos dirigeants, ou du moins une partie de l’inventaire qui semble devoir se rallonger chaque jour au rythme des opinions aussi stupides que nuisibles aux libertés individuelles. Une petite note en passant : si vous en voyez d’autres, n’hésitez pas les commentaires sont faits pour vous offrir une tribune !
Revenons à nos moutons (non, pas les français, c’est une formule consacrée, suivez bordel !). Le grand mal du siècle est et sera à mon sens l’éducation de nos descendants. Sujet subissant sans cesse l’assaut des associations d’élèves, de parents et même des fonctionnaires du dit domaine, l’éducation nationale se voit autant vilipendée que glorifiée selon qu’on est côté instituteur ou de l’étudiant. Pourquoi diable y a-t-il une incompréhension aussi profonde entre les décideurs des ministères et ceux qui vivent au quotidien le fonctionnement de l’école ? Peut-être vivons nous là le paradoxe typique d’une administration : d’un côté un terrain mouvant et variant énormément d’un établissement à un autre, et de l’autre un modèle de gestion que l’on tente péniblement d’instaurer à l’échelle nationale. Conséquence inévitable : disparité de moyens, classes surchargées chez les uns et vides chez les autres, disparition d’écoles dans les petites communes et manque de personnel dans les grandes villes. A l’échelle locale on a donc forcément du mal à comprendre qu’un système centralisé puisse agir avec aussi peu de considérations pour les réalités du quotidien. De là, nous avons donc des professeurs qui rêvent que le paternel ministère soit plus lucide, voire même extralucide pour obtenir au moment le bon équipement, le bon budget ou la bonne rénovation indispensable. Maintenant côté parents, c’est encore pire. A force de confondre éducation et enseignement, nombre de géniteurs espèrent que l’école se chargera à leur place d’inculquer les fondamentaux de la politesse et de la vie en société à leurs gosses, comme si un maître d’école pouvait faire de chaque élève un bon citoyen. La démission parentale est pour beaucoup tant dans la délinquance que dans la perte de confiance dans les institutions de notre nation, d’autant plus qu’à force de dénigrer ce qui ne va pas sans rien proposer en échange on en vient à voir le système honni pourrir sans espoir de sauvetage.

J’en conclue donc que l’école se vérole tant parce que l’état central n’a pas de moyen direct de voir ce qui s’y passe point par point que parce que les acteurs du système éducatif sont dans l’optique de désirer une administration parfaitement clairvoyante… Anti paternalistes les gauchistes des lycées ? Tout à coup cela ressemble plus au paternalisme stalinien, non ?

Posons maintenant notre regard sur le paternalisme juridique. Je suppose que nombre d’entres vous ont eu l’occasion d’entendre parler du procès en annulation d’un divorce pour la raison que l’épouse n’était plus vierge (malgré son engagement de l’être) au moment du mariage. Amusante situation pour certains, scandaleuse prise de position pour d’autres, mais pour moi je suis dans une troisième optique. Je m’explique : pourquoi taxer l’état de s’être ingéré dans les affaires privées alors que la demande de jugement émane des justiciables ? Comprenons nous bien : devoir analyser cette situation confine au ridicule, mais hélas je dois rappeler le fonctionnement d’une justice équitable. La justice équitable se doit de répondre sans différence de traitement à toute demande des citoyens du pays. De fait, il y a obligatoirement décision en fin de procès puisque, finalement, la question n’était pas tant de savoir si c’était légitime de se plaindre de ce « mensonge » sur la virginité, mais plutôt de savoir si cela pouvait mener à une rupture administrative du mariage. Vous suivez le raisonnement ? Si le juge s’était d’entrée de jeu déclaré incompétent, qui aurait pu rompre le mariage ? Personne, cela aurait été donc une mauvaise décision. Qui plus est, si l’on partait du principe que le juge peut systématiquement décréter que le jugement n’est pas nécessaire, nous aurions donc droit à une justice sélective totalement subjective et dépendante du bon vouloir de quelques fonctionnaires. Je doute que les deux voisins se disputant un même bout de terrain seraient ravis de s’entendre dire « ça ne nous concerne pas, démerdez vous ». Dans ces conditions, le législateur n’est pas paternaliste, c’est de notre exigence de juger nos relations qu’il apparaît clairement que la nation n’est pas foutue de se prendre en main pour avancer et donc nous épargner l’engorgement imbécile des tribunaux.

Troisième terrain où, malgré le discours libertaire de bon nombre de français l’état est expressément tenu d’être paternaliste, c’est dans l’aspect social au sens large du terme. Entre l’intervention pour sauver les entreprises en difficultés et par exemple la demande d’une prime de noël par les chômeurs, il y a de quoi douter de l’envie des français d’être autonomes. Pourtant les règles sont simples (si l’on était en véritable état capitaliste s’entend) : encaissez, si vous n’y arrivez pas… bonne chance. Il y a de quoi faire : allocations diverses et parfois injustifiées, avantages sociaux indénombrables tant ils sont divers et complexes, prise en charge de toutes les situations même les plus ubuesques… Sans rire, si ce n’est pas le rôle d’un père de famille aimant et trop patient avec sa progéniture je ne sais pas ce dont il s’agit alors ! Prenons un exemple très concret que je trouve par ailleurs scandaleux : la faillite personnelle et le surendettement. Globalement l’idée est de faire disparaître les dettes prenant à la gorge les familles au point de les voir être insolvables. Soit. C’est une démarche sociale qui se comprend, mais sur un plan plus moral et logique je n’arrive pas à tolérer que l’on passe l’éponge sur des situations lamentables. En quoi est-ce à l’état de dire que l’idiot ayant pris dix crédits pour en vrac la voiture, la cuisine équipée ou la télévision plasma peut être sauvé ? Le crédit est un mal nécessaire pour certains cas, pas pour vivre dessus indéfiniment ! Avant même de curer les poches des citoyens stupides, curons les lois qui autorisent des taux d’usure innommables ainsi que l’obtention de crédits sans le moindre contrôle bancaire ! Les Sofinchose et autres organismes de crédits vivent et s’engraissent sur le désir matérialiste des gens, et là pourtant on permet donc à ces sociétés de fleurir et de prospérer en réduisant à néant des familles. Certains profitent déjà du système de la manière la plus outrancière qui soit, c'est-à-dire en faisant en sorte de s’offrir le meilleur des produits, de les faire … disparaître puis de demander l’aide de l’état. C’est du social ça ? C’est un paternalisme stupide qui n’a pas lieu d’être et j’estime même qu’à ce titre il est hors de question d’annuler les dettes de qui que ce soit. Celui qui signe doit en assumer les conséquences, CA ça serait une attitude adulte non ?

Dernier terrain et non des moindres, les gens veulent savoir tout en étant rassurés. Aussi paradoxal que cela puisse paraître la population se fait curieuse sur les « affaires », les malversations mais cela ne la choque pas plus que cela que l’on puisse faire passer des lois sans l’en informer. « Du moment que les chefs savent ce qu’ils font, tout va bien » vous dira l’idiot du village convaincu de la bonne foi de son politicien préféré. Pauvre bougre, avant de vouloir regarder au 20H un ministre faire des excuses ou se défendre sur un dossier, écoute un peu ce qui vient d’être signé dans ton dos : réduction des libertés, politique d’immigration durcie, sanctions pénales plus dures pour énormément de faits généralement admis comme étant de la petite délinquance, enfin bref, à trop lorgner sur l’argent et non sur l’indispensable, te voilà encore et encore materné à tes dépends… Et après ça râle que les politiciens ne respectent pas leurs promesses…

02 juin 2008

L'épisode 25 est publié

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Vulgarisation

c’est dingue comme un terme peut avoir énormément de significations, et pourtant toutes les contenir sans même le vouloir. Là, je songe à ce mot : vulgarisation. Evidemment, la première réaction est de penser au vulgaire, au grossier, bref à une personne rendant un bouquet de rose laid et désagréable, alors que là l’esprit est la vulgarisation scientifique, celle qui est supposée mettre à portée du quidam les choses les plus abstraites et les plus complexes de notre monde. Bien que je sois un fervent partisan de la communication et d’ouvrir la culture et les connaissances au plus grand nombre, je constate non sans un certain dépit qu’à vouloir trop en expliquer on finit par rendre les choses inextricablement incompréhensibles. Vous allez voir, dit comme ça c’est vraiment imbuvable, mais une fois mis en pratique c’est redoutable.

Commençons simple voulez-vous ? Je m’adresse aux gorilles, aux mâles passionnés par la mécanique, à tous ces trucs qui vrombissent et accessoirement dilapident votre capital points sur le permis : la bagnole. Ah ! La voiture, l’outil de représentation, le statutaire par excellence qui vous classe d’emblée comme prolétaire fauché avec la 4L ou comme patron d’entreprise avec la BMW (et éventuellement comme gitan voleur avec la Mercedes hors d’âge, les clichés ont la peau dure). Ce domaine de « connaissances » a ceci d’exceptionnel qu’il offre au tout à chacun l’occasion de briller en société à peu de frais… tout en colportant des idées reçues, des clichés ou des demies informations bien entendues mal assimilées. Mesdames, en tout cas celles n’ayant pas d’affinité avec la tôle et la peinture, ne partez pas, je pense que vous aurez l’occasion de vous moquer de votre homo sapiens de compagnon ! Ah, là vous revenez au pas de course ! Donc je disais… dans l’absolu les véhicules sont siglés de sorte à avertir votre voisin de la puissance, de la gamme et du « luxe » amoncelé sous la carrosserie. Bien entendu, ces chers messieurs ont pour grand jeu de décrypter ces codes obscurs et d’en tirer les … conclusions qui sont supposées, à tort, s’imposer. Un petit exemple ? Les diesels sont aujourd’hui les engins les plus prisés et chaque marque y va de son logo, son sigle pour désigner son fonctionnement : HDI, JTD, TDI, TDCI… Et bien sachez mesdames que tous sont des moteurs à turbo. Ca ne vous parle pas ? Je le comprends, mais maintenant cherchez la lettre « T » dans HDI et vous comprendrez que votre collègue/ami/fiancé/époux/voisin orgueilleux ne fera pas le rapprochement et se dira « Ah ah ! Pas de turbo ! »… Sic… Et oui, et là c’est un exemple flagrant et assez simple à saisir, alors imaginez le passionné s’entendant dire autant de bêtises que de demies vérités sur sa passion, tout cela parce que l’interlocuteur a pris en route une émission supposée expliquer comment c’est fait… une bagnole. Merci donc à la vulgarisation mécanique qui m’offre sans arrêt l’occasion de voir que l’esprit humain absorbe tout, mais se charge aussi d’en faire une mélasse informe et surtout surchargée de on dits parfaitement stupides.

Eloignons nous de l’automobile, certaines femmes ont déjà fuit cette page pour se réfugier dans un roman ou le repassage (oh le cliché ! Je vais encore avoir un œil violet si je continue…). Bref. La télévision, l’internet, tout est fait pour que la culture et la science deviennent des choses aussi courantes et faciles à aborder qu’un plat au micro-onde. Well… dira l’anglais dans un soupir, j’admets qu’il est indispensable de prodiguer un enseignement, mais de là à balancer des concepts trop complexes pour le commun des mortels et qui plus est espérer condenser en une heure (maximum admissible par le téléphage, au-delà il favorisera un mauvais film sur le câble) ce que des scientifiques mettent des années à ne serait-ce qu’effleurer, il y a quand même maldonne. N’étant pas un grand génie des sciences et encore moins un roi des mathématiques de haute volée, je me contenterais donc de songer avec délice aux ulcères que se font sûrement ces pointures à l’audition des conversations oniriques entre néophytes qui, sous couvert d’avoir compris le thème sortira des imbécillités à la hauteur de son incompétence… Mais oui mon gars, on peut faire de l’eau en poudre… ne t’inquiètes pas, elle existe la lime à épaissir… Bref, de quoi se payer quelques bonnes tranches de rigolade sous couvert d’une plaisanterie fort judicieusement balancée dans la mêlée. Ne nous leurrons pas : il ne faut surtout pas se contenter d’avoir lu en diagonale un article pour croire en comprendre tous les tenants et aboutissants. Etant dans l’informatique (qui n’est pas une science en soi, du moins à mon petit niveau), j’ai déjà l’occasion de pourfendre des idées reçues et des « Tiens j’ai lu que en faisant ceci on… » Halte au feu ! Merci de relire dix fois l’article, de se renseigner avant de mettre en péril les photos du petit dernier ou la collection de musique si péniblement récupérée au fil des mois !

Vulgaire, la télévision ? A force de vouloir « bien faire » on finit par défaire. Des noms célèbres sont aujourd’hui dans le commun des esprits, mais ces esprits hors du commun sont-ils compris ? J’ai comme un doute : Hawkins est visiblement un grand génie, son nom ne laisse pas indifférent… mais maintenant en y songeant citez moi sur quoi il travaille et quelles sont ses théories. J’admets d’emblée l’ignorer et être totalement inculte dans son domaine de prédilection. N’essayez pas de savoir tout sur tout, c’est impossible, mais essayez d’en savoir toujours plus, c’est déjà pas si mal !